HD TRAITEMENT
Les premiers traitements furent symptomatiques. On essaya en vain les purgations, les lavements savonneux, huileux ou glycérinés, les injections sous-cutanées de pilocarpine et d’adrénaline, les injections de sérum physiologique et de sérum glucosé. Puis, les merveilleux résultats obtenus en traitant par les sels de Ca la fièvre vitulaire et les manifestations pseudovitulaires constatées chez les différentes espèces amenèrent les cliniciens à essayer le même traitement dans les accidents du part chez la lapine. Les résultat furent intéressants puisqu'ils se traduisirent par des guérisons, les premières qu'on ait vues.
Personnellement, nous avons utilisé le giuconate de Ca.
Le gluconate de Ca se présente, à l’état pur, cristallisé sous forme de fines aiguilles incolores. [Il est inodore et insipide, et de ce fait il est le plus agréable à prendre des composés calciques. Peu soluble dans l’eau froide (3,3 %), il l’est aisément dans l’eau bouillante (4 à 5 parties). Sa formule est (CSH107) ?Ca ; c’est un sel organique neutre obtenu par l’action de l’acide gluconique sur le calcium. Sa teneur en chaux (CaO) est de 13 %, soit 9,3 % de calcium élément. Il ne contient pas de sucre et son oxydation ne peut en produire. Toute son activité est due au Ca ionisable, et, par suite, rapidement assimilable. D'autre part, l’anion, le radical acide gluconique, étant physiologiquement indifférent, ce sel fournit la chaux sans
HD
apport d’un facteur d’acidose. Il est efficace par voie gastrique, parfaitement toléré par voie veineuse et injectable par voie sous-cutanée et intramusculaire sans réaction importante si l’on opère proprement. C'est là un avantage très net sur les autres sels de Ca solubles dont les injections sous-cutanées et intramusculaires sont douloureuses et déterminent souvent des accidents locaux.
Nous avons employé le gluconate de Ca en solution au 1/10 par voie sous-cutanée et à la dose de 5 à 10 centimètres cubes. L'injection, pratiquée en arrière de l'épaule, en prenant les précautions aseptiques d'usage, ne détermine pas d'accidents locaux importants ; il se produit quelquefois un léger œdème souscutané qui disparaît, sans laisser de trace, en 24 ou 48 heures. Une seconde injection peut être faite — deux jours après la première par exemple — quand l'amélioration tarde d’apparaître.
La guérison n'est pas immédiate : elle arrive après une amélioration progressive. Ainsi, dans la forme comateuse de la maladie, les faits se succèdent, en général, de la façon suivante : le jour du traitement on ne constate aucun changement appréciable dans l'état de la malade, si ce n’est une très petite diminution de l’hypothermie. Le lendemain, elle est moins triste, moins abattue, et la température rectale continue de remonter. A la fin de ce deuxième jour, si l’on a eu soin de laisser de l’eau dans la case, l’animal boit ; il cherche même à manger un peu. De plus, on
assiste à une évacuation de gaz et d’excréments ; ces
M tie
excréments se présentent sous la forme de petites boules, enduites d’une couche de mucus et ramollies à leur surface, tandis que la partie centrale est, au contraire, très sèche et très dure : les sécrétions se sont rétablies en même temps que les contractions intestinales.
Le troisième jour, l'évacuation des gaz et des excréments continue, l'abdomen reprend son volume habituel. La femelle mange avec appétit, elle se déplace avec facilité, elle est chaude et le thermomètre indique une température voisine de la normale (39°). L’amélioration persiste et la guérison est définitive.
Si le traitement a été très précoce, la guérison est plus rapide et la lapine peut continuer d’allaiter ses petits. Mais si les injections de gluconate de Ca ont été faites trop tardivement, on n'obtient aucun résultat, même en les répétant.
Nous avons essayé aussi les injections sous-cutanées de gluconate de Mg au 1/10 à la dose de 5 centimètres cubes. Nous avons obtenu des résultats divers assez difficiles à interpréter. Le traitement au Mg est souvent suivi d’une diarrhée abondante et la mort peut arriver bien que les malades se soient vidées.
Les formes paraplégiques cèdent à la calcithérapie en 24 ou 86 heures ; en général, au bout de ce temps, la motilité du train postérieur est revenue.
Ériozocie
L’étiologie des accidents nerveux du part chez la lapine reste encore assez obscure. Cependant, en étudiant les conditions de leur apparition, nous avons pu