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CHAPITRE IV

EmplaceaieiK convciuiltle pour, les abeille».

Pendant ces explications, on avait erre du parterre au bosquet, puis on était arrive devant une pièce de gazon plantée ça et là d'arbustes et de jeunes arbres fruitiers.

« Oh ! voilà une position qui me parait admirable pour les abeilles, m'écriai-je en apercevant tout à coup un endroit délicieux recouvert de gazon. C'est comme un petit verger où les ruches se trouveront abritées de l'ardeur du soleil, et, voici au pied de la vieille tourelle, une petite pièce d'eau. Ce bois de tilleuls et d'acacias qui domine de ce côté doit arrêter rimpétuosité des vents, et, en face, cette échappée entre deux collines semble faite à dessein pour senir de grand'route aux abeilles.

— Ces prairies, dit M. Duroseau, et ces champs que vous entrevoyez entre aîs deux collines foni partie de mon domaine. 11 y avait jadis, dans cette gorge étroite que vous venez de désigner comme devant servir de grand'route aux abeilles, un bois de

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frênes qu'un des propriélaires de Tancien château a fîiit couper dans le but d'ouvrir un point de vue. En offet, du haut de la vieille tour, on découvre une vaste étendue de pays et une partie du cours de la Loire.

— Cetle position est admirable en effet, ajouta M. Sarrazin. En vérité, on chercherait bien loin sans rencontrer un lieu plus convenable pour y établir un rucher. Protégées par ces grands arbres et celte tourelle contre les orages; abreuvées par ce charmant retit lac; ayant un chemin pour ainsi dire tout tracé qui les conduira dans les champs et les prairies; si ^os abeilles ne s'y plaisent pas, si elles n'y prosj)èrent pas, certes, on pourra en toute justice s'en prendre à la mauvaise direction de leur propriétaire!... Seu* lement, dès que le m«%rchand vous apportera ses paniers, faites-les placer à quelques pas de distance l'un de l'autre, au pied de ces charmants arbustes, et bornez-vous, pour le moment, à les déposer sur un petit plancher élevé de quelques décimètres au-dessus du sol. Vous aurez soin de tourner l'ouverture qui sert de porle aux abeilles du côté opposé au sentier, alin de pouvoir en approcher sans passer devant elles, ce qui les met souvent en colère.

— Mais je n'ai pas du tout Tinlention de laisser les abeilles dans ces aflVeux paniers, dit M. Duroseau ; je veux, au contraire, les faire passer tout de suite dans des ruches qu'on doit m'envoyer de Paris.

— Quelles sont ces ruches? demandais-je.

— Elles sont de trois modèles différents; je les ai

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remarquées à l'exposilion. Leurs auteurs ont obtenu (les médailles d'argent et de bronze. Elles sont toutes à cadres mobiles, les unes en bois, ornées de vitraux ])our voir travailler les abeilles, et s'ouvrant par un des côtés, tandis que les autres s'ouvrent par la partie supérieure; il y en a aussi en paille, mais admirablement bien faites.

Ruche anglaise* *.

— Vous auriez cependant grand tort de changer vos abeilles de ruches dans ce moment, dit M. Sarrazin.

C*est le nom sous lequel cette ruche a figuré k Tcxposilion de Londres; nous en donnons le modèle exact.

— Pourquoi, je vous prie? je me faisais une fêle (le peupler ces belles ruches .

— Parce que ce serait sacrifier le couvain, et, par conséf|uent, tout espoir d'avoir des essaims celle année, répliqua M. Sarrazin. Et non-seulement vous n'auriez pas d'essaims, mais vous risqueriez de compromettre vos ruches en opérant une mutation sans nécessité.

— Que dois-je donc faire? car il est impossible de mettre ces vilains paniers dans Tendroil le plus apparent de mon jardin.

— Mon cher monsieur, dis-je h mon tour, quand on veut se livrer à l'élève des abeilles, il faut savoir attendre et ne faire les choses qu'en temps opportun. D'ailleurs, d'ici à un mois, six semaines au plus, vous pourrez loger vos propres essaims dans vos belles ruches. En attendant, mettez les autres dans les places les moins en vue.

— C'est ce que je ferai, » répliqua-t-il en nous reconduisant jusqu'à la voiture.

Nous prîmes alors congé de notre apiculteur, en lui promettant de revenir le voir lorsque ses nouvelles ruches seraient arrivées.

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