‹ Les Accidents Rénaux dans la Transfusion SanguineChapitre 12 sur 21 · OS EP · texte numérisé non relu

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anémie biermerienne, ayant débuté insidieusement, sans étiologie précise environ deux ans auparavant. L’examen du sang révélait une anémie entre 1.500.000 et 2.000.000 avec augmentation de la valeur globulaire et lésions anémiques marquées sans symptômes de régénération sanguine. D’août à octobre, plusieurs transfusions furent faites sans incident; réclamées par la malade.

Le 27 novembre, on fait une nouvelle transfusion de 200 cc. de donneur de groupe 4. Très rapidement, la malade accuse de l’angoisse, une douleur lombaire; de la dyspnée. Le lendemain, les urines sont rouges foncé. L'examen microscopique montre qu’il s’agit d’hémoglobinurie. Celle-ci persiste le 28, cesse le 29. Cet accident s’accompagne d’une forte déglobulisation, puisque le nombre des hématies tombe de 2.500.000 à 1.600.000.

Le 7 décembre, on refait une transfusion de 100 cc. de groupe 4.

Nouvelle hémolyse : Subictère, etc., mais pas d’hémoglobinurie.

OBSERVATION IV (inédite). — Hémoglobinurie — néphrite bénigne survenant après transfusion de groupes compatibles (D' H. LE RASLE).

M. À. F..., de Vimoutiers, 24 ans, est atteint d’épistaxis rebelle ne cédant pas aux tamponnements.

8 avril 1933 : transfusion, on prend comme donneur la sœur du malade, groupe IV.

Le malade est lui-même du groupe IL.

Transfusion : 350 cc. aucun accident.

Le malade saigne toujours. Son état s’étant peu amélioré, on pratique, le 14 avril 1933, une transfusion de 400 cc. avec un groupe II.

La transfusion se passe normalement.

Le soir, la température s’élève à 39°7.

Le lendemain, hémoglubinurie, vomissements. En mé-

me temps survient une albuminurie, accompagnée d’hypertension.

L'état général s’améliore rapidement, mais il persiste une albuminurie peu marquée, qui existe encore 6 mois après la transfusion, accompagnée d’une légère hypertension.

OBSERVATION V (personnelle)

(recueillie dans le service de la maternité .— D' OsMoN)

Il s’agit d’une malade de 33 ans, polonaise, entrée dans le service de la Maternité de Caen pour infection puerpérale et traitée par le sérum de Vincent, à raison de une ampoule toutes les 4 heures, depuis 5 jours. Malgré ce traitement, la température demeure à 39° — pouls : 130. T. A. : 10 1/2-6 1/2.

Globules rouges : 2.900.000.

Urines : 1/2 litre — albumine : (0.

Le 4 avril 1934, transfusion de sang du groupe II : 250 cc., pas de réaction.

Le 7 avril, nouvelle transfusion de sang II. Après 100 cc., la malade se sent s’évanouir. On arrête quelques instants. La malade se plaint de ne plus y voir. Tout rentre dans l’ordre.

5 cc. sont injectés à nouveau : douleur rénale, accompagnée de tendance syncopale. Pouls incomptable. T. A.: 10-6.

Le tout dura quelques minutes. Puis la douleur rénale se précisa davantage et la malade eut une envie impérieuse d’uriner.

Urine hémoglobinurique.

Le soir, à 20 heures : température : 40°5, pouls : 139 très petit.

Urines : 100 cc., albumine : +.

Le 8 avril : temp. 38°2, pouls : 110.

Urines : 30 cc., albumine : +.

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L'état général semble moins inquiétant. La pâleur est moins accentuée, moins de dyspnée.

Le 9 avril : urines : 50 cc., pouls : 110. température : 38°1, état général bon.

Le 10 avril : urines : 200 cc., albumines : 0, pouls : 100, température : 38°.

Depuis, la diurèse se rétablit. Il ne reste aucune trace d’albumine. La malade guérit rapidement.

Le 12 avril : urines : 1 1. 3/4.

OBSERVATION VI (relatée par JOLTRAIN, Le Sang, n° 4, 1932). — Hémoglobinurie paroxystique consécutive à une transfusion faite avec un donneur universel, chez une femme de 70 ans, déséquilibrée endocrinosympathique.

Il s’agit d’une malade âgée de 70 ans, déséquilibrée endocrino-sympathique depuis sa ménopause, mais ayant conservé, jusqu’à ces dernières années, un excellent état général, et une grande activité intellectuelle et physique. Dans ses antécédants, on ne relève rien de particulier, sinon qu’une de ses sœurs a succombé récemment à une leucémie et que cette mort a déterminé chez elle un véritable choc émotif.

