TO COMMENCE AT FIVE O’ CLOCK
By M. HENRY WALKER, (Organist to the Exhibition) upon the Organ built and contributcd by MESSRS. KIRTLAN D and JARDINE, of Manchester.
Offertoire in F Wely.
Operatic Sélection ’ Bellini
§uartbt Spohr.
Fugue... . J. S. Bach.
Adagio Mendelssohn.
^ARCH Mendelssohn.
Offertoire 4.. Wely.
LES ii STATIONSfDU SALON.
Une pareille idée se passe d’éloges, — je regrette de ne l’avoir pas vue appliquée dans une circonstance où les meilleures conditions de succès étaient réunies.
Ne serait-ce pas une double joie de venir passer quelques heures dans ce beau palais pour y goûter les plus pures émotions? En outre, on rendrait un grand service à Part, au public, aux musiciens : à l’art, en mettant en lumière des œuvres ignorées ou difficiles, sinon impossibles à faire exécuter; — au public, en complétant son éducation; — aux musiciens, en favorisant leur avenir, leurs tentatives,
11 est telle portion du public parisien, — intelligente assurément, — qui n’entendra jamais une symphonie de Beethoven. Le Conservatoire, chacun le sait, est une espèce de loge musicale où sont admis seulement quelques initiés et quelques fous à la piste fantastique d’un billet vendu. Les concerts s’annoncent à des prix fabuleux. Et encore entend-on là rarement des morceaux complets. Mendelssolm est ignoré, — et Bach, — et Haëndel, — tous les Allemands, y compris les modernes, — tous les vieux Italiens. Beaucoup d’œuvres contemporaines, ouvertures, symphonies, quatuors, demandent une consécration populaire.
Qui ne serait heureux, par exemple, de s’assimiler tous les détails de l’œuvre si peu connu parmi nous de M. Berlioz : llarold , Roméo cl Juliette , Faust , V Enfance du Christ. MM. Félicien David, Gounod, Reyer, ne demanderaient pas mieux que d’y voir applaudir leurs ouvrages purement musicaux. Combien de jeunes talents, repoussés de la scène, ma-
lades, découragés, à bout d’efforts, ou ne voyant qu’un espoir d’avenir bien incertain, seraient heureux de se produire !
La musique devient, aujourd’hui, une nécessité de l’esprit. Elle demande un champ plus vaste que des salons particuliers ou des boîtes à coteries dont la mode a fait un mauvais sanctuaire infranchissable. Le livre est populaire, la peinture, la sculpture sont populaires. Le Louvre est ouvert tous les jours, l’exposition coûte un franc. Seule, la musique, cet indispensable bien-être de l’âme, persiste à demeurer un art de millionnaire ou,., de musicien. Tout le monde ne sait pas lire une partition. Les œuvres théâtrales sont accessibh s, — mais dans un diapason pécuniaire si élevé pour une commode audition, que cela ressemble presque à de l’impertinence sociale. — Tout le reste appartient à la fashion et fait suite aux maîtresses luxueuses, aux chevaux de prix , aux dîners chez Véfour, aux bracelets de Froment Meurice, aux éventails peints par Gérôme, à l’eau du Nig-Pam (mille francs le flacon) pour la conservation miraculeuse du teint.
Quand pareil état de choses musicales changerat-il? je ne sais. Hélas! connaissant l’homme et ses machinales habitudes, j’ai bien envie de n’y pas songer.
Après cette divagation lyrique, qui n’est pas sans importance, recueillons-nous, ami, et jetons de cette
place un coup d’œil reposé sur l’ensemble de l’œuvre que nous venons de voir.
