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Boissons

L'Ababua fabrique une bière de maïs et de bananes.

TlLKENS.

La boisson habituelle est l'eau ; on ne connaît pas d'infusion de plantes ; la bière est un luxe.

La bière de maïs est fabriquée de la façon suivante : le maïs est mis dans l'eau pendant deux ou trois jours pour le faire macérer, puis il est écrasé dans un mortier, versé dans une grande cuve et soumis à la chaleur du feu. En remuant le tout avec un bois, on obtient une pâte, à laquelle on ajoute de l'eau et le tout est versé dans une cuve pour la fermentation. Cette bière n'est pas très alcoolisée.

La bière de banane se fabrique en prenant des bananes bien mûres que l'on place dans une marmite sur le feu avec de l'eau. Elles doivent bouillir très fort pendant toute une journée. Le lendemain on peut boire cette boisson qui n'est pas très alcoolisée, mais cependant enivre.

L'Ababua ne fabrique pas de bière d'éleusine qui est fortement alcoolisée.

Ce sont les femmes qui fabriquent ces bières au fur et à mesure des besoins.

TlSAMBI.

La bière de maïs et celle des bananes se boivent surtout à chaque palabre ou en signe de réjouissance.

Périn.

Le matin, dans un immense pot de terre, un esclave met un peu d'eau fraîche et y fait macérer des rondelles de bananes mures. Vers midi le mélange commence à fermenter, le cuisinier le brasse à l'aide de sa grande epapwa de bois sculpté, puis ferme le vase pour le tenir au frais, à l'aide de grandes feuilles de bananier. Il s'en dégage un parfum capiteux. Bientôt le breuvage prend une amusante saveur aigrelette, rappelant le jeune cidre. Il n'y a plus qu'à y couper quelques tranches de raifort.

de Calqnne, Mouv. Soc. Int., X (1909), 371.

Les immenses pots à bière contiennent jusqu'à 50 litres. de Calonne, Mouv. Soc. Int., X (1909), 329.

ABABUA

(Congo,)

B. — Vie matérielle.

b) Alimentation.

2 8 . Anthropophagie .

L'anthropophagie se pratique sur un grand pied : les prisonniers de guerre seulement, hommes et femmes, sont mangés. La chair est dépecée et mangée ; les os sont bouillis pour en retirer la moelle ; le crâne en signe de victoire est planté sur un piquet. Tout indigène qui chercherait à s'établir chez eux serait tué ou mangé.

TlLKENS.

Les indigènes sont cannibales comme tous les peuples de l'Uelé.

Verstraeten, Belg. Colon., II (1896), 518.

L'Ababua mange aussi l'homme.

Védy, Bull. Soc. R. B. Gêogr., XXVIH (1904), 197.

Autrefois les Ababua ne mangeaient pas l'homme ; ils ont appris cette coutume des Asandé et alors ils ont mangé des Asandé. (Ce fait lui a été raconté par son père.)

TlSAMBI.

L'Ababua est essentiellement anthropophage et il lui faut toute la crainte que lui inspire la loi pour l'empêcher de se livrer à cette coutume.

de Renette.

Cf. Brumpt, Gêogr. Paris, IX (1904), 440. — Congo III., II (1893), 162.

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