ACCIDENTS INFECTIEUX
Salpingites et laminaires
Les laminaires peuvent ètre une cause de salpingites et le D' Amersbach, a bien indiqué l'importance de ce facteur pathogénique.
Il a eu Poccasion d'examiner une quantité assez considérable de pièces, — provenant de linslitut anatomopathologique de Fribourg-en-Brisgau, en Allemagne, — qui, au premier abord, pouvaient être considérées comme normales.
Les résultats de cet examen ont été rappelés, par M. le D' R. de Bovis, professeur d’obstétrique et de gynécologie à l’école de médecine de Reims, dans un article paru dans la Semaine médicale du 28 décembre 1910.
À l'occasion de ces pièces étudiées par M. Amersbach le docteur de Bovis écrit :
« M. le docteur K. Amersbach qui en pratiqua lFexamen microscopique en vil un grand nombre offrant des signes plus où moins marqués de salpingite purulente. S'étant reporté aux feuilles d'observation clinique, il fut assez surpris de n'y relever tout d'abord aucune donnée pouvant expliquer ces infections. I revint donc à lexamen microscopique de ses pièces et les explora minulieusement au point de vue de la tuberculose. Cette recherche fut à son tour négative, même chez quelques patientes pourvues d'antécédents tuberculeux.
» Si l’on en excepte 3 cas (sur [6 se rapportant à des opérations pour prolapsus) et où les phénomènes imflammatoires présentés par les trompes pouvaient tenir aux üraillements de l'utérus prolabé, il ne restait pour exphquer ces salpingites, qu'un seul facteur commun ineriminable : la grossesse. Dans le but de se rendre compte si la grossesse pouvait parelle-même engendrer des altéraions analogues à celles qu'il avait observées, M. Amersbach s'est mis à étudier comparativement toutes les trompes de femmes gravides qui se trouvaienten la possession de Finstitut. Le résultat de cette nouvelle étude fut encore négalif : la grossesse en soi ne déterminait dans les trompes aucune altération inflammatoire.
» Les pièces examinées élaientau nombre de 12. Comme nous avons Vu, 16 se rapporlaient à des prolapsus, et 3 seulement présentaient des phénomènes inflammatoires (18 0/0), Les 26 pièces restantes avaient fourni IT salpingites (42 0/0), En relisant l'histoire clinique de ces [1 dernières patientes, M., Amersbach s’'apereut alors qu'elles avaient toutes un trail commun, et auquel il n'avait tout d'abord prêté aucune attention: elles
ù N avaient été soumises à une dilatation à la laminaire avant de subir leur curettage. Chez ces TT patientes les lésions élaient notables dans 3 cas, très marquées dans 8, par l'accumulation des leucocytes et des foyers purulents dans la muqueuse, par la tendance de linfection à se propager par voie lymphatique, elles rappelaient ce qu'on voit dans l'infection puerpérale. Mais, alors que dans ce dernier cas on trouve facilement des microbes pyogènes prenant le Gram et qu'on aperçoit mème sur les coupes histologiques des streptocoques, dans les pièces en cause, M. Amersbasch n’observa que 2 fois des streptocoques. s
» Les conclusions qu'on peut tirer de ces examens mieroscopiques sont d’une très grande importance pratique.
» Comme on ne pouvait accuser la laminaire, stérile, introduite sous la protection d’un spéculum, lui-même stérilisé, d'avoir apporté les germes, force était de s’en prendre à une Selbslinfektion, cette auto-infection puerpérale qui, de l’autre côté du Rhin, a fait couler tant d'encre... »
Quelle est la pathogénie de ces salpingites ainsi étudiées par M. Amersbach ?
« Comme on le sait, le vagin des femmes gravides contient à l’état normal des germes, le plus souvent inoffensifs. Ce fut justement le mérite de MM. Menge et Krônig de le démontrer.
« Mais les conditions créées par l’avortement et la présence de la laminaire sont bien faites pour faire sorür ces germes de leur indifférence. Le premier, en effet, établit une traînée sanguine du cavum utérin au vagin. Le long de ce fil conducteur les saprophytes peuvent aisément remonter et c’est ainsi qu’on explique leur présence
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— on peut dire normale — dans l'utérus puerpéral quel-
ques jours après l'accouchement. Mais e’est alors qu'intervient le rôle néfaste de la laminaire. En obturant le
col utérin, elle crée une stase. Or, qui dit stase — quand il exite des micoorganismes — dit infection presque à coup sûr. L'utérus étant infecté et surtout obturé, lPin-
vasion de Ja trompe devient chose naturelle, presque
- forcée».
Il résulte donc des constalions d'Amersbach, et cela d’une manière indiscutable, que les laminaires peuvent
déterminer une salpingite purulente chez les femmes qui
ont été dilatées à la laminaire, avant d'être eurettées.
Strauss, dans un travail paru dans la Zeëschrift für geburtshülfe Gyraekologie, sur la dilatation de l'utérus par les laminaires, s'est attaché surtout à faire l'examen bactériologique du contenu du corps utérin avant et après la dilatation. Dans 30 cas le contenu avant la dilalation à été constamment stérile: après la dilatation il à cultivé dans 23 cas: les microbes cultivés ont été le plus souvent le staphylocoque blanc, dans quelques cas le strepto. Il en résulte que la dilatation par les laminaires favorise l’ascension des microbes dans l'utérus.
ILest vrai que, d'après Strauss, ce fait n’a pas grande importance, 4 reconnail que la dilatation par les laminatres entraine une vérilable endométrile el même quelquefois une salpingile. Mais ce sont là des lésions « bactério- Loxiques» causées par des bactéries. qui se développent dans le contenu de l'utérus et sont incapables de passer dans les tissus de leur hôte. |
Amersbach et de Bovis avaient déjà fait observer que la stase était de courte durée et que les microorganismes étaient généralement peu virulents. D'où des salpingites légères et peut-être fugaces.