LE TU
tinguer ces pneumopathies, le diagnostic est en effet à peu près impossible à cette époque; cependant les jours suivants montreront l’absence de l’expectoration classique pneumonique, certains signes manquent, tels l’herpès, enfin l’évolution de l’abcès est longue, traînante et différenciera cette affection. Les autres affections aiguës seront éliminées rapidement au cours de l’évolution suivant les caractères des signes d’auscultation. Cependant, dans les tout premiers jours des affections aiguës, le diagnostic est réellement rempli de difficultés.
Enfin le diagnostic est à discuter avec toutes les maladies infectieuses aiguës et pouvant présenter des localisations pulmonaires; en particulier les affections typhoïdiques, les autres septicémies au début; c'est à ce moment que la recherche des germes dans le sang per-
mettra l’orientation du diagnostic. Lorsque labcès est.
constitué et à la période de suppuration, le diagnostic se fera avec des affections variées de l'appareil respiratoire.
Une difficulté classique est le diagnostic avec les suppurations pleurales enkystées et en particulier la pleurésie interlobaire; cependant, il est démontré que ces suppurations sont rares, infiniment plus que les abcès (KourILskY), la différenciation se fera surtout d’après les caractères de la vomique, tardive, abondante dans la pleurésie, plus rapide dans l’abcès, mais c’est surtout l'examen radiologique qui la fera, d’après la direction de l'ombre qui suit l'emplacement et la direction scissurale. La radiologie montrera et éliminera la pleurésie de la grande cavité, et d’une façon générale les épanchements pleuraux à la radioscopie seront assez facilement repérés et différenciés.
On éliminera assez facilement les suppurations chroniques pulmonaires, la dilatation des bronches par la notion de chronicité d’abord, la clinique montrant les rapports inversés de la température et de l’expectoration, enfin par les examens radiologiques et lipiodolés. La gan-
Ge
LG D 77 AVE grène pulmonaire s'accompagne de fétidité, a un caractère plus chronique et donne lieu à un sphacèle important du tissu pulmonaire.
Un diagnostic difficile à faire séra celui de la tuberculose pulmonaire qui, soit cliniquement, soit radiologiquement, peut donner des signes très semblables à celui de l’abcës staphylococcique du poumon, surtout si celuici paraît à peu près isolé; en effet, il y a une atteinte grave de l’état général, une température élevée, oscillante dans ces deux maladies où les explorations sthétacoustiques montrent des signes cavitaires que la radiographie confirmera. Mais ici le laboratoire tranchera la question; en effet, si dans les deux affections, lexpectoration est purulente, montre la présence de fibres élastiques, dans le cas d’abcès, malgré le nombre et la répétition des examens microbiologiques, on ne découvre jamais de bacilles de Koch, alors qu’on arrive à mettre en évidence les autres germes, ici, en particulier, le staphylocoque.
Pour terminer, nous discuterons le diagnostic avec les autres abcès du poumon et ici encore, le seul moyen certain de le faire sera Fexamen bactériologique pratiqué dans l’expectoration, le liquide de ponction et l’hémoculture, et qui permettra d'éliminer les autres germes capabls d’engendrer des abcès : pneumocoques, streptocoques, pneumobacilles en particulier.
Le diagnostic peut quelquefois se poser avec les infarctus suppurés du poumon; ici nous reverrons cependant la notion d’hémoptysies ayant précédé l’abcès, la notion d’état pathologique antérieur, cardiopathie ou affections vasculaires.
Signalons aussi le diagnostic avec l’abcès amibien qui se fera surtout sur les caractères particuliers de l’expectoration, sur le fait que celle-ci en principe ne contient . pas de germes; sur les antécédents du malade et la recherche d’une amibiase habituelle.
Le kyste hydatique est une affection assez rare, et
qui peut fe par certaines réactions spécifiques (réaction de Casoni), la présence de crochets ou de débris de membrane dans la vomique, les signes radiologiques | et quelques particularités cliniques : urticaire, éosino- Die philie. | Ne Enfin Signalons que cerlains abcès périnéphrétiques,. au cours d’une staphylococcie, peuvent cliniquement SLA muler un abcès du poumon comme une observation de P. Emile WEIL et POLLET d’une part et de ROUCHI d’autre part Je montrent. Fi Enfin, lorsque l'abcès se montre comme première ee el seule manifestation apparente de la maladie, dans. ce cas, souvent il présents des phénomènes de début Lort brutaux el peut être à différencier des infections à début brusque et s’accompagnant de phénomènes pneuna tiquee dans quelques cas. Ici, il faudra éliminer les affections typhiques en particulier, les états septicémiques et dans quelques cas, les manifestations méningées. Dans ces éventualités, le diagnostic se fera d’après l’évolution et les examens bactériologiques qui permettront l’identi- fication du germe pathogène.
JL TAN
ETIOLOGIE ET PATHOGÉNIE
Les abcès staphylococciques du poumon que nous avons étudiés ne paraissent pas avoir une prédominance particulière suivant le sexe ct l’âge des individus qu'ils attaquent indifféremment quelle que soit l’époque de leur vie, cependant nous devons noter les observations d’abcès chez les nourrissons et il est possible qu’à cette époque de la vie ils soient assez nombreux et présentent l’aspect d’abcès primitifs ainsi que le constate TROISIER, BARIÉTY et BROCARD.
Nous n'avons pas retrouvé non plus au cours de notre étude, de tendance de siège précise; si, classiquement, les abcès du poumon prédominent au lobe inférieur du poumon droit il ne nous paraît pas que ce soit un caractère des abcès staphylococciques que nous retrouvons dans
toutes les régions pulmonaires sans aucune affinité.
Cependant, nous avons constaté que ces abcès ont une tendance à la bilatéralité et à la multiplicité, que nous retrouvons très souvent dans les observations sur lesquelles nous nous sommes basés.
L’infection- dans la plupart des cas est une infection du poumon par embolies : embolies d’amas microbien, quelquefois fibrino leucocytaire, réalisant un premier stade d’infarctus récent, puis nous voyons un foyer avec des réactions de défense périvasculaire nous amenant au stade ultime d’abcès miliaires, ces abcès ont une tendance très rapide à confluer et à former le grand abcès que nous avons décrit.