CHAPITRE XVI
L'EXPÉYITION ARCTIQUE DE 4875
Mémoires arctiques de l'amiral Sherard Osborn. — Comité # arctique de la Société Géographique de Londres. — Mémo randam du comité arctique. — Députation arctique à M. Lowe et à M. Goschen. — Réponse per. satisfaisante de M. Lowe.— Voyage du capitaine A.-H. Markham. — Révnion des comités arctiques. — Mémorandun: arctique. — | Lettre peu satisfaisante de M. Glad:tone. —- Réponse de Sir Æ
Bartle Frere. — Entrevue avec M. Disraëli. — Décision du
gouvernement. — Lettre de M. Disraëli à Sir Henri Rawlinson. — Capitaine Nares. — Capitaine A.-H. Markham. — Officiers de l'expédition, — Les navires. — But de l'expédition. — Paroles d'adieu.
Une expédition arctique vient de quitter l’Angleterre pour atteindre, sinon tous les buts énumérés dans le précédent chapitre, au moins la plupart d’entre eux, et entre autres buts pour gagner le Pôle À Nord de notre globe.
Il a fallu dix ars de lutte pour que le public et la presse d'Angleterre arrivassent à comprendre assez la question pour que le gouvernement trouvii
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dE LA RÉGION INCO'NUE 313
politique d'envoyer une expédition navale explorer la région inconnue. Quand. Mac Clintock revint dans /e Renard, tout était mûr pour de nouveaux voyages de découverte, l'œuvre la meilleure et la plus utile à laquelle on puisse employer notre marine en temps de paix ; mais on ne put alors réveiller ?e vieil esprit d'aventure. Les officiers et les ho;ames qui avaient mis en pratique et développé le système moderne d'exploration en traineau, étaient encore dans la force de l’âge, et brûlaient du désir de mettre à profit l'expérience acquise dans la recherche de Franklin, et plus d’ur parmi eux sentait qu’un effort devait être fait pour obtenir le renouvellemcni des découvertes arctiques.
Rarement il y eut réunion plus nombreuse et plus enthousiste aux séances de la Société Géograrhique de Londres que le 23 janvier 1865, quand Sherard Osbcrn lut son premier mémoire sur l’exploration des régions du Pôle Nord (1). Dans un chaleureux langage, ji fit valoir les solides raisons d'entreprendre des dévouvertes arctiques, et il expliqua la direction qu’une expédition polaire devait preudre pour encourir le moins de risque et pour rencontrer la plus grande probabilité de succès, la façon dont une semblable expédition cevrait être conduite et les résultats scientifiques qui en sortiraient. Mais le temps n'était pas encore venu. Le même effort fut renouvelé en janvier 1872, quand
(1) Voir le Journal de la Société Géographique de Londres, t,. XXXVI, p. 279.
Sherard Osborn lut un second mémoire, et alors on trouva que les efforts faits dans l'intervalle pour familiariser le public avec l'importance des explsrations arctiques n'avaient pas été sans effet. Sherard Osborn fut presque unanimement appuyé par la presse; et le bureau de la Société Géographique nomma un Comité arctique pour étudier la meilleure route que pourrait prendre une expédition et les résultats qu’on en pourrait tirer. Le 29 avril 1872, le président et le bureau adoptèrent à l’unanimité le rapport du comité, et des réponses encourageantes furent reçués à la suite de communications adressées aux Sociétés Royale, Géologique, Linnéenne et Météorologique d'Écosse, et à l'Institut Anthropologique. Il fut résolu de porter la question devant le gouvernement, et il fut arrangé qu'une députation, avec le président Sir Henri Rawlinson en tête, serait reçue par deux des ministres. En conséquence M. Lowe et M. Goschen reçurent la députation arctique le 16 décembre 1872, et après quelque convérsation, ils la congédièrent avec l’assurance aue la question serait examinée avec soin. Le 4®* janvier 1873, Sir Herri Rawlinson recut du chancelier de l'échiquier une lettre nullement satisfaisante, dans iïquelle celui-ci refusait d'envoyer une expédition arctique cette année, alléguant que « le revenu public avait à supporter le fardeau des dépenses des opérations confiées au Challenges. »
Mais on apercevait maintenant le but. Le sentiment du pays était en faveur du renouvellement des découvertes arctiques ; l'esprit d’aventure était ré-
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villé et l’on pouvait compter sur un succès final. Ce n’était plus qu’une question de temps. Au printemps de 1873, le capitaine A. H. Markham, sur l'avis et sous les auspices de l'amiral Sherard Osborn, fit son voyage à la baie de Baffin, comme mesure préliminaire et pour rendre compte du nouveau système de navigation dans la glace auquel a donné lieu l'introduction de la vapeur. En même temps, la Société Royale, sous la présidence de cet illustre botaniste et voyageur aux régions antarctiques, le D' Hooker, unit ses efforts à ceux de la Société Géographique, sous la présidence de Sir Bartie Frere, et un con':té des deux Sociétés fut nommé pour préparer un mémorsndum épuisant le su, "t, sur les résultats scientiliques à tirer des explorations arctiques, et faisant valoir que ces recherches seraient accomplies avec le plus de succès par une expédition faite sous les auspices du gouvernement, et assurées autant que possible contre un insuccès ou un désastre par une navigation bien dirigée et par une bonne discipline (1). Le comité réuni était formé comme suit :