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CHAPITRE VI

LA ROUTE DU SPITZBERG (Suite).

Courants dans les mers du Spitzberg. — Expédition suédoise, — Première expédition allemande. — Heuglin. — Lamont et Birkbeck. — Leigh Smith. — Les Norvégiens. — Circumnavigation du Spitzberg par Carlsen. — Voyage de Tobiesen. — Nouvelle découverte de l'île de Wiche. — Flotte de pêche des Norvégiens. — Expédition suédoise, de 1872-73. — Expédition de secours. — Voyage de Leigh Smith, en 1872. — Théories du bassin polaire.

Depuis le dernier voyage de Parry, un grand travail a été accompli, dans les mers du Spitzberg et sur le bord de la masse polaire, par les Suédois, des yatchsmen (marins amateurs) anglais, des Allemands et des Norvégiens. Ainsi, les côtes ouest et nord du Spitzberg avaient été bien connues pendant environ trois siècles, et il est nécessaire de faire maintenant une courte allusion aux causes naturelles qui ont permis à des milliers de navires de les visiter peudant les deux cent soixante-seize dernières années, tandis que la côte est et les îles au large attendent une exploration complète ; car

les efforts modernes ont surtout eu pour but d’étendre notre connaissance de la côte est, la moins connue du Spitzberg.

Le grand archipel du Spitzberg ressent les effets de deux courants océaniques qui coulent de deux directions opposées. Le courant polaire coule de l'est à l’ouest le long de la côte de Sibérie, recevant de grandes quantités de bois que les fleuves asiatiques lui apportent dans leurs eaux. Ensuite, il passe rapidement autour de l'extrémité nord de Novaïa-Zemlia, et il pousse la glace du Pôle et les arbres de la Sibérie sur les côtes nord-est et est du Spitzberg et sur les îles qui sont au large. Voilà pourquoi la côte estencombrée de glaces ia plupart du temps et pourquoi ses rives sont couvertes de bois flotté en dérive. Le courant polaire fait aussi descendre la glace entre le Spitzberg et le Groënland, et le long de la côte est du Groënland jusqu'au cap Farewell à la vitesse marima, suivant Scoresby, de huit à douze milles par jour.

Le courant chaud, venant de l'Atlantique, se bifurque à l'extrémité sud du Spitzberg. Une partie continue à couler vers la côte de Novaïa-Zemlia, où elle mêle définitivement ses eaux avec celles du courant polaire. L'autre branche remonte et longe la côte ouest du Spitzherg, la gardant ainsi comparativement libre de glaces, quoique la glace qui s'échappe des fiords du Spitzberg la borne à quelque distance de la terre. Quand elle rencontre le courant polaire, sa plus grande pesanteur spécifique, causée parce qu'elle contient plus de sel: que l'eau

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du Pôle, la fait plonger dans les profondeurs de la mer et, pour un temps, devenir un courant sousmarin coulant dans une direction opposée à celle du courant polaire. L'eau salée pèse 28 ‘/, plus que l'eau distillée, et le Gulf-Stream contient trentecinq millièmes de sel pour trente-trois millièmes dans le courant polaire. Bien plus, des masses d'eau qui se meuvenñt rapidement ne modifient pas promptement leurs températures réciproques; de sorte qu'un courant chaud peut couler sous une couche froide pour une distance considérable sans se mélanger. Quand M. Leigh Smith se rendit compte de la température de la mer à différentes profondeurs, au large de la pointe nord-ouest du Spitzberg, tandis que l’eau à la surface était seulement à 1° ou 2° du point de congélation, il trouva à cinq cents brasses une température de 52° Fahrenhait (11° 41 centigrade), et même une fois de 64° Fahrenheit (17° 77 centigrade).

Scoresby aussi pense que la couche chaude est une extension du Gulf-Stream qui, quand il rencontre près de la glace une eau plus légère que la sienne, plonge sous ia surface et devient pour un

temps un contre-courant inférieur. La branche du

Gulf-Strearn, ani devient ainsi un courant, sousmarin, mêle lentement et graduellement ses eaux à celles des courants polaires à mesure qu’elle perd

| sa rapidité par la tendance qu'a l'eau chaude à s'élever. Ainsi, Forchhammer a constaté que le-cou- «

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