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Objets suspendus au corps

L'oreille sert à attacher divers objets; on enlève le fond du cornet de l'oreille et on y place une pièce de bois arrondie, qui peut aller parfois jusqu'à atteindre cinq centimètres de diamètre; chez certains individus, c'est une rondelle d'ivoire ou un morceau de bois recouvert de zinc. La partie extérieure de l'oreille est percée de trous servant à y placer soit des cordes noircies et de petits anneaux de cuivre. Les poils d'éléphant sont toujours bien portés et de mode.

TlLKENS.

Les individus des deux sexes se percent les lobes des oreilles et y introduisent des morceaux d'ivoire ou de bois de forme cylindrique, ayant environ deux centimètres de diamètre et 1 centimètre d'épaisseur ; ceux-ci sont parfois remplacés par des anneaux en cuivre ou en fer ayant les màims dim3nsion3 et s'adaptant de la même façon

Nahan (Lt), Bel. Colon., IV (1898), 5586.

En général, les Ababua se percent la partie cartilagineuse du pavillon de l'oreille comprise entre l'hélix et l'anthélix et y fixent des objets divers, morceaux de bois, de fer, capsules, perles, etc. Quelques-uns se trouent largement les lobes des oreilles qui pendent alors en véritables breloques.

Verstraeten.

Cf. Verstraeten, Belg. Colon., II (1896), 518, et III (1897), 91.

Les oreilles sont percées au centre du pavillon et cette ouverture élargie démesurément, est le plus souvent occupée par une rondelle de bois noir ou rouge d'un diamètre pouvant atteindre jusque 5 centimètres.

Védy, Bull. Soc. R. B. Gêogr., XXVIII (1904), 194.

Ababua. Congo. B, 33.

Les bijoux se portent. Ils comprennent bracelets ou plutôt jambières qu.'ils fabriquent avec de fines lames de fer qu'ils enroulent autour d'une pièce de bois pour lui donner la forme. Les femmes seules les portent. Les hommes ne portent pas de bracelets, si ce n'est un très petit à la naissance du pied.

TlLKENS.

La photographie d'une femme Ababua (collection de l'État) signale comme objets suspendus au corps un collier et autour des reins une ceinture formée de perles enfilées par un lien.

Très fréquemment les plus jeunes femmes ne portent absolument aucun vêtement et n'ont pour tout ornement qu'une ceinture double ou triple formée de petits anneaux de fer enfilés sur une mince cordelette.

Védy, Bull. Soc. R. B. Géogr., XXVIII (1904), 195.

Les colliers de dents humaines se rencontrent exclusivement chez les cannibales. Les Akula, les Ababua, prisent fort cette horrible parure. Chez eux, seuls les guerriers peuvent porter cet atroce tour de cou. Les femmes ne peuvent prétendre à ce révoltant privilège. Ces dents proviennent des victimes du guerrier anthropophage, soit qu'il se les soit procurées en tuant un homme dans un combat, soit qu'il les ait arrachées à un esclave-viande de boucherie acheté à une de ces tribus qui font métier de vendre du bétail humain.

Congo illustré, II (1893), 162.

Les déformations du pavillon de l'oreille sont une coutume empruntée aux Bakela. Les petits trous dans le bord extérieur de l'oreille ont toujours été faits chez les Ababua.

TlSAMBI.

J'ai vu souvent des colliers de dents de chiens, mais jamais un collier de dents humaines. Peut-être que l'indigène cache ces trophées.

Je n'ai jamais vu porter des colliers de dents humaines, mais souvent des colliers de dents de chiens ou de fauves divers.

de Renette.

ABABUA

(Congo.) B. — Vie matérielle.

c) Vêtements.

33 {suite).

Quand on rencontre un groupe d'Ababua, ce qui frappe au premier abord dans leur aspect physique, c'est la position des oreilles; elles s'écartent presque perpendiculairement de la tête; elles sont soutenues dans cette position par un anneau de fer inséré dans une ouverture intéressant tout le centre du pavillon de l'oreille.

Cette ouverture appelée bavongobo, d'abord très étroite, est élargie peu à peu ; on y place un disque de bois noir (wandé) ou de bois rouge (ngâ ou ngula) pouvant atteindre jusqu'à cinq centimètres de diamètre. Hommes et femmes subissent cette déformation.

Le peu qui reste de l'oreille est encore chargé d'autres ornements. Une série de petits trous transperçant l'ourlet extérieur de l'oreille est dénommée bagondé. — Les hommes y introduisent généralement des crins d'éléphants ou une herbe noire (Bakasso) qui y ressemble et qu'ils tressent en une chaînette soutenant tout le rebord de l'oreille. Chez les femmes, le plus souvent chaque crin reste isolé, retenu vers l'intérieur par un nœud et portant vers l'extérieur une perle ou un petit morceau de bois.

On y introduit parfois aussi une série de petits anneaux de laiton.

Le lobe inférieur est souvent orné d'une ouverture, le badengbé, dans lequel on place un morceau de bois de quelques millimètres de diamètre.

Les bagondé se trouvent généralement chez tous les Ababua, et chez les populations environnantes.

Le badengbé qu'on retrouve chez les Makéré et Maélé, se transforme chez les . Mabinza ; ils y placent une botoque de bois de 1 centimètre de diamètre sur 4 à 5 centimètres de long ; chez les Mobwandi il s'élargit et l'on y place un énorme disque de bois, le pélélé; lorsqu'on retire celui-ci, le lobe de l'oreille distendu, retombe vers les épaules.

Le bavongobo inconnu des Mabinza, Mobwandi et Mobengé est pratiqué par tous les Ababua, mais surtout ceux du groupe oriental, et déborde également, quoique sans introduction du disque d'oreille,

Ababua. Congo. B, 33.

chez les Abarambo et Mangbétu; le disque semble donc être caractéristique du groupe ethnique qui nous occupe.

