LES FRANCS-MAÇONS
J'étais presque décidé à ne pas continuer ces notes. Fatigué, navré, je suis resté deux jours sans sortir, voulant ne rien voir, ne rien savoir, m'enfonçant dans des lectures, me reprenant à de chers travaux; mais je n'ai pu y tenir plus longtemps. Il est dix heures du matin, je vais, je cours, je m'informe. Que de choses ont pu se passer en deux jours !
Une foule très-agitée stationne au coin des rues qui débouchent dans la rue de Rivoli, non loin de l'Hôtel do Ville. On attend, sans nul doute. Qu'attend-on? Des bruits vagues, mais presque tous empreints d'un espoir de paix et de conciliation, circulent parmi lés groupes, où les femmes sont nombreuses.
* — Ah ! s'ils s'en mêlent, nous sommes sauvés ! • dit une ouvrière qui tient à la main un petit garçon habillé en garde national.
c — Qu'est-ce donc? » lui demandé-je.
« — Eh ! monsieur, ce sont les franc-maçons qui se mettent de la Commune. Depuis que le monde est monde, ils ne se sont jamais montrés, et voilà qu'ils vont traverser Paris devant nous! Il faut bien que la Commune ait-raison, puisqu'ils se dérangent pour elle. »
« — Les voilà ! les voilà ! » s'écrie le petit garçon, en tirant sa mère de toutes ses forces.
Les voitures se rangent, la foule se serre de plus en plus en avançant sur la chaussée ; des tambours lointains bat-