‹ Les 332 victimes de la Commission populaire d'Orange en 1794, d'après les documents officielsChapitre 21 sur 72 · XIII. Lmi Comîtém de mirveUlMice · texte numérisé non relu

XIII. Lmi Comîtém de mirveUlMice

Les comités de surveillance révolutionnaire, créés pour recevoir les dénonciations contre les personnes suspectes, furent les puissants auxiliaires de la Commission. Chaque commune avait son comité composé de douze membres. Maignet, par arrêté du 13 prairial (1*' juin 94), les avait tous épurés en y nommant des gens vendus à la révolution.

Sous la pression du représentant du peuple, la Commission populaire leur donna des ordres pressants pour activer leurs travaux : dresser les listes des émigrés, dénoncer les suspects, les incarcérer, envoyer dans le plus bref délai au greffier de la Commission tous les documents, dénonciations, pièces de conviction concernant les prévenus ; chaque administraton devait redoubler de zèle et d'activité. Maignet avait parlé ; il fallait que le l*' messidor (19 juin) la Commission commençât Vceuvre salutaire de la régénération du pays, disons mieux, il fallait que le l*' messidor le sang conmiençât à couler par torrents et que les populations en fussent épouvantées.

(1) Registre des délibératioDs de la Commission populaire.

COMITit DE SURVEILLANCE. 35

L'ordre du maître fut entendu. Partout on dressa des listes de suspects, partout on incarcéra. Le 27 prairial (18 juin), le comité d'Orange put écrire à Maignet : « Nous avons reçu ton arrêté du 12 prairial (M mai), nous nous occupons avec la plus grande câérité de l'exécuter; mais, malgré la meilleure voUmté et le travail le plus apmiâtrey il est possible qu'au terme pr^xé tout ne soit pas prêt. Nous t'observons cependant que toutes les pièc^, dénonciations, pétitions, etc., et généralement tout ce qui concerne nos détenus est remis au greffier de la Commission populaire, qui nous en a donné récépissé. Nous espérons qu'avant trois jours Uy en aura quelques-uns qui recevront la juste punition de leurs crimes. Soyez assuré, citoyen .' représentant, que nous ferons tout ce qui dépendra de nous pour que le 1" messidor ton arrêté soit exécuté. Vive la Réblique ! Salut et fraternité. » (1)

La municipalité rivalisa d'ardeur avec le comité. Elle fit, le 1S messidor (3 juillet), la déclaration suivante : « Le Conseil, considérant que, depuis l'obligation que lui avait imposée le représentant du peuple Maignet, il n'a cessé de prendre tous les moyens et toutes les précautions possibles pour mettre en état d'arrestation toutes les personnes qui lui ont paru suspectes et celles sur le compte desquelles il y a eu des dénonciations ; qu'il a employé pour cet objet toute la vigilance qu'exige le salut de la République à détruire ses ennemis ;

« Considérant aussi que le comité révolutionnaire établi dans cette commune n'a cessé , depuis son installation , de faire mettre en état d'arrestation toutes les personnes suspectes ou préyenues d'attentat contre l'unité et Tindivisibilité de la République; qu'il s'est servi de tous les moyens qu'a pu lui inspirer le patriotisme et le républicanisme dont il n'a cessé de donner des marques ;

c Ou! l'agent national,

« Déclare qu'il n'existe pas dans la commune de personnes suspectes et dans le cas d'être mises en état d'arrestation ; en conséquence, que la déclaration exigée par le représentant du peuple sera faite de suite et signée individuellement par tous les membres du comité, et envoyée au représentant Maignet (2) ».

(1) Registre des diiibérations in Comité d'Orange.

(2) Registre des délibérationB de la commaoe d'Orange.

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