VICTIMES DE L'ISLE
L'Isle s'était ouvertement déclarée en faveur de la fédéraration marseillaise ; un fort détachement sorti d'Aix était venu en prendre possession dans les premiers jours de juillet 1793. On avait aussitôt destitué la municipalité patriote, formé les sections, nommé des administrateurs provisoires, célébré un service funèbre en l'honneur des Lyonnais qui avaient péri dans la journée du 31 mai, et prêté le serment de ne plus reconnaître la Convention nationale ni ses décrets. Dès lors L'Isle devint le centre des opérations fédéralistes. Là on venait prendre conseil ; de là partaient des commissaires pour prêcher et propager le soulèvement ; là se rendaient les volontaires d'Apt, de Velleron, de Venasque et des communes environnantes. Aussi le général Carteaux envoyé par la Convention pour anéantir la rébellion, chargea Doppet, commandant des Allobroges, de s'emparer de la ville. Celui-ci arriva le 22 juin 1793 aux portes de L'Isle avec six pièces de canon, 1180 hommes de troupes régulières et 500 montagnards ayant la plupart servi dans l'armée de Jourdan coupe-tête. Avant de commencer l'attaque, Doppet dépêcha deux dragons en parlementaires, un oflQcier et un trompette, pour sommer la ville de se rendre. Le trompette fut tué sur la place publique d'un coup de fusil par Antoine Maille, domestique du docteur Seux. Cet assassinat fut la cause des meurtres, du pillage et de l'incendie qui dévora tout un quartier, malgré la défense héroïque opposée par les L'Islois.
Quand le fédéralisme eut été comprimé par les troupes de la Convention, et que le département de Vaucluse eut été organisé, la société populaire de L'Isle provoqua, par une circulaire du 28 août 93 adressée à toutes les sociétés révolutionnaires du département, la formation d'un comité de Salut public chargé de recevoir les dénonciations contre tous les contre-révolutionnaires, les instigateurs, les sectionnaires, les moteurs de la ré-
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bellion etc.. « Le comité, disait la circulaire, fera passer les dénonciations contre les délinquants à l'accusateur public qui poursuivra la punition des coupables, auprès du tribunal criminel. La sûreté générale exige que cette punition juste soit accé^ lérée. Les sociétés sont également invitées à faire un tableau des coupables de leurs communes, et copie de ce tableau sera envoyé à toutes les sociétés du département ; elles voudront bien prendre des renseignements circonstanciés à l'égard des coupables, afin qu'ils ne puissent se soustraire à la punition que leurs attentats leur auront fait mériter. »
Pour donner l'exemple, la société populaire de L'Isle dressa une liste de soixante-quinze noms comprenant les administrateurs, les membres du comité général des sections avec ses présidents, vice-présidents et secrétaires, les chefs des bataillons fédéralistes et autres individus reconnus pour côntre-révonaires décidés.
Le 10 août on avait invité les bons citoyens à venir dénoncer au comité les personnes qui les avaient forcés à prendre les armes contre l'armée du général Carteaux.
Les dénonciations furent nombreuses ; elles étaient reçues non seulement par les deux comités de surveillance, mais encore par les officiers municipaux et par le comité de salut public. Les prisons regorgèrent de détenus, et L'Isle devint un vaste entrepôt de détention. Les prisonniers furent conduits à Avignon où siégeait le tribunal criminel. L'accusateur public, impatient de faire travailler la guillotine, pressa les administi'ateurs L'Islois par une lettre du 25 brumaire (15 novembre) de lui fournir tmt ce qui peut être prouvé contre les scélérats quicomposaientlecomité fédéralistes J'attends, dit-il, ces preuves pour faire juger les prisonniers de L'Isle. // importe que les coupables que nous tenons soient promptement guillotinés. Faites tout ce qui dépendra de vous pour faire arrêter les contre-révolutionnaires de votre ville, découvres leur retraite et je me charge de vous les avoir. Je veus purger le département de Vaucluse des conspirateurs contre la république, secondés moi donc dans tout ce qui dépendra de vous. »
Les pièces demandées arrivèrent quatre jours après. Le 8 nivôse (28 décembre) sur les conclusions foudroyantes de l'accuteur public, le tribunal criminel condamna à mort neuf des
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prévenus sans que les juges eussent voulu ni écouter leur justification, ni les témoins à décharge. Ce sont Mazet Dominique- Xavier, notaire, Bonnard Antoine prêtre, vicaire à Cabrières, Amavon Dominique, boulanger, Genêt Jean, faiseur de bas, Carbonnel Antoine, cordonnier, Guiramand François, perruquier, Roze Dominique, et Roze Joseph-Jean-Baptiste, négociant. Quelques jours après, Boissin André et Laurent Fantin subissaient le même sort, victimes de fausses dénonciations. Les autres prévenus furent condamnés à la prison en attendant que la Convention nationale eût statué définitivement sur leur sort.
Après six mois d'une dure détention dans le Palais des Papes, et sans que la Convention nationale eût rien décidé, le 29 juin 1794, dix-huit Llslois, enchaînés deux à deux comme des galériens, et conduits par une escorte de gendarmerie et de gardes nationaux du bataillon des Graviers de Paris, arrivaient à Orange. Le triste convoi se composait de Jean Vasserot, Jean- Joseph Mouzias, Joseph Guérin, Antoine Maille^ François Augier, Pierre Villard, Joseph-Véran Rose, Jean-Joseph Roze, Bernard-Laurent Hommage, religieux capucin, A.-B. Tavernier, Gaspard Barbier, Marguerite Boët, Ange Bon, Clariot François et Bressy Laurent. Derrière eux, sur un tombereau qu'on leur avait procuré, sans y étendre seulement un peu de paille, et sans prendre aucune précaution pour les garantir de la chaleur et de la poussière du chemin, venaient François-César Villard, Gaspard Liély, tous deux paralytiques, François Milon, galeux au point de ne pouvoir tenir debout, et Marthe-Marie Roze, religieuse, percluse d'un rhumatisme. Aussi, pendant ce trajet de huit lieues, quel long et douloureux martyre !
Arrivés à Orange, ils se voient aussitôt dépouillés par l'huissier Nappier de leurs meilleurs effets et de leurs portefeuilles, puis enfermés six dans la prison des Dames, douze dans celle du Cirqtie, où ils trouvèrent Joseph Crozet dit Carabinier, Xavier Tiran et Claude Dourieux, leurs compatriotes, amenés quelques jours auparavant. La religieuse Marie-Marthe dut être conduite à l'hôpital (1).
Cinq jours après, le 4 juillet, neuf d'entr'eux comparaissaient devant les juges de la Commission populaire. En vain Rose
(1) Nous D'avoûs pas trouvé son nom dans le refaire d'écrou de la prison de la Cure réservée aux femmes et aux religieuBes.
Rougon, femme de Charles Guigue, et Javot dit Chambéry déposent en faveur des prévenus ; en vain Tétat désespéré d'un moribond et d'un paralytique amenés dans des chaises à porteur excite la commisération, sept sont condamnés à mort, et exécutés le même jour à six heures du soir.
