‹ Les abords de la région inconnue [microforme]Chapitre 39 sur 90 · LE PE · texte numérisé non relu

LE PE

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son descendant Nicolas Zéno, quand il retoucha la carte, s'explique aisément par l'entière ignorance du premier sur l'endroit où se trouvait chassée la flotte après huit jours d’ouragan. Le récit de Zéno se termine de fait avec cet épisode et le retour du reste de la flotte en Frislande. Les nombreuses énigmes qu'il contient, ont, il faut le reconnaitre, reçu la solution la plus complète des mains de M. Major. Si les faits que M. Major a découverts avaient été compris, comme ils pouvaient l'être, il y a trois cents ans, Martin Frosbiher aurait évité la méprise de prendre le Groënland pour la Frislande de Zéno qui, en réalité, signifie les îles Féroë; une armée de savants, qui ont commenté ce voyage depuis la même époque, aurait été dispensée de se tromper et de tromper les autres par de bizarres théories. Le site de la vieille colonie du Groënland aurait été établi depuis longtemps sur la plus haute autorité possible et les rois de Danemark, depuis Frédéric II, se seraient épargné la nécessité d'envoyer un grand nombre d’expéditions infructueuses. Plus d’un ouvrage, sorti des plumes de quelques-uns des plus illustres érudits d'Europe, aurait été rendu inutile, et le nom d’un noble personnage, occupant la position de membre du conseil des Dix dans la république de Venise, aurait été préservé de l'accusation infâme et injustifiable de mensonge et de falsification.

Pourtant cette mépriseeut du bon, car la croyance erronée à une colonie perdue sur la côte eet du Groënland causa l’envoi de plusieurs expéditions

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ucha la arctiques. Il n’en fut pas envoyé moins de huit par ance du les rois qui se succédèrent en Danemark, mais auassée la cune d'elles ne put atteindre la côte, le long de la de Zéno partie sud de la côte est du Groënland, bien que , retour MR quelques iles aient été découvertes par le capitaine abreuses Donnell. Hudson, comme nous l’avons dit (4), vit la nnaître, terre qu’il appela Æold with Hope (Tenons ou Tenez nains de bon avec espoir), mais beaucoup plus dans la direccouverts tion du nord; et, en 1654, un pilote hollandais, nt l'être, nommé Gale Hamke, fut aussi en vue d’une terre. rait évité Une baie fut marquée avec son nom sur les vieilles la Fris- cartes hollandaises.

es Féroë: La précieuse carte de Van Keulen, dans les archi- Le VOYAGE ves de la Haye, montre une terre formant partie de

sée de se la côte est du Groënland par 77° 10° de latitude

bizarres nord, appelée terre d’Edam, et découverte en 1655 ; roënland plus au nord encore par 78° 20° nord, une autre lus haute pertie de la côte fut vue en 1670 et marquée sur la k, depuis MR tarte comme Jerre de Lambert. Scoresby a le grand sité d'en- M mérite de s'être forcé un chemin à travers les glainfruc- çons qui encombraient les abords de la terreen juin jumes de M 1822, et d’avoir relevé une ligne de côte depuis la d'Europe, baie de Gale Hamke, par 75°, jusqu’à 69° delatitude. un noble M ll trouva une ligne de montagnes, élevées de 3 000 ombre du WA Pieds en moyenne, entrecoupées de précipices et où bnise, au- des pics et d’âpres rochers dessinaient leurs profils st injusti- D Sur le ciel. Il y avait beaucoup d'ouvertures ou de détroits, et Scoresby suppose que la côte qu’il avait examinée pour une distance de 400 milles consistait

à croyance te eet du xpéditions (4) Voir page 28.

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en un assemblage d'îles. La banquise qui s’étendait du rivage était large de 100 milles ; il ÿ avait des chaînes d'énormes icebergs, produit des immenses glaciers de l’intérieur ; pourtant; il y avait peu de difficultés à naviguer le long du canal qui citoyait la rive.

