Agriculture
L'agriculture fournit aux indigènes les principaux moyens d'existence ; les plantes cultivées sont le manioc, la banane, le maïs, l'igname, patate douce, courge, pomme de terre aérienne, épinard indigène, canne à sucre, petite banane douce. Il y a aussi une plante nommée tïkoi dont ils extrayent le sel. Cette plante se cultive dans les marais et aux abords des huttes. Ajoutez à cela plusieurs plantes médicinales qui ne sont pas cultivées, mais conservées précieusement, ainsi lors d'un défrichement les plantes utiles ne sont pas détruites. La culture est alternante et commence à la fin de la saison sèche ; ils n'emploient pas de fumures, d'irrigation. Le travail agricole est fait chacun pour soi ; la femme s'en occupe surtout, l'homme n'intervenant que pour les gros ouvrages comme l'abatage des arbres. Les instruments aratoires sont le couteau, la hache et la houe. Les grands travaux des champs sont accomplis par les esclaves. Dans beaucoup de villages, on rencontre l'arbre dont ils font leurs étoffes en écorce battue ; cet arbre qui atteint 6 mètres de hauteur est d'une croissance rapide et ne demande aucun soin.
TlLKENS.
Chaque agglomération est entourée de bananeraies immenses ayant parfois plusieurs kilomètres carrés. Le maïs est assez répandu. Le manioc est au contraire plutôt négligé et les autres légumes tels que courges, patates douces, etc., ne sont en quelque sorte considérés que comme accessoires, la banane est le principal article de consom-
Abàbua. Congo. B, 51.
mation. Aux mois de février, mars et avril, c'est-à-dire vers la fin de la saison sèche, tout le monde s'occupe des plantations qui nécessitent un travail important et difficile : le défrichement. La forêt est abattue sur d'énormes surfaces. L'abatage des gros arbres est fait parles hommes; les femmes enlèvent la brousse et travaillent la terre à la houe. Les arbres restent à l'endroit où ils sont tombés, formant là une provision naturelle de bois à brûler et de matériaux de construction et c'est entre les troncs abattus qu'est semé le maïs ou que l'on plante les bananiers sous forme d'un pied comprenant le bulbe seulement.
Védy, Bull. Soc. B. B. géogr., XXVIII (1904), 197-198.
Les cultures sont de toute beauté. La banane constitue le fond de la nourriture. Les Ababua cultivent aussi le maïs, le manioc, l'igname et la patate douce, mais en petite quantité par rapport à la banane. La forêt de haute futaie qu'ils habitent contient des richesses tant au point de vue des produits résineux et des latex que des espèces arborescentes.
Bauw (De), Belg. Colon., II (1896), 64.
Les indigènes du bassin du Rubi cultivent le bananier, le manioc, le maïs, l'arachide et une sorte de cucurbitacée dont les graines sont oléagineuses.
Ceux du versant de l'Aruwimi ne cultivent que le manioc et le maïs.
Ils disent que leurs pères cultivaient les mêmes espèces que les gens du Rubi, mais que, fatigués d'être pillés par les Arabes, ils avaient abandonné toutes cultures. Cependant les Arabes ont aussi été dans le Rubi.
Le sol est généralement d'un rouge ferrugineux et à base argileuse; il n'y a pas de marais.
Nahan, Belg. Colon., IV (1898), 59a.
Vers 4 heures, nous sommes au poste d'Uguntra. Ce poste, qui dépend de la station de Djabir, est situé sur la rive nord de la Likati, près de son confluent avec un autre cours d'eau. En fait de plantations, il n'y a ici que des patates douces et du tabac.
Vandevliet, Congo El., III (1894), 116.
ABABUA
(Congo.)
B. — Vie matérielle.
e) Moyens d'existence, métiers, occupations.
51 (suite).
Quand un indigène a un travail à faire dans la forêt, il commence par préparer du malafou et de la nourriture, puis il invite les hommes du village et leur demande de défricher une partie de la forêt. Les vieillards et les femmes restent et boivent du malafou ; à la soirée, lorsque le travail est achevé, les travailleurs boivent et mangent. L'ensemencement et la plantation du manioc est le travail des femmes, et pendant ce temps, les hommes vont dans un autre village pour y boire et y danser ; au retour, les femmes se réjouissent en buvant et en dansant. Les fruits et la moisson sont la propriété exclusive de celui qui a fait faire le travail.
