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Situation géographique

La tribu des Ababua occupe tout le territoire compris entre la rivière Bima et les peuplades Bakango au nord, à l'est par la rivière Bima, au sud par les peuplades Maganzulu, à l'ouest par une ligne de partage des eaux devant partir au nord du village de Kindia et se diriger ainsi vers le sud. Cette tribu est formée de plusieurs grandes familles qui chacune porte un nom et à la tête de laquelle se trouve un chef. Voici le nom de tous les chefs et le nom que portent les indigènes dans chaque village :

Libokwa et ses chefs secondaires .

Zoo

Mokwabana

Gora

Mata

Timo

Motika

Malibamé

Zoparé

Mossiko

Wagui

Dambu .

M'Bili

Tikenane .

Likumundile

Bassi

Bulé . . .

Ababua.

Mondinguima.

Bokwassi.

Bombuna.

Bokassiri.

Mossunguba.

Mondongboilia.

Mongingita.

Mondungboi.

Dangussa.

Badakoi.

Mokpendele.

Bogu Mobitta.

D'jinguma Bassayo.

M'Bagui Bombuna.

Boi Bogongnia.

G'Bapa Bambulè.

Benghet Mondinguima.

Mapusa Bakèrè.

Mokéni Mogboima.

M'Buza Bugwèmè.

Monjunga j fi .

Bombiko i

Golo Bakèrè.

M'Bagui Monguiri.

L'ensemble de toutes ces familles forme la tribu des A-Babua.

TlLKENS.

Les Ababua habitent la contrée bornée au nord par l'Uelé, à l'est par la rivière Bomokandi jusqu'à son confluent avec la Mokongo, qui, à son tour, sépare les Ababua des A-Sandé. Plus au sud, les limites sont moins précises ; Ma-Keré et Ababua ne semblent pas encore avoir pris d'établissement bien définitif. A l'ouest les limites du territoire des Ababua semblent être communes à celles du bassin du Bali (affluent du Rubi). La limite sud est des plus imprécises. Il est en somme, très difficile de savoir au juste où commencent et où finissent ce que nous, Européens, nous appelons les Ababua.

A proprement parler, les hommes de ce nom n'occupent que les terres comprises entre l'Uelé, le Bomokandi, la Mokongo, l'Engwa, PAndu et la Bima jusqu'à l'affluent appelé Fale. Mais les populations installées au sud de la Bima, ont été si souvent confondues avec les premières, ont avec elles tant d'affinités, de ressemblances dans les mœurs et les deux groupes sont toujours tellement prêts à se porter mutuellement secours que jusqu'à présent on les a appelés du nom de Babua. Eux-mêmes s'appellent Ba-Iéu, nom très général également, car les Ba-Iéu comprennent les Balissi, les Benghe et peut-être les Mongingita bien que parfois ces derniers n'admettent pas cette confusion. Ce sont ces Mongingita qui habitent le bassin du Bali. Védy, Bull. Soc. B. B. géogr., XXVIII (1904), 191.

ABABUA

(Congo.)

A. — Renseignements géographiques

et ethnographiques généraux.

2 (suite).

Le territoire occupé par les Ababua, ce ternie étant pris dans son sens le plus général, est traversé du sud-est au nord-ouest par la rivière Bima, affluent de l'Uelé. Cette rivière, à partir de son confluent avec le Fale jusqu'à son embouchure, sépare les Ba-Iéu, au sud, des Asandé du chef Zolani au nord.

Védy, Bull. Soc. R. B. gêogr., XXVIII (1904), 191-192.

Tous les habitants de la région que nous avons parcourue semblent être d'origine babua.

Ils appartiennent aux tribus suivantes :

Bundjala, Yandumba, Bundjua et Motokwe, dans le bassin de l'Aruwimi; sur les bords du Rubi, aux tribus des Bagbwe, des Mopandu et des Mongandjoro ; des indigènes de race asande, se donnant le nom de Badjande, habitant â côté du poste de Buta.

Toutes ces tribus, sauf celle citée en dernier lieu, ont une langue commune appelée sibati.

L'architecture, les mœurs, les armes et les tatouages sont les mêmes ou diffèrent très peu.

Nahan, Belg. Colon., IV (1898), 558&.

Les A-Babua ont établi leurs villages au plus profond de la forêt qu'ils occupent entre l'Uelé, le Bomokandi, le Rubi et son affluent, la Likati, ce qui leur assure une retraite inviolable.

Brumpt, Géogr. Paris, IX (1904), 440. — Id., Bull. Soc. Norm. gêogr., XXVI (1904), 171. — Id., Mouv. géogr., XXI (1904), 365. — Id., Géogr. Paris, IX (1904), 438.

Ostlich von den A-Mubenge lebt das sich weithin ausdehnende Volk der A-Babua. Ich konnte selbst bei Bagbinne fur das Land sûdlich von Uele keinen andern Namen als den der A-Babua in Erfahrung bringen. Sie sollen das Gebiet des Unterlaufes des Mbima

Ababua. Congo. A, 2.

bis zum Makongo, westlichsten Tributàr des Bomokandi bewohnen. Teile ihrer ôstlichsten Stâmme sind dem Fûrsten Bakangai tributpflichtig, wie wir spàter nàher erôrtern werden. A-Sandé, Nachkommen Tombos, halten als direkte Nachbarn der A-Babua das Gebiet sûdlich von Uele und im Osten von der Einnûndung des Mbima besetzt. Das von der Uele-Krùmmung eingeschlossene Land gehôrt nicht zum Lande der A-Sandé.

Junker, Peterm. Mitt. Ergz., XX (n° 92), 54&.

Das Gebiet Bakangais erstreckt sich westlich bis zum Makongo. Ein Teil der A-Makilli, A-Mokkele, A-Babua sind ihm tributpflichtig. Dièse dehnen sich noch weithin nach NW aus und reden die Sprache der Mangbattu.

Junker, Peterm. Mitt., XXX;(1884), 996.

La région comprise entre le Rubi et l'Uelé-Bomokandi est habitée par de nombreuses et différentes tribus : Mongandjulu, Marissi Bwopenbéré, Ba-Banda, Mongandjé, Baduda, Bambuli. Toutes ont la même langue, les mêmes mœurs et coutumes, ont les mêmes tatouages, ce sont des Ababua. Les Mongandjulu et les Marissi ne forment pas de tribus spéciales, comme on l'avait toujours supposé.

Verstraeten, Belg. Colon., II (1896), 518.

Il y a dans la zone deux tribus Marissi : une aux environs du poste d'Engwettra et une dans le pays des Ababua. Elles n'ont de commun que le nom.

Verstraeten, Belg. Colon., III (1897), 914.

Nous passons deux jours au poste de Buta sur les bords de la rivière Rubi, un peu en aval de son confluent avec la rivière Bali. Les environs sont habités par les Mongandjulu.

Brumpt, Géogr. Paris, IX (1904), 440.

Dans la vallée de la Likati et en amont de la bouche de la Likati sur l'Itimbiri habitent les A-Mbamu ; ils confinent à l'est avec les A-Babua et à l'ouest avec les A-Mabeuse.

Roget, Bull. Soc.R. B. géogr., XV (1891), 115.

ABABUA

(Congo.)

A. — Renseignements géographiques

et ethnographiques généraux.

2 (suite).

Les Ababua forment une des plus importantes tribus du Congo Belge. Ils habitent toute la région comprise entre l'Uelé au Nord et le Bomokandi jusqu'à son confluent avec la Makongo à l'Est. Au Sud, les limites sont encore peu précises tandis qu'à l'Ouest, le Bali, affluent du Rubi, semble former la frontière.