Quand la nouvelle de leur exécution arriva à L'Isle, la muninicipalité, suivie des fonctionnaires et membres des comités, se rendit à l'Eglise paroissiale, transformée en temple de la déesse Raison, pour chanter en corps l'hymne répubicaih. Le soir en signe de réjouissance publique, on illumina les édifices communaux (1).
Faisons connaître plus en détail les malheureuses victimes qui succombèrent dans cette journée.
N* 125. Bernard-Laurent HOMMAGE, religieux capucin.
Dossier 186.
Il était né à Carpentras le !•' octobre 1730, de Laurent Hommage et de Catherine Gros. Il entra en religion dans le couvent des Capucins à L'Isle où il fut connu sous le nom de Père Bruno. Après la suppression de son ordre, il demeura dans cette ville hospitalière, espérant qu'on n'inquiéterait pas un pauvre moine inoffensif, qui vivait d'aumônes et qui priait pour ses bienfaiteurs. Afin de mener une vie plus retirée, il se logea à la campagne de François Clariot qui lui céda par charité un appartement dans sa grange. Au plus fort de la Terreur un ami nommé Laurent Bressy lui apportait chaque jour sa nourriture ; mais sa retraite fut découverte, et ses bienfaiteurs furent mis en prison et traînés à Orange avec lui.
Le 6 mai 1794, la municipalité de L'Isle le fit arrêter par Fouque, lieutenant de gendarmerie ; et le 21 prairial (9 juin) Diet et Teste juge paix de L'Isle le faisaient traduire dans les prisons d'Avignon par mesure de sûreté générale.
Une perquisition fut faite le lendemain à son domicile par le juge de paix qui dressa le procès-verbal suivant :
« C^ourd'hui 22 prairial, an 2 de l'ère Républicaine, nous,
(1) Les détails qui précèdent sont extraits de l'excellent ouvrage de H. J. de Joannis : Le Fédéralisme et Ja Terreur à L'Isle. Imprimerie Seguin, frtees 18M.
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Maxime Teste, juge de paix du 2"' arrondissement de L'IsIe, nous sommes transporté à la grange qu'habitait le citoyen François Clariot, où était réfugié le citoyen Hommage, ci-devant capucin, pour voir s*il y avait des hardes appartenant à ce dernier pour y mettre le scellé, et, y étant arrivé, nous avons trouvé la citoyenne Marguerite Veyrier, épouse dudit Clariot, qui nous dit qu'effectivement il y avait, dans Tappartement qu'habitait ledit Hommage, un moulin à brûler le café, un autre à le moudre, de la cassonnade dans une serviette, une chemise, des mouchoirs, une paire de souliers, une besace de coutil; que la nommée Marie, dite de Saint-Jean, avait enlevé ces objets en disant qu'elle venait chercher les hardes dudit Hommage ; ajoutant qu il reste dans l'appartement une paillasse et deux bouteilles que Laurent Bressy avait apportées pleines de vin, et que tous les jours Bressy lui apportait son nécessaire. De tout quoi avons dressé procès-veroal. Signé : Teste. »
Cet infortuné religieux fut transféré dans les prisons du Cirque à Orange le 30 juin. Quatre jours après, il comparaissait devant la Commission populaire, et Viot l'accusa de fanatisme : « Bernard-Laurent Hommage, dit-il, ex-prêtre, ci-devant capucin, est un de ces hommes qui paraissaient esclaves de la loi et qui employaient tous les moyens pour y porter atteinte; il a été trouvé chez un particulier qui lui offrait un asile; il s'y tenait caché pour exciter plus à son aise et avec plus de succès les progrès du plus dangereux fanatisme ; on a trouvé sur lui, au moment de son arrestation, des pièces qui l'attestent, qu'il ne peut démentir ; la Commission, qui les a sous les yeux, va se convaincre par leur lecture que Fauteur de ces écrits ne peut être que Vennemi de la Révolution, »
Les pièces contre-révolutionnaires dont parle l'accusateur public étaient deux ordos manuscrits en latin, un pour 4794, et l'autre pour 1795. Je doute fort que les juges se soient donné la peine de les Ure. Ces deux ordos prouvent que ce rehgieux a été fidèle à satisfaire au grand devoir de la prière que l'Église a prescrit à tous ses prêtres. Il bénit, en montant le premier à l'échafaud, les six compagnons d'infortune mis à mort avec lui.
N"* 426. Jean-François MILON, fils aîné, cuisinier.
Dossier 210.
Louis-François Milon, fils de Pierre et de Marie-Anne Arnaud^ était âgé de 36 ans (1), quand il parut sur les bancs des accusés au tribunal d'Orange.
Il avait été dénoncé le 28 juin 1793 par le conseil général de Pernes, comme faisant partie d'une compagnie d'une vingtaine d'hommes qui, revenant de Venasque, où ils avaient saisi trois patriotes, et traversant les rues de la commune, avaient déchiré les écriteaux placés sur les portes des maisons en vertu de l'arrêté du 29 mars.
Le 11 août suivant, Jean L..., grenadier au 5* bataillon des Bouches-du-Rhône, l'accusa également de faire partie d'un détachement qui vint l'injurier à la grange de l'Hôpital, où il fut ignominieusement désarmé avec ses compagnons, puis lié, garrotté et traîné dans le cachot de la commune, où il demeura deux jours, puis conduit par deux gendarmes à Ménerbes, et de là à Âpt, où un commissaire des guerres le fit élargir.
Milon fut arrêté à Pertuis le 4 octobre 93 et conduit dans les prisons d'Avignon. Après deux mois et demi de détention préventive, il fut interrogé le 16 décembre par Joseph Fouque, président du tribunal. Il répondit « ignorer le motif de son arrestation qui eut lieu le 4 octobre, à Pertuis ; — y être venu le 29 juillet pour affaires de famille ; — n'avoir rempli aucune place à L'Isle ni dans l'administration, ni dans les sections ; — être seulement sous-Ueutenant dans la garde nationale ; — il nia être de la patrouille qui désarma Jean Lille ; mais être de celle qui arrêta Antoine Amavon, mais qu'il ne l'arrêta pas lui-même; — il n'a pas fait la motion dans la section de marcher sur Paris, et n'a point prêté le serment de ne plus reconnaître la Convention ; — il n'était pas à L'Isle le jour de l'attaque, il en était sorti une heure auparavant pour aller à Cabrières ; — il a été à Venasque, forcé par le commandant Antelme, du bataillon
(1) U était Dé à L'Isle le 4 octobre 1758, et avait épousé, le 29 avhi 1784 , Geneviève Guério; il était, au moment de son arrestation, père de cinq enfants: un garçon et quatre filles, dont Fatné avait 9 ans, et le plus jeone 7 mois.
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d'Aix, mais il n'a arrêté personne, et n'a rien vu ni entendu parce qu'il dormait pendant que le détachement faisait le fur en dehors du village ; — pour toute ressource il n'a que son industrie de cuisinier. »
Après cet interrogatoire, il choisit Mélincourt pour son défen* seur, et fut ramené en prison.
