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Il est certain que, le plus souvent, les gaz des abcès sousphréniques viennent de lintestin ; dans un certain nombre de cas cependant, on trouve des gaz dans le pus d’abcès autres que ceux qui suivent une perforation du tube digestif ; dans ces cas, rares d’ailleurs, on peut admettre que les gaz se forment dans l’abcès par suite de fermentation ricrobienne. Il est naturel que les bacilles qui produisent des gaz dans l’intestin conservent cette propriété gazogène dans un terrain aussi favorable que la séreuse péritonéale. La formation de gaz par des agents infectieux a d’ailleurs été démontrée dans plusieurs cas de collections suppurées, en particulier dans les cas de pleurésie purulente ; il peut en être certainement de même pour les abcès sous-phréniques.
La flore microbienne de ces abcès est assez mal connue, les examens bactériologiques ayant été rarement faits. Il semble cependant quele coli-bacille associé ou non au streptocoque, staphylocoque, et aux anaérobies, existe fréquemment.
Lésions de voisinage. — En dehors des lésions traumatiques des organes ayant produit l’abcès sous-phrénique, on peut trouver un certain nombre d’altérations des organes avoisinants. L’abcès sous-phrénique, ne se produisant qu'après un stade de péritonite généralisée, il n’est pas étonnant de trouver des lésions du péritoine, recouvert çà et là d’un dépôt pseudo-membraneux ; parfois même, on peut trouver deux ou trois autres foyers purulents plus ou moins éloignés de l’abcès principal.
Le diaphragme remonte souvent très haut dans la cage thoracique, refoulant au-dessus de lui le poumon et le cœur. Le diaphragme, ainsi refoulé, est le siège de lésions profondes ; sa face inférieure qui répond à la cavité purulente, est souvent ramollie, et recouverte d’un enduit muco-purulent. Le voisinage de la collection purulente produit souvent l'inflammation du tissu musculaire ou même des lésions de sphacèle qui peuvent aboutir à la perforation.
La plèvre correspondant à labcès présente presque toujours des lésions inflammatoires se traduisant soit par une pleurésie sèche, soit par une pleurésie séreuse ou purulente. Ilestprobable que dans ces cas l'infection se propage du péritoine à la plèvre à travers les puits lymphatiques du diaphragme.
Le poumon est généralement comprimé, n’occupant qu’un espace plus où moins restreint ; souvent il est accolé au diaphragme et présente une véritable pneumonie de la base.
Le péricarde peut aussi présenter un léger degré de péricardite sèche ou séreuse.