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Les derniers moments d'un moribond

La mort est toujours attribuée à Likundu ou mauvais œil. Lorsqu'un chef vient de mourir, tous ses esclaves sont mis à mort et mangés. Les femmes du chef sont toujours accusées d'avoir jeté un mauvais sort sur le décédé et le féticheur est appelé pour désigner la femme qui a jeté le Likundu. Les danses d'usage s'exécutent par le féticheur qui à la fin donne le Benget, racine de plante vénéneuse, à toutes les femmes du chef; celles qui tombent par suite de la douleur causée par le poison, sont mises à mort et mangées. On agit de même lors de la mort d'un homme libre, seulement le féticheur accuse un homme ou une femme du village qui est soumis à l'épreuve du poison ; si l'accusé tombe, il est coupable, tué et mangé ; s'il reste debout, il reçoit en dédommagement un esclave du féticheur. Les mêmes coutumes existent à l'occasion du décès d'une femme ou d'un enfant d'homme libre. Si un esclave meurt, il est simplement enterré, à moins que son maître ne lui porte une estime particulière et ne désire trouver le coupable ; dans ce cas, il a recours au féticheur qui le plus souvent accuse un esclave, mais quelquefois aussi un homme ou une femme libres et les accusés sont mis à mort. Les enfants d'esclaves sont enterrés sans avoir recours à ces pratiques spéciales.

TlLKENS.

La mort paraît naturelle chez le vieillard, mais chez lui seulement; chez l'individu jeune, elle est toujours attribuée à la malveillance, soit d'un autre homme, soit d'un esprit malfaisant, qu'on appelle

Ababua. Congo. C, 96.

couramment likundu, terme qui probablement n'est pas du dialecte ababua. Lorsqu'un homme libre est atteint d'une maladie grave» lorsqu'un chef surtout est mal portant, le malheur est considéré comme dû à la malveillance d'un individu quelconque que l'on accuse tantôt d'empoisonnement, tantôt d'avoir jeté un sort sur sa victime- C'est généralement le féticheur qui désigne le coupable et rassemble les preuves de la culpabilité. Les épreuves auxquelles sont soumis les accusés sont très diverses et consistent surtout en l'absorption d'un poison végétal. Si la mort suit cette absorption, c'est que les accusations étaient justifiées ; si l'accusé ne meurt pas, il est dès ce moment considéré comme innocent. Mais souvent les choses ne se passent pas aussi simplement : l'accusé est fréquemment mis à mort et ce n'est qu'après l'exécution que les preuves de la culpabilité sont recherchées. Pour cela on ouvre le ventre du défunt et l'on recherche Je likundu parmi ses entrailles. Le likundu dans ce cas est représenté par un corps arrondi, renfermant un liquide foncé et qui, sans aucun doute, est la vésicule biliaire. De tels sacrifices sont fréquents-

Védy, Bull. Soc. E. B. Géogr., XXVIII (1904), 267-268.

La mort est attribuée au mauvais œil : ilemba chez les Ababua.

Si cela n'a été fait avant le décès, on recherche les coupables à'Elimba, c'est-à-dire ceux qui par leurs sortilèges ont causé la mort du père de famille (s'il s'agit d'un enfant, d'une femme, d'un adolescent, on procède de même). Pour trouver ces coupables, les parents vont consulter des spécialistes du liendu.

Le liendu est identique au Nando des Mangbetu et des Medje, et la danse rituelle est exécutée indifféremment par un homme ou par une femme.

Quiconque a demandé une consultation de ce genre est responsable des erreurs que peut commettre le sorcier en divulguant les noms des coupables soi-disant entrevus dans ses visions.

Les accusés ainsi désignés doivent subir l'épreuve du benget, sinon ils sont déclarés d'office coupables et exécutés sans retard.

La résidence des indigènes convaincus d'être en possession de YElimba, indique pour le règlement des indemnités à payer, le lieu où la maladie a été contractée.

ABABUA

(Congo.)

G. — Vie familiale.

e) Mort.

96 (suite).

Le ventre de tout décédé est ouvert en vue de prouver à tous qu'il ne possède pas YEUmba, et éventuellement, que sa descendance ou son ascendance ne l'a pas non plus. L'estomac enlevé est enterré à part, près de la tombe.

Hutereau, de Haulleville et Maes, Ann. Musée Congo, Sér. III, 1. 1, fasc. 1 (1909), 91-92.

Lorsqu'un Ababua meurt, on commence par lui ouvrir le ventre, lui enlever les entrailles afin de rechercher si les dimensions de la vésicule biliaire n'indiquent pas qu'il a succombé à la suite d'un mauvais sort.

de Calonne, Mouv. Soc. Int., X (1909), 396.

Une surveillance active et des répressions judiciaires ont mis fin à ces coutumes (recherche de celui qui a jeté un sort et sa punition) dans la plus grande partie de la région, mais il est certain que les croyances existent encore.

de Renette.

Ababua. Congo. C, 96.

ABABUA

(Congo.) C. — Vie familiale.

e) Mort.

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