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d'opposition du pouce est très diminuée. Le traitement sera une petite attelle en fil de fer à appliquer la nuit. On pourra également immobiliser avec des
attelles en tissu adhésif.
Lésions de l'articulation de l'épaule.
Quant aux lésions de l'épaule par le ski, nous serons sobre à leur sujet. En effet, lorsqu'elles se produisent c'est uniquement lorsque l'état de la neige, sa dureté en particulier, font que les manœuvres du skieur sont aisées mais inefficaces, par conséquent la vitesse est plus facilement accélérée : et si la lésion de l'épaule survient, c'est par quelque chute malencontreuse à grande rapidité, par choc direct, et sans aucun caractère particulier.
Nous insisterons seulement sur la fréquence de l'arrachement d'une écaille osseuse du trochiter. Cette lésion, sur laquelle Colombani a insisté, est due, selon cet auteur, à une contraction musculaire brutale en rotation externe. Elle ne peut être correctement diagnostiquée qu'à l'aide de la radiographie.
Un syndrome curieux toutefois mérite que nous le décrivions ; la douleur de la coulisse bicipitale. Dans de nombreux cas de contusion de l'épaule par choc direct Vacchelli aurait découvert que le blessé, qui présente une impotence fonctionnelle totale de l'épaule, conserve cependant une mobilité passive presque complète, et accuse en un point fixe correspondant à la coulisse bicipitale, une douleur très vive, intolérable, traçante, toutes les fois qu'il tente de
faire un mouvement actif, surtout si on exerce alors une pression même légère au point en question. Cette douleur est atténuée par l’adduction forcée, active du bras. Elle se réveille la nuit au point d'empêcher tout sommeil. Vacchelli attribue cette douleur à la sensibilité spéciale de la synoviale qui, plus ou moins contuse et déchirée, se trouve à cet endroit particulièrement exposée à l’attrition et à la pression. En plusieurs de ces cas il a été prouvé cliniquement qu'il s'agissait d’une déchirure partielle du tendon de la longue portion du biceps.
Telles sont, décrites schématiquement, les principales lésions caractéristiques du sport du Ski. Volontairement nous avons été brefs au sujet de certaines d’entre elles en raison de la banalité de tout ce qui pouvait être dit à leur sujet.
Mais, dans tous les cas, nous avons examiné, avec une certaine précision, le rapport entre l’aspect anatomique de la lésion et le mouvement susceptible de l’engendrer. Notre but sera maintenant, reprenant un à un le mécanisme qui aboutit à chacune de ces lésions, de conclure sur l’opportunité ou au contraire le danger de certains mouvements, contribuant ainsi, dans une certaine mesure, à la prévention de trop nombreux accidents. Puis, mous appuyant sur nos propres recherches, d'établir les facteurs adjuvants qui con-
courent à ces lésions.
Etude étiologique et prophylactique,
Lésions du membre supérieur.
Les lésions rapidement envisagées par nous au chapitre précédent comportent certes, peu d’enseignement pratique, leur importance est d’ailleurs secondaire. Il est difficile d'éviter le choc direct du moignon de l’épaule par chute sur une neige glacée. Il est un peu théorique de prescrire de fermer la main sur le pouce en lâchant le bâton dans une chute. Il est sans doute plus commode de conseiller de longues courroies de bâton susceptibles de donner suffisamment de jeu pour que la poignée du bâton puisse être abandonnée au moment opportun ; en réalité les mesures prophylactiques ne sont véritablement indispensables à préciser qu’en ce qui concerne les lésions du membre inférieur.
Lésions du membre inférieur.
Le mécanisme de l’entorse, avons-nous vu, est le mouvement de rotation du pied en dedans avec adduction. À quoi peut être due cette rotation avec adduction ? À une torsion du pied par le ski, dans la position chasse-neige, par exemple, mais l’adduction ne peut se produire que si la carre externe vient s’accro-
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cher et à provoquer un devers du ski en dehors. Autrement dit, si le skieur pratique le chasse-neige en neige lourde, et surtout à grande vitesse : première pratique à proscrire — et proscrite par les écoles de Ski. Une torsion isolée sans adduction peut-elle provoquer une entorse ? C’est sans doute possible, mais certainement rare.
Autre mouvement capable de léser l’appareil ligamentaire de la cheville, tout mouvement de torsion, donc tout virage dérapé arraché, accompagné d’un devers du ski en dehors : ici seule une très grande habitude du ski fera instinctivement redouter la fausse position capable de faire accrocher la carre extérieure au virage, ou bien la souplesse des hanches et du tronc qui permettra une inclinaison correcte du haut du corps en dehors.
L’entorse du genou vient ensuite, et son mécanisme est plus complexe : trois conditions président à sa production :
— l’hyperextension du genou ; — la rotation de la jambe ; — les mouvements d’abduction de la jambe.
La rotation est difficilement évitable, puisque, tout au moins partiellement, même avec les méthodes modernes, une certaine force de torsion provenant du corps doit être transmise aux skis par l’intermédiaire des membres inférieurs. À
Les mouvements d’abduction sont plus rares, et ne peuvent se produire que si le centre de gravité du corps vient à s’écarter de l’axe des deux supports