‹ Les abcès staphylococciques du poumonChapitre 6 sur 17 · LA À · texte numérisé non relu

LA À

DECOURTIEUX, dans sa thèse de 1908-1909, affirme les faits qu'ont décrit les auteurs précédents et conclut à la rareté remarquable des gros abcès en général.

Il nous faut arriver en 1911 avec la communication d'APPERT et PORAK pour que l’abcès staphylococcique du poumon devienne nettement individualisé.

Cependant, il faudra attendre quelques années avant de retrouver des observations d’abcès staphylococciques qui vont suivre la courbe de fréquence de l’abcès ordinaire. |

En effet, ce n’est qu’à partir de 1918 qu’on pense que l’abcès pulmonaire doit être fréquent et ne sera plus considéré comme une affection rare, presque exceptionnelle. Cependant il faudra attendre les travaux de SER- GENT, KOURILSKY, GIROIRE, avant que cette affection prenne la place importante qu’elle occupe dans la pathologie actuelle.

En 1919, les Américains et en particulier CHICKERING, WESSLER, puis en 1922 LYON, SINGER et GRAHAM en 1923, enfin et surtout GREER montrent le rôle important que joue le staphylocoque comme cause des pneumopathies et en particulier des abcès du poumon. GREER en particulier pense qu'il serait dans de très nombreux cas le germe en cause et que s’il n’est pas mis en évidence c’est qu’il n’est pas recherché avec suffisamment de soins.

En Allemagne, à la même époque, les travaux de GRUNDEL et LINDEN donnent des résultats comparables à ceux des Américains.

En France, durant toute cette période, nous n’avons recueilli que deux observations, celle de PARISOT et SI- MoniN en 1922 et celle de CAIN et Unry en 1924. II faut arriver à la publication de BESANÇON, JACQUELIN et CÉLICE en 1927 pour que l’abcès staphylococcique soit nettement mis en valeur. Déjà l’année d’après, KOuRILSKY dans sa thèse émet l'hypothèse que cette sorte d’abcès est peutêtre plus fréquent qu'on ne le troit fréquemment. En

Li]

— 18 — SA DE OT TE effet, l’année suivante, nous trouvons des observations d’abcès à staphylocoques; en particulier, celles de Bor- DIN et FONTAINE, RATHERY et RUDOLF, les thèses de GI- ROIRE, VEYSSIÈRE font une place à cette affection; à l'étranger, citons les travaux de HABBE et STINNER en Allemagne, ceux de VARNEY en Grande-Bretagne.

Enfin, à partir de 1930, les communications deviennent de plus en plus fréquentes et régulières sur les abcès staphylococciques du poumon; en France, dès 1930, nous retrouvons plusieurs observations de LEREBOULLET et ses collaborateurs, celle de CASSOUTE, PONIZzo et Zu- COLI, qui sont suivies les années suivantes par celles de NOBÉCOURT et DUKAS, d’'OURY et LE BARS, de LESNE, LAU- NAY et LANÇON; par une importante communications de plusieurs auteurs à la Société de Pédiatrie de Paris, en mai 1932, celle de DEBRÉ, LÉVY, CHALARD et BONNET: de VERES, DESHOUT, BERT, BARMANT et LAFONT; enfin nous signalerons les thèses de DERCHEUX, GoLAB en 1931, Ni- COLAS, NEDELKOFF en 1932, LAFFONT en 1933, DESsRo- ZIERS et surtout celle de Bonpoux en 1935, qui toutes contiennent de précieux renseignements et des observations inédites d’abcès staphylococciques du poumon.

Durant cette même période, jusqu’en 1936, les auteurs étrangers signalent assez fréquemment cette maladie, N4- VARRO et F.-A. BOURDET et surtout les auteurs anglosaxons tels que REIMAN, SINGER et GRAHAM, CORNBLETT et RATTNER, DOLMANN, HARTWALL, MARSHALL et BRUNN, Moore et LOvE, MuRRaY, MULDER, qui tous affirment le rôle important que joue le staphylocoque, qu'ils retrouvent très fréquemment dans l’étiologie de l’abcès pulmonaire. REIMANN écrit : les infections staphylococciques du poumon sont caractérisées par un début brusque, une fièvre rémittente, une expectoration purulente et une formation d’abcès. Tous ces auteurs vont plus loin et assignent une physionomie clinique propre à l’abcès staphylococcique du poumon et insistent sur. le fait qu'il apparaît le plus souvent comme primitif. Nous ferons

Es (ip

remarquer qu'en Europe et en France en particulier ces faits ne furent pas acceptés.

En 1936, TROISIER, BARIÉTY et BROCARD font une très intéressante mise au point sur la question du rôle des staphylocoques dans les pneumopathies et en particulier sur l’abcès, malheureusement, ils ne considèrent que les atteintes primitives de ce microbe et en donnent peu de cas nouveaux; cependant, ils notent que si en France on ne peut aller jusqu’à donner une symptomatologie autonome à lJ’abcès staphylococcique ainsi que le font les Américains, ces abcès sont néanmoins de plus en plus fréquents et que le staphylocoque est capable de déterminer des atteintes pulmonaires que l’on ne soupconnait pas en nombre aussi élevé.

