‹ Les accidents cutanés et muqueux du BarbiturismeChapitre 14 sur 29 · OBSERVATION II · texte numérisé non relu

OBSERVATION II

Le PF? novembre 1933 entre dans le service du. Docteur FH. FRanxçÇus à la Maison Départementale de Nanlerre, le nomimé Alexis S.., 34 ans, de nationalité russe. Nous voyons le malade à 5 heures de l’aprèsmidi el nous apprenons de la surveillante qu'il aurail pris 6 gr. de gardénal.

Le malade est dans un coma profond. Lorsque nous l’approchons, nous constatons un état de semicontracture des membres inférieurs el des mouvements cloniques des membres supérieurs. Mais cela ne dure pas et quelques instants après, le malade est inerte, en relâchement musculaire complet. Pouls rapide, bien frappé, température : 40°, respiration, rapide, peu bruyante, lèvres cyanosées, Pupille normale réagissant à la lumière,

Livre inférieure et paupière supérieure gauche portent la marque de petites érosions cutanées d’origine apparemment traumatiques. È

Cœur et poumons normaux. Réflexes abolis : rotu liens et achilléens. Réflexes de défense conservés.

A la face interne de la cuisse gauche, un peu audessus du genou, on remarque une large plaque urticarienne, de l'étendue d'une paume de main.

Sur 4 crête tibiale droite, au-dessous du genou, une lésion culanée d’eczéma sec.

Saignée de 600 gr. Str = RAN à faible dose. $

Le 2 novembre, le malade est toujours dans le coma. La plaque urticarienne 4 disparu. Dans la région sacrée gauche, on remarque une plaque ecchymolique lie de vin de deux centimètres de long sur un centimètre le large environ, entourée d'une zone érythémateuse.

Pupille en myosis.

Fension: Vaquez 1111/2780 bord ANR

Pouls : 150/ Respiration : 40 par minute.

La lempérature a ce matin dépassé 40°.

: Cyanose des extré ‘mités et des oreilles.

Fncontinence d'urines. de 4 PO

Après-midi : température augmente : 41°. she”

Le soir, à 8 heures : respiration de Gnexve-Srorr:.

Mort. ONE ERP L : MR

Cette iésion urticarienne précoce et fugaco nous sem ble d'ordre anaphylactique. ‘On nous objectera que

l’on ne sait si ce malade avait antérieurement pris AT REIN

gardénal ; nous ne pouvons évidemment pas le prouvér, faute de renseignements mais, cependant, il est permis de penser que le malade s’est servi. de ce médi-

cament pour s S ’empoisonner parce qu'il s’en était déjà

servi.

La lésion sacrée survenue le lendemain peut don-

ner lieu à deux hypothèses : elle pouvait être trauimax l fi = 1 fau el aurait donné lieu à un « décubitus acutus »

i le malade avait survécu ou.bien, et nous penchons fe cette hypothèse, elle était le premier stade de es, uléérations sacrées décrites par De et que. nous étudicrons plus tard. RS AE arr

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LES ACCIDENTS BIOTROPIQUES

Certains médicaments introduits dans Forganisme peuvent dans des conditions déterminées exaller la virulence latente de certains microbes : ainsi pour la série barbiturique qui donne lieu parfois à de vérita-

bles maladies infectieuses. Même les auteurs qui n’ac-

ceptent pas cette théorie la confirment par leur des

cription : « les éruptions par le véronal ou les autres

dérivés de l'acide barbiturique sont capables de simu-

ler tous les’exanthèmes et d’induire en erreur même

Je spécialiste le plus averti, s’il ne tient pas un compte

suffisant des circonstances qui ont présidé à l’éclosion

des troubles cutanés », disent CAUSSADE, TARDIEU et

Lacapère. Et voici comment s'exprime J. VAMER

« En effet, le caractère primordial de ces éruptions

barbituriques est d'évoluer comme une véritable ma-

Jladie infectieuse avec sa phase d’incubation, ses pé-

riodes prééruptive, éruptive et sa phase de desquama-

tion, son cortège de signes infectieux, son immunité

habituelle et son absence de récidives. C’est ce qui à

fait donner à ces érythèmes, l’épithète : « d’érythèmes barbituriques pseudo-infectieux ».

Pour nous, qui acceptons la théorie biotropique de Micran, nous devons parler d’érythèmes barbituriques

infectieux.

Leurs caractères généraux ont été définis par CaUs- SADE, TARDIEU et LACAPÈRE ; ces éruptions sont, disentils : « prurigineuses, souvent symétriques, éphémères et polymorphes à l'extrême » : ils ajoutent de plus, que : « ces loæidermies barbiluriques d'apparence grave surgissent de préférence lorsque le véronal ou ses succédanés sont administrés à dose thérapeulique. Elles sont beaucoup plus rares dans lesveas d’intoxicalion massive.

Les auteurs ont signalé plusieurs types de ces éruptions et, en partiulier celles simulant, disent-ils la rOUgeole, la scarlatine, la rubéole, lérysipèle, le rash variolique.

Les plus fréquentes sont les formes à type de rou-

geole et de scarlatine.