Du point atteint par Scoresby au sud, par 69 de latitude nord, il y a une longue étendue de côtes qui n’a pas été encore explorée, mais l'extrémité sud de la côte est du Groënland a été explorée par le capitaine Graah, de la marine danoise, qui, en 1828, quitta Copenhague avec cette mission. Il organisa son expédition avec deux canots de femmes et deux kayaks, à Nenortalik, l'établissement de Groënland. le plus voisin du cap Farewell et il partit le 20 mars 4829 avec quatre Européens et douze Esquimaux. En atteignant la côte est, ils trouvèrent des masses de glaces empilées sur la rive, de telle façon qu'ils avançaient très-lentement, et le capitaine Graah renvoya tout son monde à l'exception de six Esquimaux, deux hommes et quatre femmes, avec un fragile bateau. Cette séparation eut lieu le 23 juin par 61° 46’ 40” nord, et avec sa petite troupe il s’avance dans la direction du nord jusqu’à 65° 18, le 28 juillet. A la fin, il fut arrêté par uue barrièreinsurmontable de glaces et il fut obligé de battre en retraite vers la fin d'août. Le capitaine Graah passi l'hiver en un endroit appelé Nurgalik par 63° 22 de latitude nord, etil retourna aux établissements de la côte ouest du Groënland dans l'été de 1830. Entre 60° et 65° sur la côte est, il trouva de cinq à

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nord & atteint encore J'ai Claveri observe pour la 1823. L

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six cents habitants, et on lui dit qu’il y en avait beaucoup plus au nord; mais, du point extrême nord atteint par Graah jusqu’au point extrême sud atteint par Scoresby, la côte est du Groënland est encore inconnue (4).

J'ai déjà raconté que le Griper, avecles capitaines Clavering et Sabine à bord, après avoir complété les observations du pendule au Spitzberg, fit voile pour la côte est du Groënland vers la fin de juillet 1823. Le 28, on essaya de passer à travers la glace

| qui isole cette côte orientale, par une latitude de

170 30'nord; mais le navire fut arrêté par un champ compacte et uni de glace long de 60 milles. Le 2 août, le Griper entra de nouveau dans la glace par une latitude de 75° 30’ nord et passa à travers les glaçons flottants, le long du bord des solides champs de glaces, dans la direction du sud-ouest, réussissant ainsi à atteindre la côte. Pendant qu’on traversait la glace, on ne remarqua rien qui indiquât un courant méridional. On fit, entre les parallles de 76° et 72°, la terre la plus septentrionale restant au nord 29° ouest, un lever de la terre qui consistait en montagnes élevées et escarpées, détoupées par des baies et par des fiords profonds. Le capitaine Clavering explora aussi la baie de Gale Hamke par 74° nord, baie qui est représentée exacte-

(1) L'ouvrage da capitaine Graah fut traduit et publié par

la Société Géographique de Londres, en 1847, avec une carte : Narrative of an Expedition to the east coast of Groenland,

#nf by order of the King of Denmark, in search of the lost co- : lnies, by W. À. Graah, translated from the Danish by G.Gordon Macdougal, Londres 1837, in-8,

ment en ce qui concerne la latitude dans une vieille partit de carte gravée par Pierre Goos, en 1666, douze ans fer tout : après le voyage de Gale Hamke. Là, on rencontra et la Car quelques Esquimanx, découverte très-importante, le but de car il y a raison de croire qu'ils sont venus là dela DS une latit: région inconnue du nord et non pas du sud. En une épot établissant sa carte de la ligne de la nouvelle côte, comme le capitaine Clavering eut soin de garder les anciens Groënlan noms (1). glace en La dernière expédition qui alla chercher la colo. arctique, nie perdue sur la côte est du Groënland fut entreprise avoir ren par MM. Antoine Gibbs et fils, ces éminents négo- ble un ciants de Londres et de l’Amérique du Sud; ellelk Æ Zmbro, fut à l'instigation de M. T. W. Tayler, chimiste et ES trre qu'o enthousiaste, que ses lectures de littérature islan- Six, Mais daiseavaient amené à croire que l'on pourrait retro. se dirigea ver la colonie perdue et établir un commerce floris: sant. La couronne du Danemark accorda une charte à MM. Gibbs, par l'intermédiaire de M. Tayker, pour le droit exclusif de commerce avec la côte est du Groënland. Le 21 août 1863, une expédition

(1) Les noms donnés par lui sont ceux-ci :

. Ile Shannon; . Aiïlsa ;

. Cap Philippe Brooke; . Crique Ardencaple; . Iles du Pendule : . Cap Borlase Warren; . Cap Dresbrowe; . Colline Jordan;

. Rocher Bass; . Loch Fine;

. Le Haystack (rocher); . Baie Forster.