Le jour de son interrogatoire par le président du tribunal criminel, six habitants de Venasque se présentaient devant le comité de surveillance de L'Isle et déposaient contre lui.
Louis G... dit que, le 25 juin dernier, une patrouille à la tête de laquelle se trouvaient Capty de Venasque, Milon, fils aîné, Barrau, Joseph Rose et autres, fut chez lui pour le désarmer, et qu'après lui avoir enlevé deux fusils, ils lui dirent : « Ce n'est qu'un commencement, il n'est pas sûr que tu restes ici. » Il ajoute qu'il a entendu Milon, Joseph Rose, Barrau et autres chanter dans les rues de Venasque : « Â la guillotine Marat. De la tête de Jourdan, de Tiran et de Rolland de L'Isle, nous jouerons aux quilles. » Us dirent aussi qu'ils allaient couper la tête de Marat, et écraser la Convention nationale.
Jean G... déclara que, le 28 juin dernier, le sieur Capty de Venasque le commanda et força d'être de garde à la maison commune où trois patriotes se trouvaient en état d'arrestation et qu'il entendit Milon, Rose et Barrau insulter ces patriotes leur disant : « Hu ! coquins, brigands, vous serez guillotinés en arrivant à Marseille. »
Le lendemain, Joseph V... déposa que, revenant de Gordes, il rencontra Barrau à qui il tendit la main qu'il refusa ; un peu plus loin, Milon fils aîné vint au-devant de lui et lui dit : « Ah te voici ! » Aussitôt il se saisit de lui, le lia avec la corde de son mulet, et comme il serrait fortement, lui ayant dit : « Ne serrez pas si fort, vous me faites mal, » Milon lui répondit : « Foutu brigand, tu ne peux pas trop souffirir ; si je savais que tu ne fusses pas guillotiné, je te couperais le col ici.»
V... et J... dénoncèrent aussi qu'une patrouille vint les saisir pendant la nuit à leurs granges et les amenèrent prisonniers à la Maison commune, où Milon les traita def... brigands, de coquins, les menaçant de leur couper la tête, mais que la guillotine ne les manquerait pas ; que de Venasque ils furent conduits à L'Isle, et que le long du chemin, Milon ne cessait de leur dire, en montrant les terres devant lesquelles ils passaient : « Vous
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auriez voulu ces terres mais vous aurez la guillotine. » En passant à Pernes, ils déchirèrent les décrets qui étaient affichés.
Antoine E... ajouta encore qu'une patrouille dans laquelle se trouvaient Milon et Barrau vint frapper à sa porte dans la nuit du 24 ou du 25 juin dernier, il les laissa frapper plusieurs fois; à la fin il fut contraint d'ouvrir, on le saisit, mais avant de partir il leur dit : «r Je me suis couché avec la soif, aussi je veux boire. — Tu fais bien, lui ripostèrent Milon et Barrau, car il n'est pas sûr que tu boives encore. » Ensuite on lui prit ses armes et ses munitions et on le mena à la Maison commune.
Toutes ces dépositions furent transmises à l'accusateur public, et le 24 janvier 1794, le tribunal criminel de Vaucluse condamnait Milon à la détention, en attendant que la Convention nationale en eût décidé autrement.
Pendant qu'il gémissait dans les cachots d'Avignon, l'accusateur pubUc faisait rechercher son père, aubergiste à Llsle, qui s'était évadé de la prison de l'hôpital où on l'avait enfermé sous la prévention de contre-révolutionnaire, ainsi que sa sœur, accusée d'avoir favorisé cette évasion (1). La fille Milon en effet avait échangé ses vêtements contre ceux de son père, qui, sous ce déguisement, trompa la vigilance de ses gardiens, et prit la fuite.
Après huit mois de détention, Milon fils fut transféré le 30 juin dans les prisons du Cirque à Orange ; le 4 juillet il comparaissait devant ses juges. Quatorze témoins avaient été assignés contre lui. « Que me reprochez-vous ? dit Milon à Fauvety, le jour de son jugement. — Tu le sais, lui répondit le prési-
(1) Réquisition, c Au nom de la loi. L'accasateur public près le tribubunal crimioei du départemeot de Vaucluse mande et ordonne au premier huissier ou gendarme requis de mettre de suite en état d'arrestation et de conduire dans la maison de justice Milon père, aubergiste de lille, et sa fille de la même commune, ledit Milon prévenu du crime de contre-révolution et qui s'est évadé de rhôpital où il était en détention, et sa fille prévenue de complicité de son évasion. la force armée prêtera main forte pour l'exécution du présent mandat. Il sera fait les recherches les plus exactes dans les cabarets et auberges qui sont dans le terroir.
Les chasseurs à cheval n« 14 en garnison en cette ville marcheront poar Texécution de ce mandat, et il sera fourni des chevaux aux gendarmes qui n'en auront pas à cet effet.
11 sera fourni 1 étape aux gendarmes pour rexéculiou^du présent mandat, pourvu que leur nombre n'excède pas celui de cinq. »
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dent de la Commission, tu payeras toi et ta sœur pour Tévasion de ton père. » Viot, résumant à grands traits toutes les dénonciations faites contre lui, Taccusa, disant : « Milon fils a de tout temps été l'ennemi de la liberté et de la République ; il s'est armé contre le peuple français, qu'il a voulu assassiner ; il a servi dans l'armée des rebelles marseillais, où il a occupé la place d'ofiBcier ; il ne s'est pas contenté de ces crimes, il a vexé, maltraité les patriotes qu'il a fait arrêter ; il a plus fait, il a poussé l'audace jusqu'à dire en public qu'il irait à Paris pour détruire la Convention nationale et assassiner Marat, l'intrépide ami du peuple ; il est constant qu'il a été le complice du fédéralisme, qu'il a conspiré contre l'unité et l'indivisibilité du peuple. i>
On lit dans son tableau dressé le 4 prairial (23 mai) par la municipalité de L'Isle, « qu'il avait un garçon et quatre filles, âgés depuis dix ans jusqu'à sept mois, qu'il n'était lié qu'avec les aristocrates, aristocrate lui-même, et brutal pour les patriotes depuis la révolution. »
N* 127. Joseph-Véran ROSE, marchand.
Joseph-Véran Rose,surnommé Larose, était né à Lourmarin, le 31 mai 1761, de Joseph et de Marie Vian ; il épousa le 1**' septembre 1788, à Apt,D"' Marie-Anne Chaix, fille de Gaspard, fontainier, et de Suzanne Berthé.
Il vint se fixer à L'Isle comme marchand de toile.
