PRÉFACE DU TRADUCTEUR XI
Ce premier hiver dans les glaces n’avait fait qu'aug-
menter son enthousiasme pourles explorations arcti-
ques, et comme il n’avait aucun espoir que la France envoyât à son tour une expédition dans les mers du Nord, il repartait, en 1853, avec le navire
anglais le Phénix, commandé par le capitaine Ingle- 4 field. La place nous manque pour raconter ici les : détails de sa mort; ilétait parti avec un quartier-maître 4 et trois matelots, pour porter à travers la glace d’im- 4 portantes dépêches à Sir Édouard Belcher. Une crevasse
s’ouvritsous sespieds et la mer l’engloutit (18 juin 1853). Bellot n’avait pas vingt-sept ans (1).
Il y a quelques mois, un frère cadet de Bellot
" comme lui officier de marine, demandait à l’amirauté
britannique la faveur de prendre part comme volon-
+ lontaire à l'expédition anglaise qui vient de partir pour + le Pôle. C’est ainsi qu’en 1872, un lieutenant de la
marine italienne avait obtenu de prendre part à une
1 expédition suédoise (voir p. 96). M. Bellotpouvait espé- À rer que son nom, celui d’un marin français mort au ser-
vice de l'Angleterre, vaudrait un accueil favorable à sa
© demande. Il n’en a rien été, et malgré toute notre 1 estime et toute notresympathie pour la nation anglaise, k. nous sommes forcés de dire, en face de ce refus, que © l'amirauté anglaise a perdu là une belle occasion de payer la dette de reconnaissance que l’Angleterre a À contractée envers la France, par la mort du lieutenant Bellot!
La propagande et la mort du capitaine Gustave
1 Lambert, sont chose trop récente pour que son nom “soit encore oublié. Ancien élève de l’école polytech-
4 (1) Le journal que Bellot tenait dans son premier voyage a été pu- #ALlié après sa mort sous ce titre ; Journal d'un voyage aux mers polai- “res; Paris, 1851, 2° édition, 1866.