‹ Les abords de la région inconnue [microforme]Chapitre 27 sur 90 · LES ABORDS CS · texte numérisé non relu

LES ABORDS CS

de semblables recherches entre le Spitzberg et No

vaïa-Zemlia. Ces recherches furent dirigées parla Une miral Lutke, qui fut employé à lever la côte de limpo Novaïa-Zemlia de 1824 à 1824. En 1821, il examin@@f P'ésen la côte ouest de Novaïa-Zemlia jusqu’à 74°45/ norff 205 ill et la trouva libre de glace. En 1829, il alla jusqu'afif Édoua cap Nassau, par 76° 33’ nord, en août, maisil Plus in trouva la glace entassée en telle quantité, quil "ations était impossible d’aller plus loin. Une tentativeal Ainsi, doubler le cap Nassau dans le même mois fut éM les exr lement sans succès et pour la même cause. En 1821 deux de il mit à la voile avec l’ordre d'atteindre une ht °°Mme tude aussi élevée que possible, à distance de la cokBB P'endre Il arriva au bord de la masse glacée par une kit ‘* ‘oya tude de 75° 30’ nord, et il l’exaznina dans la direc: ème à tion de l’ouest jusqu'à 43°49’ de longitude est @f M0ÿen Greenwich (par une latitude de 76° 5 nord), d'à ches fr u il la vit s’étendre au loin vers l’ouest. | le génie Ainsi, tandis qu'Hudson, Poole, Fotherby, Tchi de 50 n schakov, Phipps, Scoresby, Buchan, Clavering «M ‘ parti des centaines de baleiniers avaient soigneusemeil fe, ‘a e

examiné le bord extérieur de la puissante mas de la glace polaire au nord du Spitzberg, les voyi

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ges de Barents et d’autres marins holland] ? Î0re, d'Hudson, de Wood et de Lutke, remplirent M ‘‘4ues. 1 même office entre le Spitzherg et Novaïa-Zemli Marque Hudson dans une direction, et Buchan dans l'a Ponts s tre, firent les plus vaillants, mais les plus infrut découvrit tueux efforts pour se forcer un passage à travers i tion arct masse semée d'énormes banquises et champs Le pro ‘n voyag

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Une longue expérience a suffisamment prouvé l'impossibilité de faire voile au Pôle Nord, et il se présenta à l'esprit de deux des plus éminentes de nos illustrations arctiques, Sir Jean Franklin et Sir Édouard Parry, que le vrai moyen d'accomplir la plus importante et la plus intéressante des explorations était de voyager en traîneau sur la glace. Ainsi, la seule méthode efficace à employer dans les expéditions arctiques fut enfin suggérée par deux des plus hautes autorités sur le sujet. Parry, comme on vit plus tard, se trompa sur la route à prendre et sur la saison de l’année à choisir pour ce voyage, mais il jeta les fondements de ce sysème approfondi d'investigations arctiques au moyen de traineaux, qui a depuis porté d’aussi riches fruits, et qui a été porté à la perfection par le génie de Sir Léopold Mac Clintock. L’exploration

| de 50 milles de côte par Mac Clintock en une de

ses parties de traîneau vaut plus pour la science que la découverte de 500 milles par un navire. Dans le premier cas, la côte est soigneusement relevée et l’on se rend plein compte de sa faune, de sa flore, de sa géologie et de ses caractères physiques. Dans le second, on voit une rôte et on la marque d’une façon peu exacte par une ligne de points sur une carte, et c’est tout. Jusqu'à ce qu'on découvrit l’art des voyages en traîneau, l’exploration arctique resta dans l’enfance.

Le projet de Parry, d'essayer d'atteindre le Pôle

glace ou à travers les espaces d’eau libre qui pour-

en voyageant avec des bateaux-traîneaux sur la

4 ‘ :. LES ARORDS

d’atteindre un port sûr et non de se hâter à gagner

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raient se rencontrer, fut approuvé par l’amirauté, et, le 3 avril 1827, il mit à la voile avec l’Héch, dans l'intention de faire une tentative dans le méridien du Spitzberg. Après avoir doublé le cap Hakluyt, l’Aécla atteignit la très-haute latitude de 81° 5’ nord, avec rien que des glaçons en dérive au nord, et nuile apparence de la masse de la glace polaire. C'était le 14. Mais le but de Parry était

le nord avec son navire, et enfin il réussit à trouver un bon mouillage pour l’Hécla dans une baie qui fut appelée crique de l’Hécla, sur la côte nord du Spitzberg, par 79° 55’ de latitude nord et 16° 53 de longitude est de Greenwich.

