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Remarquez, M. Mercier, que ce n'est pas encore M. Benj, Trudel qui parle, mais vous, vous seul ot pas d’autres. Et vous nous dites que vous n'avez jamais fait taxer vos frais,mais que, dans tous les cas, le montant que vous avez reçu excé-
dait celui de vos frais taxables, c'est-à-dire légitimement dus.
Auriez-vous par hasard un tarif spécial pour vous dans lequel il y aurait un item | pour trouble et perte de temps ?
Peut-être, mais dans le tarif ordinaire, le trouble, la perte de temps, tout cela est compris dans l’item des honoraires,sauf peut-être pour ceux qui sont dangereusement embêtés.
Et l’on dit que vous avez écrit que vous étiez de ceux-là.
M. Mercier invite ses compères à se partager le magot.—Il en donne à ses bons anis, mais il oublie d'inviter an festin les électeurs dont ila st grand besoin maintenant.
Nous avons donc établi que M. Mercier avait bien et dûment mis dans sa poche comme lui appartenant #$2,509 auxquelles il n'avait strictement aucun droit comme avocat, attendu que cette somme excédait de son propre aveu le montant de ses frais taxables. [1 a, cependant, comme il le dit lui-même, déposé cette sonne à son crédit à la Banque Nationale.
Et il en touche maintenant les intérêts —il considère ceia légitimement gagné !
Et cet homme-là est chef de parti !
Maintenant, outre ces $2,300 déposées au crédit de M, Mercier, il a été payé accompte des $5,000 : 10 8200 à l'honorable M. Laflimme, comme conseil ; 20 $400 à MM. Geoffrion, Rinfret et Cie. et 30 8600 à M. Bernard, député de Verchères, pour l'aider. Ces trois sommes réunies forment un montant total de $1,200 distribuées droite et à gauche par la main généreuse
| ) si? + F du chef de l'opposition. Examinons la lé-
gitimité de ces paiements.
D'abord, M. Laflamme avait droit x une somme de dix piastres (voir l'article 29 du tarif des avocats), Et cependant M. Mercier lui en donne $200. Il ne se trompe que de $190 !
Mais l’on dit : un homme de la position de M. Laflamme avait droit à plus de dix piastres ; cela est faux ; le tarif a été fait pour les hommes de la position de M. Laflamme. Et si ce monsieur ne se trouve pas assez rémunéré par le tarif, qu'ilcharge la différence x son propre client, mais qu’il ne la fasse pas payer à son alversaïre qui n'y est pas tenu.
Quant aux $600 de M. Bernard, de Verchères, il est difficile de se duinander, sans
rire, quel droit avait ce monsieur de toucher la somme en question. Il est député d'un autre comté ; à le voir, on dirait d’un homme bien raisonnable, qui n’a jamais rien désiré, rien brisé, rien édifié, on jurerait en le voyant passer, que cet homme là se suffit à lui-même. Et cependant, le voilà un des premiers plongé jusqu'au cou daus le pot aux confitures. Et en vertu de quoi ? comment ? Nul ne le sait ni le com-
est assez raisonnable pour prendre seulement $600 !
Quand M. Mercier sera coulé, ou coalisé, ou converti, M. Bernard a toutes les chances politiques d’être choisi comme chèfre. Il a la vocation dans tous les cas,
c'est sûr.
Restent MM. Gecoffrion, Rinfret et Scie. Allons, pas de calembours ! En voilà un, M. Geoffrion qui s’est fait jouer comme il le faut. Seulement, $400'! Roulé et devancé par M. Bernard, qu’elle humiliation ! Pour se venger, il nous raconte sous serment que c’est M. Mercier qui l’a blagué. ‘Je devais avoir $S800, dit-il, “mais M. Mercier m'a dit qu'il ne lui ‘restait plus que $409,.
Alors, j'ai ac- ‘ cepté cela. Mais si j'avais su que M.
‘* Mercier avait reçu $5,000, je l'eurais ‘* forcé de me donner les F800,”’
Asinus astiwm fricat.
Il n'est pas curieux, ce bon M. Geoffrion, s’il était allé voir an crédit de M.
Mercier, à la Banque Nationale !
M. Mercier est évidemment leur maître âtous. Ils ne l'ont pas élu leur chef sans le connaître. — Le public et les électeurs aimeraient peut-étre à savoir maintenant si MM. et Rinfret étaient conseils eux aussi dans la contestation et si M. Bernard était soufleur.