TlSAMBI.
Chez les Ababua, le père aidé de ses fils s'occupe principalement des défrichements. Les femmes et les jeunes filles ont pour principale besogne l'ensemencement et l'entretien des plantations. Pour les grands défrichements, le chef de famille se fait aider par tous les hommes de la famille en âge de travailler.
Hotereau, de Haulleville et Maes (x), Ami. Mus. Congo, Sér. III, t. I, fasc. VI (1909), 85.
0) Le chapitre IV des Annales du Musée du Congo, S. III, t. I, fasc. I (1909), s'occupe des tribus Magbwanda et Bokiba du groupe Babua. Les auteurs de ce chapitre n'étudient donc qu'une fraction restreinte de la peuplade qui fait l'objet de la présente monographie. Il est regrettable que ni leur texte ni leur carte n'indique la situation géographique de ces deux tribus, desquelles d'ailleurs les Bokiba seuls figurent sur la carte de de Galonné.
Ababua. Congo, B. 51.
Quant aux associations temporaires pour le travail agricole, les emo, signalés chez les populations du fleuve, on n'en trouve encore aucune trace chez l'Ababua.
de Calonne, Mouv. Soc. Int., X (1909), 337.
Outillage agricole, voir B. 47.
Vers mi-novembre, les plaies ont cessé brusquement (*) l'heure a sonné de reprendre les travaux agricoles.
Or, peu à peu, à chaque saison sèche, la parenté a été obligée de mettre de nouveaux terrains en exploitation, les anciens étant épuisés ; on a abattu jusqu'aux bandes de forêt qui séparaient de la parenté voisine. De toutes parts le village est entouré de mboê, la brousse stérile qui envahit les cultures abandonnées.
La proximité immédiate du village n'éloigne plus les éléphants des plantations. Malgré les sentinelles, en bandes dévastatrices, ils viennent chaque nuit. Au matin, l'Ababua solitaire laissé à la garde des récoltes, voit leurs larges foulées qui se dirigent vers la forêt; et partout, les troncs brisés des bananiers, le sol fouillé à coup de pointes, le manioc déterré, attestent leurs amusements et leur appétit.
Puis, autre antienne, voici que les femmes se sont plaintes lorsqu'elles ont récolté le maïs, pendantlespluies.Les plantations seraient devenues trop distantes. Leurs doléances se renouvellent chaque fois qu'elles reviennent chargées de leur régime de bananes : " Abwato ! Nàkwatopa mpési ! Gomme c'est long ! je mourrai en chemin „.
Aussi, lorque les hommes libres des parentés voisines se sont réunis pour discuter l'emplacement des nouvelles cultures, ces raisons les ont finalement déterminés ; ils ont décidé l'exode.
Ce n'est pas toujours l'appauvrissement du sol qui oblige l'Ababua à un inéluctable abandon de son village. Quelquefois aussi l'emplacement peut être malsain, la maladie exerce ses ravages. Il suffira même d'une série d'accidents; pour qu'il sente que " ce village ne l'aime pas „.
Mais quelle sagacité et quelle circonspection l'indigène devra déployer dans le choix du nouvel emplacement,
De celui-ci va dépendre en effet la prospérité du village pendant une durée de trois ou plusieurs années, suivant l'importance de la parenté et l'écartement que la densité de population permettra d'admettre entre les hameaux.
(x) La saison sèche débute vers le 15 novembre pour finir fin mars. D'avril à novembre, le climat est généralement humide et chaud, marqué de pluies, d'orages violents, avec recrudescence en mai et en octobre.
B. — Vie matérielle.
e) Moyens d'existence, métiers, occupations. 51 (suite).
Mais en démarches et en discussions le temps a passé. La troisième lune de la sécheresse vient de se lever et il faut que les semailles soient finies au début des jours de pluie.
C'est le moment où le proverbe Ababua dit " qu'il importe de ne plus échanger ses couteaux de travail contre des couteaux de parure.»
Un matin, tous les hommes valides de la parenté, depuis le chef jusqu'au dernier gamin, partent pour le nouvel emplacement, le libandu, couteau de travail dans la main droite, la main gauche maniant un long bâton en guise de picot. L'épais taillis tombe sous l'effort collectif. Le travail ne s'interrompera plus ; on couche à terre autour d'un feu de campement ; les femmes affairées arrivent journellement de l'ancien village, portant sur la tête de larges écuelles de nourriture.
