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ment entraîné celui de leurs constants alliés, les sauvages. Leur sécurité augmenta de tous les dangers que courait la puissance britannique-dans:ses colonies américaines. Ala fin de 1775, toute la province du Canada était aux mains des insurgés : l'Angleterre n'y gardait plus qu'un seul rempart, la citadelle de Québec, serrée de près parle général Montgomery. On savait que le sort de cette province dépendait de-la fidélité ou de la défection des Canadiens. On avait donc tout-intérêt e ménager leurs frères de la Nouvelle-Ecosse..
Ce fut, grâce à ces années de guerre et à la tranquillité intérieure qui s’ensuivit pour les Acadiens, que purent s'organiser, insensiblement et sans-bruit,'les paroïsses de la baïe Sainte-Marie, de Memramcook et ensuite de Madawaska, qui servirent de point d'appui aux autres groupes acadiens.
‘Telle fut la fin de cette persécution sans parallèle dans les annales de l'Amérique. On a peine à s'expliquer comment la race acadienne n’a pas disparu entièrement dans cette tourmente. On s'explique encore moins comment, sans autre secours que le développement naturel des familles, elle ait pu faire de si rapides progrès, comment elle puisse compter aujourd’hui, dans les provinces maritimes, une population compacte et homogène de plus de cent mille âmes. Ce phénomène ne peut être attribué qu'à une seule cause: la puissance du sentiment religieux et national.
Depuis la publication du travail de M. l'abbé H. R. Casgrain, de nombreux renseignements ont permis à l’auteur de compléter dans un nouveau chapitre, ce qu’il n’avait pu indiquer que dans une note.
Durant les années qui suivirent, un petit nombre de captifs, et même quelques familles, furent amenés de la Nouvelle-Angleterre dans la Grande-Bretagne et réunis aux quinze cents prisonniers de guerre transportés de la Virginie. Quel fut le sort de tous ces prisonniers ? On le connaît du moins en partie, d’après un memoire de M. de la Rochette qui alla les visiter en 1762, par ordre du duc de Nivernais, ambassadeur de France à Londres, dont il était le secrétaire. “ Quinze cents Acadiens, dit ce mémoire, débarqués en Virginie, furent envoyés presqu’aussitôt en Angleterre. Dispersés dans tous les ports de ce royaume. Un grand nombre y périrent de misère et de chagrin. Trois cents avaient abordé à Bristol, où ils n'étaient point attendus, car on ne les attendait nulle part ; ils passèrent trois jours et trois nuits sur les quais, exposés à toutes les injures de l'air. On les renferma à la fin dans quelques édifices ruinés où la petite vérole en fit périr une grande partie.
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‘“ Ceux qui etaient à Liverpool, ayant adressé à M. le duc de Nivernais, une requête dans laquelle ils lui exposaient les persécutions que leur attachement pour la France ne cessait de leur attirer et où ils réclamaient sa protection, et comme Français et comme malheureux, celui-ci dépêcha secrètement vers eux son secrétaire, M. de la Rochette, avec instruction de leur assurer de la protection du roi.
“ Arrivé à Liverpool’ le 31 décembse, M. de la Rochette se transporta au quartier des Acadiens et après s'être fait reconnaître à ceux qui avaient envoyé la requête à M. le duc de Nivernais, en leur produisant cette même requête, il leur fit part de sa mission et des ordres qu'il avait reçus de Son Excellence. Quelques précautions qu'il eft oi. prises pour les engager à modérer leur joie, il ne put empêcher que des cris de Vive le Roi ne se fissent entendre dans leur quartier, au point même que quelques Anglais en furent scandalisés. Les larmes succédèrent à ces premières acclamations. Plusieurs semblaient entièrement hors d'eux-mêmes ; ils battaient des mains, les levaient au ciel, se frappaient contre les murailles et ne cessaient de sangloter. Il serait impossible enfin de décrire tous les transports auxquels ces bonnes gens s’abandonnèrent: ils passèrent la nuit à bénir le roi et son ambassadeur, et à se féliciter du bonheur dont ils allaient jouir.
. #“ Lorsqu'ils furent revenus de ce premier accès dé joie, le sieur de la Rochette obtint d’eux les éclaircissements suivants sur leur situation actuelle. |
“ Depuis sept ans, on les a détenus dans la ville de Liverpool où ils ont été transportés de la Virginie. Quelques mois après leur arrivée on leur assigna un certain nombre de maisons dans un quartier séparé en leur donnant la ville pour prison. On assigna pareïllement une paie de six sols par jour à tous ceux qui avaient plus de sept ans, et de trois sols aux enfants au-dessous de cet âge.
“ Ils étaient arrivés à Liverpool au nombre de trois cent trente-six, et ils sont réduits aujourd’hui à deux cent vingt-quatre. Pendant les » sept années de leur détention on les a peu inquiétés ; mais depuis que ‘ la paix est décidée, on ne cesse de travailler à(les séduire. Langton, commissaire des prisonniers acadiens, les fit paraître devant lui dans les premiers jours de décembre et leur représente que la France les ayant abandonnés depuis si longtemps, le roi d'Angleterre voulait bien les regarder comme ses sujets et qu’il les renverrait en Acadie, où on leur rendrait leurs terres et leurs troupeaux. Ils répondirent tous unanimement qu'ils étaient Français et que c'était au roi de France à décider de leur sort.
“« Le commissaire les traita alors de rebelles, Il les menaça de les faire enfermer et de réduire leur paie: mais comme rien ne les intimi-
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