Non ils ne s’en étaient aucunement mêlés, ils ont eu leur magot, A TITRE D'AMIS.
C’est diflicile à croire, mais c'est vrai
Nous avons donc ici 51,200 déposées non pas au crédit de M. Mercier,mais mises dans la poche de quelques personnes qui ne les ont pas gagnées dans la cause.
Geoffrion
En résumé $1,200 ct &2,300 formant $3,000 ont été reçues par M. Mercier, outre le montant des frais légitimes dans la cause,
Il reste donc bien établi que M. Mercier avait droit à $1,500 seulement et qu'il enareçu $5,000. Nous verrons tantôt que Ja balance était le prix d’un cochon
que M. fenceal voulait acheter. (Ces pa-
|roles étant textuelles, il nous faut bien prend ; il y est bel et bien pour tout et il |
nous en servir malgré notre répugnance).
Pourquoi les cing mille piastres ont été reçues—M. Mercier l'admet lui-même
— Toute la cause prouvée.
Voilà toute la cause prouvée par les ad:
missions de M. Mercier lui-même :
L'accusation portait premièrement ; que M. Mercier avait lui-même organisé la contestation après avoir favorisé l'élection. — Son propre témoignage et celui de Pélanger, le pétitionnaire, nous ont démontré que ce point était bien prouvé. En second lieu, M. Mercier était accusé d’avoir demandé $5,000 pour discontinuer les procédures en déqualification. Or, il confesse lui-même, comme nous l'avons vu, que les cinq mille piastres ont été demandées par lui :
R. Je ne dirai pas autre chose que ce que j'ai dit, à savoir que les cinq mille piastres (82,000) ONT ÉTÉ DEMANDÉES PAR Mot pour mes déboursés de toute nature
| daus la cause
La troisième partie de l'accusation por-
tait que M. Mercier, après avoir demandé $5,000, les avait acceptées et s'était en | conséquence désisté de la demande en déqualification.
Et M. Mercier nous a dit: j'ai reçu les $5,000 ! je les ai reçues de M. Benj. Trudel! je les ai reçues un jeudi, le quatre ou cinq mai.
Et les procédures en déqualification ont été abandonnées par moi. Et M. Mousseau n'a pas été déqualifié.
nant ier, lans
Terqu'il ntôt on
paien ce).
été
ne
ad:
que
ond de- )Oles par
ce ille ‘AR ure
En présence de ces faits le député de va voir se pulvériser les excuses ineptes Chambly aurait pu s'il avait voulu, déela- | de M. Mercier devant ce témoignage lucirer son enquête close et se présenter con-|de, honnète et franc que M. Trudel à été fiant devant la législature avec le rapport | obligé de donner contre son parti, mais
de la commission.
M. le Dr Martel en mettant en jeu son siège de député, s'était engagé, sur l'honneur, À prouver ses dires et 1l y avait surabondamment réussi en arrachant toute la vérité au coupable lui-même.—Il avait donc le droit de s’en tenir là. —1Il avait fait subir à M. Mercier toutes les humiliations ; il l'avait forcé de renier et de contredire sous serment ses aflirmations solennelles dans son journal et ailleurs. Lui mettant sous les yeux son entrevue du Star, lui avait demandé ce qu'il avait fait de sa promesse de pousser la contestation jusqu'au bout, sans crainte et sans
faiblesse, méprisant les menaces et les offres
superbes et M. Mercier, rouge de honte, |
avait balbutié des excuses impossibles.
Le but était donc atteint, le coupable !
démasqué, mas M. Mercier, dans son té-|
moisnage, s'était permis d’insulter ses adversaires et avait refusé d'admettre en termes précis l’objet du paiement ; malsré
l'ér :dence, il avait eu le triste courage de
prétendre que la transaction en était une parfaitement honorable.
Dans les circonstances, il devait être à propos de faire entendre des témoins disintéressés qui viendraient raconter toute l'histoire en la dépouillant d'artifices, de fard, et de couleurs fausses. Alors, la commission s'est décidée d'entendre M.
Benj. Trudel qui avait servi d'intermédiaire à M. Mercier, et lui avait payé luimême l'argent.
Le témoignage de M. Trudel ne pouvait être et n'a été du reste, comme nos lecteurs pourront en juger, qu'une explication et une corroboration de celui de M. Mercier.
Iadit la vérité et toute la vérité.
