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Contact avec les civilisés

Dans la zone du Rnbi-Uelé l'état sanitaire est déclaré parfait par le chef de la zone et par la commission d'hygiène. Cette dernière recommande, pour l'époque du retrait des eaux, d'allumer de grands feux à la rive, et de brûler tous les détritus que les eaux déposent sur la berge. Il y a là un moyen peut être de remédier au grand inconvénient signalé par le docteur Van Gampenhout à Nouvelle- Anvers.

Bauw (De), Belg. Colon., II (1896), 5436.

L'État du Congo fait de louables efforts pour enrayer dans la mesure du possible les ravages de la maladie du sommeil, A cet effet il a construit un lazaret à Ibembo.

Mouv. Gêogr., XLIV (1907), 450.

Ibembo est une belle station sur la rive droite de l'Itimbiri ; c'est le point terminus de la navigation à vapeur sur cette rivière et c'est en même temps l'origine de la route des caravanes qui finit à Djabbir.

Il y a deux routes d'Ibembo à Djabbir. Une première par voie de terre et une autre par la Likati rivière ; elles se rejoignent à Enguettra où elles se séparent de nouveau pour se terminer à Djabbir.

Nys, Chez les Abarambo. Anvers (1896), 40-41.

Les communications avec V JJelè. — Les voyageurs qui se rendent dans l'Uelé remontent le Congo jusqu'à l'embouchure de l'Itimbiri, puis cette rivière jusqu'au poste d'Ibembo, point terminus de la navigation en bateau à vapeur.

D'Ibembo, deux routes conduisent à Djabbir, l'une par voie de terre, l'autre par la Likati, que l'on remonte en pirogue. Ces deux routes aboutissent à Enguettra, d'où l'on se rend à pied à Djabbir. Enfin de Djabbir on remonte l'Uelé.

Ababua. Congo. F, 186.

Il suffit de jeter un coup d'œil sur une carte de cette région pour se rendre compte du détour considérable que doivent faire les voyageurs, des transbordements nombreux que doivent subir les charges allant d'Ibembo au Bomokandi, inconvénients multiples auxquels s'ajoutent encore les difficultés de navigation dans une rivière barrée de rapides comme l'est l'Uelé.

Le commandant Verstraeten, chef de la zone Rubi-Uelé, vient de transmettre un rapport très intéressant sur la navigabilité du Rubi et l'espoir qu'il y aurait de permettre aux vapeurs d'avancer de plus de cent kilomètres vers l'intérieur.

Jusqu'à présent, le Rubi était considéré comme non navigable aux eaux basses à partir du village d'Eringa; M. Verstraeten vient de constater le contraire.il a remonté le Rubi pendant vingt-trois heures sans rencontrer le moindre obstacle : pas un rapide, pas un snag (tranc d'arbre durci sous l'eau, aussi redoutable pour les navires qu'un rocher), pas une pierre, dit-il ! Jamais je n'ai vu en Afrique une rivière aussi belle au point de vue de la navigation.

Vraiment on dirait que cette partie du Rubi a été canalisée.

M. Verstraeten a remonté le Rubi jusqu'au rapide de Buta où il a été arrêté. En ce point il se trouvait au milieu d'une population mogandjulu très dense et très bonne chez laquelle il a établi un poste dans le but de créer une route de transports vers le Bomokandi.

Laissons la parole à M. Verstraeten pour expliquer l'avantage de son projet.

" Faire arriver les grands steamers jusqu'au rapide de Buta, dit cet officier, ferait gagner onze journées de marche ou de navigation aux blancs se dirigeant vers le Bomokanda et aux noirs transportant des marchandises vers ce poste.

En effet, les agents se rendant actuellement d'Ibembo à Djabbir effectuent ce trajet en neuf jours environ.

Quatorze journées de huit à neuf heures de pirogue séparent la station de Djabbir du poste de Bomokandi. Soit au total vingt-trois journées de voyage.

Les grands vapeurs feraient certainement le trajet d'Ibembo à Buta en deux jours. De ce point au Bomokandi, il peut y avoir dix journées de cinq heures de marche au maximum soit au total douze journées de voyage au lieu de vingt-trois.

