Préparation culinaire
Les aliments se mangent cuits; la viande fraîche et avancée. Ils enfouissent des os de bêtes, puis les pétrissent et les mélangent avec des feuilles de manioc; ils font ainsi un plat très recherché.
TlLKENS.
La viande fraiche ou avancée et le poisson sont boucanés.
Périn.
La viande est toujours fortement bouillie ou fumée. Ils éprouvent un certain dégoût pour les viandes rouges telles qu'on les sert sur les tables des Européens. Le poisson est en général fumé. Ils mangent le plus souvent viande et poisson en les trempant dans une sauce à base d'huile de palme et de poivre (pilipili). Les aliments végétaux sont mangés en farine réduite en pâte ou en bouillie, préparés avec de l'huile de palme. Lorsqu'ils ont du maïs frais, ils en mangent beaucoup le grain en faisant simplement bouillir ou griller les épis. Les feuilles de manioc réduites en bouillie jouent en général un grand rôle dans leur cuisine. La cuisine est beaucoup plus primitive que celle des Mangbetu, des Asandé, etc.
de Renette.
La chicouangue (l) est fabriqué avec la racine du manioc qu'on prépare comme suit : après avoir laissé tremper la racine de façon à
(*) Je vis un jour une femme occupée à préparer cette nourriture. A force de signes et de phrases sans fin, je parvins à comprendre son mode de préparation.
Le gosso, ou manioc, peut être coupé sans perte après 13 mois de croissance Il a atteint sa grandeur naturelle, mais grossit encore jusqu'au 36e mois. Après un
Âbabua. Congo. B, 22.
en éliminer tous les produits vénéneux, on la pétrit et on la laisse sécher après lui avoir donné la forme voulue, qui varie suivant les régions et l'avoir entourée de feuilles de bananiers.
Nts, Chez les Abarambos. Anvers (1896), 46.
La base de l'ordinaire est la banane, bouillie ou rôtie, goûtant la châtaigne tiède, parfois aussi préparée en un gâteau, limbinga, d'un jaune appétissant. Lorsqu'elle est pilée au mortier, la pâte en est enroulée autour de l'extrémité du pilon. La ménagère habile, maintenant le pilon entre ses genoux, y découpe de minces tranches à l'aide d'un herbe fine; elle les dispose pour être servies sur une feuille de bananier.
Le manioc jeune se mange bouilli ; lorsqu'il devient vieux on le nettoie, le fait rouir quelques jours dans la rivière, puis sécher et blanchir au soleil ; à ce moment, cuit à l'eau il donnera une chikwangue poisseuse, de goût fort.
Du maïs on, tire également une farine dite kanzipwété. Puis ce sont des étuvades de feuilles de courges (boda) ou bien encore le pundu, fait de jeunes feuilles de manioc bouillies avec du maïs, et qui a une saveur grasse et légèrement amère. La viande est parfois boucanée, souvent aussi servie en étuvades, ou cuite à l'huile de palme relevée de piment rouge, telle la succulente moambe.
Le poisson est souvent famé ou bouilli dans l'huile de graines de courge. Enfin, la forêt est abondante en petits plats de choix, larves blanches et grasses de coléoptères (dynastes) ou petites chenilles noires et jaunes, à poils blancs et à pattes rouges dites bwangbwa. Certains serpents sont bons comme le poisson. On cueille aussi les champignons des souches, bruns et parfumés comme des morilles. Et que dire des termites délicieux, goûtant la noisette fraîche et qu'on recueille à pleins paniers les soirs de premières pluies !
Ce sera le triomphe de la cuisinière de varier journellement les menus par d'adroits compromis entre les farineux, les huiles, les légumes et les épices, ou par quelque entremet imprévu.
Si elle a de plus, quelque élégance, le goût du travail et une pointe d'esprit naturel elle est en passe de devenir favorite. de Galonnb, Mouv. Soc. Int., X (1909), 324-325.
bain de cinq jours, on le râpe avec un couteau fortement dentelé. Cette femme m'en montra un d'une longueur de 60 centimètres. Cette opération finie, on obtient un potopoto, leur plat favori. Si toutefois ils veulent faire leurs provisions, du potopoto ils forment des petits pains allongés. Ils les passent légèrementau feu, les roulent dans des feuilles fraiches de banane, les entourent d'une espèce de corde, une plante rampaDte. Voilà leur cbikwangue toute préparée. Hoof (Mgr Van), Mouv. Antiesclav., XIV (1902), 136.
ABABUA
(Congo.)
B. — Vie matérielle.
b) Alimentation.