Lorsqu'une chose était certaine, il l’a afhirmée, courageusement, sans réticence, Il a agi, en un mot, comme on doit agir et parler quand on est sous serment, et l'on
| qu'il a donné avec autant d'indépendance | ji \ ,: $ ’ !
de caractère que s’il se fut agi d’adversai-
res politiques.
| Corroboration du témoignage de M. Moer- | cier par un des libéraux les plus tn.
portants de Québec Un cœmide cœur de M. Mercier Le bras droit et le confident intime des chefs libéraur—Le | témoignage écrasant de M. T'rudel,
M. Jos. Benjamin Trudel est un libéral de vieille date. Fidèle, dévoué et toujours sur la brèche quand on à eu besoin de ses services il a rendu au parti libéral de ce district des services inapprécinbles.
Aussi les chefs de ce parti l'ont-ils toujours honoré de leur confiance et lui ont à maintes reprises confié sans hésitation les missions les plus importantes et les plus difficiles,
Four récompenser son dévouement, les libéraux à leur arrivée au pouvoir en 1874 le firent nommer chef de la police riveraine, charge importante et honorable que M. Trudel a toujours remplie depuis à la satisfaction de tout le monde,
Trudel recevait de son parti collective-
nent, s'en sont depuis ajoutés une foule d’autres venant des chefs reconnus du parti libéral en cette province. L'honorable M. Laurier a donné à maintes reprises à M. Trudel des marques de la plus en-
A ce témoignage de confiance que M.
| tière confiance.
L'honorable M. Langelier, député fédéral de Mévantic, en a fait depuis long- |temps un de ses confidents et son bras | droit dans maintes luttes électorales et il | pense de lui beaucoup de bien.
| Ecoutons plutôt ce qu'il en dit sous ser- | ment dans cette même enquête Mercier,
Q. Monsieur Benjamin Trudel a été nom-
mé chef de la police riveraine, à Québec,
| par le parti libéral ? k R. Oui, j'ai contribué largement à sa no-
mination. Je dois dire que je ne me suis| Nous voulons commencer la publication pas repenti : nous n'avons jamais eu d'aussi | régulière du journal la semaine prochaine, son chef de la police riveraine que lui; | et dans ce but, nous prélevons autant d’artrès actif, très intelligent. Quant à moi, | gent que possible. car il nous faut débour: je n'ai jamais eu à m'en plaindre; je l’ai | ser au-delà de quatre mille piastres d'ici à toujours trouvé, très loyal et très jidele, et | quelques jours. me faudrait des preuves à mettre le doigt | Sous les circonstances, je me permets de dessus pour croire des accusations de dé- | vous demander le paiement de votre sonsloyauté qui seraient portées contre lui. cription, ou au moins d’une partie, en au-
Q. Il arrive souvent que des employés du | tant que vous pourrez le faire sans vous gouvernement soient chargés de missions | gêner. délicates ? Une réponse immédiate obligera, demo puis pas dire que esls attire Votre tout dévoué,
vent que des rè e aires, de: À MARNE
missions toutes. soient confiés à des em- (Signé): Honoré MERCIER. ployés du gouvernement, mais je dois dire que c'est arrivé plusieurs fois pour lui parce qu'il est connu comme un homme remarquablement actif et intelligent.
Voici la lettre que M. Mercier écrivait à la réception de cet argent :
Montréal, 20 juillet 1883.
Maintenant nos lecteurs aimeraient L : | Mon cher Trudel,
peut-être connaître le degré de confiance que M. Mercier lui-même a toujours accordé à M. Trudel et les services que ce dernier a rendus à M. Mercier.
Vous êtes magnifique! Merci mille fois.
Il vous revient une piastre, que je vous remettrai à votre prochaine rencontre.
A vous de cœur,
x Signé HoNORÉ MERCIER.
Les lettres suivantes adressées à M. \SIgns)
Trudel par M. Mercier parlent par elles mêmes :
Les deux reçus pour l’abonnement et la souscription se lisent comme suit :
‘ La Société Nationale de Publication et Lecture.
‘ Capital, $20,000 ‘* $100.00
Montréal, 17 avril 1853.
Mon cher Trudel,
Je viens vous demander un gran: service !......
Je voudrais que vous me prêtiez $500 pour un mois, et que vous fassiez télegra. la somme de cent dollars étant cent par hier demain matin par le caissier de la |‘ cent sur le montant de la souscription au
anque Nationale de Québec au caissier de fonds capital de la sociéte.
Montréal, 20 juillec, 1883.
‘* Reçu de M. Nicolas Trudel, de Québec,