Façon de se procurer du feu
Le feu se procure en frottant fortement et rapidement entre les mains un bâtonnet dont la partie inférieure pivote dans un petit trou d'un bois très tendre. Le bois de la baguette n'est pas le même que celui employé pour servir de base au pivot. Une fois obtenu, le feu se conserve à l'abri de la pluie.
TlLKENS.
Vers la fin de l'étape, la pluie s'était remise à tomber, de sorte que nous arrivions tout mouillés à un emplacement un peu dégarni d'arbres où nous dressons notre tente.
Notre premier soin est de nous occuper du feu. En pleine forêt, ce n'est pas toujours aussi facile qu'on pourrait se l'imaginer d'autant plus que le bois est mouillé ainsi que nos allumettes.
Les indigènes nous tirèrent d'embarras.
Voici du reste comme ils s'y prennent habituellement. .
Ils sont possesseurs de deux morceaux de bois rond d'un bon centimètre de diamètre. Ce bois d'une essence spéciale doit être très sec. Un des noirs maintient un des morceaux horizontalement par terre pendant que d'autres à tour de rôle font tourner successivement dans leurs mains le second morceau autour de son grand axe. Ce dernier morceau est taillé en pointe et pénètre dans le premier. C'est précisément cette pointe qui par la rotation produit de la poussière de bois qui s'enflamme. Ce premier résultat ne nous sauverait pas encore; mais cela suffit aux indigènes qui trouvent partout des matières promptement inflammables et qui vous font un bon feu en moins d'un quart d'heure.
Nys, Chez les Abarambo. Anvers (1896), 51.
Abàbua. Congo. B, 21.
Le feu se produit par giration, mais aussi par le choc d'une pierre contre les bracelets en fer des femmes.
Quoique de temps immémorial l'Ababua sache créer la flamme, il en est encore toujours, pratiquement, à l'ère de transport du feu. Lorsque les tisons s'éteignent, deux baguettes sèches d'amuïa (genre albizia)lui donnent par giration quelques étincelles suffisantes pour allumer un coin de son pagne d'étui, étoffe faite d'écorce et qui brûle comme de l'amadou.
de Galonné, Mouv. Soc. Int., X (1909), 327
ABÂBUA
(Congo.)
B. — Vie matérielle.
b) Alimentation.