M. Véran Rose fut député pour diverses missions par le conseil général des sections fédéralistes. Le 7 juin 1793, il fut choisi pour aller avec Castinel à la Maison commune requérir la municipalité de remettre les clefs de l'appartement du ci-devant prévôt, que les sections avaient choisi pour tenir les séances du comité. — Le lendemain, on le désigna avec César Villard pour demander à la municipalité de fournir pendant la nuit dix hommes de la garde nationale, qui devront, avec les volontaires d'Aix, garder la Maison commune depuis le dit jour jusqu'à nouvel ordre. — Le 11 juin, on l'envoie avec Castinel auprès du commandant de la force armée, pour qu'il fournisse un nombre suffisant de volontaires pour opérer le désarmement
406 DIX-SBPTIBMB SiANCE.
le, iç .
des citoyens de L*Isle. — Enfin, le 24 juin, il signa avec Boissin, P^v vice-président du comité, Villard, Joseph Chou, Dominique
¥}' Force, Milon et Tibaud fils, une invitation à la municipalité de
&;^ faire parvenir à la section les armes qui ont été portées à la
f|j commune dans le courant de la journée.
> . Pour tous ces faits, l'accusateur public du tribunal criminel
e de Vaucluse lança contre Véran Rose un mandat d'arrêt qui
\\ fut mis à exécution le 7 pluviôse an II (i6 janvier 1794.) Il fut
V * arrêté à Apt et conduit dans les prisons d'Avignon.
l: * Quelques jours avant son départ pour Orange, il écrivit à sa
femme, Marie- Anne Chaix, pour l'exhorter à la soumission à la volonté divine, lui recommandant de veiller à la bonne éducation de ses deux enfants et aux soins de ses affaires personnelles. « Ma bonne et très chère amie. Privé de te parier en personne, j'ai cru devoir te communiquer par écrit les sentiments qu'un mari doit avoir pour une femme et une famille à qui il est si fortement attaché, se trouvant dans une position aussi malheureuse que la mienne. Tu sais qu'on a tout à crain. dre en temps de révolution, et qu'on ne peut rien se promettre pour l'avenir. Ainsi, ma bonne amie, résigne-toi en tout ce que Dieu lui plaira t'afDiger ; offre-lui tes peines et tes douleurs avec fermeté et résigne-toi en tout à sa volonté. Présentement je vais t'observer certaines choses qui me sont à cœur, te recommander mes enfants, de leur donner l'éducation que tu pourras, de te comporter toujours en honnête femme, d'être d'intelligence avec mon frère, l'intéresser pour tes affaires, ne lui rien dissimuler pour qu'il te soit entièrement dévoué ; tu agiras de concert avec lui relativement à tes intérêts ; sois circonspecte quelqu'événement qu'il arrive. Si d'aujourd'hui à demain je partais pour Orange, je serais peut-être privé de te voir, je t'embrasse de tout mon cœur; aie bien soin de mes enfants» (1). M. Rose fut amené le 30 juin dans les prisons du Cirque à Orange ; il crut devoir justifier sa conduite, et il adressa à la Commission populaire la pétition qu'on va lire.
« Liberté, Egalité ou la mort.
« Aux citoyens composant la Commission populaire séant à Orange.
(1) Cette lettre a été troovée dans les papiers de M. Rose, curé de Laalud. fils de la victime.
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« Le citoyen Véran Rose expose que détenu, dans la maison d'arrêt d'Avignon depuis le 7 pluviôse, en vertu d'un mandat lancé par l'accusateur public, comme instigateur et chef de rébellion, pour avoir été nommé à la place d'adjoint au comité des sections de L'Isle, dans le temps des rebelles marseillais, il devrait être élargi, en démontrant sa conduite dans la révolution.
« Rose, né français, habitant de L'Isle depuis plusieurs années, manifesta au commencement de la révolution son attachement à la liberté et à l'anéantissement du despotisme ; il donna son vœu pour la réunion à l'Empire français ; il fut du nombre des quelques personnes qui, revenant de la foire de Beaucaire, arrivèrent décorées de la cocarde tricolore ; il fut le premier à souscrire pour la formation d'une garde nationale à l'instar de celle d'Avignon, à s'y enrôler et à en remplir les devoirs avec tout le zèle et l'exactitude de tout bon citoyen, et, pour en favoriser le succès, il fournit au-delà de ses moyens des habits d'uniforme pour l'équipement à tous ceux qui lui en demandaient, en leur donnant toutes les facilités possibles pour le paiement, sans consulter ni son intérêt, ni la solvabilité des débiteurs ; il a fait des dons et contributions patriotiques dans toutes les occasions, et notamment pour le soulagement des défenseurs de la patrie; il a assisté à toutes les fêtes civiques et partagé avec ses concitoyens la joie qu'elles leur inspiraient; il a toujours été l'ami des lois et du peuple.
« S'il a paru au comité des sections, la force et les menaces l'y ont contraint ; Rose, à qui on ne peut reprocher aucun acte incivique ni par paroles, ni par actions, fut nommé à son insçu. Dès qu'il apprend sa nomination, il veut donner sa démission; loin de l'accepter, quatre fusiliers du bataillon d'Aix en garnison à L'Isle le forcèrent de venir à son poste. Rose toujours ferme s'y refuse, les fusiliers persistent, et il est obligé de s'y rendre pour conserver des jours absolument nécessaires au soutien de sa famille!...
« Rose a paru au comité, la force l'y a contraint; mais il n'a jamais perdu le chemin qui conduit au bonheur du peuple et ne s'en est jamais écarté; il n'a fait dans aucun temps aucune motion contre-révolutionnaire, et lorsque L'Isle refusa l'entrée aux républicains allobroges, il était à la foire de Beaucaire où l'appelaient ses affaires et son état. Son absence de L'Isle, sa
4oS DIX-SEPTIÈME SÉANCE,
conduite dans la révolution, tout concourt à démontrer son innocence; il espère que vous lui rendrez la justice qui lui est due; d'après tous ces faits, et la disposition de la loi du 8 ventôse en taveur des patriotes détenus, il réclame sa liberté. Signé ; Véran Rose. »
Son tableau, dressé, en même temps que celui des autres prévenus, le 4 prairial (23 mai), le dit « âgé de 36 ans (1), ayant deux garçons, l'un de 3 ans 4/2, l'autre d'un an ; arrêté dans le district d'Apt comme fuyard, fréquentant indifféremment les patriotes et les aristocrates, caractère politique, cachant ses opinions. »
Le 16 messidor, Viot l'accusa des mêmes délits que François Villard, dont nous allons parler : « J'accuse, dit-il, Véran Rose et François Villars; ils sont tous les deux coupables des mêmes délits et des mêmes crimes ; ils ont usurpé le pouvoir du peuple souverain pour perdre et faire assassiner le peuple ; ils ont obtenu de la confiance des contre-révolutionnaires, dont ils étaient également dignes, la place qu'ils ont occupée de membres du comité des sections rebelles ; ils ont signé ensemble des écrits liberticides qui ne tendaient qu'à avilir et à dissoudre la représentation nationale, à allumer la guerre civile et à propager l'anarchie par le fédéralisme. »
Sa mort fit deux orphelins; l'enfant de 3 ans et demi dont parle le tableau, a fourni une longue et honorable carrière : c'est M. l'abbé Elzéar-Véran Rose, qui a passé 58 ans de sa vie sacerdotale dans la paroisse de Lapalud. Homme d'études, il fut reçu membre de plusieurs sociétés savantes ; le Gouvernement le décora de la croix d'honneur, et son évêque lui donna, en M832, le titre de chanoine honoraire de la métropole d'Avignon. Il s'est éteint à Apt le 20 septembre 1878, à l'âge de 88 ans.