Le territoire des Ababua est traversé du Sud-Est au Nord-Ouest, par la Bima, rivière d'une centaine de mètres de largeur, peu profonde, navigable à la saison des pluies. Une forêt extrêmement dense recouvre toute cette contrée.

Hotereau, de Haulleville, Maes, Ann. Mus. Congo., S. III, 1. 1, fasc. I (1909), 85.

Les indigènes d'Ibembo portent le nom d'Ababua. Deken (De), Miss. Chine et Congo, t. IV (1898), 22.

Tout le territoire situé au sud de l'Uelé jusqu'au Rubi, entre le Bomokandi et le confluent de la Bima avec l'Uelé est occupé par les Ababua.

Bauw (De), Belg. Colon., VU (1901), 63.

Le territoire des Ababua est limité probablement par la Likati. Ababua est un nom générique. Les tribus qui sont Ababua sont les suivantes : Mongingita ou Bongingita, Mokassere, Mogaza, Mombuna, Mombagele, Mondigima, Moganzulu, Balissi, Mbeengé, Bobodé, Mbodulunga, Bomwengele, Mondagossa, Bakango, Baiéu, Samana (Bakango), Papaïa, Bobaleia, Bodapa, Bokapo, Modombalé, Mobagala, Bokiba et beaucoup d'autres. Les tribus voisines, qui ne sont pas Ababua, sont : Bakere, Balele, Asandé, Morissi et Babwé ; cette dernière tribu était autrefois près de la Likati, aujourd'hui elle est voisine des Ababua, mais elle a été battue par les Balissi et refoulée.

Tisambi.

Ababua. Congo. A, 2.

Il n'y a à Ibembo que quelques travailleurs ababua ; les Ababua ne dépassent pas la Likati. Les Ababua occupent presque tout le territoire limité par FUelé, le Bomokandi et la Likati-Rubi. En ce qui concerne l'assertion du Dr Védy commençant par ces mots : En réalité sur ce territoire ainsi délimité, il existe : 1° les Ababua proprement dits.... ; 2° les Baieu.... dans le bassin du Bali, cette assertion est vraie si l'on en croit les indigènes du nord de la Bima. Elle n'est plus exacte, si l'on se base sur les dires des populations du sud de la Bima, telles les Bakéré, les Balélé, etc. Malgré les différents noms dont ils s'intitulent, noms qui diffèrent souvent de village à village, si on les observe de près, on remarque la similitude de langage, de mœurs, de tatouage, et l'on est vite convaincu que Balissi, Benge, Mongingita, Mundungwali sont tous des Ababua.

Le pays est en général plat et fortement boisé surtout près du Rubi ; il s'éclaircit près de FUelé.

Périn.

Les limites signalées ci-dessus par Tilkens sont inexactes ; celles signalées par le Dr Védy sont exactes. Les indigènes d'Ibembo ne sont pas des Ababua ; ceux-ci sont plus au nord est, à l'est d'Ibembo et sur toute la rive gauche du Rubi vivent les Mokengere qui ressemblent aux Ababua mais sont distincts d'eux; à l'ouest d'Ibembo vivent les Bomongo et autres petits groupements se rattachant plutôt à la race Budja du district des Bangala.

de Renette.

Le district de FUelé est le plus septentrional des districts de l'État Indépendant du Congo ; il a pour limites : au nord, le Bomu qui le sépare des possessions françaises et la ligne de faîte Congo-Nil au delà de laquelle s'étend le territoire du Bahr-el-Gazal; à l'est, l'enclave de Lado; au sud, la zone des Stanley-Falls qui dépend de la province orientale et le district de l'Aruwimi ; à l'ouest, le district des Bangala et le district de l'Ubangi.

ABABUA

(Congo.)

A. — Renseignements géographiques

et ethnographiques généraux.

Il s'étend en latitude du 2e au 5e degré nord environ et en longitude du 23°30' au 31e degré est; il est administrativeraent divisé en quatre zones : au nord-ouest la zone de l'Uere-Bili et au sud-ouest celle du Rubi ; au nord-est la zone de la Gurba-Dungu et au sud-est celle du Bomokandi.

Les peuplades que nous étudions habitent la partie occidentale du district, donc les zones de l'Uere-Bili et du Rubi, qui au point de vue hydrographique comprennent : 1° le bassin méridional du Bomu depuis environ 65 kilomètres de sa source jusqu'au delà de Gufuru ; 2° le bassin supérieur du Bili ; 3° le bassin moyen de l'Uelé et une partie du bassin de ses affluents : à droite l'Uere inférieur, à gauche la partie occidentale de celui du Bomokandi et tout le bassin de la Bima; 4° le bassin supérieur de FItimbiri, formé de la Likati et du Rubi. Les deux zones sont séparées par l'Uelé dont le cours de direction est-ouest est parallèle à celui du Bomu ; ces deux rivières se réunissent à Yakoma, en dehors du district de l'Uelé, pour former l'Ubangi, un des plus puissants affluents du Congo. Ces peuplades ne sont cependant pas confinées dans les territoires que comprennent ces zones administratives; elles dépassent vers le nord et vers l'est notamment les limites politiques que nous venons de déterminer.

Nous nous trouvons en présence de trois groupes ethniques dont l'habitat peut être assez exactement délimité :

a) Au nord de l'Uelé, mais cependant sans atteindre cette rivière sur tout son cours, et dans tout le bassin du Bomu

Ababua. Congo. A, 2.

vivent les A-Sandé, plus connus sous le nom de Niam-Niam que leur ont donné des tribus voisines. Leur habitat s'étend au-delà des frontières de l'État, soit au nord du Bomu et de la ligne de faîte Congo-Nil; il dépasse aussi vers le sud le cours de l'Uelé, mais dans ce cas, ces peuplades A-Sandé forment de petits îlots, notamment sur la Likati, non loin du confluent de la Bima dans l'Uelé, aux sources de la Mokongo. Dans la partie orientale du district de l'Uelé, le groupe ethnique A-Sandé s'étend assez considérablement au sud de l'Uelé dans la zone de Bomokandi.

b) Sur les rives de l'Uelé, les Ba-Kango, navigateurs et complètement différents des précédents. Il se pourrait qu'on doive les rattacher au groupe ethnique suivant, car, au dire du Dr van Campenhout, ils parlent un dialecte bantou; cependant les mœurs et coutumes sont en bien des points diverses des mœurs des Ababua. Ce qui les différencie le plus, c'est leur genre de vie déterminé par leur habitat : les rives et les îles de l'Uelé. Certains de ces Bakango, par exemple ceux installés depuis le rapide de Panga jusqu'à celui d'Ussu ont tous, les caractères, les mœurs et le langage des Ababua, tandis que d'autres Bakango sont fortement mélangés avec les peuplades voisines, tels ceux habitant entre Amadi et Bomokandi, qui sont en grande partie des AbaramboC1).

c) Les Ababua qui habitent la partie orientale de la zone du Rubi, entre le Rubi et le Bomokandi, auxquels il faut sans aucun doute rattacher quelques tribus vivant plus à l'ouest, les Ba-Iéu (2), et les peuplades habitant à Test de la Likati.

H Le Dr Védy a publié sur Les Riverains de V Uelé une excellente monographie ethnographique dans le Bulletin de la Société royale belge de géographie, t. XXX, 1906, pp. 185-209 et 299-324, avec une carte.

(2) A propos de ces Ba-Iéu, M. Torday, dans le compte-rendu de notre monographie : Les Ababua, publié dans Man, 1907, pp. 173-176, dit : " In our opinion it is clear that the Ababua and Baieu are two différent people, although there may be resemblances between them, due to long défensive alliances. When we consider that the Baieu, Iike the Ababua, are divided into sub-tribes, that their huts are circular, whilst those of the Ababua are rectangular, that their burial customs

ABABUA

et ethnographiques généraux.