Alors commença cet essai hardi et intéressant, qui, quoique non couronné de succès, devait fourair aux futurs explorateurs des renseignements de grande valeur et qui devait exciter en eux un esprit de généreuse émulation. L’Hécla fut amarré sans accident dans la crique qui porte son nom et laissé sous le commandement du lieutenant Cro- ‘zier, le futur collègue de Ross dans son voyage antarctique et de Franklin dans sa grande, mais fa tale découverte du passage du Nord-Ouest. Le 91 juin, par une belle après-midi, par une température de 4° au-dessus du point de congélation (1), les deux bateaux l'Entreprise et la Tentative furent armés et partirent pour le Pôle Nord. Parry lui même, avec M. Beverley, était daus le premier,

(4) Il s'agit ici du point de congélation du thermomètre de Fahrenheit, ce qui donne — 14, 44 centigrade. (Tran):

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tandis que Jacques Ross et Édouard Bird commandaient le second. Dix soldats de marine et deux marins formaient l’équipage de chaque bateau. Les bateaux étaient à fond plat avec une largeur maxima de 7 pieds, soutenue très-loin vers l'avant et vers l'arrière, longs de 20 pieds et avec une membrure en bois dur de frêne et de noyer d'Amérique. À l'extérieur de la membrure, on avait adopté un nouveau système de bordé en planche pour assurer aux bateaux de l’élasticité dans les fiéquentes rencontres avec la glace. Ce bordé coneistait d'abord dans une enveloppe de toile imper-

| méable, enduite de goudron, puis d’une mince

planche de sapin, puis d’une feuille de feutre, et enfin d'une mince planche de chêne, le tout assujetti à la mernbrure par des vis de fer. De chaque côté de la quille, il y avait un fort patin garni de métal, comme celui d’un traîneau, et sur lequel le

| bateau reposait entièrement quand il était sur la

glace. Les extrémités antérieures des patins étaient reliées par une patte d’oie en cuir, sur laquelle s'attachaient deux traits en crin. Chaque bateau

‘avait deux bancs de rameurs, un coffre à chaque

extrémité, un léger caisson le long des côtés, pour contenir des provisions et des vêtements de re-

‘Change, un mât de bambou, une voile en toile

tannée, 14 petits avirons et un aviron de queue. Le temps était clair et calme, et, comme ils passaient à la rame les Sept Iles, les chances semblaient très-

|' favorables, avec les glaçons que la mer charriait devant eux; mais, le 23, ils arrivaient à la masse

glacée, et ils furent obligés de tirer leurs bateaux sur une banquise par 81° 1251” nord.

Les opérations du voyage commencèrent alors. Le poids de chaque bateau était de 1,539 livres (4), et le poids total, avec les provisions, de 3,753 livres, soit 208 livres par homme, outre quatre légers traîneaux pesant chacun 20 livres. La ration quotidienne de chaque homme était 10 onces de biscuit, 9 de pemmican, 1 de cacao et un gil! (2) de rhum. Ils dormaient dans les bateaux avec les voiles pour tentes, et ils voyageaient pendant la nuit.

Le voyage de Parry fut un des plus pénibles et des, plus décourageants qu’on puisse concevoir, et il demanda un degré étonnant 4e résolution vigoureuse à la fois chez les officiers et chez les ma-

telots. La saison présentait un caractère tout à fait

exceptionnel. Il avait tombé plus de pluie que perdant les sept étés précédents pris ensemble, et le grand champ de la glace polaire, qu'on rencontre généralement dès 80° ou 81°, n’avait pas encore ‘ commencé à dériver au sud. Ainsi il fallait voyager sur une masse brisée et partagée en glaçons, délabrée et abîimée par l’eau de la pluie. Les banquises étaient de petite étendue, entrecoupées par hautes crêtes de hummocks (3), et les homme avaient à faire trois et quelquefois quatre voyages

(1) Nous rappelons au lecteur que la livre anglaise vaut 453 grammes. (TRaAD.).

(2) Le gill vart 13 centilitres. (TRap.).

(3) Faute de mot correspondant en français, nous gardoni le mot anglais de hummock pour désigner les grosses bossts

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avec les bateaux et les provisions ; et les mares d’eau qui séparaient les hummocks forçaient sans cesse de mettre les bateaux à l’eau et de les en retirer.