N* 128. François-César VILLARD, fabricant d'étoffes.
Dossier 212.
Né à L'Isle, le 2 août 1733, de Joseph Villard et de Marie Chabrier , ptf. Villard était fabricant d'étoffes de laine ; il avait
(1) n en avait 33.
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épousé demoiselle Françoise Arnavon, qui le rendit père de trois enfants.
Villard et Arnavon se déclarèrent en faveur des Marseillais. Le comité général des deux sections (la Fraternité et la Réunion) prépara, dans la maison de Villard, la liste des membres de la municipalité fédéraliste et celle des officiers de la garde nationale.
Le 14 juin 93, il invita tous les gardes nationaux à se réunir pour nommer leurs officiers. François Villard et Joseph Chou furent députés auprès de la municipalité pour la prier de se rendre au lieu où se ferait cette nomination.
Le même jour, on le désigna avec Boissin père, Joseph Chou, Lavondès, Pons père, Jambon et Laurent Fantin pour faire le désarmement général des citoyens ; on le chargea en même temps d'aller, avec Castinel fils et Véran Rose, requérir le commandant de la force armée en garnison à L'Isle de fournir un nombre suffisant de volontaires pour aider au désarmement des patriotes.
Le 14 juin, la section de la Fraternité délihév^ de faire effacer l'inscription qui se trouvait sur la place d'armes, et, au Ueu de place Rovère, mettre place de la Liberté^ vrai signe des bons républicains; Villard fut encore député par la section auprès de la municipaUté pour l'inviter à faire ce changement dans le plus bref délai.
Le lendemain, on l'envoie de nouveau pour inviter la municipalité à faire parvenir au conseil général des sections les rôles exacts des lits achetés pour les casernes.
Enfin, le 17 juin, nous le voyons chargé avec Milon d'une nouvelle mission auprès des administrateurs de la commune pour qu'ils donnent sous le plus bref délai la liste des déclarations des armes de toute espèce faites par les citoyens.
Gravement compromis par ces diverses députations, qui indiquent la part active qu'il avait prise au soulèvement marseillais, Villard crut prudent de quitter L'Isle et de se retirer à Sault chez un de ses neveux, Claude Plavant, où il arriva le 22 juillet.
Deux commissaires du pouvoir exécutif étant venus dans cette commune, M. Villard se présenta à eux, le 2 août suivant, pour rétracter les faits auxquels il avait été mêlé. Il en obtint le certificat suivant :
4<^ nrX'SBmBUE séance.
« Egalité et Liberté.
« République française une et indivisible.
« Nous, commissaires du pouvoir exécutif, délégués dans les départements des Basses-Alpes, Alpes-Maritimes et autres ;
« Certifions à tous qu'il appartiendra que le citoyen François- César Villars s'étant échappé de la fureur des rebelles qui étaient alors dans la ville de L'Isle, lieu de sa résidence, vmt nous trouver en la ville de Sault où nous étions alors, où il nous déclara qu'effectivement il avait été forcé d'accepter la nomination de commissaire du comité général des sections de la ville de L'Isle, mais qu'ayant reconnu que tout ce qui s'y faisait netendait à rien moins qu'au fédéralisme, il s'empressait de nous donner sa rétractation de tous les arrêtés, adresses et délibérations qui avaient pu être prises dans ce même comité, comme les ayant signés par force, et ne pouvant s'en dispenser alors.
« En conséguence, nous lui avons délivré le présent certificat pour lui servir et valoir ce que de raison, et en vertu de la loi du 26 juin, article !•% qui autorise tous les fonctionnaires publics à cette rétractation dans les trois jours de la promulgation de ladite loi.
« A Sault, le 2* août 1793, le 2* de la République française.
« Les commissaires du pouvoir exécutif, signés: Gonordaîné, Gonord, le jeune. »
Il pouvait se croire à l'abri de toutes poursuites sous la protection de la loi à laquelle il avait satisfait. Mais se trouvant un jour àBedoin,àrauberge du Mont-Ventoux^ il fit par suite de ses habitudes chrétiennes, le signe de la croix avant de prendre son repas; aussitôt les patriotes s'emparèrent de lui comme d'un malfaiteur et le conduisirent à Sault où il déclara résider. La municipalité de L'Isle, informée du fait et du lieu de sa résidence, envoya Michel Belhoure, capitaine d'une compagnie des Graviers de Paris avec un détachement de douze gardes nationaux pour le saisir.
M. Villard fut arrêté le 23 septembre dans une porcherie où il s'était caché. On le ramena à L'Isle; quelques jours après il fut, malgré ses infirmités, conduit dans les prisons d'Avignon, à pied, au milieu des insultes et des mauvais traitements. Ses infirmités obligèrent l'administration de le faire transporter à l'hôpital.
Dix mois de détention aggravèrent son état de souffrances, et le rendirent entièrement paralytique. Viot donna néanmoins l'ordre de le transférer à Orange avec ses compatriotes ; ils y arrivèrent le 30 juin sur un tombereau dans lequel on n'avait pas même jeté de la paille. Pendant que ses compagnons de
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route étaient écroués au Cirque, M. Villard fut conduit à l'hôpital, presque mourant, ainsi que Liély paralysé comme lui, et une religieuse nommée Marthe-Marie Roze, qui était percluse de tous ses membres.
Quatre jours après, la Commission faisait comparaître devant elle les neuf prévenus de L'Isle, M. Villard fut apporté de l'hôpital sur une chaise à bras. Viot, comme nous l'avons déjà dit, l'accusa avec Véran Rose du crime de fédéralisme, et demanda sa mort.
La sentence capitale fut prononcée ; M. Villard mourut âgé de 61 ans (1), laissant trois jeunes enfants orphelins (deux garçons et une fille); l'ainé n'avait que § ans, d'après le tableau de renseignements dressé le 4 prairial (23 mai).
Ses ennemis avouent eux-mêmes dans les renseignements fournis à la Commission « que Villard fréquentait indifféremment les patriotes et les aristocrates, qu'il était d'un caractère doux et poli, n'ayant jamais manifesté aucune opinion. » Sa femme vint implorer la pitié de Fauvety en faveur de ses enfants, mais le président resta inflexible.
N* 129. Gaspard LIÉLY, maçon.
Dossier 213.
Gaspard Liély était né à L'Isle le 20 février 1766, de Jacques et de Suzanne Astier. Maçon de son état, sous-lieutenant de la garde nationale, il fut blessé par les Allobroges pendant le siège de L'Isle. Sa maison, située aux lices de Boïgas, fut livrée au pillage, et lui-même ne sauva sa vie qu'en se cachant dans un grenier sous un tas de paille. Il prit la fuite au milieu de la nuit, en traversant la Sorgue aux vannes de l'Arquet.
n fut dénoncé comme fédéraliste. L'accusateur public écrivit au juge de paix de lui envoyer les plaintes qu'il avait reçues contre lui. Diet répondit en envoyant la dénonciation suivante avec ces mots : « Comptes sur mon zèle à servir la chose publique et démasquer les traîtres. »
(1) Le registre des décès lai donne 60 ans ; le tableau de reoseignemeots 62.
