ÉVÉNEMENTS D'AVIGNON EN JUILLET
Rappelons les circonstances qui amenèrent ces victimes au tribunal d'Orange.
Les fédéralistes iparseillais, s'étant rendus maîtres d'Avignon le 7 juillet 1793, avaient établi dans celte ville les sections et remplacé les autorités par des commissions provisoires. La ville fut divisée en sept sections :
1** La section des Amis de la paix, qui élut pour son président Joseph Arnaud, Joubert pour vice-président et Vincent aîné pour secrétaire.
2* La section de St-Pierre : président Laurent Dauvergm, sécrétantes Baudran fils, Gabriel Vinay, Gaudibert Roberty.
3* La section des Amis de F humanité et de la liberté : Masse président, Verdier vice-président, Achard cadet secrétaire, Ferrand prosecrétaire.
4* La section de VÊquité dite du Verbe incamé : président Pinière, vice-président Ferrier, secrétaire Bayle, prosecrétaire Cholier.
5* La section des Amis du peuple : Mensac président, Péru vice-président, Collin secrétaire, Monet fils prosecrétaire.
6* La section des Amis des lois (section de l'Oratoire) : Daruty fils président, Berneron et Serres Alexis, vice-présidents, Rougier et Bauchet Etienne, secrétaires.
7' La section de la Liberté ou des Grands-Carmes : Vincent Ricard président, Martin vice-président, Revoire secrétaire.
Les sections réunies nommèrent un Comité général qui fut composé de Vinay, président, Hugues, vice-président, SilveMre père, Bieolet, Bernard, Claude Monet, Buffardin, Hoiioré Rody,
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G. Sage, Jem-^oseph Niely Georges Jannin, Agrieol Fouquet, Barthélémy Dufour, Courtois, Jean-Jacques Lapierre, BalthaEard Gassin, et Silvestre fils, secrétaire.
L'administration du district se réunit le jeudi 11 juillet au soir. Furent présents: Chavagnac, président, Bruny, procureursyndic, Leydier et Bourges secrétaire, tous quatre memlH^ de l'ancienne administration, Bernard Agrieol, Beaulieu Michel, Bioulés Jean- Jacques, Cappeau Pierre, Barthélémy, Renoard père, Silvestre père. Chavagnac et Bruny s'étant retirés, attendu que leurs principes n'étaient pas conformes à ceux des administrateurs provisoires, furent rmnplacés par Jean GaiUard et Serres Alexis.
: Le 13 juillet, une nouvelle municipalité fut installée, et se distribua de suite en plusieurs bureaux :
Bureau de Régie : Millaudon, Rougier père, Meissonnier père et Ollagnier cadet, administrateurs, secrétaires Brian et Bresset.
Bureau de Police : Pelât, Estienne, Peyre aîné et CUmseaur Pitoy, administrateurs, Joseph Pilât secrétaire.
Bureau militaire : Baltier, Ricard Vincent, Boulogne aîné et Aymé cadet administrateurs, Brunet et Si-Martin secrétaires.
Bureau de VEtat civil : Mas Bonaventure aîné, Blache négociant, Fabre médecin, Bergin secrétaire, Chambaud aîné secrétaire-greffier, Hyacinthe Fischer et Grégoire Simon prosecrétaires. Joly aîné, imprimeur de la commune, en remplacement de Tournai, destitué, François-Hyacinthe Viala, économe de la commune, Joseph Rolland, trésorier du district, Baudran père, inspecteur des travaux publics, Raymond Constantin, casernier.
Les autres administrateurs provisoires non compris dans les bureaux, furent Liotard, Meynaud, Rassis et Perrot, anciens officiers municipaux, Diouloufet père, Bonnaud fils, Hugues, homme de loi, Âlmaric aîné, Yalentin, Maria^ Blanc Antoine, Ferrier, Félix Montaud et l'abbé Morénas.
Firent partie du Conseil général, Millaudon, président, Pierte, Laurent, Vinay, Boulogne, Devaux, Fabre, Ricard, Mas aîné, Blache, Rougier, Pizan, Blanc, Aymé, Diouloufet, Peyre aîné, Almaric aîné, Vaudronne et Valentin.
Tous ces homme^, qui avaient souffert sous le règne de Jourdan et qui se rappelaient avec effi^oi les massacres de la
évéNEMENTS d'AVICNON IO7
Glacière, accuefflirent awc bonheur les Marseillais qui proclamaient le respect defe personnes et des propriétés et Tobéissaiice à des lois justes. Ge fut là tout leur crime, plusieurs le payèrent de leur fête.
Après k dispersion des Marseinais et dès le mois d'octobre suiyant, le tribunal criminel de Yaucluse en fit arrêter un grand nombre. Mifiaudon, Hugues, avocat, et l'abbé Morénas furent décapités le 10 octobre 1798, Brunet le 23 octobre, Sottspbron Péttx-Etienne, dft le chevalier A^Estimne, et Faurts Baltier Jacques le 13 décembre. Courtois Louis le 2 février suivant. Les autres prévenus furent maintenus en prison, parce que la Convention nationale s'était réservée par la loi de mars de les juger elle-même.
On les dirigea le 30 ïM'airial (18 juin) sur Orange, où la Commission populaire venait d*étre installée; le lendemain ils passaient en jugement.
Faisons maintenant connaître plus en détail chacune de ces honorables victimes.
N* 1. ttAOSEAO-PITOY, fabricant d'étoffes.
Dosaer n* 1.
Aimé-Louis Clauseau était né à Genève le. 15 mai 1751 de Louis Clauseau et de Marguerite Coudougnan (1). Il vint de boane heure se fixer à Avignon, où il était fabricant d'étoffes. Il y épousa W^ Pitoy.
Sa fortune considérable et la fermeté de son caractère le désignant au choix des électeurs de sa section pendant l'occupation fédéraliste ; il fut nommé administrateur provisoire et membre du bureau de police. Pour ce motif, le comité de survdUance révolutionnaire le décréta d'arrestation. Quand les sbires chargés de le saisir se présentèrent chez lui, rue des Ciseaux-d'Or, ils rencontrèrent M. Pitoy, son beau- père, qui sortait. Etes-vous M. Clauseau-Pitoy ? lui dirent-ils. — Oui, répondit cet homme généreux, décidé adonner sa vie pour sauver son gendre. Mais Terreur fut bientôt reconnue, M. Pitoy fut mis en liberté et son gendre, arrêté le 15 juin, fut conduit dans les
(1) Bxtrait des Registres de Genève.