‹ Les abcès du foie d'origine typhiqueChapitre 34 sur 36 · PRONOSTIC. TRAITEMENT · texte numérisé non relu

PRONOSTIC. TRAITEMENT

D'après ce que nous venons de voir, le pronostic des abcès du foie d’origine typhique est assez sombre. Pour les abcès multiples, qu'ils proviennent de l'une ou de l’autre cause, qu'ils soient métastatiques ou consécutifs à une pyléphlébite, le pronostic est fatal.

Quant aux abcès uuiques, le pronostic est bien moins sombre. Il peut y avoir espoir de guérison à la suite d'une intervention chirurgicale, mais encore faut-il que le diagnostic soit fait assez tôt et faut-il surtout que le malade, déjà profondément anémié et affaibli par sa dothiénentérie, puisse supporter l'opération, sa seule chance de salut.

Pour les abcès métastatiques, la question du traitement curatif ne se pose même pas. Le pronostic étant fatalement mortel, l’on ne peut que soulager par des palliatifs les souffrances du malade. Nous en dirons autant pour les abcès multiples par pyléphlébite.

Mais pour ces deux genres d'abcès, il y existe un traitement prophylactique.

__ Pour les abcës métastatiques, cette prophylaxie est maintenant journellement instituée par tous les médecins. Elle consiste dans les soins d'hygiène et de propreté à donner aux typhiques. |

Pour les abcès par pyléphlébite, une question importante se pose. Dans plusieurs cas ces abcès ont été consécutifs à une appendicite para-typhoïde : très vraisemblablement et par analogie avec ce qui se passe dans les suppurations hépatiques d’origine appendiculaire, les autres cas d’abcès du foie multiples d’origine tvphique semblent être justiciables de la même pathogénie, appendicite parathyphoïde et pyléphlébite. C’est pour ces raisons qu’il nous semble que toutes les appendicites para-thyphoïdes diagnostiquées doivent commaunder l'opération, et cela dans le plus bref délai (Dieulafoy). C'est pourquoi aussi, l'attitude du médecin doit être particulièrement portée sur l’appendice pendant le cours des do‘hiénentéries.

Quant aux grands abcès uniques du foie ils sont, comme les grands abcès dysentériques, justiciables de Pintervéntion chirurgicale (incision, curettage, drainage). C’est l'opération de Littile-Stromeyer que lon trouve décrite dans tous les traités classiques. Nous avons vu dans un cas (0bs. Swain) cette opération amener la guérison, et cela assez rapidement. Ce succès doit nous engager à suivre l'exemple du chirurgien anglais.

Mais ont sait combien sont graves les interventions chirurgicales chez les typhiques, et la question de l’opportunité de l'opération et du moment où elle peut être pratiquée doit être minutieusement examinée. Nous ne

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pouvons pas mieux v répondre qu’en eonseillant de s'inspirer des régles que Monsieur 1: professeur agrégé Acbard (1) a données à propos de l'opération de l'emprème dans la pleurésie purulente à bacille d'Eberth.

« Les interventions opératoires chezles typhiques ne sont pas sans risques. Mieux vaut attendre, quand cela est possible, que Pinfection ait cessé d’être générale. Pendant cette temporisation qui sera doublée d'une surveillance étroite de l’état local et de l’état général, on laissera se cicatriser les ulcérations intestinales, se fermer les portes ouvertes si largement, dans le tube digesif et ailleurs, aux infections secondaires, s’éliminer les poisons microbiens et ceux que forme l'organisme malade. On, laissera aussi s'améliorer ie régime des échanges nutritifs si profondément troublés au cours de la maladie g'néral” et l'opération sc présentera alors dans des conditions beaucoup :Jus favorables.

« Bien entendu, il ne s’agit pas de gagner du temps. I peut surveuir telles circonstances qui imposent une intervention précise. [ n2 serait pas non plus raisonnable de vouloir attendre le retour à lPétat normal chez un organisme dans lequel subsist: une grande cause de désordre, n de reculer le terme de l’expectation Jusqu'à la chut: comp'ète de la fièvre, alors que la lésion pleurale l'entretient. Mais il serait coupable de trop attendre. »

Ces régles nous semblent aussi bien applicables aux abcès du foie typhiques. Mais nous pensons que dans

(4) Semaine médicale, 19 octobre 1898.

ces dernier cas, les symptômes généraux plus graves que dans l’empyème à bacille d'Eberth ne permettront pas toujours une expectation aussi longue.

Monsieur le Professeur Debove a employé quelquefois dans le traitement des pleurésies purulentes et dans celui des kystes hydatiques suppurés du foie, une méthode qui lui a donné d'excellents résultats : c’est celle des ponctions évacuatrices répétées. D'ailleurs, dans un cas d'abcès du foie consécutif à la fièvre typhoïde, des hépatocentès?s répétées ont amené la guérison, au bout d’un certain laps de temps, il est vrai (Obs.IV) Mais après chaque ponction, la malade se sentait très soulagée et les symptômes généraux s'amendaient. Aussi, pensous-nous que les ponctions aspiratrices répétées pourront, en soulageant le malade et en diminuant l'intensité des phénomènes généraux, lui permettre de reprendre quelques forces. Par cette méthode, la date de l’opération pourra être reculée, la malade la supportera mieux et aura plus de chances d'éviter des (rôle complications secondaires. ;

En sommé, « expectation armée » et ponctions répétées, afin de prolonger l’expectation, et cela pour augmenter le plus possible les chances de succès définitif, telnousparait étre le traitement de choix pour les grands abcës du foie d'origine typhique.

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