Déposition contre Gaspard Liély.
« Ceiourd'hui, huitième jour de la seconde décade du second mois de Tan second de la République française (8 novembre 1793), devant nous François Diet et Maxime Teste, juges de paix du 1" et du 2* arrondissement du canton de LTsle, sont comparus Joseph A..., maire de Caumunt, et Jean G..., procureur de la commune dudit lieu, lesquels ont déclaré que, le 5 juillet dernier, revenant de la ville d Avignon, ils rencontrèrent tout près la ci-devant chartreuse de Bompas un détachement de gens armés, composé en partie de gens de L'Isle, dont cinq ou six se détachèrent et leur demandèrent d'où ils étaient ; a quoi ils répondirent qu'ils étaient l'un le maire de Caumont et 1 autre le procureur de ladite commune; sur cela ils dirent : « C'est à vous que nous en voulons, il faut venir parler à notre commandant. » Et ils furent conduits devant leurs officiers. Parmi ces officiers, ils reconnurent Polytre, cha-
Îelier, Liély, maçon, et Antoine Gromelle. Ils furent conduits e suite à la ci-devant chartreuse, où ils furent menacés d'être fusillés ; un moment après, on les fit sortir et on les conduisit dans la maison d'arrêt de L'Isle, où ils ont été détenus pendant dix jours. »
On ne donna pour le moment aucune suite à cette dénonce. Liély, appelé à Avignon le 19 nivôse (8 janvier 94) comme témoin dans l'affaire de Tourniaire, déposa en faveur de ce prévenu. Ses réponses ayant déplu à l'accusateur public, il le fit arrêter séance tenante.
Quatre jours après, il fut interrogé par Faure, juge du tribunal criminel ; il avoua « qu'il était sous-lieutenant de la garde nationale; — que l'administration provisoire de L'Isle fit publier que ceux qui ne marcheraient pas pour se joindre aux soldats de Caumont seraient condamnés à 50 livres d'amende, et qu'il fut forcé de suivre le détachement, et qu'il y alla sans armes ; — que le détachement s'étant arrêté à Bompas pour boire, il apprit au cabaret qu'on venait d'arrêter le maire et le procureur de la commune de Caumont, mais sans y avoir pris aucune part lui-même ; et que le soir, en se retirant, le détachement amena les prisonniers à L'Isle ; — qu'il a été quelques fois à la section, mais qu'il n'y a jamais parlé. » Après quoi il choisit l'avocat Mélincourt pour son défenseur, et fut ramené en prison.
Par jugement du 21 janvier, Liély fut maintenu en prison, en attendant que la Convention eût statué définitivement sur son sort.
Six mois de détention lui firent contracter une paralysie qui
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ne lui permettait pas de se remuer. Espérant par l'exposé de ses souflrances obtenir sa liberté, il adressa à la société populaire de L'Isle la supplique suivante :
« D'Avignon, ce 13 prairial, 2* année de l'Ere républicaine (1 juin 94). Gaspard Liély ^ux républicains Composant La société populaire et montagnarde de L'Isle.
« Frères et amis. C'est avec Confiance que je réclame, au sein de votre société, une demande fondée sur la justice et l'humanité. Je ne rappelerai point ma conduite ny mon patriotisme, mes Concitoyens à qui je m'adresse et qui ont suivy comme moy la révolution depuis sa naissance, et qui se sont montrés amis de la Liberté et de l'Egalité, en jurant une haine éternelle aux ennemis de la Cause publique ; c'est à Ceux la que je demande en faveur de la vérité qui rende juste témoignage de ma conduite.
« Je ne veut exposer que ma situation, elle est pénible. Personne de vous, frères et amis, ne l'ignore.
« Ayant été arrêté injustement, (car personne ne peut m'imputer le moindre délit ni la moindre violation contre qui que ce soit), je fut pas moins traîné en prison, à la suite duquele je fut attaqué d'une violente maladie d'apoplexie dont j'ai les deux cuisses et les deux jambes paralysées, étant obligé de rester dans un lit, ne pouvant remuer ny me lever sans l'aide de quelqu'un. Les médecins et chirurgiens atteste qu'il est impossible que je puis guérir sans aller à Barrège pour y prendre les eaux, je ne peut le faire sans qu'il me soit rendu une prompte justice.
« C'est à cet effet, frères et amis, que je vous invite à prendre en Considération la position où (je me trouve) » (1).
Les frères et amis ne déployèrent pas un grand zèle pour venir au secours de l'infortune Liély ; car, le 30 juin, il fut jeté avec Villard et Milon dans le tombereau qui les conduisit à Orange. Le 4 juillet suivant, deux hommes le transportaient dans une chaise à bras devant la Commission populaire, qui le condamna à mort. Quatre témoins avaient été assignés contre lui.
(1) Les deroiers mots de cette pétition sont déchirés dans la pièce authentique possédée par M. de Joannis, de L'Isle.
414 DIX-SEPTIKME SEANCE.
La municipalité de L'Isle, dans son tableau de renseignements dressé le 4 prairial (23 mai), Tavait noté c comme un homme n*ayant ni relation, ni liaison, borné et sans expérience. » Il n'était donc guère redoutable à la République, et cependant Viot eut l'impudence de le présenter à ses juges comme un conspirateur actif: « Gaspard Liély, dit-il, a joué un rôle dans la contre-révolution à laquelle il a pris une part active en portant les armes en qualité de lieutenant, avec l'armée des contre-révolutionnaires de Marseille; il a poursuivi les patriotes qu'il a vexés d'une manière atroce; il a conspiré par là la perte de la liberté, l'esclavage des Français ; il a attenté à l'unité et l'indivisibilité de la République. »
Liély avait 38 ans (1) quand il fut condamné à mort ; il fallut le porter à l'échafaud dans sa chaise à bras,
N' 130. Antoine MAILLE, revendeur.
Maille, né à Pontevès (Var) le 2 juillet 1758, de Jérôme et de Marie- Anne Jourdan, vint àL'Isle en 1777, où il entraau service de M. Seux Vincent, médecin. Son maître ayant émigré. Maille se fit revendeur de légumes pour gagner sa vie.
Il fut dénoncé, le 22 juillet 1793, pour avoir tué sur la place publique le dragon parlementaire que Doppet avait envoyé aux L'Islois pour les sommer de se rendre. Craignant avec raison les justes ressentiments des habitants de L'Isle, dont ce meurtre avait occasionné le pillage et l'incendie, il se hâta de quitter cette ville le 26 juillet et se retira à Pontevès auprès de son père.
La municipalité de L'Isle lança contre lui, le 28 germinal (14 avril 1794) un mandat d'arrêt ainsi conçu : « Nous, maire et oflBciers municipaux de cette commune de L'Isle, faisant provisoirement fonctions de comité de surveillance, Mandons et ordonnons à tous exécuteurs de mandement de justice d'arrêter ou faire arrêter le nommé Antoine Maille, revendeur et fuyard de notre commune, accusé d'avoir participé à Id^ Rébellion marseillaise, d'avoir fait des Moulions incendiaires dans les sections
(1) Le tableaD des renseifrnements lui en donne 31 et le registre des décès 27.
