‹ Les AbabuaChapitre 29 sur 170 · Jeux. (Voir aussi E · texte numérisé non relu

Jeux. (Voir aussi E

Comme jeux, je vais d'abord décrire le plus connu et celui que la jeunesse préfère. C'est celui nommé Kpou Kpou. Trois ou quatre enfants s'alignent d'un côté et faisant face à leurs adversaires en même nombre. La distance qui les sépare est de huit à dix mètres. Ils ont, les uns et les autres devant eux, trois morceaux de bois qu'ils placent verticalement en terre et à une distance de cinq centimètres, tout comme chez nous nous placerions des quilles. Ces petits bâtonnets sont souvent remplacés par une carotte de maïs dont ils ont eu bien soin de manger les graines. Alors, armés d'une espèce de toupie qu'ils prennent entre le majeur et le pouce, ils la lancent en la faisant fortement tourner. Si la toupie vient à renverser un des morceaux de bois que je nommerai quille, l'honneur revient aux vainqueurs et tous les enfants se mettent à crier et rire aux éclats. C'est à qui des deux groupes sera le plus adroit et par conséquent renversera toutes les quilles de leur vis-à-vis.

Ils ont aussi comme jeux, la balançoire de chez nous, mais elle est le plus souvent faite de lianes. Un enfant s'y place, l'autre le fait balancer. Ils nomment ce divertissement Mampaali.

Après la balançoire vient le jeu nommé Mbaagui. Description : Un enfant lance un cerceau qu'il a fabriqué en courbant une liane. Son compagnon armé d'une longue canne qui peut avoir 1 .80 mètre à 2 mètres de long doit tâcher de la jeter de telle façon qu'elle arrête le cerceau dans sa course, lorsqu'il s'est éloigné environ d'une dizaine de mètres de celui qui le lance.

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Le jeu nommé Mèè est à peu près semblable, mais au lieu que ce soit un cerceau, c'est un fruit de caoutchouc évidé qu'on lance. L'enfant armé de sa canne pointue à un des bouts doit clouer le fruit sur place.

Le jeu nommé Mbê est à peu près semblable également au jeu de la toupie. Les quilles ici sont représentées par des fruits secs de la grosseur d'une noix, mais ils en placent cinq sur la ligne. Au lieu de lancer la toupie, ils lancent à leur tour un de ces fruits qui porte le nom de WBé.

Un des jeux les plus intéressants auxquels jeunes gens, enfants et adultes prennent part est connu sous le nom de Liagboi. Le bois qui porte ce nom et qui est légèrement recourbé, plus épais au centre qu'aux deux bouts, est lancé en l'air. Deux ou trois indigènes attendent qu'il retombe, mais par sa forme arquée, il rebondit bien souvent à une hauteur d'homme. Alors ceux-ci tenant en main une liane qui au préalable a été munie d'un nœud coulant, doivent tâcher de saisir la pièce de bois en question. Ce jeu quoique semblant très simple demande beaucoup d'adresse.

Gomme on a pu le remarquer, ce sont pour la plupart des jeux d'adresse; les femmes ou les fillettes n'y participent jamais, mais bien souvent des hommes adultes se mêlent aux distractions de la jeunesse.

J'allais oublier de dire que les enfants jouent souvent " guerre „ en se fabriquant des boucliers avec des branches demi-cylindriques qu'ils enlèvent aux bananiers. Un long bâton leur sert de lance.

Après les jeux d'adresse viennent ceux où l'on se déplace et qui ne peuvent s'exécuter que sur de grands emplacements. Le seul que je connaisse est celui nommé Amboita et à quoi prennent part jeunes gens et adultes (sexe masculin toujours). Ils se réunissent en groupe sur une place bien dégarnie et où le sol est plus ou moins uni. Un d'entre eux possède une petite balle en caoutchouc de cinq à six centimètres de diamètre. Il la jette par terre et celle-ci rebondit.

ABABUA

(Congo.)