Bientôt tout le sous-bois est débroussé ; il ne reste plus que les arbres impassibles. Au bord du liva ainsi obtenu, quelques hommes établissent des logements provisoires, petites cabanes à base rectangulaire, dont les parois sont faites de larges lames d'écorce et qu'on recouvre grossièrement de joncs et de branches feuillues. D'autres à la hache, commencent l'essartage. Un échafaudage grossier, fait de deux ou trois baliveaux liés, permet d'attaquer les troncs à trois ou quatre mètres au-dessus du sol, à un endroit où le fût est de moindre diamètre et le bois moins dur qu'à la souche. Beaucoup de vieux troncs sont creux et vermoulus ; on ne se donne pas la peine de les abattre à la main ; les fanes séchées sont entassées* à leur pied, le feu se communique bientôt à l'intérieur de l'immense cheminée.
C'est le moment de plus grande activité de l'année entière. Le soir le spectacle est féerique des immenses foyers d'herbes éclairant d'en bas la voûte noire des frondaisons, plus élevées encore depuis que le sous-bois a disparu, tandis que la fumée monte en colonnes bleues et que tout autour les fûts enflammés s'élèvent en piliers de feu. Parfois l'un d'eux s'écroule, dans un éblouissement d'étincelles.
C'est ainsi qu'en quelques semaines la sylve impénétrable fera place à une immense ngwé, prête à la culture, noircie encore de cendres et jonchée de troncs abattus, qui serviront de réserve de bois de chauffage.
Si l'absence de limites naturelles et la proximité de parentés voisines font craindre des discussions, le ngwé est encerclé d'abord d'une longue liane attachée à des piquets, qui feront bientôt place à une rangée de bananiers, destinée à servir de bornes.
Le travail agricole collectif des hommes est terminé.
Déjà depuis quelques jours des femmes sont arrivées au nouvel emplacement, apportant avec elles les ustensiles de cuisine. Le village n'est plus gardé que par quelques vieillards.
Bientôt des caravanes continues circulent : les femmes portant des hottées de jeunes pieds de bananiers ; les épis secs de maïs qu'on avait réservés pour les semailles sont descendus des arbres où on les avait pendus en grappes à l'abri des pillards, ou des petits greniers installés au-dessus des cuisines.
Chaque femme se choisit ou reçoit du chef de parenté la partie de la plantation qu'elle aura à cultiver. Quelquefois elles travaillent à plusieurs, mais ce n'est là qu'un fait fortuit, dépendant plutôt de raisons sentimentales et d'inclinaisons personnelles. Le travail agricole de la femme dans la parenté, a toujours un caractère individuel.
Le sol est creusé à l'aide de la petite houe (ngussa) et les bananiers mis en terre en lignes espacées d'environ 2m.50 pour autant que les troncs abattus le permettent. Aussitôt après, les femmes, entre ces rangées, font la semaille du maïs. Lorsque celui-ci aura été récolté on le remplacera par le manioc.
L'Ababua connaît six variétés différentes de bananiers. D'un choix judicieux entre les variétés hâtives ou tardives dépendra la régularité de la production. Ce sera là où se montreront les qualités de la bonne femme de ménage. Il y a d'abord la petite banane de Chine (bilâ) introduite par les Arabes, qui sera plutôt plantée aux abords du village et réservée comme friandise.
Il faudra comme pis aller quelques abèddè et akwétâ, variétés à régimes peu fournis, à fruits petits, le premier allongé, le second plus court, peu savoureuses, et peu farineuses, mais qui se distinguent par une grande précocité. On peut les cueillir alors que les autres sont à peine formés. Puis la mburu et la gudu à très gros fruits, beaucoup plus appréciés.
ABÀBUA
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Mais la meilleure sera la ngussè un peu tardive, mais portant des régimes si pesants, qu'on doit les étayer, savoureuse et qui coupée en rondelles, macérées dans l'eau, donnera, après fermentation, une bière excellente et acidulée.
La ngussè présente cet autre avantage d'être très vivace et de donner des rejets qui, l'année suivante produiront encore quelques régimes.
