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FÉDÉRALISME

L'avant-garde marseillaise , continuant sa route , arriva à Sorgues le 10 juillet à huit heures du soir, et le lendemain à midi die entrait dans Gaderousse. Partout accueil enthousiaste et tir des boites. Le samedi 13, elle établissait son quartier général à Orange. Un grand nombre de volontaires des communes environnantes vint se joindre à elle.

Cependant le Comité de Salut public, à la nouvelle de ce sou* lèvement, avait donné ordre au général Kellerman, commandant de l'armée des Alpes, de se porter à la rencontre des Marseillais et de leur couper la route de Lyon. Kellerman fit partir le général Çarteaux avec quelques mille hommes d'infanterie et la légion levée en Savoie, connue sous le nom des AUobroges, pour se rendre à Valence et empêcher la jonction des rebelles avec les Lyonnais. Çarteaux arrive à Valence ; de Valence il marche en toute hâte vers le Pont-Saint-Esprit, où les fédéralistes du Gard et de l'Hérault attendaient l'armée de Marseille. Les administrateurs du Gard, voyant toute résistance inutile, livrent à Çarteaux les clefs de la citadelle. C'était le 14 juillet 1793.

Çarteaux dirige sur Orange le commandant Doppet avec un bataillon du Mont-Blanc, un escadron d'Allobroges, quelques compagnies du régiment de Bourgogne et deux pièces de canon. Cette colonne, après s'être emparée de Bollène et de Montdragon, arrive à Orange. Devant elle, les bataillons fédéralistes se dispersent et rebroussent chemin sur Avignon.

La nouvelle de la défection des fédéralistes du Gard et de la prise d'Orange jeta la panique dans les rangs des Marseillais établis à Avignon. Ils quittèrent précipitamment cette ville le 15 juillet. Mais à leur départ, d'horribles scènes de vengeance éclatèrent. Les patriotes sortirent de leur retraite, et profitant de l'absence des Marseillais, désarmèrent, dévalisèrent et maltraitèrent les royalistes, les modérés et jusqu'aux soldats traînards, dont plusieurs furent égorgés. Le général marseillais, Roussellet, instruit de ces représailles, fit rentrer sa troupe dans Avignon par les portes Saint-Michel et du Rhône. Tous les Montagnards qu'ils rencontrèrent furent impitoyablement sabrés. On compta au nombre des morts deux officiers municipaux et quelques assassins de la Glacière, entre autres Sabourin. Descours, Tartivet, Michel, Martin et Ravenaud.

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Pendant ce temps, Doppet était arrivé à Sorgues, où Carteaux vint le rejoindre, et établir son camp au Pontet.

Le général Roussellet, rentré dans Avignon, avait résolu de ne plus quitter cette ville ; il se mit en mesure d'opposer une vive résistance aux troupes de la Convention qui s'avançaient. Des canons furent hissés sur le rocher de Notre-Dame-des-Doms et sur divers points des remparts. L'administration civile fit afficher une proclamation pour maintenir l'ordre et la tranquillité. Carteaux, de son côté, rédigeait, le 24 juillet, à six heures du soir, la sommation suivante, qui fut portée aux administrateurs par un trompette envoyé en parlementaire :

« Je vous somme de déclarer authentiquement, dans une heure, si vous reconnaissez, oui ou non, la Convention nationale ; si vous êtes résolus d'obéir et faire respecter ses décrets ; je vous somme d'ouvrir, dans le même délai, et sans aucun retard quelconque, vos portes à Tarmée de la République, dont chaque soldat demande à grands cris de marcher contre les rebelles.

« Si vous obéissez k la loi, si vous reconnaissez la Convention nationale, si vous nous livrez les chefs de la conspiration, les auteurs des crimes qui viennent de souiller votre ville, nous vous regarderons comme des frères ; si vous résistez encore à sa voix, vous serez traités comme des contre-révolutionnaires et des rebelles ; il est encore temps de choisir.

« Administrateurs, je vous déclare responsables, sur vos têtes et sur vos biens, de tous les maux que pourrait entraîner sur votre ville, et de tout le sang que pourrait faire rénandre le refus d'accéder à la sommation formelle que je vous rais.

«r Marseillais, reconnaissez l'aveuelement où vous êtes, où vous ont plongés des chefs eoupaoles ; abandonnez-les à la justice nationale; mettez bas les armes, ou attendez- vous aux châtiments réservés aux ennemis de la République et aux conjurés pris les armes à la main ; ouvrez les yeux ou préparezvous a subir le châtiment de votre rébellion. La ville de L'Isle doit vous, servir d'exemple. Mais si vous rentrez dans l'ordre, la ville du Pont-Saint-Esprit doit vous persuader de notre humanité et de notre respect pour les propriétés.

« Signé : Carteaux. Au quartier général du Pontet, le 24 luillet 1793, l'an II de la République française, à six neures après midi. »

Les administrateurs avignonais répondirent à cette sommation :

<f Nous ne reconnaissons plus la Convention nationale depuis le 31 mai dernier, parce qu elle n'est plus dans son intégrité. Nous ne sommes pas rebelles pour cela ; au contraire, en vrais

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