CHAPITRE IV
Logement des Juges. — Salle des Séances. — La Guillotine. — Laplane. — Monument expiatoire. — Chapelle de Laplane.
L liavenient ûe^ Suge^.
Arrivés à Orange aussitôt après leur nomination, les membres de la Commission populaire se choisirent un logement dans la maison de M"* veuve de Jonc, maison à deux issues, ouvrant, l'une impasse Laroche, et l'autre rue Petite-Fusterie, nM4.
Grande, bien meublée, dans une rue peu fréquentée, cette maison convenait parfaitement à des hommes qui, d'après les instructions du comité de Salut pubUc, devaient vivre seuls, loin de la société de ceux qui auraient pu les influencer. La façon dont ils en prirent possession mérite d'être racontée.
Après avoir fixé leur choix, ils frappent à la porte. La domestique les introduit auprès de M"" de Jonc, femme déjà âgée, veuve, et dont le fils est enrôlé sous les drapeaux: « Citoyenne, lui dit le président Fauvety, il nous faut ta maison pour la Com^ mission populaire. — Et moi, comment ferai-je ? répondit-elle. — Seule, avec ta domestique, il te sera facile de trouver un logement dans la ville. » — Au ton de son interlocuteur. M"* de Jonc comprit qu'il ne fallait pas insister. Elle sort, n'emportant avec elle que le strict nécessaire. Le lendemain, au matin, les juges la trouvèrent assise devant la maison, sur un banc de pierre, où elle avait passé la nuit avec sa servante. « Tu n'as donc pas trouvé de logement, citoyenne, lui dit Fauvety ? — Non, la ville est encombrée. — N'as-tu pas une autre maison ? — J'en ai une petite, mais elle est louée à de pauvres gens que je