2 (suite).

A côté de ces groupes ethniques distincts par divers caractères ethnographiques et sociologiques, il existe des peuplades de noms divers qui sont plus ou moins apparentées, soit aux A-Sandé, soit aux Ababua, soit à d'autres groupes dont l'habitat principal est en dehors du district.

La partie occidentale du district de l'Uélé est traversée par la frontière linguistique qui sépare les peuples Bantou des peuples A-Sandé. Ces derniers se rattachent au groupe ethnique plus vaste des Foulah-Sandé, provenant pour la plus grande part du mélange des Éthiopiens et des Nigritiens et s'étendant à travers toute l'Afrique de l'est à l'ouest sur un territoire de 5 à 6 degrés de largeur depuis le pays des Massaï, environs du Kiliman-Djaro, jusqu'au bassin du Sénégal. De même, les Ababua, les Ba-Ieu, et les peuplades plus à l'ouest et plus au sud font partie du groupe ethnique

differ greatly, and that tribal cicatrisation marks hâve notbeen observed amongst the Baieu, we must corne to the conclusion that we hâve to deal with two différent tribes, whose customs hâve a tendancy to assimilate, as in the huts, where ail transitional forms may be found ». Il est à remarquer que pour élucider cette question importante : faut-il rattacher les Ba-Iéu aux Ababua, M. de Galonné ne nous fournit aucun renseignement probant ; sa carte ethnographique ne signale pas l'habitat des Ba-Iéu et à leur place, à peu près, signale les Bagbé et les Mobalia. Mais d'après le Dr Védy, les Ba-Iéu comprennent les Balissi, les Benghé et peutêtre les Moginghita; il semble que les Benghé du Dr Védy sont les Bagbé de M. de Galonné. Si d'une part le Dr Védy semble exclure les Ba-Iéu du groupe Ababua, et M. Torday donne des raisons pour que ces deux groupes soient considérés comme différents, M. de Galonné, d'autre part, paraît bien être d'avis que les Ba-Iéu sont des Ababua. L' Ababua Tisambi prétend que les Baieu sont des Ababua.

Ababua. Congo. A, 2.

bantou lequel comprend de nombreux peuples de l'Afrique centrale et australe dont les idiomes forment la famille linguistique bantou sans aucune analogie avec les langues nigritiennes.

J. Halkin, Mouv. Soc. Int. (1907), 122-124.

Les populations parlant la langue Ababua occupent actuellement deux territoires : le premier est limité sensiblement entre l'Uelé et la Lulu par deux méridiens passant par Buta et par Zobia; le second est un triangle ayant comme base Madungu-Ibembo et comme sommet Likati.

de Galonné, Mouv. Soc. Int., X (1909), 290.

Ostlich von den Ubangu, sûdlich von Tele und Itimbiri und ôstlich von der Yoko soll zich das gebiet der Mokengere befinden.

Den Mokengere schliesst sich die Ababuagruppe an. Die Babua oder Ababua zerfallen in eine Anzahl Unterabteilungen, die teil weise, aller Wahrscheinlichkeit nach, clans sind. So kennen wir die Monganzulu auf dem linken Ufer des Rubimittellaufes, dam dieBalisi, Benche, Babenge, Bandagossa, u. s. w.

Die Ababuagruppe bezetzt das gebiet zwischen Uele, Bomokandi, Angua, Andu, Bima, Sambala, Rubi, Tele, Itimbiri, Rubi, Bali und Mogangu. Ausserdem befinden sichs noch abgesprengte Bomongo auf dem rechten Itimbiriufer zwischen Elonga, Itimbiri, Tinda und den Likatiquellen. Die Azande teilen sich in des Ababuagebiet der Bima ontlang ein und reichen fast bis zum Mittellaufe des Flusses. Sie sind hauptsàchlich auf dem rechten ufer konzentriert.

Dien Ababua schliessen sich die Bangelima enge an.

Czekanowski (J.), Zeitscht. f. Ethnol., XXXXI (1909), 604. '

Les Ababua se divisent en un grand nombre de tribus autonomes. Sans entrer à l'heure actuelle dans les détails de leur organisation sociale, nous leur appliquerons les dénominations courantes, usitées par eux-mêmes, tout en notant que dans certains cas elles ont plutôt une valeur géographique que politique, et que cette nomenclature comprendra sous des noms différents des fragments dispersés d'anciens groupements plus importants.

ABABUA

(Congo.)

A. — Renseignements géographiques

et ethnographiques généraux.

2 (suite).

Nous rencontrerons de l'Est à l'Ouest :

1° Groupe oriental :

Les Bobica, dans le quadrilatère délimité par la Bima, l'Uelé, le Bomokandi et l'Andu, et qui comprennent les tribus Bulungwa, Bakete, Bokapo.

Les Mondingima sur la rive gauche de la Bima à hauteur de Zobia, les Mogongia entre ces derniers et Titulé. Immédiatement à l'ouest de ces deux tribus les Mobalia, au sud les Mondungwalê qui s'étendent jusqu'à l'Aruwimi. Entre la Lulu et la Télé, les Bohïba et les Bengé; entre la Télé et le Rubi, les Moganzulu; sur la rive droite du Rubi, les Bagbé. Dans le triangle Mobambu, Libokwa, Titulé, les Balissi. Entre ceux-ci et Angu, les Mogingita, à l'ouest de ceux-ci les Mobati, tandis qu'à leur sud, sur le haut Dibongo se trouvent les Bawenza.

2° Groupe occidental :

Ce groupe est souvent désigné sous le terme général de Mobati, la tribu de ce nom, citée plus haut, en est une fraction.

Nous trouvons sur la haute Likati, les Molissi et les Bobwa, au sud de ceux-ci les Boganga s'étendant jusqu'à l'Itimbiri.

Dans l'hinterland entre Ibembo et Mandungu, on rencontre une série de petites tribus, les Labibi, Mobongono, Bolendé, Bogugia, Bokalaka, Bohwundu, Bodjaki, pour en terminer avec les Mogbasa dans les environs du poste de ce nom (district des Bangala).

Faisant partie du groupe linguistique Ababua, nous trouvons les populations Bakango et Mobengé. Des différences culturelles importantes nous les ferons exclure provisoirement du groupe ethnique.

Le nom de Bakango désigne d'une façon générale les populations de pêcheurs de l'Uelé. Ils parlent la langue des populations de l'intérieur correspondantes, Ababua, Abarambo, Mangbetu. Il est

Ababua. Congo. A, 2.

assez probable que la majorité des Bakango entre Djabir et Bambili proviennent de familles Ababua, ayant abandonné l'agriculture pour la pêche et qui se sont peu à peu différenciées de la souche originelle.

Les Mobengé, actuellement fixés entre l'Uelé et la Likati, occupaient autrefois une grande partie des territoires situés entre Djabir et le Mbômu. Une partie d'entre eux fut soumise par l'invasion Bandja, les autres refoulés vers le Sud, dans la forêt.

Le type de leurs maisons ornées, les produits de leurs cultures, indiquent leur ancien habitat en plaine. Ils ont les tatouages verticaux et la coiffure en petites tresses longitudinales (fandala) au milieu de la tête, transversales sur les deux côtés. Le libati qu'ils parlent est émaillé de mots sango. Il est à noter que les populations de pêcheurs qui en dépendent s'appellent Basango (Abasango en Asandé) ou les Sango.

de Calonne, Mouv. Soc. Int., X (1909), 292.