Depuis 1936, en effet, les observations que nous relevons deviennent de plus en plus fréquentes suivant en cela le cours des staphylococcies qui paraissent s'élever elles aussi; en particulier, nous citerons les articles et communications de A.-J. et J.-C. REY en 1936, de PAGNIEZ, PLICHET et RENDU, de GUIRARD et JOBIN la même année, les thèses de MERCIER en 1937, l’article de MULDER en 1938. Les années suivantes continuent à montrer d’autres cas d’abcès staphylococciques du poumon; relevons

entre autres, les communications de HANAUT et MÉLINE,

de BUTLER et PERRY, de CoLLIs et FOSTER CARTER, de Picor et AuRousSEAU en 1939 et 1940.

Pour terminer, nous relaterons les citations des cas observés ces deux dernières années par PERVES et PIROT, celle de MoNpoN, Picor et BLEIN, qui nous ont fait connaître deux observations, en 1942-1943; de PAGIO, BLANco et SALVEROGLIO, de PERRIN et DUROUX.

Ainsi, nous voyons que les abcès staphylococciques du poumon n’ont commencé à être connus et à jouer un certain rôle dans la littérature que depuis un temps relativement court que nous estimons remonter à une quin- zaine d’années.

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; OBSERVATION 1 Ent. PAT NE fe

ss Le nommé Bou. Jean, âgé de 31 ans, entre dans Je service y LÈ ND août 1943, car depuis le mois de juin il se daint de faire des poussées de fièvre survenant régulièrement à peu près iles: les” semaines.

0 son entrée, le malade se plaint uniquement de cette légère | température et d'une certaine fatigue, : à

L'examen clinique ne révèle aucun signe anormal. On pratique des recherches MEME qui, à ce moment, se montrent absolument nég atives. :

Les- jours St vaite, la température continue à être ‘relativement basse, mais: présente un type d'oscillations marquées de un degré et quelquefois davantage du matin au soir.

È tué radiographie pratiquée le 6 août montre une zone d’obseu-

rité He et tes limitée dans la région de la base du poumon

droit. CR ARE ne Fe “

Le malade à l'entrée pèse 62 kgs 200; le 13 août la balance n'aceuse plus que 59 kgs, en même temps notre malade accuse un Ë © point de côté assez douloureux, une expectoration muco-purulente

qui est ee banal. Mis ïE Au point de vue clinique, une légère matité de la base droite,

quelques râles humides dans cette région.

On fait une radiographie de nouveau : de face, on à un empâ- 7 tement plus important que lors du premier examen mais pas de signes néts, au contraire, la radio de profil met nettement .en évi-

dence une image hydro-aérique typique.

Je Le k ju ÿ9 Ce

En même temps, l’expectoration devient plus abondante, la culture de cette expectoration montre la présence en abondance de

staphylocoques.

Puis très rapidement, sous l'effet du traitement, les douloureux point de côté, la dyspnée, l’expectoration se tarissent en même temps que la température S'abaisse, revient à la normale, conser-

: Fe vant cependant un type ‘oscillant marqué.

Les signes cliniques très discrets disparaissent également, la radiographie montre une disparition de l’image d'abcès et le 2 septembre le malade sort guéri.

Les examens pratiqués furent le séro-diagnostic qui fut négatif, l'hémoculture qui, au premier jour, fut également négative.

La radiographie a montré une image typique d’abcès pulmonaire, la bactérioscopie a montré la présence de staphylocoques.

Au point de vue sanguin, une formule à Jeucocytose un peu

élevée, avec prédominance des polynucléaires (85 %), une anémie

assez marquée : | GloDULES TOUSES EAN EE ER 2.840.000 CLODUIÉSAPIER CORP EPA RMEER RENTREE 10,900 Polynucléaires neutrophiles ........... S4 % Polynucléaires éosinophiles ........... 1 Lymphocytes ...... RAS SN MO 12 Moyens mononucléaires .............2. 3 %

Dans les antécédents du malade nous ne retrouvons rien dans un passé lointain d'intéressant au point de vue pathologique, signalons un ictère en 1938, un phlegmon périnéphrétique en 1940, enfin

quelques poussées de furonculose par moments.

Nous ferons remiiquer que la durée totale de l'affection à été très rapide, le malade n'est pas resté un mois dans le service et l'évolution propre de l'abcès d’après les clichés radiologiques qui en furent faits, a duré à peu près une quinzaine de jours.

Le malade a été traité par la fontamide dont il a pris à peu

près 80 grammes.

Le malade Vie Lucien, âgé de 29 ans, entre dans le service le 26 octobre 1945.

Le début remonte au 22 octobre où, brutalement, le malade a ressenti un point de côté violent dans la base pulmonaire gauche,

. . . 4 . ! La 0 \ avec irradiation vers le sommet et tension pénible des muscles

dé ia sangle abdominale. En même temps le malade à eu quelques

frissons, peu intenses mais répétés. Un peu de dyspnée, une tem-

pérature atteignant 39°.

A son entrée, le malade a un faciès angoissé, pas vultueux, légèrement cyanosé, quelques sueurs. La langue est saburrale mais humide.

