Eunuques
Il n'y a pas d'eunuques, mais il y a des hommes qui ne peuvent pas avoir d'enfants par suite de causes naturelles. On ne châtre pas les hommes chez les Ababua, mais chez les Asandé cette opération se fait quelquefois.
TlSAMBI.
Ababua, Congo. C,
ABABUA
(Congo.)
G. — Vie familiale.
d) Famille. 87. Autorité.
Dans la famille, la parenté suit la ligne masculine, les enfants appartiennent au père et à la mère, qui ne peuvent les vendre, sauf les filles en cas de mariage.
TlLKENS.
La famille, base de l'organisation de la société Ababua, a un chef absolu, le père, dont les enfants sont des hommes libres. Toutes les femmes et les enfants féminins sont les esclaves de ce chef qui peut en disposer suivant son bon plaisir et même les tuer. Lors de la mort du père, le fils aîné devient propriétaire de ses sœurs et peut les vendre au mari qui lui convient, tout comme le père avait le droit de le faire.
Védy, Bull. Soc. R. B. Géogr., XXVIII (1904), 200.
Le père seul peut disposer des filles qu'il marie suivant son bon plaisir.
Périn.
Il appartient au père de famille de procurer à son fils sa première femme ou tout au moins les biens indispensables pour se marier. Il peut imposer un mari de son choix à ses filles, leur infliger, en cas de refus, des corrections, les priver de leur liberté en les séquestrant ou en leur mettant des entraves. Quelquefois même il n'hésite pas à recourir au seregbuet pour leur imposer sa volonté. (Le seregbuet est une entrave spéciale dont on se sert pour empêcher la fuite des prisonniers.)
D'ordinaire la jeune fille peut se choisir librement un époux, car le père n'use pas de ce droit à moins que sa fille ne s'obstine à mener une vie par trop irrégulière, qu'elle ne veuille s'attacher à aucun de ses amants, ou qu'elle refuse de se marier pour garder son entière
Ababua. Congo. C, 87.
liberté. Si, malgré toutes ses sévérités, le père ne parvient pas à triompher de la mauvaise volonté de sa fille, il la chasse.
On appelle dès lors cette dernière Balaka ou Pepe, mots signifiant plutôt idiote que prostituée.
Le père de famille a d'ailleurs droit de correction sur ses enfants et peut même les torturer.
Hutereau, de Haulleville et Maes, Ann. Musée Congo, Sér. III, 1. 1, fasc. 1 (1909), 86.
Le frère du mari et le frère de la mère ont le droit de correction sur les enfants, mais l'autorité du père est supérieure. Si la mère vient à mourir, le frère conserve son autorité. Si le père vient à mourir, l'autorité sur les enfants passe au frère du père et pas au frère de la mère. Le frère du père administre les biens de la famille. Si la mère, devenue veuve, le veut, elle peut devenir la femme de son beau-frère, mais ce n'est pas une obligation. Le grand-père et la grand'mère ont les mêmes droits sur leurs petitsenfants que sur leurs enfants.
TlSAMBI.
L'enfant appartient en principe au père. (Voir G. 84.)
de Galonné, Mouv. Soc. Int., X (1909), 340.
Les femmes sont considérées comme propriété mobilière. de Galonné, Mouv. Soc. Int., X (1909), 355.
ABABUA
(Congo) C, — Vie familiale.
d) Famille.