Les Ababua forment un groupe ethnique unique et distinct. La langue parlée par le groupe oriental est le libwalè ou liganzulu, celle des tribus occidentales le libati. Libwalè et libati ne se distinguent que par de légères différences (voir E. 124). Cette unité linguistique correspond à une individualité culturelle, qui se différencie nettement des caractéristiques des grands groupes ethniques limitrophes, qui sont: au Nord, les Asandé; au Sud-est les Makéré et Maélé, du groupe Mangbétu; au Sud, les Mobanga et les Mongelima, du groupe Basoko; à l'Ouest, les Mogbuda, Bokoï, Mokengéré et Budja du groupe Mabinza; au nord ouest, les Moguru et les Mombogoma du groupe Mobwandi.

Le Sandé, guerrier intrépide, venu du Nord, lancier, archer et lanceur de trombaches, n'appartient pas au groupe linguistique Bantu. Il a établi sur les pays conquis une organisation féodale.

Les Makéré et Maélé parlent un dialecte Mangbétu. De ceux-ci ils tiennent leurs couteaux recourbés, et leurs arcs. Plus doux, plus voluptueux que l'Ababua, ils habitent des maisons à base rectangulaire, à toits à deux pans.

Le grand groupe Mabinza est plus perfectionné au point de vue économique. Il connait la rotation des cultures, et possède comme instrument d'échange le marché de la semaine. Il parle libinza et habite une maison à base ronde, à toit conique, mais basse et incommode.

ABABUA

(Congo.)

A. — Renseignements géographiques

et ethnographiques généraux.

2 (suite).

Les Basoko, qui semblent pratiquer l'association temporaire de travail pour la mise en valeur des cultures, habitent des huttes rondes, étroites, dont le toit conique est excessivement élevé.

Les Mobwandi, de langue sango, forgerons industrieux, se distinguent à première vue des autres groupes, par leur tatouage de front à larges chéloïdes verticaux et les énormes botoques qu'ils introduisent dans le lobe inférieur de l'oreille.

Lances, couteaux, boucliers, meubles, outils de cuisine ou instruments de musique, qui présentent une complète unité de forme dans toute la région Ababua, se différencient aussitôt qu'on arrive aux limites que je viens d'assigner à ce groupe.

Aussi, de proche en proche, de Mandungu à Bambili, tous les indigènes se déclarent-ils bato omoti, un seul homme (littéralement : des hommes un seul).

Le nombre restreint de mensurations faites ne permet pas de déterminer si un type somatique caractéristique correspond au type linguistique et culturel (voir G. 186-202).

de Galonné, Mouv. Soc. Int., X (1909), 290-291.

Cf. Bozas (du Bourg de), De la Mer rouge à V Atlantique, Paris (1906), 416. — Burrows, The Land of Pygmies, London (1898), 200. — Capennt, Scott. Geogr. Mag., XV (1889), 312. — Chapeaux, Le Congo, Bruxelles (1894), 512. — Droogmans, Le Congo, Bruxelles (1894), 65. — Gottardo Garollo, Explor. Gomm. Milano, II (1887), 36 a.— Kethulle (de la), Bull Soc. B. B. Géogr., XIX (1895), 398. — Junker, Peterm. Mitt., XXVIII (1882) 4426. — Junker (Dr), Proc. B. G. Soc, London, IX (1887). 408. - Junker, Ausland, LX (1887), 827. — Meyer, Ges, Erdk., Berlin (Verh.), XVI (1889), 212. — Miani, Il viaggio al Monbuttu, Borne (1875). 28. — Mûller, Mitt. Ver. Erdk., Leipzig (1896), 61.— Stanley. Dans les ténèbres de l'Afrique, Paris, I (1890), 154. — Stanley, Scott. Géogr. Mag., V (1889), 229. — Congo Belge, VI (1901), 250 a. — Proc. B. G. Soc, London, V (1883), 43.

Ababua. Congo. A, 2.

Aspect physique. — La forêt est d'aspect multiple. Ici le sol s'abaisse en une grande dépression au fond de laquelle coule quelque ruisseau. Les troncs sont si rapprochés que les feuillages confondus laissent à peine filtrer quelques rayons de soleil. Inondé en saison des pluies, le sol n'y porte que quelques maigres buissons ; la nuit, aux vieilles souches moussues, des putréfactions allument des phosphorescences singulières. C'est le sombre bwangê qui longe les rivières s'arrondissant parfois autour de quelque cuvette sans écoulement ou lïbudu. Là où le sol se relève un peu, la forêt commence à s'éclaircir, les arbres s'écartent, çà et là on aperçoit la ligne élancée des troncs blancs des bombax, tandis que le sous-bois s'encombre de buissons de plus en plus touffus ; c'est le mpâ, refuge des antilopes. A mesure qu'on s'éloigne des ruisseaux, que la lumière pénètre, la végétation basse s'anime. Bientôt un peuple de lianes, enlacées, entrecroisées, enveloppe la forêt de son réseau continu; s'accrochant aux branches, elles escaladent les troncs immenses. C'est le pongbo ou forêt à lianes. Celle-ci fait bientôt place elle-même au Ukombé, abri des phacochères. Les arbres y sont plus écartés que dans un de nos vergers, mais le sol est envahi d'une jungle de rêches buissons épineux, de joncs immenses et jaunis, atteignant jusqu'à six mètres de hauteur. Pour y pénétrer il faut suivre les sentiers d'éléphants, marcher courbé pendant des heures, ramper sous les arbres abattus, se frayer un chemin à la machette.

Les seuls endroits où l'on ait un peu d'air, où l'on aperçoive le ciel, sont les bwengu, clairières marécageuses, occupant la rive des ruisseaux ; en saison des pluies elles sont généralement inondées ; en saison sèche une herbe haute y pousse, qui y réunit, chaque nuit, les buffles et les éléphants.

Le sol est partout d'une pauvreté remarquable; le luxuriant humus de la forêt tropicale peut se classer dans l'accessoirisme de l'Afrique romantique.

La roche, peu profonde, apparaît presque à chaque source ; assises calmes de schistes ou de grès dans la région du Rubi, terrains plus tourmentés que percent les granits, dans la région de la Bima et de TUelé.

Quelques centimètres à peine d'humus recouvrent les terrains superficiels, sables mêlés de concrétions de limonite, argiles rouges; le calcaire fait généralement défaut.

Le sol est si pauvre que les peuplades du groupe Mabinza qui pratiquent la rotation des cultures, sont cependant parfois obligées de se déplacer, des champs remis en exploitation après des années de jachère ne parvenant plus à leur donner des récoltes suffisantes.

ABABUA

(Congo.)

A. — Renseignements géographiques

et ethnographiques généraux.

2 (suite).

Aussi l'Ababua renonce-t-il généralement à établir des cultures dans le bwângé au sol acide ; l'immense travail de défrichement d'une forêt trop dense ne trouve guère de compensation, le terrain étant en effet épuisé en un an. Il s'attaquera de préférence au mpâ et au likombé. Mais la nécessité d'avoir l'eau sous la main pour les besoins journaliers d'hygiène et de cuisine obligera le village à rester près des rivières, donc dans le bwangé, les bivengu étant trop bas et trop humides pour s'y installer. Ces deux nécessités antagonistes expliquent les faits que les voyageurs ont exclusivement rattachés à une question de sécurité, d'abord que le village se trouve rarement au milieu de ses cultures; ensuite que lorsqu'on voyage en pirogue à travers les pays peuplés on n'aperçoit qu'exceptionnellement des plantations, tandis que dans leur aspect normal la rivière est toujours bordée de deux sombres barrières de forêt touffue.

de Calonne, Mouv. Soc. Int., X (1909), 318-319.