E La température est à 38°5, la dyspnée est intense, due semble-

t-il au point de côté fort douloureux.

' L’expectoration est presque inexistante, banale, un peu puru-

lente, non rouillée; il n’y à pas d’herpès.

La radiographie est normale.

A l'examen, il y a une forte diminution de l’ampliation de l’hémithorax gauche. Il existe une matité de la région gauche, quelques frottements, diminution des vibrations vocales dans la zone de matité, un souffle expiratoire net à timbre assez rude et intense (ces signes ont leur maximum dans la région scissurale

gauche). ; r:

. La ponction reste blanche.

La radiographie montre une Zone d'opacité circulaire à la région daviculaire gauche, le sinus costo-diaphragmatique gauche est

parfaitement libre, le champ pulmonaire droit est normal.

Le 28 octobre, des signes apparaissent du côté droit, à la base,

une matité franche hydrique, quelques râles en avant, en arrière un souffle expiratoire de timbre aigu et doux.

A gauche, un souffle rude s'entend aux deux temps de ia respiration et à timbre tublaire.

Le 30, les signes sont peu changés, la ponction effectuée à droite

QE

NE" que

montre un liquide coloré, presque louche, on en retire aisément

100 cc. Ÿ

Le 2 novembre, la ponction droite retire 160 cc. de liquide purulent, l’expectoration est abondante, purulente. La température est à 3995.

Une radiographie montre à gauche, à la place de la zone obscure

des jours précédents, une image hydro-aérique nette. A droite, un épanchement important.

Les jours Suivants, à gauche, le souffle prend un caractère am-

phorique.

Cependant, une éruption est apparue, sur la face antérieure du thorax et des flancs.

Le 8 novembre, les signes sthétacoustiques diminuent ainsi que

l’'expectoration, l’état général s'améliore, la température diminue. La radiographie montre toujours l'existence d’un abcès à gauche, l’épanchement droit est stationnaire.

Les examens bactériologiques ont montré dans l’expectoration,

le sang, et le liquide pleural la présence du staphylocoque doré.

Le 11, brusquement l’expectoration devient abondante durant une heure environ, s'accompagne d'un état nauséeux, la recherche

du staphylocoque dans le liquide de vomique est positive.

Le 12, le 13, l'expectoration se tarit, la température descend à

‘87°, l'état général est très amélioré.

Le 15, toujours même état. La radiographie pratiquée ce jour montre la disparition de l'image d’abcès. Le niveau liquidien persiste à droite.

Les jours suivants, l'épanchement pleural droit continue à monter, liquide toujours purulent montrant la présence de staphylo-

coques.

} A gauche, tous Les signes aussi bien radiologiques que cliniques

ont disparus. La température est normale.

Le 19, une nouvelle ponction à droite est pratiquée, ramenant un liquide purulent présentant les mêmes caractères que précé-

ne demment, une it sac, etite fait pratiquer un {nouvel “ examen radiologique que montre le 21 MoRee d'un pneumothorax

gauche. des

Les jours suivants, les phénomènes généraux parnisient s’amender, lorsque dans la nuit du 26 au 27 novembre le malade est pris d'une douleur brusque épigastrique avec sensation de décollement à gauche, le pouls est rapide, la dyspnée intense, dyspnée qui per- Sistera jusqu’à la fin. k

La radiographie montre la présence d'un important pneumothorax gauche; à droite, l'épanchement est moins important et paraît moins épais. La tension intra-pleurale est à —2 + 12.

Les jours suivants, le tableau se maintient aussi angoissant :

dyspnée, tachycardie, douleurs; on opère des décompressions suc-

cessives du pneumothorax gauche, qui va s'amplifiant; la pression pleuräle montre toujours un tension positive qui tend constamment à s'élever. PRE

rLe 2 décembre, une nouvelle radiographie est pratiquée, montrant un très large pneumothorax gauche, le poumon est très rétracté, distendu seulement par quelques brides qui empêchent son affaissement total, le médiastin est refoulé vers le‘côté droit, qui ne présente plus de trace de nouveau liquide.

La température monte brusquement à 38°, 39°, pour atteindre 40°, jour où le malade meurt dans une crise dyspnéique importante et présentant tous les signes d'un pneumothorax suffocant.

Les examens pratiqués ont montré une formule sanguine à leucocytose marquée (18.800) et polynucléose (90 %) sans anémie

(4.200.000 globules rouges).

Les examens bactériologiques pratiqués dans le liquide pleural

5 provenant de ponction et. A DeSNTE EE ont montré après cultures

la présence de staphylocoques.

Le traitement institué outre le tr aitement symptomatique calmant et tonique habituel a été la fontamide, le malade en a reçu 100 grammes ; et l'autovaccinothérapie, qui paraissent avoir eu une heureuse influence sur les divers phénomènes (de la staphylococcie

qu'a présenté le malade.

Ma) sufamidothérante a été pratiquée tant loca : 2 FCI =)

Dane 1e antécédents du malade on. relève une staphytococcie |

Radiographie du 1-6-43 Radiographie du 8-6-43 profil droit) A à

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