‹ Les abcès du cerveauChapitre 6 sur 10 · II. — Diagnostic positif · texte numérisé non relu

II. — Diagnostic positif

Le diagnostic d’abcès du cerveau comporte, à notre sens, trois étapes. Le clinicien doit en effet répondre à trois questions.

A. — Y a-t-il abcès?

B. — Quel est son siège?

G. — A quel stade de son évolution anatomique en est-il?

Fig. 10. — Abcès à coque traumatique. Pièce opératoire (Hugh Cairns). a) L’abcès (85 gr.), tel qu’il a été enlevé d’un seul bloc ; b) L’abcès sectionné après intervention (d'après IL Cairns et Ch. Donald).

A. — Y A-T-IL ABCES ?

Le diagnostic se pose de la façon suivante :

1° Chez un malade se développe un syndrome d’hypertension intracrânienne (céphalée, vomissements, bradycardie, modification du caractère, hyperémie papillaire ou stase...).

2° L’examen met ou non en évidence des symptômes de localisation.

Fig. 1 1. — Cicatrice d'un abcès aigu, datant d’un an, dans un pôle frontal réséqué pour cause d’épilepsie (d’après Dandy).

3° L’interrogatoire apprend que ces troubles sont apparus, d’une façon secondaire, chez un malade dans les antécédents duquel on retrouve, ou bien localement, une otite chronique, une sinusite, une ostéomyélite, une plaie, une fracture compliquée du crâne ou bien à distance, le foyer primaire de suppuration.

4° On met alors en relief parmi les symptômes précédents les traits particuliers aux abcès encéphaliques.

La céphalée souvent intermittente, localisée, présente des exacerbations à l’occasion de l’effort et des changements de position de la tête. Elle est parfois de type pulsatile. La bradycardie avec dureté et plénitude du pouls est fréquente. Les modifications du caractère, l’apathie, la « slow cerebration », la somnolence, la torpeur, sont de règle. L 'altération de V état général est profonde et rapide; ordinairement elle survient sans fièvre. Il y a une réaction leucocytaire céphalo-rachidienne à prédominance de lymphocytes, sans germe, et le syndrome méningé clinique est très fruste ou nul. La leucocytose sanguine est fréquente. Mis à part les deux cas exceptionnels où un abcès à anaérobies se révèle précocement par une image radiologique gazeuse, ou bien un abcès à coque, par une image de calcification de la coque, l’examen radiologique du crâne est longtemps négatif. Ceci nous paraît avoir une importance pour le diagnostic différentiel avec les tumeurs cérébrales. Il est ordinaire qu’une tumeur s’accompagne de signes radiologiques d’hypertension intracrânienne. Au contraire dans les abcès, bien que l’hypertension intracrânienne soit classiquement plus considérable que dans les tumeurs, il n’y a pas ou il y a peu de signes radiologiques d’hypertension intracrânienne (pas de disjonction des sutures, pas d’impressions digitales). Ceci est dû vraisemblablement à ce que les abcès sont anatomiquement de date plus récente que les tumeurs.

5° Lorsque ces symptômes restent imprécis, la ponction ventriculaire et la ventriculo graphie assureront le diagnostic.

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