‹ Les Accidents Rénaux dans la Transfusion SanguineChapitre 11 sur 21 · A7 TT · texte numérisé non relu

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Accompagnant ce syndrome nerveux, viennent les troubles digestifs : nausées, vomissements.

Les phénomènes hépatiques sont très fréquents. Ils traduisent l’insuffisance hépatique. Ils sont caractéristiques d’une transfusion faite avec un mauvais groupe. Jamais on ne les rencontre avec de bons groupes. C’est cette atteinte qui semble régler le pronostic. Elle se manifeste ou par un ictère ou par des éruptions pétéchiales discrètes ou généralisées. Si on examine les urines qui sont émises, on voit que leur concentration en urée est très faible. Elle oscille entre 4 gr. et 8 gr. 5 par litre. L’étude de cette concentration peut être d’un gros intérêt au point de vue pronostic. Le taux des chlorures est également très abaïissé.

Pendant que l’urée de l’urine s’abaisse, l’urée sanguine monte. Il peut atteindre 6 à 7 gr. par litre.

On a pu noter un peu d’acidose.

L'évolution se fait dans 70 % des cas vers la mort. Elle survient 6 à 7 jours après la transfusion dans le coma et les convulsions.

Comment régler le pronostic ?

D’abord suivant l’état antérieur du sujet, cela est évident;

suivant la quantité du sang injecté;

suivant l’état antérieur du rein — la concentration de l’urine en urée qui est beaucoup plus importante que l’azotémie énorme, mais transitoire.

Un seul traitement semble de quelque efficacité, c’est la néphrostomie. On luttera contre l’in-

suffisance cardiaque, contre l’intoxication par les moyens ordinaires.

Nous allons maintenant passer en revue une série d'observations et nous en tirerons ensuite quelques conclusions, qui n’ont point d'autre ambition que d’être une série de réflexions pratiques, réflexions que peut se faire un praticien en face d’une thérapeutique qu’il peut manier souvent et avec profit.

Observations

OBSERVATION I (personnelle) (Recueillie dans le service du Docteur Neïs [St-Michel].)

Hémoglobinurie survenant après transfusion du sang compatible sans symptôme prémonitoire.

Le jeune Robert L.., 11 ans, est atteint d’ostéomyélite du col du fémur.

Il est soigné depuis plusieurs mois par une vaccination anti-staphylococcique intensive.

Sa température est à 37°8. Il conserve au niveau du grand trochanter une plaie qui suppure interminablement.

L'enfant est pâle — globules rouges : 2.200.000.

On lui fait, le 17 août 1932, une transfusion de 250 cc. de sang IV citraté, les veines du receveur ne permettant pas l’admission d’un trocart pour une transfusion directe.

Le donneur est un groupe IV qui a donné à 4 reprises sans incident.

La transfusion se passe normalement.

Le soir, à la contre-visite, on constate de l’hémoglobinurie.

Les suites sont normales.

OBSERVATION II (personnelle) Hémoglobinurie apparaissant chez une malade comme un phénomène d’intolérance individuelle acquise.

Mme Berthe P.…., fleuriste, entre dans le service le 20 septembre 1932, pour vomissements incohercibles de la

grossesse. Elle est enceinte de 3 mois et demi, très amaigrie, teinte jaune cireux — pouls : 110 — température : 38°2.

Globules rouges : 2.200.000.

Ürines : normales.

Elle est aussitôt groupée. C’est un deux.

Transfusion de 250 cc. du sang d’une infirmière. Aucun accident. L’état s'améliore très peu. Pouls : 100, température : 38°2.

Les vomissements persistent, malgré la thérapeutique instituée.

Pose d’une laminaire le 27 septembre 1932.

Le 28 septembre, transfusion de 250 cc. du sang du même donneur, aucun incident.

Globules rouges : 2.000.000.

Le 30, l'avortement se produit, l’état général reste très touché.

Et le 6 octobre, une nouvelle numération ayant encore montré 2.500.000 globules rouges, on fait une nouvelle transfusion avec un groupe IV.

Après 50 cc., la malade se plaint d’une grande fatigue, puis sensation d’angoisse et d’étouffement, quelques battements de la tête et rougeur vive des pommettes, sensation douloureuse dans les lombes.

On arrête la transfusion immédiatement.

Un quart d’heure plus tard : température : 38°5; émission d’urines rouges contenant de l’hémoglobine.

Le soir, crise d’urticaire qui disparaît rapidement.

Le sang du receveur ne lysait pas les globules rouges du donneur.

OBSERVATION II. —— Hémoglobinurie post-transfusionnelle avec des sangs compatibles (P. E. WEIL et STIEFFEL, Société d’Hématologie, 6 avril 1932).

P..., 56 ans, groupe 2. Entre dans le service pour une

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