‹ Les abords de la région inconnue [microforme]Chapitre 72 sur 90 · ES ST 302 LES ABORDS · texte numérisé non relu

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qu'ils habitent, leurs changements de formes, etc. aux différentes époques de l’année et aux différents moments de leur vie, etenfin leur distribution relativement aux aires géographiques, aux courants chauds et froids ; — voilà autant de questions dont on sait très-peu de chose,

Relativement aux plus grands animaux, poissons, mollusques, échinodermes, coraux, éponges, etc. des zones arctiques, ceux du Groënland seuls ont été bien étudiés. Une connaissance de leurs hab: tats et de leurs mœurs est très-désirable, aussi bien que de bons spécimens pour nos musées. Plus d'importance encore auraient des expériences anatomiques et physiologiques et des observations faites sur ces animaux dans leurs conditions naturelles. Il est probable aussi qu’on trouvera de nouvelles espèces dans le nord inconnu. Peut-être estce le dernier refuge d'animaux comme ce curieux lamentin (Æhytina) qui fut vu pour la dernière fois par Steller, en 1741, sur l’île de Behring. Des mers qui nourrissent des baleines et des phoques doivent être habitées par des myriades de poissons et de ces menus organismes que découvre la drague, et la présence des morses révèle l’existence de forêts sous-marines de plantes marines.

Le professeur Newton de Cambridge a attiré l'attention sur quelques questions intéressantes relativement à la migration des oiseaux vers l'aire inconnue, Il dit :

« Les côtes des îles Britanniques et celles de bien d’autres contrées dans l’hémisphère septentrional,

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sont tous les ans, pour une période plus ou moins longue, fréquentées par une multitude innombrabie d'oiseaux qui, — on a tout lieu de le croire, — se rendent à des latitudes septentrionales très-élevées pour des raisons de la plus grande importance, et puisqu'ils continuent cette pratique d’année en année, on doit croire que ces oiseaux y trouvent leur avantage. Il doit y avoir quelque eau qui n’est

M jamais gelée ; en second lieu, il doit y avoir quel-

que terre où ils se posent; et en troisième lieu,

L'ils doivent y trouver quantité de subsistances pour

leur nourriture st pour celle de leur petits, fournies par la terre où par la mer, ou par toutes les deux.

« Il n’est pas hors de propos de donner un court aperçu d’une espèce d’oiseau, le Canut (Tringa canutus desornithologistes) et d’en décrire les déplacements. Le canut tient à peu près le milieu entre une bécassine et un pluvier, On peut en voir ordinairement des spécimens dans la cage qui est à l'extrémité septentrionale de l'aquarium du jardin zoologique de Londres. Comme beaucoup d’autres espèces d'oiseaux qui appartiennent au même groupe, la couleur de son plumage change de la façon la plus étonnante, selon la saison de l’année. En été, il est d’un brillant rouge brique; en hiver, d'un grave gris cendré, A l'état de réclusion, il revôt rarement ses plus brillantes teintes, mais il s’en rapproche pourtant quelque peu le plus souvent. Or le canut arrive dans notre pays en grandes troupes au printemps, et après être resté sur nos côtes environ

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une quinzaine, on peut, jusqu’à ce qu’il nous quitte complétement, suivre graduellement sa marche vers le nord. Des pérsonnes qui ont été en Islande et au Groënland, ont noté avec soin son apparition dans ces contrées ; mais, dans aucune des deux, on ‘ne l’a vu rester plus longtemps qu'avec nous ; l'été qu'il devrait supporter là n’est pas de son goût, ei comme nous savons qu’il ne prend aucune autre direction, il doit se retirer plus au nord. On le perd alors de vue pour quelques semaines. Les anciens naturalistes croyaient qu'on l’avait trouvé pondant dans tous les pays, mais les naturalistes de l’époque actuelle sont d'accord pour affirmer que nous ne savons rien de sa nidification. Vers la fin de l'été il revient en plus grandes troupes et, jeunes et vieux, ces oiseaux habitent nos côtes jusqu’en novembre; si la saison est très-belle, il peut rester un peu plus tard; mais aotre hiver est trop sévère pour lui, et il s’en va au sud, très au sud, jusqu'au printemps suivant. Ce que nous disons des îles Britanniques est également vrai des côtes orientales des États-Unis. Là,il paraît en aussi grand nombre et dans la même saison que chez nous, et ses déplacements semblent provenir des mêmes causes. Nous pouvons présumer de là que les régions visitées par le canut au milieu de l’été sont moins stériles que l'Islande et le Groënland, car autremers il ne dépasserait pas ces pays, connus pour être le lieu de ponte de légions d'oiseaux aquatiques, et il n'irait pas au delà chercher des régions moins favorisées relativement à sa subsis-

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La connaissance déjà acquise des régions arctiques mène à la conclusion que la découverte de la partie inconnue des côtes du Groënland amènera des résultats importants pour la science de l’anthropologie. Bien qu’on ait à peine exploré la moitié des régions arctiques, cependant on a trouvé de nombreuses traces d’anciens habitants dans leurs déserts les plus désolés, là où règne maintenant une complète solitude. Ces déserts sont inhabités depuis des siècles, cependant, ils sont couverts de traces d'hommes qui y ont erré ou séjourné dans des âges disparus, Çà et là, au Groënland, en Boothia, surles côtes de l'Amérique, là où l’existence est possible, on peut trouver les descendants de cette ancienne population vagabonde. Les migrations de ces peuples, les rares observations sur leur origine et sur leurs déplacements qui sont épars dans l’histoire, et les nécessités de leur existence sont autant de renseignements qui, réunis avec soin, jettent quelque lumière sur un sujet des plus intéressants. Les migrations de l’homme dans la zone arctique don-

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