As regards the physical features of the district, a large part of the Welle district is densely wooded, forming part of the Great Equatorial Forest which stretches as far as the Bomokandi and Welle Rivers. North of thèse the country consists generally of vast plains covered with grass and scrub, traversed by wide valleys into which the forest sends prolongations from its main area, for the trees naturally follow the watercourses.

The country reaches its greatest élévation towards the east at the Nile-Gongo watershed, where it attains an élévation of 3300 feet, and in places as much as 4000 feet. On the south-east a wide area is hilly and even mountainous.

In the north-eastern part, close to the Bhar-el-Ghazal there appears a group of hills of some importance, with Mount Bundukwa, Mount Yambili, and several smaller élévations.

Westward the country becomes gradually lower, and forms a séries of broad undulations wich produce hardly any visible effect

Ababua. Congo. A, 2.

on the contour. This monotonous country is pieced in places by groups of isolated hills, such as Mount Angba, on the Welle, near Amadi; Mount Majema, near Poko; Mount Tena, on the Bomokandi ; and others of minor importance.

Close to Libokwa a ridge of granité running north-west and south-east stretches quite close to the southern bank of the Welle, and extends towards the Falls of Lipodongu on the Rubi.

Preumont, Scott. Geogr. Mag., XXII (1906), 317. — Id., Quart. Journ., LXI (1906), 642.

Starting from Ibembo to follow the Itembiri to Buta, the first rocks encountered were at the rapids of Go, where the river changes its narae to Rubi. About this river were found a séries of sedimentary rocks, chiefly shales, which continue up to Buta. About thirty miles north of Buta, however, between the Bali and Libokwa, a well-defined massive ridge of granité appears running in a northwesterly and south-easterly direction. The intervening country is made up of alluvium and clay, in the dépressions, while upon the slight eminences a limonitic pudding-stone is often met with. From Libokwa to Bima on the Welle the same granité and ferruginous rocks are also abundant. Thus, on entering the basin of the Welle, the main point to be noticed is its granitic substratum.

The relation between the levels of the basins of the Rubi and Welle rivers is interesting. At Buta the basin of the Rubi is about 1600 feet above sea-level, while that of the Welle at Bima is about 2000 feet. Since the distance between the two places does not exceed fifty-five miles in a bee-line, the différence of level is somewhat remarkable. The séparation of the two basins is well defined by the ridge of granité mentioned above.

The distance between Bima and Bomokandi is given as sighty one miles by the waterwat, the différence of level between the two places being about 82 feet. As the author travelled this distance in a canoë in the time of highest flood, little could be made out in regard to geology except to show that granité was everywhere présent. The rapids were numerous and strong, and at each blocks and masses of granité were much in évidence. In places the grey argillaceous deposit which formed the surface layer was very like kaolin and was used to whitewash the houses. Above this kaolinised surface deposid there appeared in some places a limonitic pudding-stone, of wide distribution in the district.

Preumont, Scott. Geogr. Mag., XXII (1906), 318-319. — Id., Quart. Journ., LXI (1906), 643.

(Congo.)

A. — Renseignements géographiques

et ethnographiques généraux.

2 (suite).

The district with which I am chiefly concerned is that of the Upper Wellé, which extends from twenty three degrees in the west, runs eastward to the Nile at the most northerly point of the Congo Free State, and has for its northern boundary the M'Bomu, stretching five degrees north.

The southern boundary, which cannot be accurately defîned, is the watershed between the Aruwimi and the Wellé. The country is irrigated by the River Wellé, together with the tributaries Bomokandi, M'Bima, Werré, and some lesser affluents. To the north of the Wellé, in its western portion, the land is covered to a great extent with thick forest; the central and easterly parts consist of large open grass plains, varied, by undulating, rocky ground, sparsely covered whit scrub bus. South of the river the country présents an entirely différent aspect, being dotted over with numerous villages, which are surrounded by large and thriving plantations of maize, banana, cassava, millet, sésame, and maroo. On the northern bank the land is almost worthless, but below this, where the agricultural tribes are settled, the country is much richer and better, and soil is in the highest degree fitted for agriculture. So fertile is the land, and in such abundance does it yield food, that the natives need work but two months in every twelve. There is no " agricultural dépression „ hère. As no free sait is to be found in thèse régions, this most necessary condiment has to be produced artificially, and is extracted by ail the tribes in this neighbourhood from papyrus plants. Burrows, Land of the Pygmies. London (1898), 53-55.

Le 7 janvier 1903, après quelques jours de repos sur les bords de l'Uelé, au poste de Bima, nous prenons une direction sud-sud-ouest à travers la grande forêt.

Au poste de Libokwa, nous traversons la rivière Bima, à 3 kilomètres en amont de son confluent avec l'Uelé ; elle est large de

60 mètres environ. Sous l'épais dôme de verdure qui nous abrite des ardeurs du soleil, mais qui empêche l'air de nous parvenir, nous continuons notre marche, buttant, trébuchant à chaque pas, dans les lianes, les souches et les blocs de latérite rougeâtre, qui encombrent l'étroit sentier. Nous passons la ligne de partage des eaux, très marquée qui sépare les bassins de l'Ubangi et du Congo. Nous traversons de nombreux affluents de la rivière Bali et cette dernière par trois fois, pour suivre sa vallée à droite et rejoindre au poste de Buta la rivière Rubi dont elle est un des affluents. Cette région, comme toutes celles qu'abrite la forêt équatoriale, est humide et marécageuse, pendant la saison des pluies.

Nous avions parcouru environ 120 kilomètres et n'avions trouvé sur notre chemin que solitude et dévastation ; villages, bananeraies, palmeraies, et cultures abandonnées; ravages et tristes conséquences d'une guerre récente. Nous devons dire, pour être sincères, que bien qu'ayant pris plaisir à traverser une partie de la grande forêt, nous n'y avions pas trouvé ces enchantements, cet inconnu, qu'ont décrits de nombreux voyageurs. Nous passons deux jours au poste de Buta sur la rivière Rubi, un peu en aval de son confluent avec la rivière Bali. Les environs sout habités par les Monganzulu.

Brumpt, Géogr. Paris, IX (1904), 440. — Id., Mouv. Gêogr., XXI (1904),

Nous marchions pour la première fois dans une véritable forêt et aussi nous ne cessions de nous extasier devant toutes les beautés naturelles qui se présentaient à notre vue : des arbres à essence, pour nous inconnue jusqu'alors, élevaient leur tête superbe à une très grande hauteur et formaient au-dessus de nous une voûte au travers de laquelle les rayons du soleil ne pouvaient pénétrer. Des lianes s'y enchevêtraient follement et formaient par leurs mille détours un réseau inextricable.

Une odeur caractéristique frappait nos sens. La fraîcheur malsaine qui règne dans la forêt contraste singulièrement avec la chaleur des clairières où le soleil darde perpendiculairement ses rayons brûlants.

Nous étions en pleine saison des pluies ; à cette époque la forêt d'Ibembo dont le terrain est très plat, ne forme qu'un vaste marais. La route est submergée dans la plus grande partie de son étendue. Des rares points de repère surgissent, c'est grâce à l'instinct merveilleux des nègres et à leur habitude de ces régions que l'on parvient à suivre la direction voulue et le blanc sans leur aide se perdrait fatalement. La marche dans ces conditions est des plus pénible, on

ABABUA

(Congo.)

A. — Renseignements géographiques

et ethnographiques généraux.