La peinture est malade, bien malade. Elle n’a pas beaucoup de force, peu de caractère, peu de puissance. La sève mère semble s’être épuisée et transformée en une fade liqueur. L’art a mis de l’eau dans son vin ; — il s’est rangé, il devient sage, vieillot, — il radote, c’est-à-dire qu’on est exposé plus qu’en aucun autre temps à son llux de paroles. Tout le monde sait peindre, — tout le monde exécute son tableau et reçoit son brevet d’art. D’un côté, je vois ders élèves se copiant et copiant un maitre, qui n’a lui- même aucun enseignement individuel , — de l’autre, quelques généreuses natures entravées par des promesses d’école, un sentiment critique qui prétend réformer l’art et en est, au contraire, la plus complète négation, — quelques enfants prodigues qui reviennent au point de départ, c’est-à-dire à la nature, source de toute force, mais qui y reviennent un peu épuisés ; — enfin, des spécialistes, infatigables rabâcheurs dont personne n’a l’air de se fatiguer, et qui font de l’art une sorte d’orgue barbare jouant le même air, tantôt juste, tantôt détraqué. Les uns et les autres ne donnent que des résultats incolores où se saisissent à peine, de loin en loin, quelques lumineuses échappées. Le paysage a beaucoup grandi, mais on le fait à un point de vue restreint et pauvre. Il y a trop de paysagistes, — pas assez de peintres s’aidant de la nature pour compléter les lignes d’une composition où le sujet s’exprime par
l'homme, dans un juste accord d’effets. On sent que le commerce déborde l’art et lui impose brutalement ses idées. — Les ressemblances abondent par ce côté dominant de la facture, qui est un enseignement de voisin à voisin. — De loin en loin, rarement, les yeux s’arrêtent, charmés , sur une protestation individuelle. Suivez à la file, — vous verrez cent Troyon, trente Diaz, trente Yvon, cinquante Corot, deux cents Couture, soixante Ingres, quatre-vingts Rousseau;— de misérables copies, de honteuses drogues, toujours vendues, éternellement inutiles et malsaines. Le naturalisme fait défaut partout : il est remplacé par de banales théories, des gentillesses acrobatiques, de doux mensonges dont le public a depuis longtemps la sottise d’être satisfait. Rien de vibrant, de hardi, de neuf, ne surnage dans ce fatras , si l’on en excepte les ouvrages des cinq ou six vaillants créateurs qui résument notre gloire moderne, — et se trou vent fort déplacés, je vous assure, en si nombreuse compagnie. Les grandes traditions paraissent mortes ; — morts, les fiers élans; — morts, l’enthousiasme, l’éclat, la grandeur ; — mortes, ces belles fièvres plastiques qui ont créé tant de demi-dieux. Nous sommes dans le joli, l’élégant, le petit, — nous tournons au boudoir, — nous allons devenir éventail ; — encore l’imagination ne suffit-elle pas, peut-être, pour cette dernière chute. L’âme moderne s’épuise dans de futiles pages; — il semble qu’elle manque de force et d’haleine pour les robustes conceptions. On s’est plaint du jury : il continue, en effet, la tradition de ses
vieilles erreurs, — Ou bien vous devez tout admettre, puisque le local est immense, ou bien, votre choix doit être empreint de la plus grande sévérité. Dans' le premier cas, vous donnez satisfaction au goût du public, tout en indiquant vos jugements; dans le second, vous faites respecter l’art : mais il me convient moins, quoiqu’il soit de beaucoup préférable au système actuel, qui ne résiste à aucun contrôle. En examinant les toiles reçues, il devient impossible de se figurer qu’une seule ait pu être bannie. Hélas! le nom de M. Millet est là pour protester contre cette trop généreuse opinion. Quel scandale !... De mon côté, j’atteste avoir vu des peintures supérieures, refusées.
Ces réflexions attristent be meoup, parce qu’elles font aller au fond de questions où la conscience et la vérité se révoltent. Tant que les expositions ne seront pas libres, tant que le jugement public ne prononcera pas en dernier ressort, tant qu’il y aura une école, non pas plastique mais administrative, tant que l’arbitraire et faux enseignement de Poussin dominera, tant que la nature sera sacrifiée tout d’abord au style qui se dégage plus tard de la science, et demande à être individuel pour être vrai; tant qu’on n’accordera aucun encouragement à l’action libre d’un jeune talent, il faudra désespérer de l’art en France.
Eli bien, ami, pourriez-vous croire, en considérant cette décadence, qu’il faudrait tout au plus dix ans, à l’aide d’intelligentes impulsions, pour organiser la plus belle époque d’art? Un art contemporain, libre,1
LES 14 STATIONS DU SALON, fort, curieux, plus intéressant que jamais par les nouvelles conquêtes que le paysage s’est appropriées, — dans une gamme délicieusement pittoresque? Seulement, il faudrait renverser quelques-unes de ces bonnes vieilles douces choses très-respectables; seulement, sur les murs delà nouvelle école, il faudrait inscrire cetle maxime scandaleuse qui serait le mot d’ordre du nouveau travail :