‹ Les abeilles et l'apicultureChapitre 38 sur 42 · CHAPiTRE IV · texte numérisé non relu

CHAPiTRE IV

De la cire.

La cire est une des productions les plus importantes de réconomie rurale; elle est Tobjet d'un commerce considérable. Son prix varie suivant sa beauté, son plus ou moins d'oncluosité, de criant, et selon d'autres qualités recherchées par les marchands de cire et les fabricants qui emploient celte substance; comme ces qualités dépendent un peu de la manière de l'extraire des rayons, il est nécessaire de savoir quelle est la méthode la plus sûre pour obtenir les meilleurs résultats.

Je ferai d'abord remarquer que la cire vierge, celle que les abeilles n ont encore ni colorée ni propolisée, est plus douce au toucher, qu'elle ressemble presque à une graisse animale, n'ayant ni l'odeur ni le criant de la cire propolisée et colorée, qu'elle se fond plus facilement, et enfin qu'elle n'a pas autant de ténacité.

La plupart des auteurs indiquent comme un bon moyen d'extraction de mettre la cire dans un vase

clitUiffé médiocrement; elle se fond aussitôt, les corps étrangers qui surnagent sont enlevc's avec soin, etc.

Quelque modéré que soit le feu, il nuit à la qualité et à l'odeur de la cire ; il est bien préférable de la fiiire fondre dans l'eau, et voici comment il faut s'y prendre :

Après avoir neltoyé autant que possible les rayons des matières qui pourraient la salir ou lui communiquer une mauvaise odeur, on la meltra dans un sac de toile claire qu'on maintiendra dans une chaudière pleine d'eau bouillante. Le sac doit être entièrement sous Teau, et l'eau doit èiVii entretenue bouillante au moyen d'un feu doux. La cire s'élève à la surface de l'eau à mesure qu'elle fond, et on Tenlève aussitôt avec une grande cuiller comme celles dont on se sert pour écrémer le lait. On la jette dans un autre vase plein d'eau chaude; le peu d'ordure qui pourrait y être resté s'en sépare facilement, et la masse, en se refroidissant, se trouve presque assez ferme pour être livrée immédiatement au commerce.

Ce mode d'extraction est beaucoup plus prompt et moins embarrassant que celui qui est pratiqué ordinairement. On éprouve moins de perte et on ne risque pas de chauffer la cire à un point qui rende son blanchiment plus difficile et son odeur moins aromatique.

Une observation remarquable, c'est que les miels de couleur brune ou jaune foncé fournissent une cire plus blanche que les miels blancs du midi de la

K8 CINQUÎÈME PARTIE.

Finance. La même chose a lieu lorsqu'on nourrit les abeilles avec des matières sucrées. La cassonade qui est presque noire donne une cire plus onctueuse^ plus blanche que celle qu'on obtient en nourrissant les abeilles avec du sucre blanc.

Au reste, un kilogramme de cire en rayon, ayant déjà servi aux abeilles pour y élever leurs larves, ne rend à la fonte qu'un demi-kilogramme environ, tandis qu'on éprouve peu de diminution avec les rayons qui n'ont servi qu'a emmagasiner le miel.

Page 1