‹ Les abords de la région inconnue [microforme]Chapitre 7 sur 90 · PR RIRE SRE ER RE · texte numérisé non relu

PR RIRE SRE ER RE

velles qui nous soient parvenues de ces courageux explorateurs. Ils hivernent en ce moment dans la glace par une haute latitude, maintenant que, pour reprendre les paroles d’un de nos poëtes, ils sont entrés

Par delà la Norvége et l'Islande, Seuls dans le grand silence et dans la grande nuit!

On a pu croire un instant que, jalouse de l’amirauté anglaise, l’amirauté allemande allait faire flotter le drapeau allemand dans les mers arctiques. Les journaux annoncaient récemment qu'une commission avait été nommée à Berlin, pour étudier la question de savoir s’il ne serait pas utile pour l'empire de faire entreprendre à ses frais un voyage d'exploration au Pôle Nord. Cette commission s’est prononcée pour la négative. Une semblable décision étonne chez le gouverment d'un pays célèbre par sa science géographique, d'autant plus que la jeune marine de l'empire d’Alle-

-magne avait là l’occasion de se faire connaitre au

monde par de pacifiques exploits. En regard de cette décision, il n’est pas inopportun de mettre quelques lignes écrites en 1867 par le célèbre géographe allemand M. Petermann, qui devait, en 1868, organiser à ses propres risques une expédition arctique, celle de la Germania. M. Petermann écrivait au président de la Société Géographique de Paris, à l’occasion du projet d'expédition polaire de Gusiave Lambert : « En ma ruelité d'Allemand, j'aurais été heureux que l’Allemagne, qui s’est vouée à l'étude des sciences géographiques avec une prédilection toute particulière, et qui prend aussi à cette entreprise (celle de Gustave Lambert) un intérêt des plus vifs, eût contribué pour quelque chose à solution de ce grand problème... Il est

x PRÉFACE DU TRADUCTEUR

triste que, de nos jours, les gouvernements des nations les plus civilisées, qui possèdent en grande quantité les vaisseaux, les hommes et l’argent nécessaires pour les expéditions maritimes de ce genre, n’emploient toutes ces richesses que comme machines de guerre et moyens de destruction, et refusent leur participation à ces grandes œuvres de paix et de civilisation. » Nous ne saurions mieux juger la décision de l’amirauté allemandé qu'avec ces paroles de la première autorité géographique de l'Allemagne.

Il y a deux noms que le lecteur français sera étonné de ne pas rencontrer dans ce livre, et à cet égard il nous faut compléter par quelques lignes l’œuvre de M. Markham. Ce sont les noms de Bellot et de Gustave Lambert.

Bellot, un des plus distingués parmi les jeunes officiers de notre marine, esprit ardent d'activité, subissait comme la fascination des explorations arctiques. C'était à l’époque où les infructueuses recherches de l'expédition de Franklin donnaient un doulourenx attrait de plus aumystère de la nuitpolaire. Bellot, alors enseigne, obtint du ministre de la marine la permission de servir comme volontaire sur Le Prince-Albert, que l’infatigable et courageuse Lady Franklin envoyait de nouveau, en 1851, à la recherche de son mari. Le capitaine Kennedy, qui commandait le Prince-Albert et tous les marins de ce navire, ne parlèrent qu'avec admiration des services rendus par le jeune volontaire français, et, revenu en 1852 en Angleterre, avec le Prince-Albert, Bellotne trouva que témoignages d'estime dans l’Amirauté anglaise et dans la Société Géographique de Loncres, Le gouvernement français récompensa ces services en le nommant lieutenantde vaisseau.

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