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et d'avoir coopéré à la cassation des corps administratifs légalement constitués, et de le conduire à la maison de force du département séant à Avignon. Mandons au gardien de ladite maison de le recevoir, le tout en se conformant à la loy. Requérons tout dépositaire de la force publique auxquels le présent mandat sera nottfpé de prêter main forte pour son exécution en cas de nécessité.
« Donné à L'Isle dans la salle de nos séances, ce 25 germinal an 2 de la République. *
Ecrivant plus tard à l'accusateur public du tribunal criminel d'Avignon, le comité de surveillance appela son attention sur la personne de Maille. « Tu te rappelleras, lui écrit-on, que, dans le registre des déclarations que tu as en mains, il s'en trouve une contre le nommé Maille. Ctonséquemment, tu auras soin d'y faire attention, afin qu'il n'échappe pas au glaive de la loi. Salut et fraternité ! Gloire à la République ! Périssent les traîtres, les aristocrates et les modérés ! Signés les membres du comité de surveillance. *
Après de nombreuses recherches, on parvint à découvrir la retraite de Maille, et la gendarmerie de L'Isle aUa l'arrêter le 8 mai 1794 (1), et le traduisit dans la maison d'arrêt d'Avignon.
Transféré ensuite dans les prisons du Cirque à Orange, il adressa à ses juges la pétition suivante :
« Citoyens juges. Le citoyen Antoine Maille, boucher (2), natif de la commune de Pontevès, et habitant depuis environ seize ans dans la commune de l'Isle, expose qu'il fut saisi à Pontevès le 19 floréal (8 mai) par la gendarmerie de l'Isle, et traduit dans la maison d'arrêt d'Avignon, sans savoir le motif de son arrestation.
« Il vous expose en outre que ce qui le mit dans le cas de se retirer dans son pays de naissance et auprès de son père, ce fut une maladie dont il était atteint, et n'ayant plus aucun moyen de se secourir, ayant eu le malheur d'être pillé lors du siège de L'Isle. La seule ressource qui lui resta fut d'avoir recours à
(1) Le tableau de reoseignements dit qu'il fat arrêté le 25 germioal (44 avril) ; ce jour-là il fat décrété d'arrestatioo, mais il ne fut saisi qae le 8 mai soiTant, aies! qa'il le dit dans sa pétition.
(2) Maille exerça à Pontevès la profession de boacber, mais à L'Isle, il fusait le revendeur de légumes ; le tableau de renseignements le dit eommerçtinU
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son père qui lui tendît ses mains favorables, le voyant malade et réduit à la plus grande misère, où il resta depuis le 26 juillet jusqu'au susdit jour le 19 floréal, qu'il fut saisi.
« Je ne chercherai pas, citoyens juges, à vous attendrir sur mon malheureux sort ; je me bornerai seulement à vous dire que j'ai été toujours des plus empressés à coopérer au bonheur de la chose pubUque ; que j'ai toujours donné des preuves non équivoques du plus pur civisme ; que j'ai toujours fait mon service de garde nationale avec exactitude.
« Je ne peux donc attribuer le motif de ma détention qu'à quelque haine particulière. J'espère donc de votre justice et de votre humanité que vous voudrez bien lui rendre la liberté pour se rendre utile à sa patrie, et il vous jure de sacrifier sa vie, s'il le faut, pour le bonheur de la République.
Signé : Antoine Maille. »
Huit témoins furent assignés contre lui le jour de son jugement.
Viot l'accusa en ces termes : « Antoine Maille, l'un des plus chauds partisans du fédéralisme et de la contre-révolution, a provoqué dans les sections les mesures les plus contre-révolutionnaires ; il a fait dans leur sein les motions les plus incendiaires ; il a provoqué la destitution des autorités légales et leur remplacement ; il a porté les armes contre la République ; enfin, c'est lui qui a assassiné dans L'Isle le dragon, qui, au nom de la nation française, se présenta pour sommer les habitants de cette commune rebelle de quitter les armes, et d'ouvrir les portes à l'armée de la République. »
Le tableau de renseignements du 4 prairial (23 mai) le dit « lié avec les aristocrates, brutal et opiniâtre, ayant des opinions aristocratiques. »
N"* 131. Jean-Ioseph ROZE, négociant en soie.
Dossier 220.
Né d'une famille honorable de L'Isle le 14 septembre 1765, il fut comme son père, Jean-Joseph Roze, négociant en soie ; sa mère s'appelait Marie-Marguerite de Joannis.
La section fédéraliste de la Réunion le nomma secrétaire, et
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il signa, en cette qualité, deux délibérations qui furent la cause de sa mort.
La première, datée du 24 juin 1793, avait pour objet de congédier la garde champêtre salariée, attendu que des volontaires s'offraient pour faire cette garde. La 2^*% du H juillet suivant, invitait l'administration provisoire à prendre les moyens les plus prompts pour pourvoir à l'armement et à l'équipement des volontaires qui devaient marcher sur Paris.
Outre les dénonciations qui lui sont communes avec Milon fils, dont nous avons parlé au n** 126, il fut dénoncé encore le 17 septembre par trois citoyens de L'Isle pour avoir, au mois de juillet, se trouvant à Avignon, conduit dans les prisons de cette ville Jean-Pierre Arcin et Joseph Ravoire, en leur tenant le pistolet sur la gorge. — La femme d'un membre du comité révolutionnaire l'accusa aussi, le 17 décembre, d'avoir couché en joue Bruno Boudin qui se sauvait sur les toits de sa maison.
Décrété d'arrestation par le Conseil général, M. Joseph Roze chercha son salut dans la fuite, mais il fut arrêté en septembre dans les environs de Marseille par des gendarmes que commandait un oflBcier de la garde nationale de L'Isle.
Après deux mois et demi de détention, le 28 frimaire (18 décembre), Joseph Fouque, président du tribunal criminel, lui faisait subir un interrogatoire dans lequel il déclara « avoir été arrêté sept à huit jours après l'entrée de Carteaux dans Marseille, à trois quarts de lieues de cette ville, dans une campagne, par des gendarmes accompagnés d'un officier de la garde nationale de L'Isle; — qu'il a deux frères: Jean-Baptiste qui est détenu avec lui dans les prisons, et un autre qui est homme de loi, absent depuis longtemps de sa maison, sans être émigré cependant, puisqu'il a fourni des certificats de résidence de Marseille, du Languedoc et autres endroits ; — qu'il n'avait pas mis les pieds dans L'Isle depuis le 14 juillet; — qu'il est venu à Avignon par torce avec la garde nationale de L'Isle, qu'il s'y trouvait lorsqu'on arrêta Arcin et Ravoire, et que la garde du Palais, et non lui, enleva aux deux prisonniers les pistolets qu'ils portaient ; — qu'il a été à Venasque avec le détachement qui a arrêté des patriotes, mais n'y avoir pas coopéré ; il était aussi de la patrouille qui a poursuivi le maçon Boudin, mais il ne Ta pas couché en joue ; il a été quelques fois à la section, et comme simple fusilier il a obéi aux ordres
41 s DIX-SEPTiàME siANCB.
de ses chefs. » Après ces réponses, il choisit Mélincourt pour son défenseur et fut ramené en prison.
