Poterie
La poterie ne présente aucun caractère artistique ; les vases sont cuits à l'air libre et fabriqués sans emploi de tour à potier.
La poterie est de terre et façonnée à la main. Les vases sont tous d'une forme à peu près identique, c'est-à-dire presque sphériques et à large ouverture. Aucun ornement n'intervient qui leur donne un cachet particulier.
Védy, Bull. Soc B. B. Géogr., XXVIII (1904), 274.
Les Ababua se servent d'une terre spéciale que les femmes vont chercher loin du village et qui ressemble à de la farine ; ils la pétrissent et les femmes donnent à la matière la forme voulue en en faisant d'abord une boule, puis en enlevant le centre, enfin en façonnant l'intérieur à l'aide d'instruments en bois. Le vase est mis ensuite au soleil jusqu'à ce que la terre soit séchée complètement.
TlSAMBI.
Tout Ababua sait se pétrir une tête de pipe et la cuire, ou bien encore quelque pot de minime dimension. Mais lorsqu'il s'agit de façonner les immenses pots à bière contenant jusqu'à 50 litres, il faut une habileté plus grande; on s'adresse alors à une des femmes de la parenté, plus experte; parfois même on l'empruntera au chef d'une parenté voisine. La potière s'appelle ntété ou nkâ mo ntété. Après avoir ébauché grossièrement au pouce le vase, elle le fait tourner lentement de la main gauche tandis que la main droite maintient un
Ababua. Congo, B, 55.
morceau de bois qui dégrossit la matière suivant les courbes désirées. Un fruit rond et poli comme un marron d'Inde sert à frotter l'intérieur pour le dresser. Il n'y a plus qu'à faire à la pointe du couteau quelques ornements très simples. Le vase peut être mis à sécher au soleil modéré. Pour le cuire, on le retourne et au-dessus de lui on forme une espèce de hutte faite de gros tisons flambants arcboutés. Quand il en sort, le pot est devenu noir, et peut être mis au feu avec précaution. La ntété joint généralement à sa spécialité l'art de la sparterie et fabrique des nattes ou des chapeaux de paille. La parenté parmi laquelle se trouve une bonne potière loue le travail de celle-ci aux voisins; une partie du paiement reviendra au mari de la potière, l'autre partie reste aux mains de celle-ci.
Chez les Mabinza, au contraire, il y aura échange, la potière restant travailler chez elle ; la curieuse location de travail citée plus haut n'a été notée par moi que deux fois, et je craindrais à l'heure actuelle d'affirmer que la coutume en est tout à fait généralisée.
La potière n'use d'aucun rite magique direct, mais depuis le moment où elle va chercher ses matières premières jusqu'à la fin de son travail, elle doit non seulement s'abstenir de toute relation sexuelle, mais même éviter à ses vases en voie de séchage tout contact mâle, sous peine de les voir se briser à bref délai.
Je me souviendrai longtemps des homériques imprécations que déversa sur moi une vieille mo ntété Bulongwa par ce que j'avais porté une main imprudente sur un de ses mbié.
Dans quelques endroits, il existe des hommes exerçant le même métier et qui eux aussi doivent éviter les relations de l'autre sexe au moment du travail.
de Galonnb, Mouv. Soc. Int., X (1909), 329-330.
Description d'un pot des environs d'ibembo, conservé au Musée de Tervueren :
Pot en terre grisâtre; virant au rouge dans les parties les mieux cuites; surface entièrement noircie. Col droit à peine marqué; panse étroite, côtelée; col orné de dessins en chevrons imprimés; fond aplati. Hauteur 7 centimètres; diamètre de la panse 8,5 centimètre; ouverture 7,5 centimètres. (Voir Iconographie, pi. XVIII n° 265).
Haullevillk (De) et Coart, Ann. Musée Congo, Ethn. et Anthr., 3e sér., II, fasc. 1 (1907), 185. ^
ABABUA
(Congo.)
B. — Vie matérielle.