Le seul écueil à ce projet est qu'en aval d'Ibembo existe un rapide, peu important du reste, entravant la navigation. Il suffirait, paraît-il, de faire sauter quelques blocs de pierre sur une largeur de" 20 à 25 mètres pour créer une passe à l'étiage ; aux eaux hautes ce ne sera peut être même pas nécessaire.

ABABUA

(Congo.)

F. — Vie sociale,

f) Relations avec l'extérieur.

186 {suite).

Espérons que cet intéressant programme se réalisera car les avantages qui en résulteront seront considérables.

Belg. Colon., II (1896), 416/fc.

Dans notre numéro du 23 août dernier, nous avons parlé des communications avec TUelé et signalé le projet émis par M. Verstraeten pour le transport des marchandises et des voyageurs directement vers le Bomokandi, ce qui réduirait de vingt-trois jours à douze la durée du trajet entre ces deux stations.

M. Verstraeten vient de parcourir le chemin qu'il avait préconisé et donné des renseignements très complets sur cette nouvelle route des caravanes.

De l'embouchure de la Likati au poste de Buta, dit cet officier, le pays ne présente rien de particulier: toutefois, en aval et en amont du village du chef Asandé (Abandia) Eringa, les rives sont plus élevées qu'ailleurs et coupées à pic ; elles ont à certains endroits des hauteurs de 5, 6, 7 et même de 10 mètres et sont formées de roches à couches horizontales veinées de schiste.

A vingt-sept heures de navigation en pirogue en amont de la Likati se trouve, sur la rive gauche, une série de roches siliceuses d'une hauteur de 3 à 4 mètres, d'un aspect superbe. En amont du premier poste, établi à Buta, le Rubi fait une chute presque infranchissable de 2 mètres. Cette chute, appelée Dinomo, présente une véritable muraille aux eaux basses ; elle s'étend sur une longueur de 150 à 200 mètres.

Du côté de la rive droite, elle affecte la forme d'un escalier à trois marches ; du côté de la rive gauche c'est une suite de grands blocs de pierre.

Au delà de cette chute on rencontre d'autres rapides rapprochés les uns des autres. Il en existe huit jusqu'au poste de Mopandu, que

Ababaa. Congo, F. 186.

l'on peut cependant gagner en pirogue. De Buta je me suis dirigé vers le nord-est et jusqu'au village du chef Libokwa (emplacement du poste des A-Babua) ; j'ai profité d'un sentier tout tracé et ai rencontré sur la route quantité de villages. D'après les dires des indigènes plus à l'est il n'y a pas de route et le pays est beaucoup moins peuplé.

J'ai nécessairement dû faire approprier la route et construit des ponts sur les rivières et d'étapes en étapes (cinq heures de marche), des maisons en pisé pour blancs, des hangars pour les porteurs.

Peu ou presque pas de marais, à la saison sèche, sauf dans les parties avoisinant les cours d'eau, qui, comme partout, ont leurs rives marécageuses.

Le pays est généralement plat, mais fortement boisé. Je n'ai rencontré que deux fortes montées rocheuses.

Longueur de la route. — J'ai mis trente-quatre heures de Buta à la M'Bima, mais la route étant appropriée il en faudra beaucoup moins, peut-être vingt-six à vingt-huit. Des A-Babua à Bomokandi il y a quarante heures de marche; route excellente; il n'y manque que des ponts, des cases et des hangars qui seront construits par les soins du commandant de la zone de l'Uelé-M'Bomu.

Verstraeten, Belg. Colon., II (1896), 517&.

Les Bakango furent en contact avec l'expédition Van Kerckhoven et transportèrent par voie d'eau toutes les charges de l'expédition. On n'avait pas à cette époque de relations avec les Ababua de l'intérieur. Ces relations n'ont commencé en réalité qu'à partir de l'installation d'une route de transport Buta-Libokwa-Bomokandi, à la suite d'une reconnaissance exécutée en 1896 par le commissaire général Verstraeten.

Depuis 1898 toute la partie de la région située au sud de l'Uelé entre la Bima et la Bomokandi, fournit régulièrement ses impositions.

