LS
Affection actuelle. La malade accouche le 28 février 1926 d'une fille en bonne santé. Accouchement par le siège. Mauvaise contraction utérine, bruits du cœur fætal lents ; extraction manuelle. La délivrance se fait normalement; le corps utérin se contracte. Température 36° 6, pouls 82.
Le 2 mars, la malade est prise de violents frissons. Température 40°, pouls 140. Le 3, au matin, la température est tombée à 3607, mais pour remonter à 40° le soir. La langue est saburrale. Le fond utérin est à 4 travers de doigt audessous de l’ombilie (3m jour de couches), les fosses iliaques sont indolores. Jusqu'au 7 mars, la température oscille entre 362-389 le matin et 40°-41° le soir. Frissons fréquents. L'hémoculture est négative; les sécrétions vaginales montrent: des staphylocoques, colibacilles, micrococeus catharalis, cellules épithéliales desquamées, globules de pus en abondance.
Du 8 au 20 mars, la température est à 37° le matin et 38° le soir ; la température recommence ses oscillations jusqu’à près de 40° le soir. Mais depuis le 27 mars, elle tombe et reste subfébrile.
Un toucher vaginal pratiqué le 26 ne montre rien d’anormal, Le 27, la malade se plaint de points du côté droit. A l’auscultation on trouve une matité et une abolition des vibrations à la base droite. Le 30, apparition de points du côté gauche. On n'entend que quelques râles crépitants à la base gauche. Le 3 avril, on constate un abcès dentaire gauche qui perfore le 5. La température se maintient subfébrile. Le 24 avril, dans la fesse gauche, on remarque une résistance | un peu élastique, tendue, s'étendant du 1/3 supérieur de la fesse jusqu'à 3/d au-dessus de la crête iliaque. Quelques jours plus tard, on incise ; il s'écoule un pus grumuleux, verdâtre.
Le 7 mai, la base gauche est submate. Aucun signe liquidien. La malade depuis quelques jours tousse et expectore
des crachats verdâtres, à flore microbienne banale, sans bacilles de Koch.
Observation I
Cliché no 3,
Observation II
Cliché no 4.
Ro
La radiographie à ce jour montre : thorax asymétrique, légère scoliose de la partie supérieure de la colonne dorsale à convexité droite. L'hémithorax gauche est légèrement affaissé; les espaces intercostaux sont diminués. La largeur du champ pulmonaire gauche est par ce fait réduit. { Voir cliché n° 4.)
A droite, rien de particulier, si ce n’est le feston de la plèvre diaphragmatique.
Hémithorax gauche. Ses deux tiers inférieurs sont complètement obscurcis par une ombre homogène qui se continue au tiers supérieur sans le voiler totalement. Il y a alternance de petites zones de transparence relative avec celles de faible opacité. Le contour gauche du cœur conflue avec l’opacité thoracique et ne peut guère être délimité. Dans la partie externe du poumon, à la hauteur des 3me et 4me côtes antérieures, on constate un niveau liquidien de 1 1/, em. de largeur, surmonté d'une collection gazeuse de 1 1}, cm. de hauteur (image hydro-aérique).
Le 27 mai, la température est presque normale, la malade crache toujours. L'examen des poumons révele : percussion : matité en balcon dans la partie moyenne du poumon gauche; submatité à la base et au sommet gauche. Vibrations : abolies dans la zone de matité, diminuées dans la zone de submatité. Auscultation : dans la partie moyenne du poumon gauche, souffle caverneux, s’entendant jusque vers la colonne et à la base. Eclat de la toux. Succusion hippocratique. Quelques râles de moyen calibre. Le 1er juin, une nouvelle radiographie (voir cliché n° 5) montre: Hémi-thorax gauche : le 1}, Supérieur est éclairci d’une façon appréciable; ne persiste que quelques traînées floues d’opacité faible, La limite supérieure de l’opacité absolue dépasse à peine la hauteur de la 3me côte antérieure. Par contre, une plus grande image hydro-aérique centrale (vu en projection postéro-antérieure) de 5 ?/, cm. de largeur et de 2:/, em. de hauteur, apparait au niveau des 3me et 4me côtes antérieures.
De plus en plus, l'état général de la malade s'améliore, l'expectoration diminue. Une radiographie du 9 juillet (voir
RE ee
cliché n° 6) fait constater: la moitié supérieure du poumon est complètement éclaircie. L'image pulmonaire à ce niveau est normale. La base reste opaque. Plus aucune image hydroaérique constatable. Cliniquement, à part une submatité de la base gauche, la malade est guérie.
On revoit la malade en février 1927. Elle tousse encore un peu de temps à autre, mais ne crache pas. L'état général est excellent. L’auscultation des poumons ne révèle qu'une légère diminution du murmure vésiculaire à la base gauche. La radiographie montre les deux plages pulmonaires claires et d'égale intensité. La guérison peut s'affirmer parfaite.
” Nos deux observations concernent donc deux cas à évolution spontanée favorable.
Le premier cas montre une collection purulente se développant au cours d’une affection pulmonaire aiguë à début de pneumonie. Après quelques jours de fièvre élevée, la température devient franchement oscillante, faisant songer à une suppuration. Puis, brusquement, spontanément, la vomique se produit, amenant avec elle la sédation des phénomènes généraux, puis la guérison.
S'agit-il d’un abcès pulmonaire ou une pleurésie interlobaire ? On peut hésiter longtemps entre ces deux diagnostics. La radiologie nous ferait cependant pencher en faveur de la collection pleurale ; car, dans ce cas, la cavité s’est aggrandie sitôt après la vomique et la guérison anatomo-radiologique complète a été très rapide.
Le deuxième cas est celui d’un abcès du poumon dans une infection généralisée. La malade, à la suite d’un accouchement, fait une fièvre puerpérale, une pyémie qui se localise d'abord à la région dentaire gauche, puis à la région fessière gauche et finalement forme un abcès du poumon. Pas de vomique franche, mais des crachats abondants évacuant ainsi spontanément le pus de la cavité pulmonaire. Donc, abcès du poumon au cours d’une pyémie d’origine puerpérale, avec guérison spontanée.
Observation II
Cliché no 5.
Cliché no 6.