2 (suite).

se heurte à chaque pas contre des lianes ou des souches que l'eau ou la boue dérobe aux regards, tandis que le pied qu'on pose au hasard expose à des glissades et à des chutes.

Nous rencontrons de nombreux petits ruisseaux dont l'eau est très limpide ; le fond est formé de sable et de petits cailloux. Nos porteurs se désaltèrent avec plaisir de cette eau saine et rafraîchissante.

Gomme la profondeur de ces ruisseaux n'excède généralement pas un mètre, nous marchons bien souvent dans leur lit sur d'assez longs parcours.

Nts, Chez les Abaramlos. Anvers (1896), 43-44.

A trois quarts de lieue en amont d'Ibembo, on laisse le Rubi derrière soi, pour pénétrer, par un sentier mal tracé, dans une région très buissonneuse qui borde la grande forêt. Après un quart d'heure de marche et après avoir traversé quelques mares, on arrive dans un bois de haute futaie composé d'arbres atteignant 40 mètres de hauteur et dont les troncs élancés sont dépourvus de branches jusqu'à 20 mètres du sol. L'aspect général est assez bien celui de nos forêts luxembourgeoises, seulement le sol y est moins mouvementé.

Une épaisse couche d'humus et de feuilles recouvre la terre ; des buissons chétifs végètent par-ci par-là ; on y voit aussi, mais assez rarement, des fougeraies semblables à celles de notre pays ; ainsi que des endroits recouverts uniformément d'arbustes ressemblant au myrtil par leur développement et leurs fruits, et au hou par la forme des feuilles.

On aperçoit fréquemment dans l'intervalle des troncs élancés, pendant verticalement ou, en courbes variées, d'énormes lianes noires qui vont jusqu'à la cîme des arbres s'épanouir au soleil en de sombres et inextricables fouillis de feuilles, de branches et de racines. Ces lianes ne serpentent pas autour des troncs comme on pourrait le croire, elles en sont éloignées, au contraire, de 1 à

Abàbua. Congo. A, 2.

5 mètres. Il semble donc qu'elles se soient développées en même temps que leurs soutiens, et l'on conçoit ainsi que, après un grand nombre d'années, sous l'action de leur poids et des efforts des vents violents, elles entraînent sur le sol les branches qui les soutiennent *r c'est du reste, ce que l'on constate de temps en temps.

Il n'est pas rare non plus de rencontrer des arbres, même très gros, renversés par les tornades, les uns ensevelis sous une végétation luxuriante qui périra à son tour quand les arbres voisins auront envahis complètement la place que le défunt occupait au soleil ; d'autres, plus ou moins pourris, ne sont plus que des troncs informes gisant dans les feuilles mortes. Dans certaines régions de la forêt, on voit de grandes quantités de fruits ayant la forme de nos poires et de nos pommes, et la couleur de nos coings. Leur dureté est telle, qu'on les entame difficilement avec le couteau. Gomme chez nous, les espèces en sont très variées, et leurs plus gros spécimens sont plus volumineux que les plus gros des nôtres. Certains d'entre-eux se développent aux aisselles des branches. J'ai même vu un arbre de

2 m. 30 de diamètre, portant à 1 mètre du sol trois gros fruits roses ressemblant plus à des courges qu'à des pommes. Il règne dans ces parages, à l'abri du vent et à l'ombre du soleil, une étouffante humidité saturée de miasmes qui se dégagent des fruits et des feuilles en décomposition. On est souvent frappé d'étonnement quand on se trouve en face des plus gros arbres.

Beaucoup d'entre eux semblent se maintenir en équilibre par d'énormes contreforts naturels, trois, quatre, cinq, rarement plus, de même dimension et qui sortent du tronc comme des rais d'un moyeu. Ces contreforts qui sont triangulaires et verticaux, atteignent souvent

3 mètres de hauteur, 0 m. 40 d'épaisseur et 3 mètres à l'endroit où ils pénètrent dans le sol. Il m'est arrivé plus d'une fois de faire dresser ma tente entre deux de ces singuliers appuis. Les indigènes en extraient des blocs dont ils font leurs gongs. Dans les régions humides, on rencontre fréquemment des arbres juchés à 2 et 3 mètres du sol, sur le frêle échafaudage conique de leurs racines enchevêtrées.

Il ne cessa pas de pleuvoir pendant cette première journée de marche, aussi dans les bas-fonds et sur les plateaux nous pataugions dans les flaques d'eau, et sur les pentes, nous remontions les torrents.

La traversée des marais interminables était particulièrement pénible. Il est à remarquer que la plupart des vallées larges et peu profondes dans lesquelles coulent des ruisseaux très sinueux se transforment en vastes marécages, durant la saison des pluies.

ABABUA

(Congo.)

A. — Renseignements géographiques

et ethnographiques généraux.

2 (suite).

N'étant pas irriguées et leur pente étant très faible, ces vallées retiennent en stagnation les eaux qui découlent des régions voisines. Elles sont recouvertes de petits buissons et d'arbres clairsemés. On y enfonce jusqu'au ventre dans une boue noire, vaseuse et puante qu pénètre dans la peau et même dans les ongles. Les racines gluantes rendent la marche très difficile, font quelquefois choir les porteurs dont les charges dégringolent dans la boue.

Vers 2 heures nous nous engageâmes dans un ruisseau torrentueux, sablonneux et encaissé que nous remontâmes durant une heure et demie, jusqu'à proximité d'une clairière où apparraissaient de loin en loin des arbres morts ébranchés. Un sentier nous conduisit à travers des plantations de maïs et de manioc, à un village dont nous aperçûmes bientôt la zériba émergeant d'une bananeraie. Après en avoir franchi l'enceinte par une petite ouverture, nous débouchâmes sur une place entourée de huttes à parois d'argile et à toits coniques, et de quelques abris rectangulaires montées sur piquets. Huttes et abris sont couverts de feuilles ressemblant beaucoup à celles de l'aspidistra.

Gustin, Mouv. Géogr., XV (1898), 201-202.

Entre la Bima, l'Uelé et le Bomokandi, le pays est assez plat présentant seulement quelques groupes de collines ; crêtes allongées du nord au sud : la première naissant vers les rapides du Sasi (Uelé), la seconde au rapide de Sagnan, la troisième vers l'embouchure de la Likandi (Bomokandi).

Au sud de la Bima, et surtout dans le bassin du Bali, le pays est beaucoup plus accidenté et prend parfois l'aspect de nos Ardennes.

La forêt recouvre toute la contrée : en continuité, au sud, avec la grande sylve équatoriale, elle s'arrête net à quatre ou cinq kilomètres de l'Uelé ne laissant au delà que des terres dénudées où seuls les cours d'eau s'entourent de ce rideau d'arbres que Schweinfurth appelle des " galeries „.

Âbabua. Congo. A, 2.

L'ensemble du pays est lugubre ; cette forêt sombre, ininterrompue, ne présentant d'éclaircies que là où les grands arbres, détruits par quelqu'ancien défrichement, ont laissé se développer une broussaille impénétrable ; ces rivières désertes dont les eaux noires ou jaunes se précipitent en torrents dangereux ou restent presque stagnantes, formant alors des nappes, peu étendues il est vrai, mais pourtant sans limites visibles ; le silence de ces solitudes où seuls quelques cris d'oiseaux ou les larges foulées de troupeaux d'éléphants sont les manifestations de la vie, ont un caractère hostile, oppressant qu'ont connu tous ceux qui ont parcouru la forêt équatoriale et que Stanley a décrit d'une façon si saisissante. Dans ce décor tragique, l'étroit sentier battu par l'indigène prend un aspect clément, hospitalier, rassurant même.