B. — Vie matérielle.

a) Soins donnés au corps et exercices corporels.

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C'est à qui du cercle pourra l'attraper : à son tour, il en fait de même. Durant ce temps, ils se frappent les mains en cadence pour donner plus d'animation à la partie. A les voir on dirait une bande de fous tellement ils font des contorsions. L'Européen n'est du reste pas habitué à voir ainsi des adultes se livrer si joyeusement à des jeux d'enfants. Les noirs en général ne sont autres que de grands enfants et c'est l'avis de tous ceux qui ont pu les voir dans leur vie intime.

TlLKENS.

Durant les longues journées où tout le monde s'occupe, les enfants vagabondent presque sans surveillance; les garçons suivent leur père. On les voit les mains derrière le dos, le ventre saillant sur des jambes arquées, suivant d'une mine sérieuse les gestes des travailleurs; à peine âgés d'une dizaine d'années, ils mettront leur premier pagne et porteront un couteau à la ceinture. Ils accompagneront les aines dans les chasses lointaines.

La fillette aidant la mère, va puiser l'eau à la rivière, ou porte sur la hanche son frère nouveau né.

Mais le soir réunit toute la parenté. La lune est si éclatante que dans la forêt on entend les cris étonnés des oiseaux; le nzengé, la grande place toute blanche est propice aux amusements bruyants.

Voici d'abord qu'arrivent à pas lents, discutant gravement, deux frères. L'ainé veut faire deviner au cadet dans quelle main il a caché un caillou. Le plus jeune se trompe, il recommence au milieu d'éclats de rire, jusqu'à ce qu'il s'aperçoive que son partenaire y met de la mauvaise foi, et laisse tomber le bonga lorsqu'il a deviné juste. D'où

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une giffle, une courte lutte; tandis que le plus grand gambade en cercle, le plus petit assis par terre pousse des hurlements effroyables; sa mère assise au feu devant la hutte reste du reste parfaitemment indifférente. Mais voici que des amis accourent, on relève le braillard, qui sourit aussitôt et l'on propose de jouer Tankome. Pour cela tout le monde s'assied, cuisse contre cuisse, cheville contre cheville, de façon à ce que la ligne des pieds forme un demi-cercle où bruissent les anneaux des chevilles. Puis lentement, on balance le haut du corps, les bras ballant de droite à gauche en chantant :

Be-helleng-beng Bellengbeng.

Puis soudain, on cadence tous des talons battent la terre. Bissu Baliganzulu. Nous tous les Monganzulu,

Tado biti, tankome Nous venons ainsi, nous péchons

A bubu, a bubu etc. A bubbu a bubbu

Puis le jeu se transforme en bembo : on se forme en ligne, assis l'un derrière l'autre, les jambes du voisin prises sous les bras de celui qui précède. Et on recommence à balancer : " Be-belleng-beng „ jusqu'au moment où une oscillation trop forte renverse tous les joueurs dans la poussière. Attirée par leurs cris de joie, toute la jeunesse s'est rassemblée.

C'est le moment de jouer " au médecin „. Le malade s'étend sur les genoux de ses compagnons et de l'ombre surgit, boitant, appuyé sur un bâton, le vieux guérisseur qui a été appelé. Il se penche t 4 Est-ce ici que tu souffres ? „ et il presse le ventre du patient : • est-ce ici ? „ et il chatouille la gorge. La guérison est rapide, car soudain la victime bondit, poursuivant les joueurs qui s'éparpillent, sorcier compris, rapides et bruyants, comme un vol de " républicains w dans les champs de riz.

Puis l'on se met à quatre pattes, en cercle, à jouer lumbo. Tout le monde étend les mains ouvertes ; on frappe la terre et chante des paroles sans sens, mais bien rythmées.

Mazazao, mazazao, manano Ho! ho!

Mazazao, mazazao , manano Ho! ho!