Descriplion clinique

C’est du 8° au 14° jour, que ces éruptions apparaissent, plus souvent au 9 jour. Il est difficile de les prévoir, malgré les pelits signes avant-coureurs que l'on a signalés : petite poussée fébrile, toux, inappéience, vomissements, pollakiurie.

Puis apparaît Fexanthème, débutant rarement à la face ; il faut le rechercher sur la poitrine, au niveau des poignets et des avants-bras, puis il se généralise.

ILest souvent prurigineux. Deux signes ont été signalés spécialement dans le type scarlatine par Marr- LARD, Françoise Lévy, et Frsurer. Ce sont

1° L'œdème qui est, soit

a) Dermique (érythème scarlatiniforme infiltré de CHavany et VANNIER),

b) Soit hypodermique,

ce) Soit enfin, œdème des muqueuses ;

2° L'acrocyanose des extrémités.

Ces éruptions s’accompagnent d’enanthème atteignant la muqueuse bucco-pharyngée et la conjonctive.

Le tout s’accompagnant de poussées fébriles, de céphalée, d’insomnies.

L'évolution se fait en 8 ou 10 jours, parfois moins (4 jours). Les récidives sont exceptionnelles.

Nous allons citer un exemple d’une éruption morbiliforme tirée d’une observation de CAUSSADE, TARDIEU et LACAPÈRE intitulée : « Toxidermie au luminal ayant simulé la rougeole » et produite devant la Société Médicale des Hôpitaux de Paris, le 3 juillet 1925.

Eruption généralisée datant de 4 jours ét s’accompagnant de nausées, d’épigastralgie, et de douleurs à la déglutition avec sensation de chaleur dans la bouche.

Il s’agit d'une éruption morbilleuse, n'épargnant par la face, surtout intense au ventre, aux avantsbras et aux cuisses ; les coudes et les genoux et les fesses, ainsi que tous les points où s’exercent la pression du poids du corps sont le siège de placards érythémateux d'aspect rouge vineux, ecchymotiques. L'exanthème est constitué de macules et de papules douces au toucher, s’effaçant à la pression, il rappelle dans son en-

semble celui de la rougeole.

FF Ter

Cependant, l'apyrexie et l'absence de signes géncraux d’une part el, d'autre part, la teinte rose pâle de certains éléments strictement maculeux de la face et du ventre pouvaient faire soupçonner dans une cerlaine mesure la roséole ou la rougeole fruste.

L'examen révélait encore une angine érythémateuse el un piqueté rose du voile du palais, mais.le signe de KôPraicr, n'existait pas. La langue était saburrale. La palpation de l’épigastre était légèrement douloureuse ; le foie ne dépassait que d’un travers de doigt le rebord des fausses côtes. Les urines de teinte et d’abondance normale ne contenaient ni sucre, ni albumine, ni sels, ni pigments biliaires. Inappétence, mais pas de diarrhée, ni corysa, ni laryngite. À noter, dans les antécédents personnels, une rougeole sur venue il y à une dizaine d'années,

On fait la preuve du barbiturisme : 1 gr. 10 de gardénal en 14 jours.

Le 2° jour de noire observation (G° jour de l’éruption) les éléments maculeux devinrent prédominants, confluants aux coudes et aux genoux ; ils s’effaçaient difficilenient à la pression. La température se maintenait aux environs de 37°. À l'avant-bras et à la main, l’exanthème pâlissait lorsqu'on mettait le bras dans La position verticale CE dernier signe : indiquait nettèment que |’ intensité de l’ér uption était sous la dépendance de la stase veineuse. En certains points, siégeaient quelques sudamina. L'évolutionn de cet exanthème s’est marquée par l'apparition tardive (au 7e jour) de prurit et d’une sensation de piqûre des bras

mate

el de la face coïncidant avec une desquamation fugace et légèrement furfuracée. La guérison complète sur-

vint au 8° jour.

Formes mirles. — A côté de ces Lypes généraux, nous devons signaler un apect différent de ces éruptions qui est le type mixte : en certains endroits l’aspect et celui de la rougeole, plus loin léruption est

scarlatiniforme.

Un auteur américain, William House raconte que, un sujet après avoir absorbé quinze grains de véronal conslala à son réveil une éruption symétriquement distribuée : la face était rouge, hyperhemiée et sur le thorax l’exanthème écarlate comme dans la scarlatiné était « furious » comme dans l’érysipèle, Sur les bras, les Jambes et la partie antérieure du corps siégeaient. des taches de la grandeur d’un demi-dollar, séparées par des espaces de peau saine du diamètre d’un demi-centimètre environ, chaque tache surmontée d’une papule donnait à l'éruption aspect d’une piqüre d'abeille. Les taches circulaires sur le corps élaient sur les extrémités allongées et parallèles au grand axe du membre, Dans les régions axillaires, la peau demeurée blanche, offrait un contraste saisissant. La température s'élevait successivement à 105° F., puis à 99° F. pour retomber en quelques jours à la normale. Chez ce même sujet, une dermite identique avait été antérieurement observée, à la suite de l’ingestion de cinq grains de véronal, répétée à loutes les

heures.

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