Sur ce sentier, l'homme ne se sent pas seul, il prévoit l'existence d'un groupe d'êtres humains qui, quels qu'ils soient, amis ou ennemis, représenteront le mouvement, la vie, l'énergie humaine, et, surtout, la lumière à laquelle il aspire de toutes ses forces et qui lui fait saluer avec joie toute plantation, toute clairière ou toute agglomération d'indigènes.

Pour l'étranger, il semble que dans un tel pays l'homme ne puisse être qu'hostile à l'homme, cette solitude, ce silence, ces voies de communications rudimentaires inspirent la méfiance, tout paraît dangereux ou nuisible dans la forêt, et il est hors de doute que rien que l'aspect de leur patrie a dû faire redouter à leurs voisins des plaines ceux que les Européens appelèrent longtemps * les terribles Ababua „.

Védy, Bull. Soc. B. B. Géogr., XXVIII (1904), 19M93,

Nous avons vu qu'au point de vue hydrographique l'Uelé est très bien partagé. L'ensemble des cours d'eau ressemble à un filet qui étend ses mailles sur toute la région. Il y a beaucoup de parties qui sont inondées, principalement de l'Uelé, dans le pays des Ababua; ces inondations se produisent à la saison des pluies ; il se forme alors des marécages. Vers la fin de la saison sèche, la traversée de la forêt est très agréable et l'on rencontre peu de cours d'eau, ceux-ci étant à sec, sauf les plus importants ; quant aux marais, il sont rares à cette époque. D'Ibembo à Bomokandi on traverse la belle forêt de haute futaie.

Au delà de la rivière Bomokandi, les forêts deviennent moins épaisses, plus rares et parfois on ne rencontre plus de parties boisées qu'aux environs des rivières ou des ruisseaux.

ABABUA

(Congo.)

A. — Renseignements géographiques

et ethnographiques généraux.

Au nord de l'Uelé, aux environs de Djabir, le pays est assez boisé, mais ce n'est plus la région forestière ; on entre dans le pays des plaines et au fur et à mesure que l'on se dirige vers l'est les bois deviennent plus rares. Tandis que les rivières ont leurs rives boisées vers la partie basse de leurs cours, les parties moyennes et hautes ont à peine la rive bordée de quelques arbres dont les branches cherchent vers le cours d'eau la fraîcheur et l'humidité nécessaires à leur existence et surplombent par conséquent la rivière.

L'Ueré, par exemple, dans sa partie moyenne, vers l'endroit où est installé le camp de l'Ueré, présente tout à fait les caractères du cours d'eau des pays de plaines.

Il décrit des méandres nombreux et tel un ruban d'argent on l'aperçoit dans le lointain, traversant sans cesse une plaine herbeuse qui s'étend à perte de vue.

De temps en temps, une ligne de roches l'oblige à changer son cours et l'on est tout étonné, quand on voyage en pirogue, de suivre brusquement la direction sud-nord, alors que l'on suivait primitivement la direction est-ouest.

Bauw (De), Belg. Colon., VII (1901), 101 a-b.

Hydrographie. — Généralités. — The Welle district is extremely well-watered. The Welle river arises in the mountains near Lake Albert, and traverses the district from east to west, throwing its network of tributaries northward and southward over a wide area representing more than 60,000 square miles.

The southern tributaries are the most important — a fact easily accounted for, since the southern zone îs more densely wooded and has a heavier rainfall than the northern.

A rough parallelism is noticeable in the disposition of ail the principal tributaries of the Welle ; north of the river they almost ail run

Âbàbua. Congo. A, 2.

nearly north-easl and south-west, while those on the south sïde trend more west-north-westward and east-south-eastward.

Owing to the small slope of the rivers and streams the country becomes extremely swempy in the rainy season ; small rivers of no importance at other times then expanding over enormous floodgrounds. This is especially noticeable in the northern zone, where the country is more level and the ground more argillaceous. The Welle, in common with most of its tributaries, generally winds its way through high banks of clayey alluvium, and runs through a-broad basin much too shallow to be called a valley. The course of the stream is interrupted by numerous rapids which divide it into reaches of quieter water, easily navigable by native canoës. In floodtime the Welle rises from twelve to fifteen feet, and its volume of water is increased at least fivefold.

That the slope of the river is not great may be illustrated by the stretch between Suronga and Niangara, where there is a différence of level of only 42,6 feet in a distance of a little over sixty-two miles.

Preumont,, Scott. Geogr. Mag., XXII (1909), 317. — Id., Quart. Jourm., LXI (1906), 641.

Uelé. — Nom. — La rivière s'appelle Kibali jusqu'à Dungu, Makua jusqu'à Panga et Uelé pour le restant de son cours.

Bauw (De), Belg. Colon., VII (1901), 1006.

L'Uelé Makua prend sa source dans la chaîne de hauteurs qui se dressent à quelque cent kilomètres à l'ouest de Wadelai, traverse le pays de Galica en se dirigeant au N. N-O. s'incline vers l'ouest et entre dans le territoire des Loggo où il prend le nom d'Obi. Après avoir reçu le Yubbo, le Dungu, le Galpilli, le Gadda et divers autres tributaires de moindre importance, il longe le pays Mambettu et pénètre chez les A-Sande.

Les Mambettu l'appellent Kibali, les A-Sande, Makua et c'est cette dernière désignation qu'il garde sur un très long parcours. Il a chez les A-Sande, un débit considérable déjà; ses berges sont hautes, sa rive droite est bordée de forêts, sa rive gauche de plaines découvertes, son cours sinueux est coupé d'étranglement ou d'iles.

Casati, Mouv. Antiescïav., VI (189i), 137.

ABABUA

(Congo.) A. — Renseignements géographiques et etnographiqaes généraux.

2 (suite).

Ich habe mich in Vorhergehendem der Namen Uëlle und Kibali bedient; es mag demnach am Orte sein, dièse Namen zu erlàutern, Kommt man von Norden, von A-Sandeh (Niam Niam) Dragomanen begleitet, und fragt dièse nach dem Namen des Flusses, so nennen sie ihn Makua eine Bezeichnung, welche er, soweit er ûberhaupt A-Sandehterritorien durchfliesst, beibehâlt. Neben diesem Namen aber ist in allgemeinem Gebrauche das Wort Uëlle, welches Fluss, Strom " par excellence „, bedeutet. Den Monbuttu dagegen, welche den Makua, soweit er ihr Land durchfliesst, ausschliesslich Kibali (ebenfalls Strom beteutend), nennen, ist der Name Uëlle ûberhaupt fremd.

Emin Pacha, Reisebriefen und Berichten. Leipzig (1888), 184.

Uelé. — Description dn cours d'eau. — L'Uelé prend sa source à environ 1.300 mètres d'altitude dans les massifs montagneux à l'ouest du Nil, à environ 80 kilomètres de ce fleuve, soit à peu près vers la 31me méridien à l'est de celui de Greenwich.

En descendant vers l'ouest, la rivière s'étale parfois en franchissant des massifs rocheux; il se produit alors des chutes et des rapides qui rendent la navigation à vapeur impossible. A Yakoma, l'altitude est de 400 mètres environ, soit une différence de niveau de 900 m. pour un parcours de 1.300 kilomètres.

Entre Dungu et Niangara le pays perd son aspect montagneux. Il y a cependant encore quelques hauteurs isolées; le mont Angba, en amont du poste des Amadi, et les hauteurs de Giasy, entre les postes de Bomokandi et de Bima. La largeur de l'Uelé varie de 75 à 300 mètres jusqu'à Bomokandi ; à 300 mètres en amont de cet endroit il se grossit à gauche d'un affluent très important; le Bomokandi.

