‹ Les AbabuaChapitre 82 sur 170 · Composition · texte numérisé non relu

Composition

Les degrés de parenté sont indiqués depuis le grand-père et la grand'mère jusqu'aux cousins par des termes spéciaux; la parenté est reconnue jusqu'aux cousins et cousines.

Le degré de parenté est le même pour les enfants d'un même père, du moins les Ababua n'ont-ils qu'un même terme pour désigner la relation de parenté existant entre les frères germains, consanguins, utérins et les cousins. Ils désignent pas les mots " enfants du père „ les consanguins et les cousins de la branche paternelle, et par les mots " enfants de la mère „, les germains, utérins et cousins de la branche maternelle.

L'importance dans la parenté : c'est la priorité de naissance, car c'est elle qui détermine les droits aux héritages.

Un Babua (le pluriel de Babua est Ababua) nomme :

Son père, un frère de son père : Aba.

Sa mère : Ama.

Son fils : mim-omgami.

Sa fille : mim-omgami nka.

Son frère germain utérin ou un cousin du côté maternel : mimama.

Sa sœur germaine utérine ou une cousine du côté maternel : mim ama nka.

Son frère consanguin ou un cousin du côté paternel : mimaba.

Sa sœur consanguine ou une cousine du côté paternel : mim aba nka.

Une sœur de son père, donc une tante : nina.

Un frère de sa mère, donc un oncle : nomi.

Une sœur de sa mère, donc une tante : tita.

Ses grands parents : tita.

Son beau-père, sa belle-mère, son gendre : moto meva.

Les temmes de son père ou d'un oncle, quelle que soit la branche à laquelle il appartienne : Ama.

Hutereau, de Hauixeville et Maes, Ann. Musée Congo, Sér. III, 1. 1, fasc. 1 (1909), 89-90.

Ababua. Congo. C, 88.

L'adoption existe et le fils adoptif a les mêmes droits que les autres enfants. L'enfant qui a perdu père et mère se nomme Kioéné.

TlLKENS

Les enfants d'un parent, d'un frère surtout, peuvent être adoptés, les étrangers pas. Les orphelins trouvent toujours des parents pour s'occuper d'eux.

TlSAMBI.

Deux Ababua peuvent acquérir, par l'échange du sang, un degré de parenté mutuelle équivalent au degré fraternel. Pour que ce pacte ait une réelle valeur, il faut obtenir de part et d'autre le consentement de la famille; car, par l'échange du sang, on n'engage pas seulement sa propre personne, mais encore ses proches.

L'échange du sang se fait surtout pour mettre fin aux hostilités entre familles, entre groupes de villages et même entre villages.

Voici comment on procède : En présence de leurs parents, les deux contractants sont placés l'un à côté de l'autre et se font faire, chacun par un de leurs amis, ou, à défaut, un de leurs parents, une petite coupure, au front, entre les sourcils.

Le sang est recueilli sur un peu de sel et l'échange se fait en absorbant ce mélange, ou en se léchant mutuellement la plaie saignante.

Un beau parleur de chaque famille énumère les obligations des frères de sang, en frappant l'une contre l'autre les lances des deux intéressés. Ceux-ci ensuite adjurent le sang de leur ami de les faire mourir s'ils manquent aux obligations contractées, qui sont basées sur l'amitié, l'alliance, l'aide et l'assistance mutuelle.

Le frère de sang épouse toujours, sans discuter, les querelles de son co-contractant. Il est tenu de payer la rançon de son frère prisonnier, de le secourir pécuniairement s'il fait appel à sa bourse, de le recueillir en cas de poursuite, de lui réserver une de ses femmes pendant le temps qu'il passera sous son toit (les Bokiba ne pratiquent pas cette coutume, mais ils offrent l'un à l'autre leurs sœurs ou leurs filles), d'examiner les causes de la mort du frère et éventuellement de le venger.

Hutereau, de Haulleville et Maes, Anii. Musée Congo, Sér. III, 1. 1, fasc. I (1909), 90-91.

ABABUA

(Congo.)

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