. Crique Roseneath;

Les anciens noms sont : le Hold with Hope d'Hudson, là à baie de Gale Hamke et l'ile Brontekoe, krre, ils

Le vieille UZze ans ncontra ortante, là de la sud. En lle côte, s anciens

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partit de Gravesend, consistant en deux steamers de fer tout à fait sans défense, appelés le Baron Hambro et la Caroline, sous la conduite de M. Tayler, et dans le but de fonder un établissement à Ekalumiut par

une latitude de 63° nord. La raison pour naviguer à

une époque aussi avancée de l’année était que, comme les ports plus au sud sur la côte ouest du Groënland ne sont pas ouverts jusqu’à ce que la glace en ait été enlevée au passage par le courant arctique, on croyait que la même opération devait avoir rendu la côte est libre ou tout au moins acces-

M sible un peu plus tôt. Le 5 septembre, du Baron

Hambro, dans le voisinage d’Ekalumiut, on vit la terre qu'on estima être à une distance de 40 mills. Mais la glace était si fortement pressée qu'on se dirigea vers le nord et, par 63° 30’, on essaya de pénétrer dans la masse glacée; on la trouva si compacte qu’elle fut impénétrable, et c’est à grand’peine que le navire s’en retira. Le 8 septembre, ou fit un autre essai infructueux dans la glace par 62° 30, et le 10, on en fit encore un par 64°. Il était devenu douloureusement manifeste qu'il était inutile d’esfayer de trouver ou de se forcer un passage à traers la banquise qui séparait les navires de la terre, un seul espoir leur restait, c'était que le vent thassât la glace de la terre. Le 11, un vent violent du sud-ouest se leva et dura trois jours; pendant t temps le Baron Hambro et la Caroline furent obligés de se réfugier en pleine mer. Quand le vent se talma, ils revinrent et, à environ 120 milles de la krre, ils furent arrêtés par un immense champ de

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glace, que les steamers côtoyèrent à toute vitesse pendant plusieurs heures. A la fin, ils doublèrent à pointe méridionale de la glace et arrivèrent à % milles de la terre par une latitude de 60° nord; mai là encore, ils furent arrêtés par une barrière impénétrable que formait la glace pressée sur le rivage, Il n’y avait aucun chenal entre la terre el la glace, La tentative fut alors abandonnée et l'expédition revint en Angleterre (1).

Mais l’insuccès fut attribué à l'emploi 4e navires qui n'avaient pas été suffisamment : tés à la

navigation dans la glace, et MM. GibL. solurat|

de faire une nouvelle tentative sur une granit échelle, L'année 1864 fut employée à construire l'Érik à Dundee. C'est un beau steamer dt 412 tonneaux avec une machine de 70 chevaux, vraiment fortifiée pour lutter contre la glace &t l'avant armé de ceirture en cornières pour donner l'assaut aux glaçons. L'Érik, de nouveau sous l conduite de M. Tayl:r, fit voile de Rekjavik, où on avait formé un dépôt de charbon en mai 1865, s dirigeant alors vers la lisière de la masse glacée, Bien que l’Érik réussit à se frayer un chemini travers la glace, plus loin que ne l’avaient fait le deux petits steamers en 1863, il ne put atteindre l

terre. Deux essais furent tentés et, après cel,

l’entreprise fut finalement abandonnée. L'Érik it

depuis des voyages annuels à la baie de Balin|

{1) Je dois ces renseignements à l’obligeance de M. Jul Clark, qui sccompagnait l'expédition envoyée par MM. At toine Gibbs et ti!s.

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te vitesse D mme baleinier, sous l'intelligent commandement blèrenth LE, capitaine Walker, Cette intéressante tentative rent à 2 Miattoindre la côte est du Groënland jette beaucoup nord; mai Mihonneur sur les négociants qui l'entreprirent et ière imp donne droit à M. Gibbs de prendre place parmi le rivage, D immortels et aventureux négociants du xvr1° sièxt la glace, Bi, dont les vaillants navires ont exploré le bord expédition BE, 1a masse polaire et navigué les premiers dans … Me nord de la baie de Baffin. C'est à de tels hom-

fe nai Es que l'Angleterre doit beaucoup de sa grandeur tés à h BE mmerciale et maritime, et ils tiendront toujours s0lurent De place dans la liste des illustrations arctiques. ne grand MA Après le retour de da Germania du Spitzberg, en construit De une autre expédition arctique fut organisée eamer WE explorer la partie nord de la côte du Groën- D chevaut D:4, La seconde expédition partit de Brôme le