Un terrain quelconque donnera donc en moyenne une récolte de maïs la première saison des pluies, vers août-septembre, une récolte de bananes vers la fin de la saison des pluies, plus quelques régimes la seconde année, enfin une plantation de manioc qui succédera au maïs, commencera à être exploitée à la fin de la saison sèche (janvier) et durant toute la saison des pluies servira de réserve jusqu'au moment où le manioc deviendra amer et sera abandonné; à partir de ce moment le terrain est considéré comme épuisé.
Si donc à certains moments de l'année il y a abondance, notamment vers la fin de la saison des pluies, au moment où coïncident les trois récoltes, par contre l'Ababua passe annuellement des moments difficiles alors que la banane est presque épuisée et que le maïs n'est pas encore mûr.
Aussi n'a-t-il pas hésité, dans les régions où il a été en contact avec l'Asandé, a emprunter à celui-ci la coutume de faire une seconde culture vers juin-juillet, comportant surtout la banane et un peu de mais. Cette culture dite bakussa étant décalée de six mois sur la première, les moments de maximum de production des bananes viendront coïncider avec ces moments difficiles et rétablir l'équilibre économique de la parenté. Cette amélioration est adoptée parles Mondungwâlé, les Mobalia, quelques Balissi, quelques Bobwa Bulungwa. Les six variétés de bananiers, deux 'variétés de maïs, deux variétés de manioc, forment la base de l'alimentation.
Mais parallèlement, que d'autres produits végétaux sont utiles, sinon indispensables !
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Il faut d'abord se procurer le sel, apte à relever la saveur grasse des aliments. Pour cela, tous les hommes iront préparer le èsoa. A un coude du ruisseau, dans quelque anse d'accès facile, on choisit un terrain correspondant à peu près au niveau de l'étiage, on le débarrasse des souches et des herbes aquatiques. C'est là que les femmes vont aller semer ou repiquer le kwé, petite labiée aux fleurs bleues.
Lorsque la plante est devenue grande, on la coupe, la fait sécher puis après l'avoir empilée en meules qu'une couverture de branchages protège contre la pluie, on la brûle lentement. Les cendres sont placées sur une claie ou une natte servant de filtre, on verse de l'eau jusqu'à complet lavage; recueillie dans les pots, et soumise à ébullition, elle laisse un résidu salin, grisâtre et un peu amer.
Un autre ingrédient des plus utiles est le suï, graines d'une variété de courge qui écrasées et soumises à la chaleur donnent une huile très appréciée ; aussi y a-t-il toujours quelque coin de la plantation réserve aux courges. Dans l'espoir de leur voir produire des fruits abondants et des graines innombrables, la femme Ababua ne manquera pas de commettre les rites de multiplication ; elle cueillera les fruits du lio, arbre très productif et les jettera sur le champ, afin que la courge soit aussi productive que le lio.
Dans quelques régions on cultive aussi un peu d'arachides. Quelques plantes de tabac, des piments seront semés à la lisière du village. 11 est nécessaire également de songer à la pêche et de planter les espèces dont le feuillage ou la racine, écrasée et immergée empoisonnera les rivières : mpâli, légumineuse en buissons à grande grappes de fleurs blanches, quelquefois aussi un arbrisseau à fleurs jaunes. Quoique cela soit indigne d'un mâle, bon tout au plus pour les femmes, un Ababua se laissera quelquefois entraîner par sa gourmandise à commettre lui-même quelque menue plantation : ce seront des légumes qui lui auront plu dans un village voisin, ou qu'il aura trouvé en forêt, patate douce, pomme de terre aérienne, igname, le biti au feuillage acidulé ou le pâ, solanée dont le fruit vert donne un plat agréable, le ndio, le kulia dont le fruit jaune remplacera le maïs en temps de gêne, parfois aussi un bâkwè, espèce de potiron qu'on sèche pour en faire des caisses de résonnance pour les mandolines. Il mettra également en terre Yélanga, qui, cuit avec le sui, lui assurera la réussite dans ses transactions commerciales.
Dans la forêt voisine, il ira chercher quelque utile ingrédient. Dans la région du Nord ce sera surtout la noix palmiste, existant sur une
ABABUA
(Congo.)
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e) Moyens d'existence, métiers, occupations.
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bande de 2 à 3 kilomètres de largeur longeant la lisière Nord de la forêt, et dans les îles de l'Uelé.