Maii kongo gongé! (ter) En disant cette dernière phrase, les numéros impairs se redressent sur les genoux, les bras pendant, se regardent l'un l'autre, la tête inclinée, puis ils reprennent la position horizontale, tandis que les numéros pairs se relèvent et agissent de même.

B. — Vie matérielle.

a) Soins donnés au corps et exercices corporels.

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Mais bientôt la confusion se met parmi les joueurs, ils se relèvent à contretemps ou restent quand ils devraient se sourire entre-eux ; au milieu de la joie générale on recommence, parfois avec une variante.-

Okié! nsasè. Tabiè biti, talumbani Ohiè ! petite crevette, venons,

comme cela, nous nous embrasserons.

Ehié ! nsasè. Tabiè biti, talumbani

Hè obiè Hè viens

Mè obiè, etc. Hè viens, etc.

Quelquefois aussi on danse en rond. Ce n'est pas sans une certaine émotion intellectuelle que l'Européen voit reproduire devant lui en pleine forêt équatoriale les rondes qu'il a dansées lui aussi, dans sa jeunesse, notamment la vieille ronde du Loup.

Mais ici, le loup est devenu léopard et la brebis chevreau.

EJcopi bwa nanu, Le léopard gronde par ici,

Bwa na Lubi! Il gronde du côté du Rubi !

Lipedengu ! Lipedengu !

Le " chevreau „ est entouré par la chaine protectrice des danseurs tandis que le " léopard „ les mains jointes, sautant des deux pieds à la fois, cherche à profiter d'une inattention pour se glisser dans le cercle où il se saisit de sa proie.

Mais à mesure que se prolongent les jeux, des jeunes filles, des adolescents s'y mêlent, tandis que les plus petits, fatigués, se retirent. Aux rondes enfantines se substituera peu à peu le rythme des danses, qui attirent bientôt tous les adultes du village.

Au coucher du soleil les adolescents et les hommes se réunissent quelquefois pour jouer à la balle de caoutchouc. L'un d'eux saisit la

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balle et tout en courant la fait rebondir à terre, poursuivi par les autres. Ceux-ci ne peuvent attraper la balle qu'au vol, sans jamais saisir le joueur. Si celui-ci se sent serré de trop près, il tâche de passer la balle, toujours en la faisant rebondir, à un camarade qu'il choisit à l'instant parmi les poursuivants. Le jeu est des plus animés, un battement de main de tous les joueurs annonçant chaque fois que la balle touche la terre; il donne lieu à des passes, à des feintes d'une souplesse, d'une rapidité et d'une sûreté étonnantes, à faire pâlir d'envie le meilleur joueur de " rugby „.

Mais comme ce jeu est des plus fatigant, il fait place rapidement à des occupations plus calmes. Tantôt on se divise en deux clans pour jouer au pukpu, petit toton de bois. Chaque partie forme son village composé de mapindu, tronçons de pétioles de bananiers, disposés en quinconce. Les deux villages sont distancés d'une dizaine de mètres ; un des camps commence l'attaque. Le joueur saisit le pukpu entre le pouce et l'index et le lance d'un coup de poignet de façon à ce qu'il tombe devant la ligne ennemie dans laquelle il pénètre en tournant sur la pointe et où il renverse les mapindu de l'adversaire. Celui-ci jette à son tour le toton. La partie dont tous les " hommes „ ont été renversés est considérée comme battue et prend " la fuite „.

Parfois aussi on trace une ligne de part et d'autre de laquelle se placent les joueurs. L'un d'eux lance à terre un morceau de bois recourbé et très élastique, le ligbwa. Quand celui-ci rebondit, on tâche de l'attraper au vol à l'aide d'une liane munie d'un nœud coulant. Le camp auquel appartient un joueur heureux marque à terre un triangle ayant comme base la ligne de séparation. C'est le nombre de ces triangles qui désigne les vainqueurs.

de Galonné, Monv. Soc. Int. X, (1909), 376-379.

(Congo.)

B. — Vie matérielle.

b) Alimentation.

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