la glace et our donner au sous là avik, où on jai 1865, se

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de M. Ju par MM. Aï-

ù juin 4869. Elle consistait en un steamer à milice de 140 tonneaux, du prix de 18,000 thalers (7,500 francs), et qui fut nommé de nouveau Germania, Son équipage comptait dix-sept hommes, et, comme navire de conserve et de ravitaillement, on envoya le brick Æansa, avec un équipage de quatorze hommes, et commandé par Hegemann, natif d'Hookseel dans l'Oldembourg. L'expédition entière était commandée par Koldewey, qui mit son pavillon sur 4 Germania; et, en outre, on attacha aux deux navires divers hommes de science émiments, pourvus de tout ce qui était nécessaire pour atomplir leur tâche avec succès. C'est là que le

leutenant Payer, qui devait découvrir la Terre de ‘ançois-Joseph, gagna son expérience, et M. Cope-

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land fut l’astronome de l'expédition. Le roi Guil. laume vint leur souhaiter bon voyage ; une réuni

d'hommes distingués leur donna un dîner d'adieu,

et 1ls sortirent du bon port de Brême, more Te. tonico, au son d'un orchestre.

L'expédition entière était approvisionnée por deux ans. Par une latitude de 70° 46’ nord, etpx une longitude de 40° 51” ouest de Greenwich, 4 Hansa, qui avait à bord une partie des provisions d charbon pour elle et pour son navire de conserve, fut séparée de la Germania et prise dans la glace,

‘Le 22 octobre,les glaçons, pressant de toute partlh

navire, le brisèrent. Alors, sans abri au milieu de x lugubrschamp de glace, avec l'hiver qui allait venir, l'équipage bâtit sur le glaçgon, avec le charbon quil avait à sa disposition, une maison dans laquelleik se réfugia. C’est dans cet étrange abri qu'ils par

sèrent le jour de Noël et, en somme, sans tristesse, nous disent-ils. En deux mois, !e courant les aval

portés à 400 milles au sud, et bien qu’ils fussent seulement à 30 milles de la terre, il leur était impossible de l’atteindre. Le 27 novembre, la carte dt

leur itinéraire montre qu'ils étaient justement à peil

près à mi-chemin entre le Groënland et l'Islande. Peu de temps après leur réjouissance de Noëlk glaçon se déchire et leur maison fut démolie. Pendant queloue temps il sembla que leur vie tenait! un fil. Mais un meilleur destin leur était réservé. L glaçon se remit, ils quittèrent leur bateau dans lequel ils avaient été forcés de se réfugier, et bâti

rent de nouveau leur maison de charbon. Le 3 jan

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vier 1870, ils étaient près de la côte du Groënland, mais ils ne pouvaient que la contempler avec tristesse; carles glaçons leur enlevaient la possibilité de latteindre. À mesure que le printemps s’avançait et que l'été arrivait, leur situation devenait plus agréable en va sens, mais plus décourageante dans l'autre. Leur île de glace, fouettée par la vague et amoindrie par le dégel, était réduite au point de

Le roi Guil. une réunion ner d'adieu, à , more Te.

onnée pour nord, et par eenwich, k

rovisions& avoir plus qu'une centaine d’yards (91 mètres) e COnserve Mie largeur. En mai, leurs sextants leur dirent qu'ils ns la glace ient dérivé 1,100 milles sur leur triste radeau. oute part Srinalement, le 47 juin 1870, ils acrivèrent dans leurs

milieu de x ds allait venir, harbon qu'il s laquelle ik i qu'ils pas ins tristesse, R ant les avalh u’ils fussent eur était im

ois bateaux à Friedrixstbal, station de la mission morave au Groënland, par une latitude de 60° nord, juste de l’autre côté du cap Far2well. Là ils renontrèrent leurs compatriotes âe la mission des Frères Moraves, et furent en sûreté après des périls n comparaison desquels pâlit l’étonnant voyage que Barents fi, de Novaïa-Zemlia en bateau, et aubrès desquels la retraite de Kane dans le détroit de Smith tombe aux dimensions d’une partie de canot.

: la carte dt Daigré toutes leurs misères, personne de l'équipage ement à PR mourut; mais l'un d'eux devint fou, quoique, et l'Islande,

joussommes heureux de l’apprendre, d'une façon jassagère.

Une meilleure fortune aitendait {a Germania qui lait un steamer. La Germania réussit à remonter côte est du Groënland jusqu’à 73° 30’, mais le S août, ellc fut forcée de se diriger de nouveau trs le sud et de passer l'hiver au milieu des îles h Pendule, par une latitude de 74° 30. De ce

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