Il n'a pas fallu bien longtemps pour arriver à ce résultat, en effet une expédition conduite en février 1 898 aboutit en mars par l'occupation d'un poste au milieu de la région et le l6r janvier 1899 Zobia était installé officiellement sur la haute Bima, une nouvelle route de transports ayant été organisée de Buta vers Niangara.

Bauw (De), Belg. Colon., VII (1901), 74a.

ABABUA

(Congo.)

F. — Vie sociale.

f) Relations avec l'extérieur

186 (suite).

Routes de V Vêlé :

a) Lbembo-Djabbir.

T ., , r,. { Camp Uere ,, r, . . Libokwa-Bima { ~ , ,. o) Buta J ^ Bomokandi

„ , . I Bomokandi-Camp Uere Zobia < r, t tvt

| Poko-Nyangara.

c) Bomokandi- Amadis-Surango-Nyangara.

r, , , ~ l Faradie-Redjaf

a) Nyangara Dungu < 0 Jrt ,. ' J ° & ( Surur-Faradje.

Ce réseau de routes conviendrait déjà pour l'exploitation de la région, mais il devrait être complété pour relier les camps retranchés, pour faciliter l'arrivée des secours, pour les voies automobiles et que l'on utilisera ces moteurs pour effectuer lestransports,l'œuvre civilisatrice aura fait un grand pas, car la suppression de la corvée du portage, qui pèse en ce moment sur les populations et qui est une cause de mécontentement général, a aussi une influence néfaste sur le développement de la race.

Toutes les populations qui concourent actuellement au portage habitent généralement au sud de l'Uelé dans la partie la plus fertile du territoire. Dès que le portage à dos d'homme sera supprimé, toute la popalation qui coopérait à cette dure corvée pourra travailler à la récolte du caoutchouc et aux cultures vivrières.

Bauw (De), Belg. Col., VII (1901), 101a.

Le chef, mis en relation avec l'européen, comprenant l'utilité d'une alliance destinée à lui donner la sécurité, à perfectionner ses conditions d'existence, et à lui permettre d'acquérir dans de bonnes conditions des objets de première nécessité que ses bommes ne pouvaient se procurer qu'au prix d'un travail difficile, ne peut que difficilement convaincre ses sujets de tous ces avantages.

Abubua. Congo. F, 186.

Les A-Babua se maintenant dans leurs coutumes, préféraient vendre leur fille pour sept ou huit fers de lance, plutôt que de travailler quelques jours pour acquérir les objets de valeur équivalents.

Il faut dire aussi que, fréquemment, le chef percevait le salaire gagné par ses hommes à notre service et se gardait bien d'en remettre la moindre partie aux travailleurs. Si ses sujets voulaient s'affranchir de ses exigences, il les empêchait d'apporter, sans lui, des marchandises aux stations.

On comprend fort bien, dans ces conditions, combien il était difficile d'obtenir chez les A Babua, des produits du pays ou des hommes pour les corvées. Dans les tribus, commandées par les chefs les plus exigeants, les indigènes se refusaient carrément au travail et les potentats, n'étant pas pourvus d'une garde fidèle, attachée à leur personne, et ne pouvant appuyer manu militari les ordres souverains, préféraient renoncer à continuer leurs relations avec les Européens et recevaient même fort mal ceux-ci lorsqu'ils allaient visiter leur pays.

Védy, Bull. Soc. R. B. Gêogr., XXVIII (1904), 204.

Sous la domination européenne, ce peuple prend une forme politique homogène. L'Européen tend, en effet, à rassembler davantage les divers clans de la tribu en agglomérations plus nombreuses et plus disciplinées. Il existe près de 150 chefs A-Babua, entre lesquels l'entente est toujours assez difficile à maintenir. En s'opposant aux conflits locaux, en obligeant les chefs à recourir à son arbitrage, l'Européen atténuera évidemment le côté farouche du caractère Babua. D'autre part, en s'opposant aux divisions des tribus, après la mort de leur chef, le nombre de ceux-ci diminuera et il résultera de cette action un état plus stable et plus favorable à la prospérité de ce peuple.

Védy, Bull. Soc. R. B. Géogr., XXVIII (1904), 204.

ABABUA (Congo.)

G. — Caractère anthropologiques.

a) SOMATIQUES.

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