COMITÉS DE SURVEILLANCE
Dans une circulaire du !•' germinal an II (îl mars), l'accusateur public du tribunal criminel de Vaucluse stimule le zèle d^ fonctionnaires ; il écrit aux juges de paix, aux directeurs des jurés, aux commissaires nationaux dib département : « Le but de la révolution est le triomphe de la vertu sur le vice ; aidons tous à ramener ce triomphe. Mollir devant le coupable, c'est l'être soi-même. Ne pas dénoncer, ne pas punir le crime, c'est le partager. Une responsabilité terrible pour le méchant pèse sur la tête de tous les fonctionnaires publics. Veillez sur tous les ennemis intérieurs ; je partagerai toujours votre surveillance. Si par faiblesse, si pour tout autre motif coupable, quelqu'un de vous négligeait les obligations que la loi lui impose, je ne partagerais pas cette négligence , j'invoquerais la loi contre ces prévaricateurs. Energie, activité, surveillance, observance de la loi, et ça ira. Vive la République ! Périssent tous ses ennemis ! »
Des fonctionnaires de troisième rang s'avisaient, eux aussi, de donner des ordres aux comités. Un administrateur du district de Carpentras, profitant de l'absence (Je Ta^çnt national, leur écrivait, le 14 messidor (2 juillet) : « Lçs machinations des ennemis de la République ne sont pas toutes dévoilées ; il en existe de secrètes qui sont peut-être plus criminelles, et qu'il est très essentiel de dévoiler. Je vous invite donc à dévoiler sans délai les papiers des personnes suspectes, à en dresser l'inventaire et à les faire parvenir sur-le-champ à l'accusateur public près la Commission populaire. Rien ne doit efléminer votre zèle, tout doit l'exciter au contraire quand il s'agit de découvrir les antagonistes de la Révolution, d'extirper les germes des conspirateurs et de faire apesantir le ravoir national sur les têtes coupables. Sachez qu'il est temps que tes aristocrth tesy les intrigants^ les fanatiques, les frippons et leurs suppôts périssent. Ce serait être complice de leurs forfaits que de ne point accélérer le moment de leur punition. »
Ainsi conseillés, stimulés, commandés, menacés, les comités de surveillance firent incarcérer et dénoncèrent à la Commission populaire tout ce qu'il y avait d'honnête dans leur commune. Pour cet inique travail, chaque membre des comités recevait trois francs par jour.