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CHAPITRE III

Rache écossaise, dite ruche A hausses.

Raehes ik séparation horiasonlale.

M. Warembey a ressuscité, sous le nom de ruche française, Tancienne ruche écossaise, tant vantée jadis par ceux qui ont voulu l'introduire en France.

Cette forme de ruche, composée de tiroirs superposés auxquels on a donné le nom de haiisseSj a été fort en vogue en Ecosse veis la fin du dix-septième siècle.

Le fond est en dessus ; elle est garnie d'ouvertures sur les côtés pour le passage des abeilles et recouverte par une planchette de même diamètre, maintenue par des barres.

Les hausses tiennent ensemble au moyen de crochets en fer, ou même d'attaches en osier. Oh fixe ces attaches au même point à toutes les hausses, pour pouvoir les changer de place ou les mettre d'une ruche à une autre. Toutes les hausses doivent être de même dimension pour toutes les ruches d'un rucher.

Il est fort à craindre que M. Warembey n'échoue

180 TUOISIÈÎIK PAIITIE.

dans sa tenlativc, car c'est déjà en vain que ses prédécesseurs ont essayé de iKDpulariser cette sorte de ruche. M. Gélien père, pasteur en Suisse, lui ayant fiiit subir quelques modifications, voulut l'exploiter en France par privilège du roi, sous le cardinal de Fleury, et après lui, Duchet, de Mussac, de Bois-

Ruche écossaise.

Jjugan, Palleau, Beaunier, Ravenel, Cuingien, Baville, Mahogani, Caignard, Vinscl et d'autres encore, car la liste est longue. La ruche à hausses offre en théorie liant d'avantages, que celte forme par division a séduit un grand nombre d'auteurs ; mais jusqu'à présent elle n'a été adoptée que par un petit nombre d'amateurs. Les divisions qui en font tout le mérite sont précisément l'obstacle le plus insurmontable au bien-èlre des abeilles.

VAIUÉTÉ DE niCUES. 181

Je dois peul-ôlrc menlionncr ici la ruche de M. Serain ; ses tiroirs ne sont pas superposés, mais placés les uns à côté des autres, et sont percés de quelques trous pour que les abeilles puissent communiquer ensemble. Cetle disposition a tous les défauls des ruches \\ hausses, dessus plat, isolement des groupes d'abeilles, etc., sans que rien compense le changement de place des tiroirs.

Je suis donc Irès-fâché de ne pouvoir me ranger de son avis sur l'utilité pratique de la ruche à hausses, telle qu*il l'a décrit. En fait de ruches à hausses, je ne reconnais de praticiibles que les excellentes ruches <le M. Radouan. I^es abeilles y jouissent de tous les avantages des ruches d'une pièce, et l'apiculteur peut aussi facilem'ent s'emparer d'une ou de plusieurs hausses qu'en se servant de la ruche française.

M. Gélien fils est l'auteur du genre de ruches à séparation, qui depuis a été perfectionné par MM. Bosc, Féburier, etc., et dernièrement par M. Château \

Telle que M. Gélien l'avait faite, elle consistait en une grande boîte en bois, déforme carrée, sciée par le milieu; les deux parties étaient séparées par une cloison fort mince qui ne laissait d'autre communication entre elles que quelques miljimètres dans le bas de la cloison. On voit que cette cloison mettait obstacle à la réunion des abeilles en un seul groupe ; elle les forçait à abandonner une partie de la ruche pendant la saison froide, ce qui favorisait l'introduc-

* M. Château a obtenu une médaille de bronze h Texposition de 1849.

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lion des animaux ou insectes nuisibles. De plus, sa partie supérieure était plate, ce qui est, on ne saurait trop le répéter, tout à fait contraire à la santé des abeilles.

M. Féburier l'a modifiée assez heureusement; sa ruche est plus large du bas que du haut et un des côtés est moins élevé que l'autre, en sorte que le dessus forme un toit légèrement incliné.

La porte se trouve divisée en deux par la coupe de la ruche; la cloison qui séparait les deux moitiés a été complètement retranchée; alors, pour pouvoir les disjoindre commodément, il s'est vu forcé de placer d'avance des portions de gâteaux pour diriger le travail des abeilles.

Je rie puis mieux faire que de citer ici l'opinion de M. Radouan, que je partage entièrement, car elle est le résultat du plus judicieux examen.

« Cette ruche, dit-il, est très -commode pour faire des essaims artificiels par séparation : il suffit de la diviser en deux et d*ajouter à chaque partie une demiruche vide ; mais je crois cetle grande facilité bien funesle, car M. Féburier, étant occupé une moitié de la bonne saison à forcer ses ruches à essaimer, parait être obligé d'employer l'autre à les nourrir avec du miel, des sirops, etc. 11 me semble leur donner bfsaucoup plus qu'il n'en retire, et c'est là une suite inséparable de ses divisions.

« M. Féburier conseille, pour forcer les abeilles à convertir le miel en cire, d'enlever successivement les rayons du centre; cette méthode est aussi perni-

cieuse que les essaims forcés ; car ces rayons contiennent du convain, au moins à l'état d'œufs ou de vers, et du pollen nouveau, qui sont perdus. Les abeilles sont détournées de leurs occupations favorites et ordinaires, qui sont la récolte du miel et l'éducalion du couvain. 11 ne peut, au surplus, jamais y avoir de bé-

Ruche Fcburier,

néfice, puisque M.Hubera constaté quel kilogramme lie miel ne produit qu'environ 60 grammes de cire. » C'est M. Féburier qui a traité l'article abeille dans la Maison rustique du dix-neuvième siècle. Cet auteur prétend que les abeilles savent nourrir leur reine de certaines substances qui augmentent ou diminuent la

nî TROISIEME l>ARTJt.

ponle, suivant les besoins de l«a ruche ou le plus on moins crabondance des fleurs.

M. Uebeauvoys, auleur d'un manuel d'apiculture, répète ces assertions.

Il est impossible de constater le genre de nourriture que les abeilles donnent à leur reine ; mais il est bien facile de se convaincre de la légèreté de ces affirmations répétées : car, si cela élait, pourquoi verraiton, lorsqu'on enlève les rayons ou la partie des rayons destinés à la ponle de la mère abeille, plusieurs œufs dans la même cellule, œufs qui sont sacrifiés par les ouvrières, à l'exceplion d'un seul? Certainement, si les abeilles le pouvaient, elles arrêteraient ces pontes inutiles eu donnant h la mère la nourriture dont on parle.

L'ouvrage de M. Féburier contient plusieurs observations assez intéressantes, mais dont il n'a pas suffisamment conslalé l'exactitude. Ainsi, il avance qu'une ruche bien peuplée peut donner un essaim composé de 30,000 abeilles : or, pour que cela fut exact, il faudrait que cet essaim pesât près de quatre kilogrammes et demi, ce qui ne s'est jamais vu ; car les plus forts dépassent rarement la moitié de ce chiffre.

Je terminerai en disant que la ruche Féburier ne saurait convenir jwur une exploitation un peu forte, et que, pour un simple observateur, celle deM. Huber est encore bien préférable.

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