Au moment de la maturité, les régimes sont coupés, les noix en sont détachées et mises au soleil. Quand leur enveloppe rouge commence à se ternir d'une buée de fines gouttelettes, les noix sont portées au pressoir. Celui-ci consiste en un sac d'étoffe tressée, dans lequel on introduit les pulpes et qu'on resserre peu à peu en en tordant l'ouverture à l'aide d'un bâton.
L'huile ainsi obtenue est brun orange, renferme de nombreux débris végétaux ; elle a une saveur forte.
Epurée par ébullition, elle devient jaune clair et perd en partie son odeur. C'est le Kambili, huile de toilette, indispensable pour conserver la peau souple et lustrée. Les élégants y écrasent quelques nkoï, petites racines bulbeuses dont l'odeur se rapproche de celle du patchouli.
de Galonné, Mouv. Soc. Int., X (1909), 316-323.
Abàbua. Congo. B, 51.
ABABUA
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B. — Vie matérielle.
e) Moyens d'existence, métiers, occupations. 52. Elève des bestiaux.
Gomme animal domestique l'Ababua n'a que le chien, dont il se sert pour la chasse. Ces chiens sont pour la plupart transparents de maigreur, manque de soins de la part de leur maître. Les chiens cherchent leur nourriture où ils peuvent et ils sont souvent voleurs. L'Ababua ne possède aucun autre animal domestique. La chèvre et la poule n'existent pas chez eux. Il y a quelques poules chez les grands chefs ; cet animal aurait été très répandu avant une guerre faite aux Matamatames (Arabes ?), disent les indigènes.
TlLKENS.
L'élevage de la poule est rare, celui des autres animaux est inconnu.
Védy, Bull. Soc. R. B. Géogr., XXVIII (1904), 273.
L'Ababua ne possède presqu'aucun autre animal domestique que le chien, la chèvre et la poule n'existant qu'en petite quantité.
L;élevage de la poule est actuellement répandu à peu près partout.
de Renette.
Ababua. Congo. B, 52.
ABABUA
(Congo.)
B. — Vie matérielle.
e) Moyens d'existence, métiers, occupations. 53. Tissage, couture, confection.
L'indigène ne connait pas la fine aiguille, mais il se sert d'une espèce de clou effilé et percé d'un trou à la tête, avec lequel il assemble les étoffes avec des points d'un centimètre de largeur. Ce sont les hommes qui assemblent les étoffes. Le fil est de nature végétale (fibres).
TlLKENS.
Quant au tissage des fibres végétales, il est moins pratiqué. Nous n'avons jamais vu aucun instrument spécial pour cette industrie. Les tissus obtenus sont très grossiers; ils ne servent généralement que comme ceinture; parfois, les mères de famille se servent d'une bande de tissu, large de 20 centimètres environ, dans le but d'y asseoir leurs jeunes enfants. Cette bande est passée en bandoulière et le nourisson est, en même temps, assis sur l'étoffe et à califourchon sur la hanche de sa mère.
Védt, Bull. Soc. R. B. Gêogr., XXVIII (1904), 273.
Les Ababua possèdent des aiguilles pour coudre les pièces de leurs pagnes.
Le fil de mpé provient des nervures d'une feuille de palmier séchées. A l'aide de ce fil, F Ababua fabrique une étoffe tissée, le lingamba. Une trame de fil est tendue entre deux pièces de bois dont l'une repose à terre, l'autre est solidement fixée entre deux arbres p. e. Le tisserand écarte la trame à l'aide d'un bâton epapwâ puis introduit le fil courant.
Chaque fois que l'un de ceux-ci a été placé, il est ramené vers le bas avec X epapwâ et battu. L'étoffe obtenue est grise, assez grossière
Ababua. Congo. B, 53.
et peu usitée; on en fait rarement des pagnes, plus souvent de larges bandes que les mères mettent en bandouillère pour porter les nourissons, enfin des liens pour pendre le bouclier sur l'épaule.
Pour éviter que l'écorce battue ne s'effrange, l'Ababua la borde d'abord d'un linge de surgets en fil de mpê sur lequel vient s'ajouter un ourlet au point de feston.
Tous ces travaux sont effectués par les hommes, individuellement.
de Calonne, Mouv. Soc. Int., X (1909), 328-329.
Etoffe d'écorce battue, préparation, etc., voir n° 34.
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