Cette malade présente une anémie très marquée, globules rouges . 2.370.000; globules blancs : 5.000; hémoglobine : 90 Z; polynucléaires : 80 %; éosinophiles : 2 %; mononucléaires : 14 % ; lymphocytes : 3 %; f. de transition : 1 %.

On note une poikilocytose très considérable avec anisocytose, de nombreuses formes d’hématies en poires ou en lancettes, la présence de globules nains et surtout de globules géants; on ne trouve ni myélocytes, ni hématies nucléées.

Par ailleurs, il n’y a pas de température, on ne décou-

vre aucune cause infectieuse à cette anémie, la réaction de Wassermann, comme la réaction de Vernes sont négatives; on constate seulement une constante d’Ambard assez élevée à 0,11 avec une urée du sérum normale et une légère cholestérinémie à 2 gr. 28.

On note, en outre, quelques troubles nerveux consistant surtout en sensations désagréables au bout des doigts, avec diminution du sens stéréognostique, mais sans phénomènes d’acrocyanose.

Le métabolisme basal accuse une augmentation sen- Sible de la combustion en faveur d’une légère hyperthyroïdie : 24 %. Le réflexe oculo-cardiaque montre nettement une hyperexcitabilité sympathique, ainsi que le réflexe solaire et réflexe pilo-moteur.

La malade est soumise à la méthode de Whipple, d'abord avec foie de veau, et ensuite avec extrait de foie, ainsi qu’à un traitement opothérapique ovarien, parathyroïdien, hypophysaire et iodé.

Après une période d'amélioration notable, où les globules rouges remontent jusqu’à 3.200.000, la malade est reprise à nouveau d’amaigrissement, de fatigue générale, d’asthénie; les globules rouges diminuent à 2.000.000 et l'on décide alors re pratiquer une série de transfusions de sang.

Ces transfusions sont faites le 23 décembre, le 5, le 14, le 21 et le 28 janvier. On transfuse à la malade 250 cc. de sang d’un donneur appartenant au groupe IV. Ces transfusions sont admirablement supportées, sans jamais déterminer aucun choc; les globules rouges remontent bientôt à 3.600.000 ayant augmenté progressivement. La malade est très améliorée, lorsque le 10 février, On pratique une dernière transfusion de sang.

Le donneur appartient nettement à un groupe IV et nous agissons pour rechercher son groupe avec la technique ordinaire en ajoutant même, pour être sûr d’éli-

miner les pseudo-agglutinations, une solution de kaolin au mélange des sérums 2 et 3, avec le sang du donneur.

La transfusion est commencée à 4 heures de l’aprèsmidi à l’aide de l’appareil de Jubé; 80 grammes environ de sang ont passé, le donneur est évidemment très légèrement pâle et sa pression diminue en même temps que quelques sueurs froides apparaissent sur le front. Nous nous apprêtons à faire cesser la transfusion, lorsque brusquement, la malade transfusée, qui décrit merveilleusement ses sensations, se plaint d’une sorte de poussée congestive au visage, en même temps que celui-ci s’illumine brutalement, puis la malade se plaint de ressentir une douleur atroce au niveau de la région lombaire.

Déjà, l’aiguille et le trocart sont retirés des deux veines, le donneur transporté dans une salle voisine, et nous pratiquons à la malade une injection d’adrénaline, tout en examinant son sang et sa pression artérielle. La caisse de cette dernière de 16 à 9, la chute des leucocytes, la coagulation beaucoup plus rapide du sang, nous accuse déjà un choc hémoclasique considérable, comparable en tous points à celui observé dans l’hémoglobinurie paroxystique « a frigore », par MM. WipaL, ABRA- M1 et BRISSAUD, après avoir placé les mains du patient dans l’eau glacée.

Le tableau clinique prend une allure de plus en plus dramatique; le pouls faiblit, le cœur aussi, à la rougeur initiale du visage succède une grande pâleur; la malade, tout en se plaignant vivement de douleurs atroces dans la région des reins, est prise d’envies de vomir et a deux ou trois vomissements bilieux, légèrement teintés de sang; quinze minutes après, les douleurs lombaires persistent toujours avec la même intensité, puis survient un grand frisson, avec claquement des dents, et

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tremblement des mains. La malade accuse une forte envie d’uriner et nous apercevons des urines déjà teintées, vingt minutes après la transfusion. La pression artérielle, les leucocytes, l’index réfractomitrique continuent à baisser. Nous prenons du sérum de la malade, et voyons, en le faisant agir sur les globules de la malade et sur des globules sains, que le phénomène de Donath et Landsteiner est positif, exactement comme dans l’hémoglobinurie paroxystique essentielle « a frigore ».

