‹ Les abords de la région inconnue [microforme]Chapitre 63 sur 90 · LEE 258 LES ABORDS · texte numérisé non relu

LEE 258 LES ABORDS

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qu'une Couverturé pour dormir. Les provisions et munitions, etc., pour trois ou quatre mois, furent empaquetées dans trois, mais ensuite dans quatre bateaux placés sur des traîneaux, et dans les trois grands traîneaux, ‘sant chacun environ dixsept quintaux ét demi. Les Geux plus forts chiens survivaient seuls, mais ce secours leur fut encore d’un grand service, car à eux deux ils tiraient 9 à È 10 quintaux par jour. La neige profonde qu'ils rencontrèrent à leur départ, les forçait de faire jusqu’à cinq fois la même distance; la force réunie de toute la troupe était nécessaire pour tirer un seul traîneau ou un seul bateau. Ayant atteint la lisière de la banquise, ils durent grimper de glaçon en glaçon avec leurs bateaux et leurs traîneaux et quelquefois traverser d'étroites fissures dans la glace. Bien plus, les vents qui continuaient À souffler du sud détruisaient le péu de chemin qu'ils avaient fait, en poussant vers le nord h glace sur laquelle ils voyageaient, et après deux mois d’un labeur incéssant, ils n'étaient pas à plus de 8 milles de leur navire, 11 semblait que leur luite avéo la glace dût se terminer par une défaite et qu'ils dussent être forcés de passer un troisième hiver dans leur navire, un hiver triste et sans éspoir.

La glace autour d'eux était compacte et pressée, et en diverses occasions, ils durent attendre patiemment toute une semaine, avec leurs bateau sur un glaçon, qu'un chenal vint à s'ouvrir. Al fin, le 45 juillet, commencèrent à souffler des vents

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du nord qui dispersèrent la glace jusqu’à un cers tain point ; des pluies continues diminuèrentles dimensions de celle-ci, et par des efforts presque surhumains, ils avancèrent de 40 milles dans le cours d'autant de jours. Ils étaient alors pleinement convaincus qu'aucun ñavire n'aurait réussi, cette année, à atteindre la terre découverte par eux.

Le 7 août, ils observèrent pour la première fois un mouvement de l’eau venant du sud et indiquant la proximité d’uneeau libre. elafitrenaître leurs espéranves qui tombèrent de nouveau quandils se trouvèrent encore enfermés dans la glace pour l’espace de cinq jours; mais le 44 août, ils atteignirent là lisière de la glace par nne latitude de 77° 40’ nord, et le salut leur sembla assuré. Là, il furent forcés, non sans regret, d'abandonner leurs traîneaux et de tuer les chiens qui avaient été leurs fidèles compagnon et auxiliaires au temps du besoin, car les bataux étaient À peine assez grands pour les contenir eux et leurs bagages, et en outre ils n’avaient ni eau ni provisions pour la subsistance de ces derniers.

Leur salut final fut dû entièrement au fait qu'ils trouvèrent la lisière de la masse glacée à une aussi haute latitude. Favorisés par le temps, ils traversérent la mer libre dans la direction de Novaïa- Zemlia, et suivirent la côte de cette île vers le sud, Le 18 août, ils mirent pour la première fois le pied sur la terre ferme, près de la péninsule de l'Amirauté, et : soir du 24, c'est-à-dire après une traversée de quatre-vingt-seize jours, ils se trouvèrent dans la baie de Downs (latitude 72° 40°

nord), à bord du schooner russe Nicolai, capitaine Fedor Voronine, qui les reçut avec cette cordialité qui distingue la nation russe.

Une rapide traversée les ramena à Vardeæ ; et à trois heures del’après midi, le 3 septembre 1874, ils descendirent sur le sol hospitalier de la Norvége, pleins de cette satisfaction que donne le fait d’avoir échappé à une position pleine de risques et de dangers.

Le parfait succès de l'expédition arctique austro-hongroise est des plus encourageants. Il fournit une fois de plus la preuve de la salubrité du climat arctique, de l’absence de risques excessifs, même quand le navire doit être abanäonné, et des résultats importants qu’assure une expédition, quand elle est conduite par un homme expérimenté et résolu. Il nous est aussi très-agréable d'apprendre que le lieutenant Payer, en étudiant les instructions de Mac Clintock, a parfaitement réussi dans ses voyages en traîneau. Suivant l'impulsion d’une nature généreuse, la première chose que Payer fit en

débarquant en Norvége fut d'envoyer le télé-

gramme suivant à Sir Léopold Mac Clintock : « En suivant vos conseils, excellents résultats. Veuillez accepter mes remerciments. Découverte de terre à 200 milles au nord de Nérala Zemlia; détails suivent. »

La réception des membres de l'expédition en Norvége fut tout à fait enthousiaste, et ils furent chaudement accueillis quand ils revinrent dans leur pays. Les félicitations cordiales affluèrent de

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tous les géographes, et le 10 novembre 1874, le lieutenant Payer lut le récit de ses découvertes qui précède à une réunion de la Société Géographique de Londres. Les braves explorateurs autrichiens ont, i force d'étude, d’intrépidité et de persévérance, fit une grande et mémorable découverte dont lAustro-Hongrie peut justement être fière. Ils échouèrent dans leur intention première d’essayer le passage du nord-est; mais ils s’assurèrent de l'existence d’une masse étendue de terre qui se dirige à l’est. de la Terre du Nord-Est, du Spitzberg, et qui se rattache probablement à la terre de Gilies, des Hollandais. Cette découverte avait été prédite par l'amiral Sherard Orborn, quelques années auparaant ; et elle éclairait quelques points douteux relaäivement à l’hydrographie de la mer entre le Spitzberg et Novaïa-Zemlia. Le mouvement de dérive du Tégéthoff, quand il fut pris dans la glace, dépendait complétement des vents qui régnaient et nullement dun Courant; et la masse de terre au nord nous débarrasse entièrement de la théorie malencontreuse du Gulf Stream et du bassin libre du Pôle, qui a fait tant de tort à la marche des découvertes et au progrès de la géographie sérieuse.

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