La pluie avait creusé dans les banquises des trous

d'eau où l’on enfonçait jusqu’au genou, la neige était molle et lourde, et en bien des endroits il y avait de grandes masses de ce que les matelots appelaient « de la glace à canif. » Cette glace est composée d'innombrables cristaux en forme d’aiguilles placés verticalement les uns contre les autres, longs de 5 à 40 pouce: et pointus des deux bouts. Parry la décrit comme ressemblant, à distance, à du velours vert, et il pensa qu'elle devait être formée par de grosses gouttes de pluie tombant à travers la glace. Ce n’est que le 7 juillet qu'ils atteignirent une banquise à surface plate; le 44, ils trouvèrent que la glace devenait de plus en plus lourde, avec des rangées de kummocks, hauts de 30 à 40 pieds. du haut desquels on ne voyait que de la glace dans toutes les directions. Le 20, ils hissèrent leurs bateaux sur une banquise d'environ un defni-mille de longueur, épaisse de 15 à 20 pieds, bordée d’énormes hummocks, ce qui indiquait une effrayante pression à un moment ou à un autre. Entre les lourdes banquises, il y avait de la glace récente, épaisse de 2 à 3 pieds seulement, qui s'était formée pendant l’hiver précédent dans les interstices

| de la masse. Le 22, ils arrivèrent à des banquises

à Ou protubérances de glace sur les banquises. Ces protubé-

rances s'élèvent par la pression et la jonction de plusieurs blocs à la surface d’un champ de glace. (TRan.)

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de 3 milles carrés, épaisses de 15 à 20 pieds, et là enfin ils semblent avoir approché de cette lourde, masse glacée du pôle que les autres expéditions ont rencontrée aussitôt qu'elles étaient en vue des rivages septentrionaux du Spitzberg.

Mais il était trop tard. Le mois d'août approchait, et la glace dérivait de plus en plus au sud, à un degré tel, que ce mouvement de dérive leur faisait perdre presque autant qu'ils gagnaient par de longues heures d'un travail pénible et fatigant de hallage. Le mouvement de dérive au sud dépassait 4 milles par jour. Il était inutile de continuer des efforts aussi infructueux, et Parry, à la fin, résolut de revenir sur ses pas. Sa plus haute latitude fut atteinte le 23 juillet, et fut trouvée être 82° 45 nord. De ce point il y avait toujours un fort miroi-

tement jaune de glaces, s'étendant sur l'horizon k

septentrional, et montrant que la glace polaire s’étendait encore loin dans la direction du nord; car la teinte jaune dénote un champ de glace. Ils étaient inaintenant à 172 milles de /’ÆHécla ; mais ils avaient voyagé sur un espace de 292 ‘milles, 200 par eau, avant d'atteindre à la glace, et 92 sur la glace et les glaçons. Les bateaux retournèrent à la crique de l'Hécla, après une absence de soixante et un jours, le 21 août ; et l’Hécla, mettant voile quelques jours après, arriva dans la Tamise le 6 octobre. Parry ne vit aucun signe de terre du point extrême qu'il atteignit au nord ; mais il y avait de la boue dans quelques trous de la glace par 82° de latitude nord. Parry vit à distance, à l’est des Sept

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Ren, de Charles XII, de Broch et de Foyn au nord de celle-ci; les deux dernières üécouvertes par M. Leigh Smith, en 1871. Le lieutenant Foster releva une partie du détroit d’Hinlopen, dans la direction du sud, jusqu'à 79° 33° de latitude nord, et il donna les noms de cap Fanshawe et d'île Foster à une pointe de terre et à un petit groupe de ce détroit à son extrémité,

Par ce courageux essai, Parry, malgré tous les

L obstacles et toutes les difficultés qui lui barrèrent

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le passage, parvint à la plus haute latitude jamais atteinte dont il y ait une preuve authentique. La principale cause de son manque de succès fut le caractère extraordinaire de la saison et l’excès inusité de pluies; mais, dans son système de voyage, il y a plusieurs erreurs que l’expérience devait corriger. La première de ces erreurs était le choix de la saison à préférer pour ce voyage. S'il avait hiverné dans la Crique de l'Hécla et s'il était parti avec de légers traîneaux et des bateaux sur patins au commencement de février, il aurait pu faire de grands progrès avant que la glace eût commencé à dériver, marchant droit au no d d’une façon quotidienne et régulière avant que ses provisions fussent à moitié dépensées.

Une autre méprise fut dans la ration quotidienne de viande, qui était trop petite, comme l'expérience la montré, et le poids de 264 livres par homme

| était trop élevé; mais ces faits ne pouvaient s’ap-

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prendre que par l'expérience, et Sir Édouard Parry a le mérite d'avoir été le pionnier des explorateurs arctiques et d’avoir montré le vrai moyen de pénétrer dans la région inconnue du Pôle. La troupe qu’il conduisait garde l'honneur d’avoir atteint la plus haute latitude au nord qui ait encore été atteinte par l’homme civilisé.

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