Au bout d’une demi-heure, les douleurs disparaissent aussi brutalement qu’elles sont apparues; le sang redevient normal, mais la malade présente des phénomènes intéressants, et qui ont été décrits dans attaque d’hémoglobinurie « a frigore »; ce sont des douleurs articulaires, principalement au niveau des genoux et quelques placards d’urticaire généralisés sur tout le corps.

L’hémoglobinurie persiste pendant quatre à cinq heures environ, puis les urines redeviennent claires, sans albumine, et tout rentre dans l’ordre.

Les quatre premières observations que nous citons montrent l’hémoglobinurie symptôme isolé apparais- Sant insidieusement ou, au contraire, apparaissant avec fracas, mais toujours avec des sangs compatibles. C’est le type de l'accident bénin.

L’une d’entre elles est intéressante par le fait méme qu’elle montre la transfusion provoquant à la fois des accidents tels que l’urticaire (elle le déclenche sans doute beaucoup plus qu’elle ne le cause) et l’hémoglobinurie.

C’est pourquoi, Tzancx a raison quand il range l’'hémoglobinurie dans les manifestations d'ordre gé-

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néral, c’est-à-dire résultant d’un déséquilibre général.

Dans les observations qui suivent, l’hémoglobinurie est le premier symptôme d’une néphrite qui sera ou bénigne ou grave, suivant que l’on a affaire à des sangs compatibles ou non compatibles.

Lorsque nous avons affaire à des bons groupes, malgré la réaction rénale, le résultat final est satisfaisant. L'observation recueillie à la maternité de Caen est très suggestive à cet égard. La température est tombée et l’état général s’est amélioré, malgré la rareté des urines qui a persisté trois jours. La transfusion a porté un appoint considérable à la sérothé-

rapie.

OBSERVATION VI (JOLTRAIN). — Hémoglobinurie paroxystique avec sangs compatibles (Soc. Française d’Hém. 2 mars 1932.)

Il s’agit d’une malade qui vient nous consulter, ayant été vue par plusieurs ophtalmologistes pour des hémorragies récidivantes du vitré et de la rétine.

Tous nos collègues, CHAILLOUS, COUTELA, LAGRANGE, VELTER, ont conclu au rôle de l’état général dans la plupart des troubles observés et à l’action probable d’une infection au début que les uns pensaient être de nature spécifique et les autres de nature bacillaire.

Agée de 36 ans, née à terme, de parents bien portants, elle a été réglée à 10 ans et demi, régulièrement, mais avec des règles douloureuses.

Elle a eu à l’âge de 10 ans une crise de rhumatisme articulaire aigu qui n’a duré que quelques jours sans gran-

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de température, sans aucune lésion cardiaque, et elle n’a pas eu depuis de nouvelle crise.

Mariée à 20 ans, elle épouse un mari bien portant, à 21 ans, elle a une grossesse bien supportée. Les couches sont normales et l'enfant est normal. À part quelques douleurs lombaires survenant au moment des règles et un léger œdème des jambes sans albuminurie, on ne note rien de particulier dans son histoire clinique.

C’est en septembre 1930 que la malade constate que son œil gauche est rouge, pense à la conjonctivite traumatique simple et voit LIÉGEARD qui trouve une petite hémorragie au fond de l’œil gauche.

Elle voit ensuite CHAILLOUS qui fait le diagnostic d’iritis, pense à un iritis spécifique et le traite en conséquence par cyanure de mercure, enesol et iodaseptine, en injections intra-veineuses.

À chaque menstrue, des hémorragies nouvelles se montrent, les injections intra-veineuses de cyanure, qui d’ailleurs provoquent assez souvent de petits chocs, la font maigrir rapidement et la fatiguent sans produire aucune amélioration.

Au mois de février, elle fait une fausse couche de deux mois, reste ensuite pendant 6 semaines sans avoir ses règles, puis a une nouvelle hémorragie rétinienne qui la prive complètement de la vue de l'œil droit, lorsque les règles reparaissent. Elle voit à cette époque Cou- TELA qui diagnostique une hémorragie du vitré avec de volumineux caillots en voie de résorption, une masse organisée, reliquat d'hémorragies anciennes, et, à l’œil gauche, des reliquats d’iritis et des troubles du vitré.

Au point de vue étiologique, il reste dans l’hésitation entre la spécificité et la bacillose.

VELTER qui voit la malade pense à une lésion bacillaire peut-être d’origine allergique.

Toutes les réactions de Wassermann se montrent net-

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