FERNEX
leurs ; les juges doivent trembler de sauvei* un coupable. « Laisse, ajoute-t-il, des formes étrangères à ta place ; n'aie de Thumanité que pour ta patrie... Les demi-mesures ne sont que des palliatifs qui augmentent sourdement les maux de la République. Tu as une grande mission à remplir : oublie que la nature te fit homme et sensible. » (1) •
Malgré ces remontrances, Roman-Fonrosa persista dans sa manière de voir et de juger. Il justifia sa conduite dans une réponse du 30 messidor, où il dit en substance que la loi a été son guide dans tous les temps pour ses devoirs et pour ses opinions, qu'il ne croit pas pouvoir s'en écarter dans la dispensation des peines, et qu'il pense qu'il faut établir une dififérence entre les coupables. (2)
Dans un autre milieu, Roman-Fonrosa aurait été un juge intègre ; entraîné dans le tourbillon, il prêta son concours à des jugements iniques. Il n'était pas cruel cependant. Une personne assise sous l'arc de triomphe d'Orange a déclaré avoir entendu Fonrosa dire en se promenant seul, le soir : «r Mon Dieu ! encore des exécutions ! N'y a-t-il pas encore assez de sang répandu ? » Ajoutons à ce cri de sa conscience quelques traits d'humanité qui l'honorent. Il fit retenir dans les prisons de Valence, sous prétexte que celles d'Orange étaient encombrées, plusieurs de ses concitoyens pour leur sauver la vie. De ce nombre furent MM. Rouvier, de Roquebrune, de Chambon, qui devint plus tard évêque d'Amiens, M'"'' Rouvier, Renoit et Guion, emprisonnés le 22 prairial par arrêté révolutionnaire.