Pour être réellement jolie, une Ababua doit encore compléter la liste des déformations déjà citées, par quelques petites perforations secondaires, perforation du septum ou sosongo, perforation de la lèvre supérieure ou lingodu. Elle empruntera à d'autres populations la perforation des ailes du nez. Chacun de ces logements, sera muni d'un petit bâtonnet de bois clair. Cependant, dans ces derniers temps les bouts d'allumettes rouges et les boutons de culotte étaient assez bien portés.

de Galonné, Mouv. Soc. Int., X (1909), 306-307.

Une espèce de jonc très souple, le ngoï, coupé au couteau dans le sens de la longueur et formé en une tresse à trois ou quatre brins donnera des cordelettes plus durables, servant surtout à suspendre des ornements ou à former des bracelets. Les amulettes sont attachées à des lanières de peau de bête arrondies au couteau et qu'on entoure parfois comme ornement d'une étroite et mince bande de cuivre ou de fer enroulée en spirale, mbâ obalingi.

de Calonne, Mouv. Soc. Int., X (1909), 329.

Les dames portent généralement dans la chevelure des épingles, faites en cuivre indigène, en fer, et dans ces dernières années en laiton. Leur extrémité affecte le plus souvent la forme d'une feuille lancéolée et légèrement recourbée. Lorsqu'elles sont en fer le bord en est aminci et aiguisé, ce qui en fait d'excellents outils pour la toilette des ongles. Quelquefois elles se fixent dans les cheveux par deux pointes parallèles, réunies par des épanouissements de métal travaillés en un dessin d'une grande souplesse.

Les poignets et les chevilles supportent de très nombreux ornements. Tantôt ce sont de gros bracelets de cuivre et de fer (likôpi et nzango), généralement ornés de losanges obtenus par refoulement du métal environnant. Parfois aussi une longue baguette de métal enroulée autour des attaches, formant des spirales s'évasant en entonnoir (bat M); leur poids est si considérable que la chair du coup de pied en est meurtrie et qu'on est obligé de la protéger des blessures à l'aide d'un petit bourrelet d'étoffe.

Il faut y joindre les perles et les -cauris introduits récemment et qui ont presque remplacé les banséé, petits cercles de fer de 4 à 5 millimètres de diamètre sur 2 millimètres d'épaisseur, qu'on enfilait sur une cordelette de peau de bête ; une dizaine de ces guirlandes réunies parallèlement formaient une solide ceinture.

ABABUA

(Congo.) B. — Vie matérielle.

c) Vêtements 33 {suite).

Enfin, au cou, aux poignets, en écharpe, l'Ababua porte de nombreuses amulettes attachées à des cordelettes de lianes ou de cuir, parfois aussi à une chaînette (nonolia) de fer, à petits maillons de 3 à 4 millimètres de diamètre et qui possède en dehors de son élégance, la propriété magique, mais bénigne, de se briser quand son propriétaire a faim.

Si nous y joignons la large ceinture de peau de bêtes, souvent ornée de dépouilles de chats sauvages et de genettes, qui soutient le pagne des hommes et la cordelette à laquelle se pend le carré d'écorce couvrant la pudeur des femmes nubiles, nous avons un aperçu presque complet de l'ornement et du luxe Ababua.

A Ibembo. — Olive en bois dont l'une des extrémités est creusée; l'autre extrémité est traversée d'une lanière de suspension en cuir. Se porte au cou.

Dimension de l'olive : longueur, 5.5 centimètres; diamètre au milieu, 2.5 centimètres. (Voir Iconographie, pi. XXIII, 365.)

de Haulleville et Goart, Ami. Musée Congo, Ethn. et Anthr., S. III, 1. 1, fasc. 2 (1906), 225.

Enfilade de perles rectangulaires en bois traversées, transversalement, par une lanière en cuir ; des olives en cuivre indigène enfilées longitudinalement séparent les perles de bois en trois groupes. Se porte au cou.

Amulette de guerre, préservant des couteaux et des lances. Dimensions (tour du collier) : 36 centim. (Voir Iconographie, pi, XXIV, 389.)

de Haulleville et Coart, Ann. Musée Congo, Ethn. et, Anthr., S. III, 1. 1, fasc. 2 (1906), 229.

Le jeune Ababua, encore aux bras de sa mère, a très souvent au cou et aux poignets une médecine faite d'une corne de l'antilope, d'une dent de sanglier ou d'un bracelet de crin d'éléphant. Il porte généralement soit un collier, soit un bracelet en peau de vapran, parfois aussi une griffe enfilée sur une cordelette.

de Galonné, Mouv. Soc. Int., X (1909), 386.

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Enfilade constituée par une corne de jeune buffle, une corne de chèvre, une articulation de griffe de lion, un fragment d'os creux formant sifflet, deux petits bâtonnets cylindriques et dix bâtonnets fusiformes plus grands; l'extrémité inférieure des bâtonnets est creusée et évidée assez profondément pour qu'en l'appliquant aux lèvres, on puisse en tirer des sons. Fétiche de guerre des Monganzulu; se porte en collier. On peut supposer que les bâtonnets évidés sont utilisés comme sifflets de la même façon et dans le même but que le type figuré planche XXIII sous le n° 378. Mais aucun renseignement positif n'accompagne l'objet. Tour du collier: 80 centimètres; longueur des breloques 5 à 10.5 centimètres. (Voir Iconographie, pi. XXIV, 385.)

de Haulleville et Goart, Ann. Musée Congo, Ethn. et Anthr., S. III, t. I, fasc. 2 (1906), 228.

ABABT7A

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B. — Vie matérielle.

c) Vêtements.

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