Vêtements proprement dits. — Matière
L'indigène ne connaît pas la fine aiguille, mais il se sert d'une espèce de clou effilé et percé d'un trou à la tête, avec lequel il assemble les étoffes avec des points d'un centimètre de longueur. Le fil est de nature végétale (fibres). Ce sont les hommes qui assemblent les étoffes. Ces étoffes sont d'écorce battue.
TlLKENS.
Le vêtement est fait d'écorce battue ou de tissu végétal tressé.
Védy, Bull. S. B. B. géogr:, XXVIII (1904), 195.
Cette étoffe d'écorce appelée " roko „ est fournie par l'arbre à pagne ou faux figuier.
de Renette.
Le pagne fait de fibres de feuilles de bambous est assez rare. On porte plutôt un pagne ressemblant à du feutre et qui est fait d'écorce battue. Cinq ou six espèces d'arbres parmi lesquels un fruitier sauvage, l' Urostigma, appelé ici Etulu, donnent une écorce servant à faire des pagnes.
Nahan (Lt.) Belg. Colon., IV (1898), 5586.
Cette écorce s'obtient du nfaci, espèce de ficus qu'on trouve dans tous les sébé ou anciens emplacements de villages. C'est ce ficus, très vivace, que l'Ababua repique en effet pour créer les haies qui défendent les villages.
Ces haies aux larges feuilles sombres sont généralement envahies de bunabanza, variété de vers à soie dont les cocons beiges seront peut-être un jour utilisés par l'industrie européenne.
Ababua. Congo. B, 35.
Seule la jeune écorce est utilisable. Pour se la procurer, lorsqu'il a trouvé un tronc élancé d'un diamètre suffisant, l'Ababua le dépouille jusque près de la naissance des branches. La nouvelle écorce reparue quelques mois après, est enlevée avec délicatesse, puis étendue à terre où elle est fixée à ses contours par de petites chevilles de bois.
On la bat alors avec la pointe d'une escravelle attachée à un bâton, de façon à rompre les fibres trop dures, puis, pour la maintenir souple, l'étoffe est enduite plusieurs jours de suite d'huile de palme. Enfin, on la teint en noir à l'aide du fruit libussa ou en pourpre sombre à l'aide de ngula. Le rectangle ainsi obtenu mesure à peu près un mètre sur 0 m. 40. Pour éviter qu'il ne s'effrange, on le borde d'abord d'une ligne de surjets en fil de mpê sur lequel vient s'ajouter un ourlet au point de feston. Ces travaux sont faits par les hommes individuellement.
de Galonné, Mouv. Soc. Int., X (1909), 328.
A peine âgé d'une dizaine d'années, les garçons mettront leur premier pagne et porteront un couteau à la ceinture. de Galonné, Mouv. Soc. Int., X (1909), 376.