Parures à même le corps, coloriage
Les Ababua se servent de fards ou plutôt d'enduits de couleurs : rouge, noir et blanc. Ils s'en parent lorsqu'ils veulent faire de la toilette tout comme si nous revêtions de beaux effets. L'enduit rouge se frotte sur tout le corps et principalement lorsque les hommes partent en guerre. Les jeunes filles se rougissent le corps pour plaire. Lorsqu'il s'agit de l'enduit blanc ou noir, ils le disposent sur le dos, les jambes, les bras et la figure, d'une façon très régulière en lignes ou en points. L'enduit rouge (N'gaa) s'obtient en frottant deux morceaux de bois précieux l'un contre l'autre et en y ajoutant de l'eau. L'enduit noir (Libussa) s'obtient en pilant des braises d'un bois léger et en y ajoutant de l'eau. L'enduit blanc (Pembè) n'est autre qu'une terre blanche que les indigènes trouvent en creusant un trou de 60 à 80 centimètres de profondeur dans un terrain marécageux. Les Européens s'en servent pour blanchir leurs constructions en briques.
TlUCENS.
La couleur noire obtenue par pulvérisation de braises s'appelle Mbiti ; Libussa est un fruit que l'on presse et qui donne un jus noir ; Pembê se dit de tout ce qui est blanc.
TlSAMBI.
Le rouge ou Gula, mélangé à de l'huile, donne une couleur qui trouve aussi son emploi dans le coloriage. Le blanc
Ababua. Congo. B, 31.
sert en temps de guerre à se faire la tête la plus monstrueuse de façon à intimider et à effrayer les ennemis. En 1901, lors de la révolte des Ababua, ceux-ci se teignaient complètement en blanc avec des stries noires.
Périn.
Ils se peignent quelquefois et suivant les circonstances et les caprices, en rouge, en noir ou en blanc, telle ou telle partie du corps qu'ils couvrent alors de lignes ou de dessins plus ou moins prononcés.
de Renette.
Dans les fêtes ou au combat, l'Ababua est enduit des pieds à la tête d'une belle couleur carminée, fabriquée à l'aide de l'écorce de l'arbre ngula ou ngâ.
Le blanc ou pembê employé dans quelques danses et à la guerre est produit à l'aide d'une argile plastique très pure.
Enfin on extrait d'un fruit une teinture noire, dite libussa. Très usitée par les femmes comme appoint aux marques cicatricielles dont elle suit quelquefois les lignes, cette peinture est étendue le plus souvent au gré de la fantaisie de la coquette. Ce sont des traits s'entrecroisant en tous sens, des marbrures dessinées du bout des doigts; parfois aussi une partie du visage est complètement noircie ; bref, une telle variabilité préside à la confection de ces motifs ornementaux qu'il serait impossible d'en tenter une classification.
de Galonné, Mouv. Soc. Int., X (1909), 314.
Outre ces tatouages, ils se teignent sur tout le corps des dessins noirs, avec le suc du fruit d'une liane Blippo, qu'en langage indigène on appelle Lebussa. Sur les rives de YAruwimi les gens ont plutôt l'habitude de se mettre sur le corps une poudre rouge faite avec du bois de teinture dépouillé de son aubier. Cet arbre s'appelle Gula. Il sert aussi à faire des gong.
Nahan (Lt.), Belg. Colon., IV (1898), 559.
ABABUA
(Congo.)
B. — Vie matérielle.
c) Vêtements.