OBSERVATIONS
Observation 1
M. L., 42 ans, entre à l'Hôpital Cantonal de Genève, le 11 juillet 1929.
Anltécédents héréditaires. Père mort à 65 ans d’une affection cardiaque ; mère morte à l’âge de 50 ans d’une affection pulmonaire aiguë ; une sœur morte à l'âge de 17 ans d’une affection cardiaque ; une sœur morte en bas-àâge de ? ; deux frères en bonne santé.
Antécédents personnels. Le malade ne se rappelle pas avoir eu des maladies d'enfance. Il a toujours joui d’une excellente santé. Il a fait la guerre et a été blessé à la jambe droite, blessure qui à été suivie d’une arthrite suppurée, ayant eu une évolution de 14 mois et ayant nécessité une opération. Marié à l’âge de 24 ans, sa femme est en bonne santé. Pas d'enfant, pas de fausse-couche.
Affection actuelle. Le malade, en pleine santé, est pris, le 9 juillet d’un frisson violent et intense, le frisson solennel classique de la pneumonie. En même temps, le malade se plaint d'un point de côté, situé à la base du poumon gauche. Il a de profuses transpirations et la température monte à 40°8. Le 10, la toux apparaît, la température persiste, le 11, le malade entre à l'hôpital avec le diagnostic de pneumonie.
A l'entrée, on constate : Homme de 42 ans, en bon état de nutrition, cicatrice au genou droit. Le malade est cyanosé, il transpire, il est légèrement dyspnéique, il tousse un peu et expectore des crachats rouillés. La température est à 4024, le pouls à 125. Status pulmonaire : à l'inspection, rien de particulier, Matité de la moitié inférieure du poumon gauche. Les
vibrations y sont augmentées. Le murmure vésiculaire est couvert par une pluie de râles crépitants ; on n'entend pas de souffle. Système cardio-vasculaire : la pression artérielle est de 12-7 :/,. Le cœur ne montre rien de spécial. Système digestif : la langue est saburrale, l'appétit médiocre ;abdomen r. d. p. Les autres systèmes sont normaux. L’urée du sang est de 0.20.
Les jours suivants, la température oscille entre 38° et 39° 5. Le 19, le status pulmonaire change. On constate un nouveau foyer à la base droite. Le corps se couvre d’un érythème avec de nombreux sudamina. Dès le 24, la température devient nettement oscillante : 37° le matin et 39° le soir. Le 28, les phénomènes pulmonaires sont améliorés : on ne constate plus que quelques râles à la base gauche et de gros râles à la partie moyenne du poumon droit. Le malade est couvert de furoncles dans la région fessière. La dyspnée ct la cyanose ont disparu ; le malade tousse peu et ne crache pas. Le 4 août, les furoncles, devenus de très vilain aspect, se présentent mieux. Le 7, la température, toujours oscillante, monte à plus de 399 le soir. On fait une radiographie, malgré le mauvais état général du malade, et on constate : Assymétrie thoracique par rétraction de l’hémithorax gauche. (Voir cliché n° 1). Poumon gauche : Opacité diffuse de la base avec effacement du sinus costo-diaphragmatique et de la coupole diaphragmatique. Le reste du poumon est voilé jusqu’au sommet d’une facon discontinue : alternance de zones opaques avec des zones transparentes. Au milieu de l’opacité de la base, on distingue nettement deux petites images hydro-aériques qui tendent à confluer, mais sont encore séparées par une mince cloison verticale. Au dessous de cette formation hydroaérique, on constate deux petites collections gazeuses, dont une limitée, en bas, par un niveau liquidien peu net.
Poumon droit: rien de particulier.
Le 8, on tente par deux fois une ponction exploratrice, mais la ponction reste blanche. Le malade crache beaucoup:
Cliche no 1.
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gros crachats nummulaires, Un sang montre : globules rouges: 4.900.000 ; HB 70 °/;. Globules blancs 12.000. La formule leucocytaire : Polynucléaires neutro : 73; petits lympho : 16, grands lympho : 5, Monon.: 5, myéloblaste : 1.
Le 9, le malade fait une vomique : brusquement, il expectore une masse de crachats jaunes-verdâtres, collants. La température tombe à 37° pour ne plus remonter au-dessus de 37°3. Le malade se sent très soulagé, mange de bon appétit. La diurèse qui était de 1000 monte à 2000 et plus. Le 12, on fait une nouvelle radiographie {voir clichi n° 2), qui montre: à la base gauche, une image hydroaérique de 71}, cm. de diamètre, avec un niveau liquidien horizontal et dont l'ombre empiète en projection sur celle du cœur. A gauche de cette image, on voit un autre niveau liquidien de 2 cm. surmonté d'une colonne gazeuse de 4 1/, cm. de hauteur. Par ailleurs, pas de changement de l’aspect pulmonaire.
Le 19, sur une nouvelle radiographie (voir cliché n° 3), les images hydroaériques ont complètement disparu. L’opacité de la base gauche a notablement diminué. Il persiste cependant une grisaille sur toute l'étendue pulmonaire. La coupole diaphragmatique est élevée, festonnée dans sa partie médiane. Le malade expectore encore passablement.
Le 22 août, le malade se trouve parfaitement bien. Il ne crache plus. La température ne s’est pas élevée ; l’état général redevient excellent, Le sang ne contient plus que 9500 globules blancs, dont 66 °/, de polynucléaires.
Le 24, le malade quitte l'hôpital guéri.
Observation II
Mne D., 21 ans.
Antécédents héréditaires. Père et mère en bonne santé. Deux frères et une sœur bien portantes.
Antécédents personnels. Diphtérie à 5 ans. Toujours bonne santé. Mari b. p.; pas d'enfant, pas de fausse-couche.