Le 21 janvier suivant, le tribunal criminel le condamna à la détention jusqu'à ce que la Convention eût statué définitivement sur son compte.
Conduit à Orange le 30 juin, il fut incarcéré au Cirque. De sa prison, il adressa aux juges la requête suivante :
« A la Commission populaire à Orange.
« Citoyens juges. Jean-Joseph Roze, citoyen de la commune de Llsle, paraît avec la plus grande confiance aux pieds d*un tribunal sévère mais équitable. Rassuré par votre justice, malgré l'intrigue et la haine personnelle dont il a failli être la victime, il vous expose qu'il a été dans sa patrie un des premiers à organiser la garde nationale et à se décorer de l'uniforme national ; qu'il s'est livré constamment au soulagement des pauvres, en créant des caisses patriotiques (1) dans lesquelles il a versé des sommes beaucoup au-dessus de ses moyens; que la patrie ayant réclamé des défenseurs, il a été des premiers à concourir à la levée d'un certain nombre de volontahw et s'est oflért de voler lui-même à son secours.
« Telles sont les preuves de civisme que les circonstances lui ont permis de donner à sa patrie, et qu'il aurait sans doute oubliées si d'autres circonstances malheureuses ne le forçaient à les rappeler en preuve de ses sentiments. ^
(Roze expose ensuite qu'il n'a été à Venasque et à Avignon que par ordre des Marseillais, auxquels il fallait alors forcémrat obéir. Il est sorti d'Avignon aussitôt qu'il a pu.)
c Le moment de son évasion, continue-t-il, est heureusement constaté par les circonstances suivantes.
c Les portes d'Avignon étant fermées, après environ 12 heures, il alla solliciter un billet de sortie auprès du commandant; il le trouva dans sa chambre et en essuya un premier refus. Malheureusement parurent en ce moment sur la place du Change les nommés Arcin et Ravoire, ses concitoyens. Le
(1) Dans la séance du Conseil municipal da 17 féTrier 1791, H. Rose proposa qne tous les citoyens jouissant d un revenu dépassant 500 hvres eussent à verser, dans une caisse patriotique, le vingtième de cet excédent destiné au soulagement du peuple et a des objets d'utilité publique. (Reg. des délibérations).
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commandant, prenant alors la parole, met à cette grâce un prix bien cruel au cœur de l*exposant: « Je vous donnerai votre billet, lui dit-il, mais à la condition que vous arrêterez les individus que je vois; » en lui indiquant les deux patriotes de L'Isle qui passaient. Il fallait remplir la condition ou rester avec les Marseillais. L'exposant obéit, mais avec tant de répugnance qu'un des patriotes arrêtés lui a avoué s'en être aperçu ; et il croit, en les arrêtant, leur avoir épargné les avanies et les dangers qu'ils auraient courus avec tout autre.
« Au reste, l'état de nullité dans lequel il a été aux sections où il n'a jamais fait de motion, ni occupé aucune place, pas même dans la garde nationale où il n'a servi qu'en qualité de fusilier, prouve qu'il n'a point eu la confiance de ses concitoyens.
ff II y a plus, citoyens juges, son aversion pour la cause marseillaise était telle que, cherchant à fuir cette horde perfide, il devança son voyage à Beaucaîre, et, pour ne pas rentrer dans L'Isle ni dans Avignon où elle dominaitv il se fit faire un passeport à Villeneuve le 15 juillet. Ce passeport a été visé le 27 à Beaucaire, à Nîmes, Montpellier et autres villes, ce qui prouve qu'il cherchait à s'éloigner du commerce des méchants.
« Il aurait pu sans doute se cacher ou s'évader, mais, fort de sa conscience, il n'a pas craint de se soumettre au jugement d'un tribunal juste.
« Eh quoi ! citoyens, pourriez-vous punir un simple fusilier d'avoir obéi pendant douze heures aux ordres de ses supérieurs, tandis qu'il s'en est séparé du moment qu'il a reconnu le vice de ces ordres ? L'exposant était place entre deux écueils : il fallait ou qu'il restât en état de rébellion avec les Marseillais ou qu'il arrêtât ces deux patriotes ; et le cas était pressant, l'option était difficile. L'exposant serait-il cruellement puni pour avoir voulu se tirer d'un état de rébellion qui pesait à son cœur ? Et, s'il a erré un instant, n'est-il pas plus malheureux que coupable ? Et que deviendraient d'ailleurs la subordination et la discipline militaire, si chaque soldat a non seulement le droit mais le devoir d'examiner les ordres qu'il reçoit ?
« Quarante Marseillais pris les armes à la main à Cadenet ont été élargis ; et l'exposant, pour un service forcé d'environ douze heures, en sa simple qualité de fusilier, sous la loi de l'autorité légale en apparence et h laquelle il ne pouvait résister sans crime, serait exposé à toutes les rigueurs de votre justice !
42 O^ DIX-SEPTIÎMB SÉANCE*
Dix mois de prison n'auraient pas suffisamment effacé une erreur momentanée et forcée ? Non, citoyens juges, j'en appelle à votre justice, qui s'allie si bien avec la clémence quand elle ne porte que sur un individu qu'une force irrésistible a régi ; j'implore donc l'une et l'autre, et j'en attends l'eflfet avec d'autant plus de confiance que la conscience pure et exempte de remords me dit que j'ai droit à l'une et à l'autre. Signé : Joseph Roze. »
Hélas ! Il fut bien trompé dans ses espérances ! Huit citoyens de L'Isle et cinq de Venasque témoignèrent contre lui le 16 messidor. Viot, ne tenant nul compte de sa justification, l'accusa disant : « Joseph Roze, à l'époque où le fédéralisme avait subjugué les contrées méridionales de la France, s'est montré le partisan acharné de la contre-révolution ; il a rempli la place de secrétaire d'une infâme section ; c'est en celte qualité qu'il a signé des arrêtés liberticides ; il a poursuivi avec rage les patriotes, il les a vexés avec fureur; il les a enfin conduits dans les cachots, le pistolet sur la gorge ; il a ainsi conspiré contre l'unité et l'indivisibilité de la République. »
La Commission populaire le condamna à l'échafaud; il était âgé de 29 ans.
Les sept victimes de cette journée furent menées à la guillotine à 6 heures du soir ; MM. Villard et Liély, paralytiques, y furent portés sur une chaise à bras ; M. Hommage, religieux capucin, demanda à mourir le premier pour montrer à ses compagnons le chemin du Ciel.
/7 et iS messidor, — 5 «/ 6 juillet ijg^ 421
18»* et IQ»"» Séances.
' n ET 18 Messidor. — Groseille, Orge. (Samedi 5juiUeU S^ Zoé, — IHmanclie 6 juillet, S* Tranquillin.)