BACTÉRIOLOGIE
La flore bactériologique des abcès du poumon est d'étude difficile. Si l’on peut retirer directement du pus de l’abcès, l'examen direct, les cultures et l’inoculation donneront des résultats précis. Mais souvent, on doit se contenter de l'étude de la vomique ou même des crachats.
Parmi les cas d'abcès du poumon publiés, le plus grand nombre est attribué au sfreplocoque. Caussade et Lévy- Fraenkel le trouvent dans ies crachats (1914) et le pus d’un abcès du poumon droit à forme pseudo-pleurétique. Rathéry et Du Castel (1919), Etienne Bernard et Desbucquois (1925), au cours d’une septicémie ; Clerc-Ramond et Guillaume ont retrouvé 10 fois le streptocoque dans les abcès des ypérités : Paisseau et Salomon (1922) le découvrent dans le pus d’un abcès post-abortum ; Ferron et Petges (1923), par ponction d’un abcès primitif; Achard et Mouzon (1924), dans le pus et les crachats. Weissembach (1927) dans une vomique; Kourilsky (1927) cite une dizaine d'observations d’abcès à streptocoques. Léon Tixier et Stanislas de Sèze (1929) en décrivent un cas. Etienne Bernard, Gilbert Dreyfus et Desbucquois (1928) trouvent des streptocoques dans un abcès pulmonaire post-opératoire.
Les auteurs américains insistent aussi sur les abcès à streptocoques et affirment que c’est toujours un streptocoque hémolytique qu’ils trouvent.
En France, Lemierre, Kindberg et Bernard (1925), puis Kourilsky (1927) et Kindberg (1928) citent quelques cas d’abcès à streptocoques hémolytiques.
SRE
Ce qui est certain, c'est que le streptocoque, de quelque sorte qu'il puisse être, est toujours très virulent.
Les abcès à pneumocoques né sont cependant pas rares. Ces microbes ont été trouvés par Laignel-Lavastine (1927), Paisseau et Salomon, Besançon, Jacquelin et Célice (1927) dans les crachats de plusieurs malades atteints d'abcès du poumon.
En dehors de ces deux microbes, toute une série d'autres agents ont été incriminés.
Le staphylocoque doré a été observé par Besançon, Jacquelin et Célice (1927), Boïdin et Mlle Fontaine (1928).
L’entérocoque a été décrit dans le cas de Graïner et Merenas (1923). Chauffard et Ramond citent un cas d’abcès pulmonaire par le {étragène. On discute encore au Sujet du bacille de la fièvre typhoïde. Peut-il être vraiment l'agent d’un abcès pulmonaire ? On ne l'a jamais retrouvé dans les crachats. Il semble bien que les abcès pulmonaires au cours d’une fièvre typhoïde soient dus à un autre microbe que le bacille d’'Eberth.
Il y a deux agents, qui produisent des formes spéciales d’abcès du poumon, ce sont : le pneumobacille de Friedländer et l’abcès dysentérique.
Le pneumobacille se caractérise par sa pullulation excessive: les crachats contiennent alors d'innombrables bacilles, et une destruction énorme du parenchyme pulmonaire s’observe en un temps relativement court. C’est ce qu’on retrouve dans la thèse de Brissard (1912), dans le travail de Lemierre et Kindberg (1925), la thèse de Bertrand-Fontaine (1926), le cas de Lemierre et Rudolf (1929). :
L'abcès dysentérique peut se présenter sous deux formes différentes : le type pseudo-tuberculeux avec cachexie, évolutions progressives. hémoptysies fréquentes ; et le type aigu, facilement confondu avec la pleurésie interlobaire. Tel le cas de Lemierre et Kourilsky (1928). Le symptôme essentiel de
l’abcés dysentérique est la réaction rapide, presque immédiate au traitement spécifique.