L'Uelé traverse ensuite une ligne de roches en face du poste de Bomokandi et tandis qu'il a environ 450 mètres en amont du rapide, il atteint à peu près 800 mètres en aval. Il passe entre les lignes rocheuses de Sacosa (Samana) et de Giasi (Giasy). A 15 kilomètres en amont de Bima l'Uelé reçoit à droite un autre affluent assez

Ababua. Congo. A, 2.

raportant; l'Uere qui vient de Doruma. Un peu en aval de l'embouchure de l'Ueré, il reçoit un affluent très important : le Bimà. En aval du poste de Bima l'Uelé s'étale sur une largeur de 1.200 m. environ, pour traverser les chutes de Gorombo ou de Goya. Après avoir traversé les chutes de Kindia et de Nangwa il passe à Djabir; de Djabir à Yakoma on rencontre une série de rapides qui se terminent par la chute de Mokwangu.

Bauw (De), Belg. Colon., VII (1901), 1006- 101a.

L'Uelé et le Bomu, qui par leur confluent, forment l'Ubangi, ont un aspect un peu différent. L'Uelé coule sur un lit rocheux d'une largeur moyenne de 800 mètres et son cours est barré d'obstacles de toute nature. Les rives s'élèvent en pente douce et l'aspect de la vallée de ce fleuve entre Yakoma et Djabir est grandiose. Les villages y sont très nombreux à la rive, Depuis Yakoma jusqu'à la chute de Monunga, on ne voit qu'une série continue de huttes, de forges et de pêcheries.

Marinel, Bull. Soc. R. B. Qêogr., XVII (1895), 8.

L'Uelé coule de l'est à l'ouest en suivant un peu au sud le 4e degré de latitude nord.

Cette rivière large d'environ 300 à 3000 mètres est barrée de rapides dans presque tout son parcours.

Ces rapides varient avec la hauteur des eaux et présentent les aspects les plus divers : les uns ne forment qu'une barrière étroite, tandis que d'autres ont une longueur de plusieurs kilomètres d'autres encore sont formés à certains endroits par une différence de niveau ou par la violence des eaux s'engouffrant comme dans des entonnoirs entre les rochers qui sont d'un gris noirâtre en ont des formes arrondies produites par le frottement de l'eau.

Certains rapides n'existent qu'à l'époque des hautes eaux, d'autres aux eaux basses. Ils croissent ou diminuent en importance suivant la hauteur des eaux.

Les rives généralement basses sont presque toutes submergées pendant la saison des pluies ; à la saison sèche la rivière est guéable à certains endroits.

L'Uelé coule de Nyangara à Bomokandi dans un pays d'herbes et au-delà de Bomokandi dans la forêt. Le lit dans la partie supérieure de son cours est creusé dans l'argile et dans des rochers et principalement dans les rochers qui forment ses nombreux rapides.

Entre les Amadi et Suranga, la rivière coule dans un pays assez accidenté.

Nys, Chez les Abarambos. Anvers (1896), 65.

ABABUA

(Congo.)

A. — Renseignements géographiques et etnographiques généraux.

2 (suite).

Nous reprenons les pirogues et naviguons pendant quelques jours entre des rives irrégulièrement boisées; la largeur moyenne de PUelé est de 300 mètres. Les îles sont garnies de palmiers élaïs, et les rapides nombreux. La chute et les rapides de Penga forment, une limite entre les Amadi (rive droite), les Abarambo (rive gauche), et les A-Sandè qui occupent les deux rives. Peu avant d'atteindre son confluent avec le Bomokandi, la rivière s'étrangle entre des rives rocheuses dont l'écartement, à certains endroits, est inférieur à 100 mètres.

Sur un très long parcours, le Bomokandi coule parallèlement à l'Uelé, qu'il finit par rejoindre à son embouchure, il a plus de 100 mètres de large; ses rives sont merveilleusement boisées par la puissante végétation de la grande forêt équatoriale, qui s'avance jusqu'au confluent. Grossi de cet important affluent, l'Uelé s'étend majestueusement sur une largeur de 800 mètres, plus que jamais coupé de rapides, parsemé d'îles couvertes d'une végétation luxuriante et fantastique, où les palmiers élaïs tiennent la place d'honneur. C'est une succession de sites ravissants. Le nombre et la longueur des îles empêchent de distinguer les véritables rives de la rivière et par conséquent d'évaluer sa largeur.

A gauche, nous avons la grande forêt, coupée de Quelques clairières importantes, habitat des sauvages A-Babua. A droite, la savane, dissimulée derrière un rideau de verdure sombre appartient aux A-Sandé. Les rives du fleuve et quelques îles élevées sont peuplées d'une population assez dense, les Bakango, race très mélangée, auxquels le fleuve fournit les moyens d'existence. Un nouvel affluent, la rivière Uerré, vient, sur la rive droite, grossir encore le cours de l'Uelé. Gomme le Bomokandi, l'Uerré a une largeur d'une centaine de mètres à son embouchure.

L'Uelé a plus de 2 kilomètres de large, à l'endroit où nous l'abandonnons pour rejoindre le Congo par le bassin de la rivière

Abàbua. Congo. A, 2.

Rubi. Ce point est situé, sur la rive gauche, à 6 kilomètres environ de son confluent avec la rivière Bima, que notre camarade M. Didier va reconnaître en même temps qu'il entre en relations avec u Korombo „, un puissant chef bakango, dont le village est un peu en aval, à l'entrée d'un rapide dangereux.

En résumé, le cours de l'Uelé est très sinueux, coupé d'îles, de rochers, de rapides et de chutes. Les rives, plus ou moins escarpées, sont quelquefois irrégulièrement découpées, souvent parallèles. La densité de la végétation riveraine augmente à snesure que l'on descend. La largeur de la rivière, qui est à peine de 200 m. après le confluent Kibali et de la Dungu, atteint 2 kilomètres en amont de son confluent avec la rivière Bima.

Brumpt, Gêogr. Paris, IX (190i), 438.

L'Uelé est formé de deux rivières qui s'appellent l'une la plus septentrionale, le Kibbi ; l'autre, l'Nzoro. Ces deux rivières prennent leur source dans le massif montagneux situé à l'ouest du Nil, à environ 80 kilomètres de ce fleuve et dont l'altitude moyenne est d'environ 1,400 mètres. Elles se rejoignent à un degré à l'est du camp de la Dungu pour former le Kibali.

Jusqu'alors ce ne sont que deux torrents barrés par de nombreuses chutes rendant toute navigation impossible. A partir de ce moment, la rivière coule franchement de l'est à l'ouest, s'infléchissant en un coude brusque vers le sud dans le pays des Abarambo, pour reprendre sa première direction jusqu'aux rapides du Zongo. Puis, elle se dirige vers le sud pour aller se jeter dans le Congo à peu près à la hauteur de la station d'Equateurville.

Il forme la limite entre la région forestière et les savanes jusqu'au confluent du Bomokandi ; plus à l'est, c'est cette dernière rivière, dont le cours est parallèle à celui de l'Uelé qui remplit cet office.

Jusqu'à la Dungu, le pays qu'elle traverse est assez montagneux, mais plus à l'ouest, elle coule dans une vaste plaine ondulée, et ce n'est qu'au point le plus méridional de son cours, au coude d'Angba ou de Junker, qu'on rencontre quelques collines assez élevées. Ses rives sont généralement basses et les nombreux affluents qu'elle reçoit rendent la région, où elle roule ses eaux, excessivement fertile. Aussi, cette contrée est-elle habitée par une population d'une densité remarquable pour l'Afrique.

Dans le Haut- Uelé, 5.

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